Des sessions EVAR clés en main, pour aborder des sujets sensibles avec justesse et cadre.

De Arthur La Tortue

Conversation autour de la salle de bain : comment expliquer les parties intimes du corps et l’intimité avec Arthur la Tortue ?

Comment expliquer les parties intimes du corps à des enfants de 3 à 6 ans sans les gêner ni leur faire peur ? En maternelle, on peut préparer une séance d’Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR) de 25 à 30 minutes à partir des illustrations d’Arthur la Tortue. En prenant la salle de bain à la maison comme point de départ, les enfants découvrent que leur corps leur appartient, que certaines parties sont intimes et qu’ils ont le droit de demander davantage de tranquillité pendant la toilette. "Maîtresse, pourquoi on doit frapper avant d’entrer dans la salle de bain ?" "Et si c’est ma maman qui entre ?" "Pourquoi mon petit frère aime prendre son bain avec papa, mais moi je préfère être tout seul ?"

Voilà des questions qui peuvent surgir en maternelle. Et derrière ces petites interrogations se cache un apprentissage bien plus grand : comprendre que notre corps nous appartient et que notre intimité mérite d’être respectée, même à la maison.

C’est exactement ce que propose d’explorer le kit "Dans la salle de bain à la maison" d’Arthur la Tortue, autour de l’axe 1 du programme EVAR : "Se connaître, vivre et grandir avec son corps". Voici une préparation de séance pour les enseignants de petite, moyenne et grande section, avec des illustrations, des questions à poser, des activités et des phrases simples à faire retenir aux enfants.

En bref : comprendre que son corps lui appartient et que son intimité mérite d’être respectée, même à la maison, est un apprentissage essentiel dès 3 ans. Avec le kit "Dans la salle de bain à la maison" d’Arthur la Tortue, parents et enseignants aident les enfants de 3 à 6 ans à nommer les parties intimes avec les bons mots, à savoir qui peut les aider pour la toilette et à faire respecter leur intimité.

À la maison ou à l’école : une même conversation pour grandir ensemble

À la maison : pendant le bain, utilisez les vrais mots pour nommer toutes les parties du corps, y compris la vulve, le pénis et les fesses. Encouragez votre enfant à se laver seul quand il le peut, et frappez avant d’entrer dans la salle de bain pour lui montrer l’exemple.

À l’école : la séance ci-dessous se mène en grand groupe à partir des illustrations du kit, puis se prolonge dans les moments de vie de la classe.

Ensemble : quand parents et enseignants emploient les mêmes mots et les mêmes repères, l’enfant fait le lien entre ses deux univers. Les étapes et les questions qui suivent peuvent être utilisées telles quelles en classe ou adaptées à la maison, avec un seul enfant ou une fratrie.

Pourquoi parler des parties intimes du corps dès la maternelle ?

À 3 ans, un enfant commence à mieux connaître son corps. Il apprend à se laver, à s’habiller, à reconnaître ses sensations et à exprimer ce qu’il aime ou ce qui le dérange. Mais il ne comprend pas toujours pourquoi certaines parties du corps sont considérées comme intimes. Il peut trouver tout à fait naturel de courir sans vêtements après son bain. Ou ne pas comprendre pourquoi sa grande sœur préfère désormais fermer la porte de la salle de bain. Il n’y a rien d’anormal là-dedans.

Les parties intimes sont les parties du corps que l’on protège particulièrement du regard et du toucher des autres, notamment les parties génitales, les fesses et, selon le contexte, la poitrine.

On peut utiliser les vrais mots du corps avec les enfants, comme pénis, vulve ou fesses, sans gêne et sans en faire un sujet mystérieux. Ce sont simplement des parties du corps qui demandent un respect particulier.
Et surtout, il faut expliquer qu’intime ne veut pas dire sale, honteux ou interdit d’en parler. La salle de bain est un excellent exemple. C’est un lieu où l’on prend soin de soi, où l’on peut avoir besoin d’aide et où l’on découvre progressivement le plaisir de faire certaines choses seul. Dans le programme EVAR, cette réflexion s’inscrit dans l’axe 1, autour de la connaissance du corps et de la prise de conscience de l’intimité.

