Des sessions EVAR clés en main, pour aborder des sujets sensibles avec justesse et cadre.

De Arthur La Tortue

Conversation autour de l’hôpital : comment expliquer la naissance et l’intimité d’un bébé avec Arthur la Tortue ?

Comment expliquer la naissance d’un bébé et son droit à l’intimité aux enfants de 3 à 6 ans ? Le kit "À l’hôpital" d’Arthur la Tortue propose six illustrations pour découvrir l’arrivée d’un nouveau-né, ses besoins, ses premières façons de communiquer et le respect de son corps. Une séance d’Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR) adaptée aux enfants de 3 à 6 ans. "Maîtresse, pourquoi le bébé dort tout le temps ?" "Pourquoi je ne peux pas jouer avec ma petite sœur ?" "Est-ce qu’un bébé peut dire non même s’il ne parle pas ?"

L’arrivée d’un bébé soulève beaucoup de questions chez les enfants. Certains viennent de devenir grands frères ou grandes sœurs. D’autres ont rencontré un nouveau-né dans leur entourage. Beaucoup sont curieux de découvrir ce qu’un bébé sait faire, ce dont il a besoin et pourquoi les adultes lui consacrent autant d’attention. Mais il y a une question à laquelle on pense moins souvent : un bébé a-t-il lui aussi droit au respect de son corps et de son intimité ?

C’est ce que propose d’explorer le kit "À l’hôpital" d’Arthur la Tortue, consacré à la notion "Découvrir ce qu’est une naissance et l’intimité d’un bébé", dans l’axe 1 du programme EVAR : "Se connaître, vivre et grandir avec son corps". À travers des situations illustrées, Arthur découvre que sa petite sœur ne peut pas encore jouer comme lui, qu’elle a besoin de sommeil et qu’elle communique déjà avec son corps. Il comprend également que ses parties intimes et ses affaires personnelles doivent être respectées.

En bref : l’arrivée d’un bébé soulève beaucoup de questions chez les jeunes enfants, qu’ils deviennent grand frère ou grande sœur ou qu’ils rencontrent un nouveau-né dans leur entourage. Avec le kit "À l’hôpital" d’Arthur la Tortue, parents et enseignants répondent simplement aux questions des enfants de 3 à 6 ans sur la naissance, les besoins d’un bébé et le respect de son intimité, même tout petit.

À la maison ou à l’école : une même conversation pour grandir ensemble

À la maison : si un bébé arrive dans la famille, impliquez votre enfant dans les soins (choisir un body, chanter une berceuse) et répondez à ses questions avec des mots simples et justes. Expliquez-lui que, même tout petit, un bébé a droit à son intimité pendant le change ou le bain.

À l’école : la séance ci-dessous se mène en grand groupe à partir des illustrations du kit, puis se prolonge dans les moments de vie de la classe.

Ensemble : quand parents et enseignants emploient les mêmes mots et les mêmes repères, l’enfant fait le lien entre ses deux univers. Les étapes et les questions qui suivent peuvent être utilisées telles quelles en classe ou adaptées à la maison, avec un seul enfant ou une fratrie.

Pourquoi parler de la naissance et de l’intimité d’un bébé en maternelle ?

En maternelle, les enfants commencent à comprendre que les personnes grandissent, que leurs capacités évoluent et que leurs besoins changent avec l’âge. Un bébé ne parle pas encore comme un enfant de cinq ans. Il ne marche pas, ne joue pas de la même manière et dépend des adultes pour manger, être changé et rester en sécurité. Mais cela ne signifie pas que ses besoins ou ses limites sont moins importants. Une séance EVAR sur la naissance permet de travailler plusieurs apprentissages :

  • Comprendre qu’une naissance marque l’arrivée d’un bébé dans une famille.

  • Découvrir les besoins d’un nouveau-né : sommeil, alimentation, soins et proximité avec ses adultes de référence.

  • Accepter qu’un bébé ne puisse pas encore jouer comme un enfant plus grand.

  • Reconnaître les premiers signes de communication non verbale.

  • Comprendre que le corps d’un bébé mérite autant de respect que celui d’un adulte.

  • Découvrir pourquoi les parties intimes et les soins d’hygiène demandent une attention particulière.

  • Reconnaître les émotions que peut provoquer l’arrivée d’un nouveau bébé.

L’objectif n’est pas de demander aux enfants de s’occuper eux-mêmes d’un nourrisson.

Il s’agit de leur faire comprendre qu’un bébé est une personne à part entière, avec des besoins, des émotions et un corps qui doit être respecté.

