· De Arthur La Tortue
Conversation autour d’un déménagement : comment comprendre que les forces des filles et des garçons se complètent avec Arthur la tortue ?
Comment expliquer aux enfants de 3 à 6 ans que porter moins lourd ne veut pas dire aider moins, et qu’une fille peut porter plus lourd qu’un garçon ? Un déménagement peut devenir une séance d’Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR) pour les enfants de 3 à 6 ans. À travers six illustrations, Anh, Aliénor et Arthur la Tortue soulèvent des haltères, forment une chaîne humaine, portent des cartons et des coussins, trient de petits objets, utilisent un diable et déplacent ensemble une grosse caisse. "C’est moi le plus fort !" "Toi tu portes que des coussins, c’est nul." "Les filles, elles peuvent pas porter ça." Ces petites phrases, les enseignants de maternelle et les parents les entendent souvent. Elles montrent que les enfants mesurent volontiers leur valeur à leur force. C’est tout l’intérêt du kit "Pendant un déménagement" d’Arthur la Tortue : identifier les différences physiques entre les personnes et découvrir qu’elles se complètent, sans hiérarchie entre filles et garçons.
On peut être une fille et soulever des haltères plus lourds. On peut être un garçon et porter les coussins. On peut aussi utiliser un outil ou demander de l’aide quand c’est trop lourd, sans être "moins fort". Cette séance s’inscrit dans l’axe 3 du programme d’Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR) : "Trouver sa place dans la société, y être libre et responsable", autour de la notion "Identifier les différences physiques associées aux complémentarités entre les filles et les garçons".
En bref : parler de la force aide les enfants à sortir de la comparaison et à découvrir la coopération, en famille comme en classe. Avec le kit "Pendant un déménagement" d’Arthur la Tortue, parents et enseignants aident les enfants de 3 à 6 ans à comprendre que chacun a sa propre force, que toutes les tâches sont utiles, qu’on écoute son corps quand c’est trop lourd et qu’ensemble, filles et garçons vont plus loin.
À la maison ou à l’école : une même conversation pour grandir ensemble
À la maison : un rangement de chambre ou de garage devient un mini-déménagement : confiez à chacun, fille ou garçon, une tâche à sa mesure (porter, trier, emballer, décorer). Soulignez à la fin que c’est ensemble que vous avez réussi.
À l’école : la séance ci-dessous se mène en grand groupe à partir des illustrations du kit, puis se prolonge dans les moments de vie de la classe.
Ensemble : quand parents et enseignants emploient les mêmes mots et les mêmes repères, l’enfant fait le lien entre ses deux univers. Les étapes et les questions qui suivent peuvent être utilisées telles quelles en classe ou adaptées à la maison, avec un seul enfant ou une fratrie.
Pourquoi parler de la force et de la complémentarité entre filles et garçons dès la maternelle ?
Les enfants de 3 à 6 ans aiment se mesurer : porter le plus gros sac, pousser le plus lourd, soulever un copain. Ils entendent aussi très tôt que "les garçons sont forts" et que "les filles sont délicates". Ces idées peuvent amener un enfant à se sentir moins utile, ou à forcer sur son corps pour prouver quelque chose.
Or, chaque corps a sa force, et toutes les façons d’aider comptent.
Porter demande de la force, trier demande de la précision, guider demande de l’attention. Ces capacités varient d’une personne à l’autre et ne dépendent pas du fait d’être une fille ou un garçon. L’objectif n’est pas de nier les différences de force. Il est d’apprendre aux enfants à les reconnaître sans se comparer, à écouter les limites de leur corps et à unir leurs forces.
Comment préparer une séance EVAR sur la force et la coopération entre filles et garçons ?
Le kit "Pendant un déménagement" raconte, à travers le journal d’Anh, une journée de déménagement. Anh et Aliénor s’échauffent avec des haltères, les trois amis font une chaîne humaine, Aliénor porte des cartons pendant qu’Anh porte des coussins, puis ils échangent. Anh utilise un diable pour un carton trop lourd, et tous les trois portent ensemble la plus grosse caisse.
Fiche de préparation pédagogique
Niveau : petite, moyenne et grande section (PS, MS, GS).
Durée : 35 à 45 minutes, à répartir éventuellement sur deux séances.
Programme : Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR).
Axe 3 : Trouver sa place dans la société, y être libre et responsable.
Notion : identifier les différences physiques associées aux complémentarités entre les filles et les garçons.
Objectif principal : comprendre que les capacités physiques varient d’une personne à l’autre et qu’elles se complètent, sans rendre personne meilleur ou moins utile.
