· De Arthur La Tortue
Conversation autour de la salle de jeu : apprendre à se connaître grâce à la sécurité affective et aux liens de confiance
Comment aider un enfant de maternelle à mieux se connaître et à prendre confiance en lui ? Pour préparer une séance d’Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR), on peut utiliser les illustrations d’Arthur la Tortue et proposer une activité de 25 à 30 minutes autour de la sécurité affective, des liens de confiance et de l’expression de soi. À travers six situations dans une salle de jeux, les enfants de 3 à 6 ans découvrent qu’ils peuvent exprimer leurs goûts, leurs émotions et leurs limites lorsqu’ils se sentent écoutés et respectés.
"Maîtresse, pourquoi Arthur aime se déguiser en princesse ?" "Pourquoi son papa ne se fâche pas quand Arthur lui dit non ?" "Et pourquoi Arthur ose poser autant de questions à son papa ?"
Ces questions nous amènent à parler d’un sujet qui peut sembler abstrait pour un enfant de maternelle : la sécurité affective. Derrière ce terme se cache quelque chose de très concret. C’est ce sentiment qui permet à un enfant de se sentir suffisamment en confiance pour poser des questions, essayer, se tromper, rire, exprimer ses préférences et dire lorsqu’il n’aime pas quelque chose. Et pour apprendre à se connaître, il faut aussi avoir la possibilité d’être soi-même. C’est ce que propose d’explorer le kit « Dans la salle de jeux » d’Arthur la Tortue, consacré à la notion « Apprendre à se connaître grâce à la sécurité affective et aux liens de confiance », dans l’axe 1 du programme EVAR : « Se connaître, vivre et grandir avec son corps ». Voici comment organiser une séance en maternelle à partir des illustrations, des questions et des activités du kit.
En bref : un enfant qui se sent en sécurité affective ose être lui-même, poser des questions et dire non sans craindre de perdre l’amour de l’adulte. Avec le kit "Dans la salle de jeux" d’Arthur la Tortue, parents et enseignants aident les enfants de 3 à 6 ans à mieux se connaître, à exprimer leurs goûts et leurs désaccords, et à construire des liens de confiance avec les adultes qui les entourent.
À la maison ou à l’école : une même conversation pour grandir ensemble
À la maison : lorsque votre enfant vous dit non ou pose une question surprenante, accueillez-le calmement plutôt que de vous fâcher : il apprend que votre amour ne dépend pas de son accord. Laissez-le aussi choisir ses jeux et ses déguisements, sans jugement.
À l’école : la séance ci-dessous se mène en grand groupe à partir des illustrations du kit, puis se prolonge dans les moments de vie de la classe.
Ensemble : quand parents et enseignants emploient les mêmes mots et les mêmes repères, l’enfant fait le lien entre ses deux univers. Les étapes et les questions qui suivent peuvent être utilisées telles quelles en classe ou adaptées à la maison, avec un seul enfant ou une fratrie.
Pourquoi travailler la sécurité affective dès la maternelle ?
Imaginez un enfant qui aimerait essayer une nouvelle activité, mais qui n’ose pas parce qu’il a peur de se tromper. Un autre qui trouve quelque chose très drôle, mais qui préfère ne pas rire parce que ses camarades ne rient pas. Ou encore un enfant qui n’aime pas un jeu, mais qui continue parce qu’il ne veut pas décevoir son copain. Ces situations peuvent se présenter dès la maternelle. La sécurité affective, c’est le sentiment de pouvoir compter sur une personne qui nous écoute, nous respecte et nous accepte, même lorsque nous exprimons un désaccord ou faisons une erreur. Elle joue un rôle dans la manière dont l’enfant explore son environnement, construit ses préférences et apprend progressivement à reconnaître ses émotions et ses besoins. Dans le cadre de l’EVAR, travailler les liens de confiance permet notamment d’aider les enfants à :
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Oser poser des questions et explorer de nouvelles activités.
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Découvrir leurs goûts, leurs envies et leurs centres d’intérêt.
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Exprimer leurs émotions sans craindre d’être jugés.
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Comprendre que leurs préférences peuvent être différentes de celles des autres.
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Dire non lorsqu’un jeu ou un geste ne leur plaît pas.
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Comprendre qu’un désaccord ne signifie pas la fin d’une relation.