Comment préparer une séance EVAR autour de la naissance en maternelle ?

Le kit "À l’hôpital" raconte l’arrivée de la petite sœur d’Arthur. Toute la famille est réunie à l’hôpital. Arthur est heureux, mais il découvre rapidement que la vie avec un nouveau-né n’est pas exactement celle qu’il imaginait.

Fiche de préparation de la séance

Niveau : petite, moyenne et grande section (PS, MS, GS).

Durée : 30 à 40 minutes, ou deux séances plus courtes.

Programme : Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR).

Axe 1 : Se connaître, vivre et grandir avec son corps.

Notion : découvrir ce qu’est une naissance et l’intimité d’un bébé.

Objectif principal : comprendre les besoins d’un nouveau-né et reconnaître son droit au respect de son corps et de son intimité.

Objectifs complémentaires : reconnaître les émotions liées à l’arrivée d’un bébé, développer l’empathie, identifier les signes de communication non verbale et comprendre l’importance de l’hygiène.

Matériel : les six illustrations du kit, les questions guidées, l’affiche des quatre règles, les puzzles, les coloriages, le memory, le labyrinthe et les activités d’écriture.

Conseil pédagogique : certaines naissances peuvent être associées à des expériences familiales sensibles. On privilégie donc les personnages fictifs et on ne demande pas aux enfants de raconter leur propre histoire familiale devant la classe.

Étape 1 : pourquoi toute la famille fête-t-elle l’arrivée du bébé ? (5 minutes)

On commence par la première illustration. Arthur est à l’hôpital avec ses parents. Sa petite sœur vient de naître. Toute la famille est réunie autour du nouveau-né et semble très heureuse. Arthur regarde sa petite sœur avec curiosité. Il découvre ce tout petit bébé qui vient de rejoindre la famille.

La question à poser : "Pourquoi l’arrivée d’un bébé peut-elle être un événement important pour une famille ?"

On laisse les enfants observer les personnages. Certains remarqueront leurs sourires. D’autres parleront du bébé installé dans son petit lit. On explique : "Un bébé vient de naître. Cela signifie qu’il est sorti du ventre de la personne qui l’a porté. Maintenant, il découvre le monde qui l’entoure. Ses parents et sa famille apprennent à le connaître." On peut préciser qu’une naissance est souvent un événement heureux, mais qu’elle peut aussi provoquer beaucoup d’émotions et de changements. Toutes les familles ne vivent pas cet événement de la même manière.

Questions à poser aux enfants

  • Que signifie le mot "naissance" ?

  • Pourquoi les personnes de l’image semblent-elles heureuses ?

  • Comment peut-on souhaiter la bienvenue à un bébé ?

  • Est-ce qu’une naissance peut changer les habitudes d’une famille ?

  • Peut-on être heureux et un peu inquiet en même temps ?

  • Est-ce que tout le monde accueille un nouveau bébé de la même manière ?

Activité : souhaiter la bienvenue. On imagine qu’un bébé vient d’arriver dans une famille fictive. Les enfants proposent différentes façons de lui souhaiter la bienvenue : un dessin, un mot gentil ou une chanson douce.

Phrase clé : "Quand un bébé arrive, chacun peut lui souhaiter la bienvenue à sa manière."

Étape 2 : pourquoi Arthur ne peut-il pas encore jouer avec sa petite sœur ? (5 minutes)

On présente la deuxième illustration. Arthur est impatient de jouer avec sa petite sœur. Il a apporté des cubes et aimerait lui montrer ses jouets. Mais sa petite sœur est encore toute petite. Elle dort dans son berceau et ne peut pas encore construire une tour ou courir avec lui. Arthur est déçu. Il avait imaginé pouvoir jouer avec elle immédiatement.

La question à poser : "Pourquoi un bébé ne peut-il pas encore faire les mêmes choses qu’un grand enfant ?"

On explique : "Quand un bébé naît, son corps et son cerveau continuent de se développer. Il apprend progressivement à regarder, à attraper des objets, à se retourner, à s’asseoir et à se déplacer." On revient ensuite sur l’émotion d’Arthur. "Arthur avait très envie de jouer avec sa sœur. Il est frustré parce qu’il doit attendre. C’est normal d’être déçu quand quelque chose ne se passe pas comme on l’imaginait."

On peut alors demander : "Est-ce que cela veut dire qu’Arthur ne peut rien partager avec sa sœur ?" Non. Il peut lui parler doucement, lui montrer un jouet adapté ou simplement passer un moment près d’elle, avec l’accompagnement d’un adulte.