Objectifs complémentaires : éviter les comparaisons blessantes, valoriser toutes les tâches, reconnaître d’autres capacités que la force (précision, agilité, équilibre), écouter les signaux de son corps, demander de l’aide ou utiliser un outil et coopérer pour porter ensemble.
Matériel : les six illustrations du kit, les questions guidées, l’affiche des quatre règles, les puzzles, les coloriages, le memory, le labyrinthe et les fiches d’écriture. Pour les prolongements : cartons vides, coussins, petits objets, une caisse ou un banc.
Conseil pédagogique : dans les activités de portage, on n’utilise que des objets légers ou volumineux mais peu lourds. Le but est de vivre la coopération, pas de tester la force des enfants.
Étape 1 : est-ce que porter plus lourd veut dire être meilleur ? (5 minutes)
On commence par la première illustration. Aliénor et Anh soulèvent des haltères pour se préparer au déménagement. Les poids d’Aliénor semblent plus lourds que ceux d’Anh. Pourtant, chacun fait de son mieux selon sa force du moment. Porter plus lourd ne veut pas dire être meilleur, et porter moins lourd ne veut pas dire être moins capable.
La question à poser : "Est-ce que tout le monde a la même force ?"
On laisse les enfants observer que c’est Aliénor qui porte le plus lourd. On explique : "Ici, c’est une fille qui est plus forte qu’un garçon. La force change d’une personne à l’autre, et elle change aussi quand on grandit. Ce n’est pas un concours."
Questions à poser aux enfants
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Est-ce que tout le monde a la même force ?
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Est-ce que la force peut changer quand on grandit ?
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Est-ce que porter plus lourd veut dire être meilleur ?
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Est-ce que c’est bien de se moquer si quelqu’un porte moins lourd ?
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Comment peut-on encourager un copain ?
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Est-ce que chacun a ses propres capacités ?
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Pourquoi comparer peut parfois faire de la peine ?
Activité : ça, c’est mon effort. Chaque enfant choisit un objet de la classe qu’il peut porter confortablement (un livre, une boîte, un coussin) et le dépose dans une caisse. On ne compare pas les objets : on félicite chacun d’avoir choisi ce qui convenait à son corps.
Phrase clé : "Chaque corps a sa force. J’écoute la force de mon corps."
Étape 2 : comment fonctionne une chaîne humaine ? (5 minutes)
On présente la deuxième illustration. Les trois amis organisent une chaîne humaine pour transporter les cartons jusqu’au camion. Au lieu qu’une seule personne fasse tout le trajet, ils se passent les objets. Chacun participe selon sa force, sa taille et ce qui est confortable pour son corps. Le groupe devient plus efficace grâce à la coopération.
La question à poser : "Une personne moins forte peut-elle être importante dans une chaîne humaine ?"
On explique : "Dans une chaîne, si une seule personne s’arrête, tout s’arrête. Chacun est indispensable, qu’il soit fort ou non, fille ou garçon."
Questions à poser aux enfants
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Qu’est-ce qu’une chaîne humaine ?
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Pourquoi peut-il être plus facile de se passer les objets plutôt que de tout transporter seul ?
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Que doit faire chaque personne pour que la chaîne fonctionne ?
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Que se passe-t-il si une personne a besoin d’aller moins vite ?
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Comment peut-on s’organiser pour que personne ne porte quelque chose de trop lourd ?
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Une personne moins forte peut-elle être importante dans une chaîne humaine ?
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Est-ce qu’une fille et un garçon peuvent se passer les mêmes cartons ?
Activité : la chaîne de la classe. Les enfants se mettent en ligne et se passent des objets légers (balles, peluches, cubes) d’un bout à l’autre de la salle. On chronomètre, puis on compare avec un seul enfant qui ferait tous les allers-retours. On discute du résultat.
Phrase clé : "Dans une chaîne humaine, chacun aide avec ses capacités."
Étape 3 : porter des coussins, est-ce aider moins ? (5 minutes)
On présente la troisième illustration. Aliénor transporte plusieurs cartons tandis qu’Anh porte une pile de coussins et de couvertures. Leurs charges sont très différentes, mais tous les deux participent au même déménagement. C’est l’occasion de questionner un stéréotype : porter le plus lourd ne rend pas une personne plus utile que celle qui transporte quelque chose de léger.
La question à poser : "Est-ce qu’être moins fort rend quelqu’un moins important ?"
On explique : "Sans les coussins, la nouvelle maison serait bien moins confortable. Anh est aussi utile qu’Aliénor." On remarque aussi qu’ici, c’est la fille qui porte les cartons et le garçon les coussins, et que c’est très bien ainsi.