Comment préparer une séance EVAR sur les parties intimes et la salle de bain ?

Pour cette séance, on utilise cinq illustrations du kit Arthur la Tortue. Elles permettent de partir d’un geste très simple, frapper à une porte, avant d’aborder le respect du corps, les besoins d’intimité et les limites personnelles. Je conseille de ne pas tout montrer d’un seul coup. Avec les petits, une image bien observée vaut souvent mieux que plusieurs images commentées trop rapidement.

Fiche de préparation de la séance EVAR

  • Niveau : petite, moyenne et grande section (PS, MS, GS).

  • Durée : 25 à 30 minutes, ou deux séances de 15 minutes pour les plus jeunes.

  • Programme : Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR).

  • Axe 1 : Se connaître, vivre et grandir avec son corps.

  • Notion : prendre conscience de l’intimité, notamment des parties intimes du corps.

  • Objectif principal : comprendre que certaines parties du corps sont intimes et que chacun a droit au respect de son corps.

  • Objectifs complémentaires : exprimer un besoin d’intimité, reconnaître une situation gênante, apprendre à dire stop et demander de l’aide.

  • Matériel : illustrations du kit "Dans la salle de bain à la maison", poupée habillée, petite porte en carton, serviette, affiche des règles et coloriages.

Conseil pédagogique : on travaille toujours à partir des personnages. On ne demande pas aux enfants de raconter devant toute la classe comment leurs parents les lavent ou quelles parties de leur corps ils préfèrent cacher. On évite également toute mise en situation impliquant de déshabiller ou de toucher un élève.

Étape 1 : pourquoi la maman d’Arthur frappe-t-elle avant d’entrer ? (5 minutes)

On commence par montrer l’illustration d’Arthur enveloppé dans sa serviette après la douche. Il est dans la salle de bain et sa maman frappe doucement à la porte. Arthur sourit. Il semble content que sa maman attende avant d’entrer.

La première question à poser : "Regardez Arthur. Pourquoi sa maman fait-elle toc toc avant d’entrer ?"

On laisse les enfants observer. Certains vont répondre : "Parce qu’Arthur est dans la salle de bain !" D’autres diront simplement : "Parce que la porte est fermée." On poursuit : "Et pourquoi elle n’ouvre pas tout de suite ?" C’est là qu’on introduit l’intimité. "Quand Arthur sort de la douche, il peut avoir envie d’être tranquille. Même sa maman peut frapper pour lui montrer qu’elle respecte son espace." On explique qu’un enfant peut avoir besoin d’aide pour sa toilette, mais qu’on peut tout de même le prévenir avant d’entrer, lorsque la situation le permet.

Questions à poser aux enfants

  • Pourquoi la maman frappe-t-elle à la porte ?

  • Comment Arthur se sent-il lorsqu’elle attend ?

  • Est-ce qu’on peut avoir besoin d’être tranquille dans la salle de bain ?

  • Est-ce qu’un adulte peut aider un enfant tout en respectant son intimité ?

  • Que peut-on dire lorsqu’on souhaite entrer dans une pièce occupée ?

Activité : toc toc, je peux entrer ? On fabrique une petite porte avec du carton. Un enfant joue le rôle de la maman, un autre répond à la place d’Arthur. Le premier frappe et demande : "Est-ce que je peux entrer ?" Le second peut répondre : "Attends un peu !" ou "Oui, tu peux entrer !" On échange ensuite les rôles.

Phrase clé : "J’ai droit à mon intimité. On frappe et on attend avant d’entrer."

Étape 2 : pourquoi dit-on que notre corps nous appartient ? (5 minutes)

On présente maintenant l’illustration d’Arthur et de sa maman qui passent un moment calme ensemble pendant la toilette. Sa maman lui explique que son corps est comme un trésor. Il est précieux et mérite qu’on en prenne soin.

La question à poser : "Pourquoi la maman d’Arthur dit-elle que son corps est un trésor ?"