Questions à poser aux enfants

  • Pourquoi Arthur est-il déçu ?

  • Est-ce qu’un nouveau-né sait jouer comme un enfant de cinq ans ?

  • Quelles choses un bébé apprend-il progressivement ?

  • Pourquoi faut-il parfois attendre avant de pouvoir faire une activité ensemble ?

  • Peut-on aimer quelqu’un même s’il ne peut pas jouer avec nous ?

  • Comment Arthur pourrait-il partager un moment avec sa sœur aujourd’hui ?

Activité : petit à petit, je grandis. On présente plusieurs images représentant différentes étapes du développement : un nouveau-né allongé, un bébé qui s’assoit, un enfant qui marche et un enfant qui joue aux cubes. Les élèves les remettent dans un ordre possible, en rappelant que chacun grandit à son rythme.

Phrase clé : "Un bébé ne peut pas encore jouer comme moi. Chacun grandit à son rythme."

Étape 3 : pourquoi Arthur doit-il faire moins de bruit lorsque le bébé dort ? (5 minutes)

On présente la troisième illustration. Arthur est installé sur un lit à l’hôpital. Il joue du tambour avec enthousiasme. Juste à côté, sa petite sœur dort dans son berceau. Arthur aime faire de la musique. Mais il découvre que les bruits forts peuvent déranger un bébé qui a besoin de repos.

La question à poser : "Pourquoi un bébé a-t-il besoin de dormir autant ?"

On explique : "Les nouveau-nés dorment beaucoup. Le sommeil participe à leur développement. Ils ont besoin de moments de repos, même si leur sommeil est souvent réparti en plusieurs périodes au cours de la journée et de la nuit." On demande ensuite aux enfants d’observer Arthur. "Arthur a le droit d’aimer jouer du tambour. Mais sa petite sœur a aussi besoin de dormir. Comment pourrait-il continuer à s’amuser sans la réveiller ?" Les enfants peuvent proposer de jouer plus loin, d’attendre un autre moment ou de choisir une activité plus calme. Cette situation permet de comprendre que vivre ensemble demande parfois d’adapter son comportement aux besoins des autres.

Questions à poser aux enfants

  • Pourquoi les bébés dorment-ils beaucoup ?

  • Est-ce que les bébés ont les mêmes besoins de sommeil que les grands enfants ?

  • Quels bruits pourraient réveiller une personne qui dort ?

  • Pourquoi peut-on être dérangé par un bruit même si une autre personne le trouve amusant ?

  • Comment Arthur pourrait-il continuer à jouer sans réveiller sa sœur ?

  • Est-ce qu’on peut respecter les besoins d’une autre personne sans renoncer à toutes ses activités ?

Activité : les sons doux et les sons forts. On présente différents sons avec la voix ou de petits instruments. Les enfants distinguent les sons forts des sons doux et réfléchissent aux moments où chacun peut être adapté.

Phrase clé : "Je peux adapter le bruit que je fais pour respecter le repos des autres."

Étape 4 : comment un bébé peut-il dire non alors qu’il ne sait pas parler ? (5 minutes)

On présente la quatrième illustration. Arthur aide sa maman à donner le biberon à sa petite sœur. Au début, le bébé boit tranquillement. Puis elle tourne la tête, repousse légèrement la tétine et ne cherche plus à boire. Arthur remarque que quelque chose a changé. Sa maman lui explique que même si sa petite sœur ne sait pas encore parler, elle peut déjà communiquer.

La question à poser : "Est-ce qu’on peut dire non sans utiliser de mots ?"

On explique : "Un bébé ne peut pas encore dire 'Je n’ai plus faim' avec des mots. Mais il peut montrer des signes avec son corps. Il peut tourner la tête, fermer la bouche ou s’éloigner du biberon." On précise que les adultes doivent observer ces signes pour comprendre les besoins du bébé. Tourner la tête peut indiquer qu’il souhaite faire une pause ou qu’il n’a plus faim. Il faut aussi tenir compte des autres signes et de la situation. Cette illustration est particulièrement intéressante pour parler du consentement en maternelle.

Elle montre que la communication ne passe pas uniquement par la parole et que les signes de refus méritent d’être écoutés.

Questions à poser aux enfants

  • Est-ce qu’un bébé sait déjà parler ?

  • Comment peut-il montrer qu’il a faim ?