Questions à poser aux enfants
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Est-ce qu’être plus fort rend quelqu’un "meilleur" ?
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Est-ce qu’être moins fort rend quelqu’un moins important ?
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Pourquoi toutes les tâches peuvent-elles être utiles ?
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Comment peut-on féliciter quelqu’un sans le comparer aux autres ?
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Une fille peut-elle porter les objets les plus lourds ?
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Un garçon peut-il choisir de porter les coussins ?
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Est-ce qu’il existe des tâches réservées aux filles ou aux garçons dans un déménagement ?
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Comment choisir qui fait quoi sans décider selon "fille" ou "garçon" ?
Activité : les mots qui félicitent. On cherche ensemble des façons de féliciter sans comparer : "Merci pour ton aide", "Tu as bien rangé", "Tu as fait attention". On les écrit sur une affiche et on les utilise lors du prochain rangement de classe.
Phrase clé : "Ce n’est pas parce que je porte moins lourd que j’aide moins."
Étape 4 : à quoi notre corps peut-il être doué, à part la force ? (5 minutes)
On présente la quatrième illustration. Cette fois, Anh transporte plusieurs cartons pendant qu’Aliénor trie et range soigneusement les affaires dans différentes boîtes. Trier, se baisser, manipuler de petits objets, emballer ou ranger demandent de la coordination, de la précision et de l’agilité. Ces capacités ne dépendent pas du fait d’être une fille ou un garçon.
La question à poser : "Peut-on être très fort mais avoir du mal à faire quelque chose de précis ?"
On explique : "La force n’est pas la seule capacité du corps. Il y a aussi l’équilibre, la rapidité, la précision des mains. Chacun a ses points forts." On fait remarquer qu’Anh et Aliénor ont échangé leurs tâches par rapport à l’étape précédente.
Questions à poser aux enfants
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À quoi notre corps peut-il être doué ?
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Est-ce que porter quelque chose demande les mêmes capacités que ranger de petits objets ?
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Pour quelles activités faut-il être précis ? Avoir un bon équilibre ? Être agile ?
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Peut-on être très fort mais avoir du mal à faire quelque chose de précis ?
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Est-ce que nous sommes tous rapides de la même façon ?
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Sommes-nous tous aussi précis avec nos mains ?
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Est-ce qu’on peut être très à l’aise dans une activité et moins dans une autre ?
Activité : les ateliers du corps. On propose trois petits ateliers : transporter un carton vide (force), enfiler des perles (précision), marcher sur une ligne au sol (équilibre). Chaque enfant passe partout et dit lequel lui a semblé le plus facile. On constate que les réponses sont variées.
Phrase clé : "Il existe plein de façons d’être capable avec son corps."
Étape 5 : que faire quand c’est trop lourd ? (5 minutes)
On présente la cinquième illustration. Anh doit déplacer un carton très volumineux. Il utilise un diable pour le transporter plus facilement. Cette image montre qu’une différence de force n’oblige pas à renoncer à une tâche : on peut adapter sa manière de faire, demander de l’aide ou utiliser un outil. Une fille comme un garçon peut avoir besoin d’un diable pour déplacer une charge lourde.
La question à poser : "Est-ce qu’utiliser un outil veut dire qu’on est moins fort ?"
On explique : "Non. Anh est malin : il a trouvé une autre façon de faire. Quand le corps dit que c’est trop lourd, on l’écoute, on s’arrête et on cherche une solution." On aide les enfants à repérer les signaux du corps : mal au dos, aux bras, souffle court.
Questions à poser aux enfants
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Que peut-on faire quand quelque chose est trop lourd ?
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Est-ce qu’on doit continuer si notre corps nous dit que c’est trop difficile ?
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Comment notre corps peut-il nous prévenir ?
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Que peut-on ressentir quand on force trop ?
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Est-ce grave de ne pas réussir à porter quelque chose tout seul ?
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Quels objets peuvent nous aider à déplacer quelque chose ?
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Est-ce qu’utiliser un outil veut dire qu’on est moins fort ?
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Peut-on demander à quelqu’un de nous aider ? Peut-on trouver une autre manière de faire ?
Activité : la boîte à solutions. On présente une caisse un peu encombrante à déplacer. Les enfants proposent des solutions : la faire glisser, la mettre sur un chariot ou une trottinette, la vider en partie, demander de l’aide. On teste les idées les plus simples en toute sécurité.