Les enfants vont peut-être répondre qu’il est beau, qu’il est important ou qu’il faut le protéger.
On explique alors : "Ton corps, c’est le tien. Il te permet de courir, de jouer, de ressentir des choses. Tu apprends à le connaître et à en prendre soin." On peut ensuite parler des parties intimes. "Il y a des parties de notre corps qu’on garde généralement couvertes, comme la vulve, le pénis ou les fesses. Ce sont des parties intimes. Elles ne sont pas sales ni honteuses. Elles demandent simplement un respect particulier." On précise qu’un parent ou un professionnel de santé peut parfois avoir besoin d’aider un enfant pour sa toilette, ses soins ou sa santé. Dans ce cas, l’adulte doit expliquer ce qu’il fait, respecter autant que possible les réactions de l’enfant et ne jamais lui demander de garder un secret sur un geste qui le met mal à l’aise.

Questions à poser aux enfants

  • À quoi sert notre corps ?

  • Pourquoi faut-il prendre soin de lui ?

  • Est-ce que toutes les parties du corps portent un nom ?

  • Qu’est-ce qu’une partie intime ?

  • Est-ce qu’on peut demander de l’aide pour se laver ?

  • Que peut-on faire si un geste nous gêne ?

Activité : je prends soin de mon corps. On montre une poupée habillée et plusieurs objets : un gant de toilette, une brosse à dents, une serviette et un peigne. Les enfants expliquent à quoi servent ces objets. On rappelle que prendre soin de son corps, c’est aussi apprendre à reconnaître ses besoins et à demander de l’aide lorsque c’est nécessaire.

Phrase clé : "Mon corps m’appartient. J’apprends à le connaître et à en prendre soin."

Étape 3 : peut-on aimer sa maman et vouloir être seul dans la salle de bain ? (5 minutes)

On montre l’illustration d’Arthur sous la douche pendant que sa maman se brosse les dents. Pour elle, c’est pratique. Elle profite du moment où Arthur se lave pour faire sa propre toilette. Mais Arthur ne semble pas à l’aise. Il se tourne et se cache un peu derrière le rideau de douche.

La question à poser : "Pourquoi Arthur se cache-t-il alors que sa maman est juste à côté ?"

On laisse les enfants proposer leurs idées. Certains diront qu’il est timide. D’autres remarqueront qu’il veut être seul. On explique alors que le besoin d’intimité peut changer en grandissant. "Quand Arthur était plus petit, il aimait peut-être que sa maman reste près de lui. Mais aujourd’hui, il aimerait avoir un peu plus de tranquillité. Et c’est possible d’aimer très fort sa maman tout en ayant envie d’être seul." On rappelle aussi qu’un adulte peut devoir rester à proximité pour la sécurité d’un jeune enfant pendant la douche ou le bain. Il peut néanmoins chercher une manière de respecter davantage son intimité.

Questions à poser aux enfants

  • Pourquoi Arthur se tourne-t-il derrière le rideau ?

  • Est-ce que sa maman veut le déranger ?

  • Peut-on aimer quelqu’un et vouloir être tranquille ?

  • Est-ce que tout le monde a besoin de la même intimité ?

  • Comment Arthur pourrait-il expliquer ce qu’il ressent ?

Activité : les besoins changent. On raconte deux petites situations. Dans la première, Arthur demande à sa maman de l’aider à se laver les cheveux. Dans la seconde, Arthur préfère se savonner tout seul. On demande : "Est-ce qu’Arthur a le droit de vouloir de l’aide pour une chose et de faire une autre chose seul ?" Les enfants comprennent que l’autonomie se construit petit à petit.

Phrase clé : "Je peux aimer quelqu’un et avoir besoin d’un moment à moi."

Étape 4 : peut-on dire stop à un adulte qui ne respecte pas notre intimité ? (7 minutes)

Cette fois, on montre l’illustration d’Arthur qui sort du bain, enveloppé dans sa serviette. Son papa entre dans la salle de bain sans frapper. Arthur est contrarié. Il n’aime pas qu’on entre sans prévenir.