  • Que peut signifier le fait de tourner la tête pendant un biberon ?

  • Peut-on dire non avec son visage ou son corps ?

  • Comment sait-on qu’un ami ne veut plus jouer ?

  • Pourquoi faut-il observer les gestes des autres ?

  • Est-ce qu’on doit toujours utiliser des mots pour montrer ce qu’on ressent ?

Activité : les gestes qui parlent. L’enseignant montre différentes expressions ou attitudes fictives : une tête qui se détourne, une main tendue, un sourire ou un visage qui se crispe. Les enfants imaginent ce que le personnage pourrait vouloir exprimer, sans supposer qu’un seul geste a toujours la même signification.

Phrase clé : "Même sans parler, une personne peut montrer ce qu’elle veut ou ne veut pas."

Étape 5 : pourquoi faut-il respecter l’intimité d’un bébé lorsqu’on change sa couche ? (5 minutes)

On présente la cinquième illustration. La maman d’Arthur change la couche de sa petite sœur. Arthur observe la scène avec curiosité. Il aimerait regarder de plus près. Sa maman lui explique alors quelque chose d’important : même lorsqu’un bébé est très petit, son corps lui appartient et son intimité doit être respectée.

La question à poser : "Est-ce qu’un bébé a droit à son intimité même s’il ne sait pas encore parler ?"

On explique : "Oui. Le bébé a besoin que les adultes prennent soin de lui, notamment pour le changer et le nettoyer. Mais cela ne veut pas dire que tout le monde peut regarder ou toucher ses parties intimes par curiosité." On peut introduire les termes anatomiques adaptés à l’âge des enfants : pénis et vulve.

On explique également que les soins d’hygiène sont nécessaires pour protéger la santé et le confort du bébé. Les adultes responsables peuvent donc avoir besoin de nettoyer ses parties intimes, mais ils doivent le faire avec respect, douceur et en préservant autant que possible son intimité.

Questions à poser aux enfants

  • Pourquoi faut-il changer la couche d’un bébé ?

  • Est-ce que les parties intimes d’un bébé méritent d’être respectées ?

  • Pourquoi ne soulève-t-on pas une couche simplement pour regarder ?

  • Est-ce que le respect du corps concerne aussi les personnes qui ne savent pas parler ?

  • Quelle est la différence entre regarder par curiosité et aider quelqu’un à faire sa toilette ?

  • Pourquoi faut-il prendre soin du corps des personnes qui dépendent de nous ?

Activité : les gestes qui respectent l’intimité. On propose plusieurs situations fictives : un adulte change un bébé, un enfant veut soulever sa couche pour regarder, un parent ferme la porte pendant un soin. Les élèves identifient les gestes qui protègent l’intimité et ceux qui ne la respectent pas.

Phrase clé : "Même lorsqu’une personne est toute petite, son corps mérite d’être respecté."

Étape 6 : pourquoi les couches propres ne sont-elles pas des jouets ? (5 minutes)

On termine avec la sixième illustration. Arthur s’amuse avec les couches de sa petite sœur. Il les met sur sa tête, les lance en l’air et les laisse tomber par terre. Il trouve cela très drôle. Pendant ce temps, le bébé dort tranquillement dans son berceau.

La question à poser : "Pourquoi une couche propre doit-elle rester propre ?"

On explique : "Une couche sert à absorber l’urine et les selles du bébé. Elle est placée contre sa peau, notamment près de ses parties intimes. C’est pour cela qu’elle doit être propre avant d’être utilisée." On précise que les parties intimes sont des zones du corps qui demandent une hygiène adaptée. Une couche propre laissée sur un sol sale peut se contaminer et ne doit pas être remise au bébé si elle n’est plus propre. On peut ensuite demander : "Arthur a-t-il voulu faire du mal à sa sœur ?" Non. Il s’amuse simplement avec un objet qu’il trouve drôle. Mais même sans mauvaise intention, son geste peut poser un problème d’hygiène.

Cette scène permet de montrer que prendre soin du corps d’une personne, c’est aussi respecter les objets utilisés pour son hygiène.

Questions à poser aux enfants

  • À quoi sert une couche ?

  • Pourquoi faut-il garder une couche propre avant de l’utiliser ?

  • Pourquoi certaines parties du corps demandent-elles une hygiène particulière ?

  • Est-ce que tous les objets peuvent devenir des jouets ?

  • Pourquoi faut-il respecter les affaires utilisées pour les soins d’une autre personne ?

  • Comment Arthur pourrait-il jouer sans utiliser les couches de sa sœur ?