Phrase clé : "Si c’est difficile pour mon corps, je peux trouver une autre façon de faire."
Étape 6 : comment porter une grosse caisse à trois ? (5 minutes)
On termine avec la sixième illustration. Arthur, Aliénor et Anh portent ensemble une grande caisse remplie d’objets. Plutôt que de chercher qui est le plus fort, ils réunissent leurs forces. Une personne soutient davantage d’un côté, une autre maintient l’équilibre, une autre guide le déplacement. Filles et garçons coopèrent sans avoir exactement les mêmes capacités.
La question à poser : "Pourquoi nos différences peuvent-elles parfois nous aider ?"
On explique : "Si tout le monde voulait porter au même endroit, la caisse tomberait. Ils ont besoin d’un qui porte, d’un qui équilibre et d’un qui guide. Leurs différences les rendent plus forts ensemble." On souligne l’importance de se parler : avancer au même rythme, dire quand c’est trop lourd.
Questions à poser aux enfants
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Est-ce plus facile de porter certaines choses à plusieurs ?
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Comment peut-on s’organiser pour porter ensemble ?
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Que faut-il faire pour avancer au même rythme ?
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Que peut-on dire si on commence à avoir mal ou si c’est trop lourd ?
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Est-ce qu’une personne doit être la plus forte pour être utile ?
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Est-ce que trois enfants différents peuvent bien travailler ensemble ?
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Pourquoi nos différences peuvent-elles parfois nous aider ?
Activité : le grand déménagement du coin jeux. Par équipes mixtes de trois, les enfants déplacent un tapis, un banc léger ou une grosse caisse de jouets d’un coin à l’autre. Chaque équipe choisit un "guide" qui annonce "on soulève", "on avance", "on pose". On échange les rôles.
Phrase clé : "Ensemble, nos forces peuvent se compléter."
Étape 7 : afficher les quatre règles pour unir nos forces
Après avoir observé les six illustrations, on rassemble les élèves. "Pendant le déménagement, est-ce que tout le monde portait la même chose ?" Non. Et pourtant, tout a été déménagé, grâce à chacun. On reprend alors les quatre règles du kit.
Les quatre règles à afficher en classe
1. Chacun a sa propre force.
Filles et garçons n’ont pas tous la même force. On ne compare pas : chacun fait de son mieux avec son corps.
2. Toutes les tâches sont utiles.
Porter, trier, ranger ou guider : chaque tâche compte. Celui qui porte moins lourd aide autant que les autres.
3. J’écoute mon corps.
Si c’est trop lourd, je m’arrête et je le dis. Je peux demander de l’aide ou utiliser un outil.
4. Ensemble, on va plus loin.
Filles et garçons, nous unissons nos forces. À plusieurs, on peut porter ce qui serait trop lourd pour un seul.
Phrase clé de la séance : "Fille ou garçon, j’aide avec ce que mon corps sait faire. Ensemble, nos forces se complètent."
Comment adapter cette séance EVAR en petite, moyenne et grande section ?
En petite section (PS), on sélectionne trois illustrations : la chaîne humaine, les coussins et la grosse caisse. L’objectif est de comprendre que tout le monde peut aider et qu’on porte mieux ensemble.
En moyenne section (MS), on ajoute les haltères et le diable. Les élèves découvrent qu’on ne se compare pas et qu’on peut écouter son corps quand c’est trop lourd.
En grande section (GS), on peut exploiter les six illustrations et approfondir la diversité des capacités du corps (précision, équilibre, agilité), ainsi que les stéréotypes sur la force des filles et des garçons.
Dans toutes les sections, on évite les défis de force individuels. On privilégie les situations où le groupe réussit grâce à chacun.
Quelles activités proposer pour prolonger la séance ?
Le kit "Pendant un déménagement" comprend plusieurs supports complémentaires.
Les puzzles : chaque illustration peut être reconstituée. Une fois le puzzle terminé, les enfants expliquent ce que chaque personnage apporte à l’équipe.
Les coloriages : les enfants retrouvent les scènes du déménagement en noir et blanc et racontent qui porte quoi.
Le memory : les cartes représentent les scènes du kit. Avec les plus petits, on peut jouer sans compter les points.
Le labyrinthe : les enfants aident les personnages à trouver leur chemin jusqu’au camion. L’activité travaille l’attention et le repérage dans l’espace.
Les fiches d’écriture : le kit propose des exercices de tracé des chiffres 1, 2 et 3, accompagnés des personnages.