La question à poser : "Regardez le visage d’Arthur. Pourquoi est-il en colère ?"

On laisse les enfants décrire son expression. Puis on demande : "Est-ce qu’Arthur a le droit de dire à son papa qu’il n’aime pas ça ?" On explique qu’un enfant a le droit d’exprimer sa gêne, même lorsqu’il s’adresse à un adulte. "Arthur peut dire : Papa, je voudrais que tu frappes avant d’entrer." Il faut aussi expliquer que les adultes ont la responsabilité de protéger les enfants. Ils peuvent parfois devoir intervenir sans attendre, par exemple lorsqu’un enfant risque de tomber ou de se blesser. Mais cela ne signifie pas qu’ils peuvent ignorer ce que ressent l’enfant.

Questions à poser aux enfants

  • Pourquoi Arthur est-il en colère ?

  • Est-ce qu’il a le droit de dire ce qu’il ressent ?

  • Peut-on dire stop à un adulte ?

  • Comment pourrait-il demander davantage d’intimité ?

  • Que peut faire Arthur si quelqu’un ne l’écoute pas ?

  • À quel autre adulte de confiance pourrait-il en parler ?

Activité : apprendre à dire stop. On propose trois petites phrases que les enfants peuvent dire à la place d’Arthur : "Stop, je n’aime pas ça.", "Je veux être tranquille." et "J’ai besoin d’aide." On les répète ensemble, sans obliger un enfant à parler devant le groupe. On rappelle que si un adulte ne respecte pas ses limites, l’enfant peut en parler à un autre adulte de confiance.

Phrase clé : "J’ai le droit de dire stop quand quelque chose me gêne, même à un adulte."

Étape 5 : pourquoi faut-il demander avant d’aider quelqu’un à se sécher ? (5 minutes)

On présente l’illustration d’Aliénor qui sort du bain. Elle est encore enveloppée dans sa serviette.
Son papa souhaite l’aider à se sécher. Mais il commence sans lui demander son avis et touche des parties de son corps qu’elle considère comme intimes. Aliénor est contrariée. Elle n’aime pas cette situation.

La question à poser : "Pourquoi Aliénor n’est-elle pas contente alors que son papa veut l’aider ?"

On laisse les enfants réfléchir. Puis on explique : "Parfois, un adulte veut nous aider, mais il peut oublier de nous demander comment nous préférons être aidés." On rappelle qu’un enfant peut avoir besoin d’aide pour sa toilette. Cela fait partie des soins du quotidien. Mais l’adulte doit, autant que possible, expliquer ce qu’il va faire, prévenir avant de toucher les parties intimes et encourager l’enfant à faire seul ce qu’il sait déjà faire. On peut dire : "Aliénor, est-ce que tu veux essayer de te sécher toute seule ? Je peux t’aider si tu en as besoin."

Questions à poser aux enfants

  • Pourquoi Aliénor semble-t-elle contrariée ?

  • Est-ce que tout le monde aime être aidé de la même manière ?

  • Comment son papa pourrait-il lui proposer son aide ?

  • Est-ce qu’Aliénor peut dire qu’elle préfère essayer seule ?

  • Pourquoi faut-il écouter quelqu’un qui dit qu’un geste le gêne ?

Activité : je demande avant d’aider. On utilise une poupée et une serviette. Un enfant joue le rôle de l’adulte qui propose son aide. Il demande : "Est-ce que tu veux que je t’aide à mettre ta serviette ?" Un autre répond à la place du personnage. On montre qu’il est possible d’aider sans imposer son geste.

Phrase clé : "Même les adultes doivent respecter mon corps et m’expliquer les gestes de soin."

Étape 6 : construire les règles de la salle de bain avec les enfants (5 minutes)

On revient sur les illustrations. "Qu’est-ce qu’Arthur et Aliénor nous ont appris aujourd’hui ?" On laisse les enfants proposer leurs idées, puis on reformule ensemble.

Les quatre règles à retenir

  1. Mon corps m’appartient. J’apprends à connaître les parties de mon corps, à me laver et à demander de l’aide lorsque j’en ai besoin.