Activité : les objets du soin et les objets du jeu. On présente des images de couches, de lingettes, de jouets, de livres et de cubes. Les enfants distinguent les objets destinés aux soins de ceux destinés au jeu, puis expliquent pourquoi certains doivent rester propres.

Phrase clé : "Je prends soin de mon corps et je respecte les objets qui servent à l’hygiène des autres."

Étape 7 : construire les quatre règles pour accueillir et respecter un bébé

Pour terminer la séance, on revient sur les six illustrations. "Alors, qu’est-ce qu’Arthur a découvert à l’hôpital ?" On laisse les enfants répondre librement, puis on reprend les quatre règles proposées dans le kit.

Les quatre règles à afficher en classe

1. Le bébé découvre le monde et son corps est fragile.

Les lumières, les bruits et les voix sont encore nouveaux pour lui. Je peux parler doucement, faire des gestes lents et laisser les adultes s’occuper de lui. Avant de le toucher, je demande à l’adulte responsable et je me lave les mains.

2. Le bébé a besoin de proximité et de soins.

Il a besoin d’être nourri, réconforté et porté par ses adultes de référence. Si un adulte s’occupe de lui, je peux attendre ou demander à partager un moment adapté avec lui.

3. Je respecte le corps de la maman après la naissance.

Après un accouchement, le corps peut avoir besoin de repos et de douceur. Je ne saute pas sur une personne qui vient d’accoucher et je respecte ses besoins.

4. Je peux accueillir toutes mes émotions.

L’arrivée d’un bébé peut me rendre heureux, curieux, inquiet ou jaloux. Je peux parler de ce que je ressens à un adulte de confiance. Il n’y a pas de mauvaise émotion.

Phrase clé de la séance : "Même tout petit, un bébé a des besoins, des émotions et un corps que je dois respecter."

Comment adapter cette séance EVAR en petite, moyenne et grande section ?

En petite section (PS), on privilégie trois illustrations : l’arrivée du bébé, Arthur qui souhaite jouer avec sa sœur et le bébé qui dort. L’objectif est de comprendre qu’un nouveau-né est encore très petit et qu’il a des besoins différents de ceux d’un grand enfant.

En moyenne section (MS), on ajoute la situation du biberon et celle du change. Les enfants découvrent qu’un bébé peut communiquer avec ses gestes et que son intimité doit être respectée, même s’il ne sait pas parler.

En grande section (GS), on peut exploiter les six illustrations. Les élèves réfléchissent davantage à la communication non verbale, au respect des parties intimes, à l’hygiène et aux émotions liées à l’arrivée d’un nouveau membre dans la famille.

Dans toutes les sections, on évite de faire porter aux enfants une responsabilité d’adulte. Ils peuvent apprendre à être attentifs à un bébé sans être responsables de ses soins, de son alimentation ou de sa sécurité.

Comment prolonger la séance avec les activités du kit "À l’hôpital" ?

Les illustrations ouvrent la discussion, mais le kit comprend également des activités pour poursuivre les apprentissages.

Les puzzles : les enfants reconstituent les scènes de la naissance et des premiers moments avec le bébé. Une fois l’image terminée, on leur demande ce qu’Arthur découvre.

Les coloriages : chaque illustration existe en version à colorier. L’enfant peut prendre le temps d’observer les personnages et de revenir sur leurs émotions.

Le memory : les cartes reprennent les différentes scènes du kit. Les enfants doivent retrouver les paires identiques. On peut ensuite leur demander de raconter ce que représente chaque image.

Le labyrinthe : les enfants suivent un chemin pour rejoindre les personnages autour du berceau.

Les activités d’écriture : le kit comprend des fiches pour apprendre à tracer les chiffres 1, 2 et 3, illustrées avec Arthur.

La littérature jeunesse : le kit propose un extrait de "Une petite sœur" de Sophie Bellier. L’histoire de Cabotin, un petit écureuil heureux puis déçu de découvrir que sa sœur est trop petite pour jouer, permet de prolonger la discussion sur la frustration et l’adaptation aux changements familiaux.

Ces activités peuvent être proposées en ateliers autonomes, en petits groupes ou après la séance collective.

Comment savoir si les enfants ont compris les besoins et l’intimité d’un bébé ?

En maternelle, on ne cherche pas à faire apprendre une définition compliquée du consentement ou de l’intimité.

On observe plutôt si les enfants sont capables de comprendre des situations concrètes.