L’objectif n’est pas d’apprendre aux enfants à être courageux en permanence, mais de leur montrer qu’ils peuvent découvrir qui ils sont dans des relations où ils se sentent respectés.
Comment préparer une séance EVAR sur la sécurité affective en maternelle ?
Le kit « Dans la salle de jeux » présente Arthur et son papa dans différentes situations de jeu. Ils construisent une cabane, regardent une histoire de chevaliers, jouent aux marionnettes, se déguisent, font une bataille d’oreillers et s’amusent dans une piscine à balles. Chaque situation permet d’aborder une facette de la confiance.
Fiche de préparation de la séance EVAR
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Niveau : petite, moyenne et grande section (PS, MS, GS).
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Durée : 25 à 30 minutes, adaptable selon l’âge des enfants.
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Programme : Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR).
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Axe 1 : Se connaître, vivre et grandir avec son corps.
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Notion : apprendre à se connaître grâce à la sécurité affective et aux liens de confiance.
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Objectif principal : comprendre que se sentir en confiance aide à découvrir ses goûts, à exprimer ses émotions et à affirmer ses limites.
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Objectifs complémentaires : développer la connaissance de soi, encourager la curiosité, respecter les différences et apprendre à exprimer un refus.
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Matériel : illustrations du kit « Dans la salle de jeux », marionnettes, déguisements, livres, coussins et affiche des règles.
Conseil pédagogique : les illustrations mettent en scène Arthur et son papa, mais la sécurité affective ne se construit pas uniquement avec les parents. Elle peut aussi se développer auprès d’autres adultes de confiance. On évite de demander aux enfants de raconter publiquement leurs relations familiales ou de désigner la personne qu’ils aiment le plus.
Étape 1 : pourquoi Arthur ose-t-il poser autant de questions à son papa ? (5 minutes)
On commence par la première illustration du kit. Arthur et son papa ont construit une petite cabane avec des draps. Ils sont installés à l’intérieur et lisent une histoire de chevaliers. Arthur semble heureux. Il pose beaucoup de questions et son papa prend le temps de lui répondre. Il ne lui dit pas d’arrêter de parler. Il ne se moque pas de ses interrogations.
La question à poser : "Pourquoi Arthur ose-t-il poser toutes les questions qui lui passent par la tête ?"
On laisse les enfants observer la scène. Certains remarqueront qu’Arthur est avec son papa. D’autres diront qu’il aime les histoires de chevaliers. On peut alors expliquer : "Arthur sait que son papa va l’écouter. Même s’il pose une question un peu drôle ou qu’il ne comprend pas quelque chose, il n’a pas peur d’être jugé. Alors il ose demander.". Cette scène permet de montrer que la curiosité se développe plus facilement lorsque l’enfant se sent en confiance.
Questions à poser aux enfants
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Pourquoi Arthur pose-t-il autant de questions ?
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Est-ce agréable quand quelqu’un prend le temps de nous écouter ?
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Est-ce qu’on a le droit de poser une question dont on ne connaît pas la réponse ?
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Est-ce que tous les enfants sont curieux des mêmes choses ?
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Pourquoi est-ce intéressant de découvrir de nouvelles choses ?
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Peut-on aimer quelque chose que nos copains n’aiment pas ?
Activité : la boîte à questions. On installe une boîte dans la classe. Les enfants peuvent y déposer un dessin représentant quelque chose qu’ils aimeraient découvrir. L’enseignant choisit ensuite quelques questions pour en discuter collectivement.
Phrase clé : « Quand je me sens en confiance, j’ose poser des questions. »
Étape 2 : pourquoi Arthur aime-t-il s’imaginer en chevalier ? (5 minutes)
On présente la deuxième illustration. Arthur et son papa regardent un dessin animé de chevaliers avec un rétroprojecteur. Ils portent tous les deux un casque de chevalier. Arthur est blotti contre son papa. Il imagine les aventures qu’il pourrait vivre à la place des personnages. Peut-être aimerait-il être un chevalier courageux. Peut-être préfère-t-il le personnage qui aide les autres.
La question à poser : « Pourquoi Arthur aime-t-il s’imaginer à la place des personnages ? »
On explique aux enfants que les histoires nous permettent d’imaginer différentes façons d’être. On peut jouer à être un chevalier sans avoir envie d’être un chevalier dans la réalité. On peut aimer les dragons, les princesses, les explorateurs ou les animaux. Et ce que nous aimons imaginer peut nous aider à découvrir nos propres préférences.