  2. Dans la salle de bain, on respecte l’intimité. On frappe avant d’entrer lorsque c’est possible et on respecte le besoin de tranquillité de chacun.

  3. Chacun a son tour et son espace. On fait attention au corps des autres et on ne touche pas quelqu’un pour jouer sans son accord.

  4. Je fais attention aux autres. Si un geste ou un jeu dérange quelqu’un, on s’arrête et on écoute ce qu’il exprime.

Ces règles reprennent les quatre grands messages de l’affiche du kit "Dans la salle de bain à la maison" d’Arthur la Tortue.

Phrase clé de la séance : "Mon corps m’appartient. J’ai droit à mon intimité et je peux demander de l’aide."

Comment adapter cette séance EVAR en petite, moyenne et grande section ?

En petite section (PS), on privilégie deux illustrations : la maman qui frappe à la porte et Arthur qui apprend à prendre soin de son corps. On utilise des mots très simples : "Mon corps, c’est le mien." et "Je peux demander de l’aide." Une séance de 10 à 15 minutes peut suffire.
En moyenne section (MS), on commence à introduire les parties intimes avec leur nom anatomique et à parler des émotions. Pourquoi Arthur est-il gêné ? Comment peut-il demander à être tranquille ? On peut également travailler sur les sensations agréables ou désagréables pendant la toilette.
En grande section (GS), on approfondit le respect des limites personnelles et la différence entre une aide nécessaire et un geste qui dérange. On peut aussi aborder la question des photos prises pendant le bain et du droit à l’image.

Un conseil : tous les enfants ne sont pas autonomes au même âge. Certains ont encore besoin d’aide pour leur toilette, d’autres ont des sensibilités particulières au contact, aux odeurs ou à l’eau. Il ne faut jamais présenter l’autonomie comme une obligation ni faire de comparaison entre les élèves.

Quelles autres situations EVAR travailler avec le kit Dans la salle de bain à la maison ?

Le kit Arthur la Tortue contient d’autres illustrations qui permettent de prolonger les échanges.

Pourquoi ne faut-il pas prendre de photos d’un enfant dans son bain sans respecter son intimité ?

Arthur joue tranquillement dans son bain. Son papa souhaite prendre une photo pour garder un souvenir. Mais Arthur n’aime pas cela et ne veut pas que son image soit montrée à d’autres personnes.
On peut demander : "Est-ce que le fait de vouloir garder un souvenir donne le droit de prendre une photo de quelqu’un ?". On explique que les photos prises dans la salle de bain peuvent révéler des moments très personnels. Les adultes doivent protéger l’intimité des enfants, éviter de photographier leur nudité et ne pas diffuser d’images intimes.

Phrase clé : "Mon intimité doit être respectée, même sur les photos."

Peut-on vouloir se regarder dans le miroir sans être observé ?

Aliénor se regarde dans le miroir de la salle de bain. Elle découvre son corps et apprend à mieux se connaître. Son papa est présent, mais elle aimerait avoir un moment seule.
On peut demander : "Pourquoi Aliénor préfère-t-elle être tranquille devant son miroir ?"
Cette illustration permet de parler de l’autonomie et de l’évolution des besoins d’intimité en grandissant.

Phrase clé : "Je peux demander un moment à moi, même à quelqu’un que j’aime."

Peut-on déranger quelqu’un même lorsqu’on veut être gentil ?

Aliénor prend son bain. Son papa entre avec une serviette propre pour l’aider. Il pense bien faire, mais Aliénor aurait préféré qu’il frappe avant d’entrer. On peut demander : "Est-ce qu’on peut vouloir aider quelqu’un et quand même le déranger ?". Les enfants découvrent qu’une bonne intention ne suffit pas toujours. Il faut aussi tenir compte de ce que ressent l’autre.

Phrase clé : "Avant d’aider quelqu’un, je fais attention à ce qu’il ressent."

Comment savoir si les enfants ont compris la notion de parties intimes et d’intimité ?