Un enfant peut notamment :

  • Expliquer qu’une naissance correspond à l’arrivée d’un bébé dans le monde.

  • Comprendre qu’un nouveau-né ne peut pas encore jouer comme un grand enfant.

  • Reconnaître qu’un bébé a besoin de sommeil, de nourriture et de soins.

  • Identifier qu’un bébé peut communiquer avec ses gestes et ses expressions.

  • Expliquer pourquoi on ne soulève pas sa couche par curiosité.

  • Comprendre que les parties intimes d’un bébé doivent être respectées.

  • Expliquer pourquoi les objets utilisés pour son hygiène doivent rester propres.

  • Reconnaître qu’on peut ressentir plusieurs émotions à l’arrivée d’un bébé.

On peut terminer avec une situation imaginaire :

"Arthur voit que sa petite sœur tourne la tête pendant son biberon. Que pourrait-il faire ?"

Les enfants peuvent proposer d’arrêter de lui présenter le biberon et de prévenir sa maman.

L’essentiel est qu’ils comprennent que les signes du bébé méritent d’être observés et que ce sont les adultes qui doivent répondre à ses besoins.

Pourquoi utiliser Arthur la Tortue pour parler de la naissance et de l’intimité ?

Parce qu’il est parfois difficile pour un enfant de parler directement de son corps, de sa famille ou de ses émotions. Certains enfants sont très heureux d’avoir un petit frère ou une petite sœur. D’autres peuvent se sentir jaloux, déçus ou inquiets. Avec Arthur la Tortue, on peut aborder ces sentiments sans demander aux élèves de raconter leur vie personnelle. On ne leur demande pas : "Est-ce que tu es jaloux de ton petit frère ?" On leur demande : "Pourquoi Arthur est-il déçu ?" "Comment pourrait-il jouer avec sa sœur lorsqu’elle sera plus grande ?" "Pourquoi faut-il respecter son intimité lorsqu’on change sa couche ?" Les enfants peuvent observer, réfléchir et proposer des réponses à partir d’une histoire fictive.

Les illustrations d’Arthur la Tortue ne sont pas là pour imposer une seule manière de penser. Elles servent à ouvrir le dialogue sur le corps, les émotions, le consentement, les limites et le respect des autres. Elles constituent un support pédagogique pour les enseignants et les adultes qui souhaitent aborder l’EVAR dès la maternelle.

Questions fréquentes

  • Comment expliquer la naissance d’un bébé à un enfant de maternelle ?

    On raconte une naissance à travers un personnage. Dans le kit À l’hôpital d’Arthur la Tortue, Arthur découvre sa petite sœur en six illustrations : la famille réunie, le bébé trop petit pour jouer aux cubes, son besoin de sommeil, le biberon, le change et les couches. Les enfants comprennent qu’un bébé est une personne à part entière.

  • Comment parler en maternelle de l’intimité d’un bébé pendant le change ?

    On explique que même tout petit, un bébé a droit au respect de son corps. Dans l’illustration du change, la maman d’Arthur lui dit que les parties intimes de sa sœur ne se regardent pas par curiosité. On peut introduire les mots pénis et vulve, et distinguer soins d’hygiène nécessaires et simple curiosité.

  • Comment aborder le consentement en maternelle avec l’exemple d’un bébé qui ne parle pas ?

    On utilise l’illustration du biberon : la petite sœur d’Arthur tourne la tête et repousse la tétine. Les élèves découvrent qu’on peut dire non sans mots, avec son corps, et que ces signes de refus méritent d’être écoutés. Phrase clé : « Même sans parler, une personne peut montrer ce qu’elle veut ou ne veut pas. »

  • À quel axe EVAR correspond la séance sur la naissance et comment l’adapter en PS, MS et GS ?

    Elle relève de l’axe 1, « Se connaître, vivre et grandir avec son corps », notion « découvrir ce qu’est une naissance et l’intimité d’un bébé », pour 30 à 40 minutes. En PS, trois illustrations suffisent. En MS, on ajoute le biberon et le change. En GS, on exploite les six illustrations.

  • Comment accompagner en maternelle la jalousie ou la déception à l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur ?

    On demande « Pourquoi Arthur est-il déçu ? » plutôt que « Es-tu jaloux ? ». Les illustrations libres d’interprétation d’Arthur la Tortue font parler les petits (et les grands) des grandes questions de l’enfance. Le kit À l’hôpital propose aussi un extrait de « Une petite sœur » de Sophie Bellier, avec Cabotin le petit écureuil.