Questions à poser aux enfants
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Pourquoi Arthur aime-t-il les histoires de chevaliers ?
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Est-ce que tous les enfants aiment les mêmes personnages ?
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Peut-on imaginer être quelqu’un de complètement différent ?
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Est-ce qu’on a le droit d’inventer une histoire que les autres trouvent étrange ?
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Est-ce que nos histoires préférées peuvent nous apprendre ce que nous aimons ?
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Peut-on changer de personnage préféré en grandissant ?
Activité : si j’étais un personnage. On propose plusieurs images de personnages fictifs. Chaque enfant peut en choisir un et inventer une petite aventure. On valorise les différentes propositions sans chercher à déterminer laquelle est la meilleure.
Phrase clé : « Mes histoires m’aident à découvrir ce que j’aime. J’ai le droit d’imaginer à ma façon. »
Étape 3 : pourquoi Arthur ose-t-il rire sans avoir peur du regard des autres ? (5 minutes)
On montre maintenant l’illustration du théâtre de marionnettes. Arthur et son papa ont fabriqué un petit théâtre en carton. Son papa fait parler les marionnettes avec des voix rigolotes. Arthur éclate de rire. Il ne cherche pas à savoir si quelqu’un d’autre trouve cela drôle. Il profite simplement du moment.
La question à poser : « Pourquoi Arthur peut-il rire aussi fort avec son papa ? »
On explique : « Arthur sait qu’il peut rire sans que son papa se moque de lui. Il peut montrer ce qui l’amuse, même si d’autres personnes ne trouvent pas la même chose drôle. ». Cette illustration permet de parler d’une dimension parfois oubliée de la connaissance de soi : le sens de l’humour. Ce qui nous fait rire fait aussi partie de nos préférences.
Questions à poser aux enfants
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Pourquoi Arthur rigole-t-il autant ?
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Est-ce que tout le monde trouve les mêmes choses drôles ?
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Est-ce qu’on peut rire d’une histoire que notre copain ne trouve pas amusante ?
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Pourquoi est-ce agréable de pouvoir rire librement ?
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Est-ce plus facile de montrer ce qui nous amuse quand on se sent accepté ?
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Quelle différence y a-t-il entre rire avec quelqu’un et se moquer de quelqu’un ?
Activité : le théâtre des marionnettes. On utilise quelques marionnettes pour inventer des situations amusantes. Les enfants peuvent proposer des voix, des personnages ou des histoires. On rappelle que chacun peut avoir son propre humour et qu’on ne se moque jamais de celui qui propose une idée.
Phrase clé : « Avec les personnes en qui j’ai confiance, je peux rire et être moi-même. »
Étape 4 : pourquoi Arthur peut-il se déguiser en princesse ? (5 minutes)
On présente la quatrième illustration. Arthur a choisi de se déguiser en princesse. Son papa, lui, porte un costume de fée. Ils jouent ensemble devant un château en carton. Arthur semble très heureux. Son papa ne lui demande pas de choisir un autre costume. Il entre dans son imagination et participe à son jeu.
La question à poser : « Pourquoi Arthur a-t-il choisi un costume de princesse ? »
On laisse les enfants répondre. Certains diront qu’il aime les robes. D’autres qu’il trouve le costume joli ou qu’il veut jouer dans un château. On peut alors expliquer : « Arthur a choisi ce déguisement parce qu’il lui plaît. Son papa respecte son choix. Dans un jeu, on peut imaginer être qui l’on veut. ». On poursuit : « Est-ce qu’un costume doit forcément être réservé aux filles ou aux garçons ? ». Cette situation permet d’aborder les préférences personnelles et les stéréotypes sans transformer la séance en débat sur l’identité des enfants.
Un enfant peut aimer un déguisement, une couleur ou une activité sans devoir se justifier.
Questions à poser aux enfants
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Pourquoi Arthur aime-t-il son déguisement ?
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Est-ce qu’un garçon peut se déguiser en princesse ?
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Est-ce qu’une fille peut se déguiser en chevalier ?
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Pourquoi est-ce agréable de choisir soi-même son costume ?
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Comment se sentirait Arthur si quelqu’un se moquait de lui ?
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Pourquoi est-ce important de respecter les goûts des autres ?