La littérature jeunesse : le kit fait référence à l’album "Garçon et fille font semblant" de Hilde Matre Larsen et Mari Kanstad Johnsen, l’histoire de deux enfants qui jouent à être l’autre. Il permet de prolonger la réflexion sur ce qui distingue, ou pas, une fille et un garçon.
Ces activités peuvent être proposées en ateliers ou utilisées pour revenir sur les situations après la séance collective.
Comment savoir si les enfants ont compris que les forces se complètent ?
En maternelle, on observe surtout la façon dont les enfants coopèrent et parlent de leur force. Un enfant peut notamment :
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Dire que tout le monde n’a pas la même force, sans se moquer.
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Reconnaître qu’une fille peut porter plus lourd qu’un garçon.
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Expliquer que porter des coussins, trier ou guider, c’est aussi aider.
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Nommer d’autres capacités que la force (précision, équilibre, rapidité).
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Dire "c’est trop lourd" et demander de l’aide.
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Proposer une solution, comme un outil ou un partage de la charge.
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Coopérer avec d’autres pour déplacer un objet.
Pour terminer, on peut montrer l’illustration de la grosse caisse et demander : "Qui est le plus fort dans cette image ?" Une réponse possible : "C’est eux trois ensemble." Tout l’apprentissage de la séance tient dans cette phrase.
Pourquoi utiliser Arthur la Tortue pour parler de la force et de la coopération en maternelle ?
Parce que le déménagement est une situation concrète où chacun voit tout de suite à quoi sert l’aide de l’autre. En observant Aliénor qui porte plus lourd qu’Anh, Anh qui utilise un diable ou les trois amis qui portent ensemble la grosse caisse, les enfants comprennent que la force n’est ni une question de sexe ni une mesure de valeur. On peut demander : "Qui a aidé ?" ou "Comment ont-ils fait pour porter la caisse ?". Les enfants découvrent que leurs différences, loin de les séparer, leur permettent d’aller plus loin ensemble.
Arthur la Tortue est un univers illustré qui aide les enfants de 3 à 6 ans, à la maison comme à l’école, à comprendre leurs émotions, leurs limites, le consentement et les relations avec les autres. Parents et enseignants y trouvent des supports communs pour parler d’Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR) avec les mêmes mots.
Les illustrations sont des supports pour ouvrir le dialogue, à accompagner d’une discussion adaptée à l’âge des enfants.
À lire aussi : Conversation autour du cours de motricité : parler des ressemblances et des différences entre filles et garçons et Conversation autour de la ferme : développer ses compétences, fille ou garçon.
Questions fréquentes
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Comment expliquer en maternelle que les forces des filles et des garçons se complètent ?
En montrant que toutes les tâches comptent et que la force ne mesure pas la valeur. Le kit « Pendant un déménagement » d’Arthur la Tortue s’appuie sur six illustrations libres d’interprétation qui font parler petits et grands : Aliénor soulève des haltères plus lourds qu’Anh, Anh porte des coussins, puis les trois amis portent ensemble une grosse caisse.
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Faut-il dire aux enfants de 3-6 ans que filles et garçons ont exactement la même force ?
Non, il ne s’agit pas de nier les différences, qui varient surtout d’un enfant à l’autre à l’âge de la maternelle. Le message à transmettre est que chacun a sa propre force, qu’on ne se compare pas et que porter, trier, ranger ou guider sont des façons d’aider tout aussi utiles.
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Comment réagir quand un enfant de maternelle se vante d’être le plus fort ?
On accueille sa fierté, puis on élargit le regard : « Tu es fort pour porter. Qui est fort pour trier ? Pour guider ? Pour encourager ? » Comme dans la chaîne humaine d’Anh, Aliénor et Arthur, on montre que le groupe a besoin de toutes ces capacités et que chacun y est indispensable, fille ou garçon.
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Comment apprendre à un enfant de maternelle à écouter les limites de son corps quand c’est trop lourd ?
On l’aide à repérer les signaux du corps, comme les bras qui tremblent, le mal au dos ou le souffle court, puis on valorise le fait de dire « c’est trop lourd ». Demander de l’aide ou utiliser un outil, comme Anh avec son diable, est présenté comme une bonne solution, jamais comme un échec.
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À quel axe EVAR se rattache la séance sur le déménagement et combien de temps dure-t-elle en maternelle ?
Elle s’inscrit dans l’axe 3 du programme EVAR, « Trouver sa place dans la société, y être libre et responsable », et dure 35 à 45 minutes, éventuellement sur deux séances. En PS, on garde la chaîne humaine, les coussins et la grosse caisse ; la MS ajoute haltères et diable ; la GS exploite les six illustrations.