En maternelle, on ne cherche pas à vérifier si les enfants savent réciter une définition compliquée.
On observe plutôt s’ils commencent à comprendre quelques idées simples :

  • Ils savent que certaines parties du corps sont intimes et peuvent les nommer avec des mots adaptés.

  • Ils comprennent qu’on peut avoir besoin de tranquillité pendant la toilette.

  • Ils savent qu’ils peuvent demander de l’aide pour prendre soin de leur corps.

  • Ils reconnaissent qu’un geste peut être gênant même lorsqu’il part d’une bonne intention.

  • Ils savent qu’ils peuvent dire stop et parler à un adulte de confiance.

  • Ils comprennent qu’on ne prend pas et qu’on ne partage pas de photos intimes d’un enfant.

Ces apprentissages se construisent progressivement. Une séance ne suffit pas à elle seule. On peut revenir régulièrement sur les illustrations, notamment lorsqu’on travaille sur le corps, les émotions ou le respect des limites.

Pourquoi utiliser les illustrations d’Arthur la Tortue pour parler des parties intimes en maternelle ?

Parce qu’il est parfois difficile de parler de l’intimité directement avec des enfants de 3 à 6 ans. Certains sont très à l’aise avec les questions sur le corps. D’autres préfèrent ne pas en parler. Et c’est parfaitement acceptable. Avec Arthur et Aliénor, on part de situations fictives que les enfants peuvent comprendre. On ne demande pas : "Est-ce que ton papa entre dans la salle de bain quand tu prends ton bain ?" On demande plutôt : "Pourquoi Arthur aimerait-il que son papa frappe avant d’entrer ?" Cela permet aux élèves de réfléchir sans devoir raconter ce qui se passe dans leur propre famille. Les illustrations servent à ouvrir la parole, à reconnaître les émotions et à construire des règles simples autour de l’intimité. Elles peuvent être utilisées dans le cadre des séances d’Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR), en complément de la préparation et de la formation des enseignants.

Questions fréquentes

  • Comment expliquer les parties intimes du corps à un enfant de maternelle ?

    On les nomme avec les vrais mots, pénis, vulve, fesses, sans gêne ni mystère, en précisant qu’intime ne veut pas dire sale ou honteux. Dans le kit Dans la salle de bain à la maison d’Arthur la Tortue, la maman d’Arthur lui explique que son corps est un trésor qui mérite respect et soin.

  • Comment apprendre à un enfant de 3-6 ans qu’il peut dire stop à un adulte qui ne respecte pas son intimité ?

    On s’appuie sur l’illustration où le papa d’Arthur entre dans la salle de bain sans frapper. Les élèves répètent ensemble « Stop, je n’aime pas ça », « Je veux être tranquille » et « J’ai besoin d’aide », sans obligation de parler seul. On précise qu’on peut toujours en parler à un autre adulte de confiance.

  • À quel axe du programme EVAR correspond une séance sur les parties intimes en maternelle ?

    Elle s’inscrit dans l’axe 1, « Se connaître, vivre et grandir avec son corps », autour de la notion « prendre conscience de l’intimité, notamment des parties intimes du corps ». Ce programme d’EVAR, publié au Bulletin officiel n°6 du 6 février 2025, s’applique en maternelle comme en élémentaire depuis la rentrée 2025.

  • Combien de temps dure la séance sur l’intimité dans la salle de bain et comment l’adapter en PS, MS et GS ?

    Elle dure 25 à 30 minutes, ou deux séances de 15 minutes. En PS, 10 à 15 minutes et deux illustrations suffisent. En MS, on introduit les noms anatomiques des parties intimes et les émotions. En GS, on distingue aide nécessaire et geste qui dérange, et on aborde les photos prises pendant le bain.

  • Comment parler d’intimité à la maison en maternelle sans demander aux élèves de raconter leur vie familiale ?

    On interroge les personnages, jamais l’enfant : « Pourquoi Arthur aimerait-il que son papa frappe avant d’entrer ? » plutôt qu’une question sur sa propre famille. Arthur la Tortue propose des illustrations libres d’interprétation qui font parler les petits (et les grands) des grandes questions de l’enfance, sans exposer la vie privée des élèves.