Activité : le coffre à déguisements. On présente plusieurs accessoires : couronne, cape, chapeau, baguette magique ou casque. Les enfants peuvent choisir librement les éléments qui leur plaisent et inventer un personnage. Aucun costume n’est attribué selon le sexe.
Phrase clé : « Quand je me sens en sécurité, j’ose être moi-même. »
Étape 5 : pourquoi Arthur a-t-il besoin de bouger autant ? (5 minutes)
On montre maintenant Arthur et son papa qui font une bataille d’oreillers. Ils sautent, rient et se dépensent. Arthur semble avoir beaucoup d’énergie. Il peut bouger librement parce que son papa veille à ce que le jeu reste sans danger.
La question à poser : « Pourquoi Arthur a-t-il envie de sauter et de taper dans les oreillers ? »
On explique : « Parfois, notre corps a beaucoup d’énergie. On a envie de courir, de sauter ou de bouger. Et parfois, quand on est énervé ou frustré, bouger peut nous aider à nous sentir mieux. » On attire l’attention des enfants sur le rôle du papa. Il joue avec Arthur, mais il veille aussi à ce que personne ne se fasse mal. La sécurité affective ne signifie donc pas qu’on peut tout faire.
C’est aussi savoir qu’un adulte peut nous laisser explorer tout en posant des limites rassurantes.
Questions à poser aux enfants
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Pourquoi Arthur a-t-il envie de bouger ?
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Comment se sent notre corps quand on a beaucoup d’énergie ?
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Est-ce que courir ou sauter peut parfois nous faire du bien ?
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Est-ce que tout le monde aime les jeux qui bougent beaucoup ?
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Comment peut-on jouer sans faire mal aux autres ?
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Que peut faire un adulte pour que le jeu reste agréable ?
Activité : je bouge, puis je m’arrête. On propose un petit jeu moteur où les enfants peuvent sauter, marcher ou danser dans un espace dégagé. Lorsque la musique s’arrête, chacun prend le temps d’observer son corps : son cœur bat-il plus vite ? A-t-il chaud ? A-t-il envie de continuer ou de se reposer ?
Phrase clé : « Quand j’ai trop d’énergie, je peux bouger et jouer sans faire mal. »
Étape 6 : pourquoi Arthur ose-t-il dire non à son papa ? (7 minutes)
On termine avec une illustration particulièrement intéressante pour parler des liens de confiance. Arthur et son papa jouent dans une piscine à balles. Arthur lance des balles en plastique sur la tête de son papa, qui trouve cela très drôle. Mais Arthur, lui, n’aime pas recevoir des balles sur la tête. Alors il le dit. Son papa écoute sa demande et accepte de jouer autrement.
La question à poser : « Pourquoi Arthur peut-il dire non à son papa sans avoir peur qu’il se fâche ? »
On laisse les enfants observer les deux personnages. Puis on explique : « Le papa d’Arthur aime recevoir des balles sur la tête. Mais Arthur n’aime pas ça. Et ce n’est pas parce que son papa trouve ce jeu drôle qu’Arthur doit aimer la même chose. » Cette situation permet de travailler une idée fondamentale : on peut aimer quelqu’un, lui faire confiance et ne pas être d’accord avec lui. Dire non ne signifie pas qu’on n’aime plus la personne. Et lorsqu’un enfant exprime une limite, l’adulte doit l’écouter et la respecter. On peut également expliquer qu’avant de lancer un objet sur quelqu’un, même pour jouer, il faut s’assurer que la personne est d’accord.
Questions à poser aux enfants
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Pourquoi le papa d’Arthur rigole-t-il ?
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Pourquoi Arthur n’aime-t-il pas recevoir les balles sur la tête ?
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Est-ce que deux personnes doivent aimer exactement les mêmes jeux ?
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Peut-on dire non à quelqu’un qu’on aime ?
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Est-ce qu’un adulte doit écouter lorsqu’un enfant dit qu’il n’aime pas quelque chose ?
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Peut-on continuer à jouer ensemble après un désaccord ?
Activité : j’aime, je n’aime pas. On propose plusieurs situations fictives : un personnage aime les chatouilles, un autre n’aime pas les jeux bruyants, un troisième préfère jouer calmement. Les enfants choisissent comment les personnages pourraient exprimer leurs préférences et respecter celles des autres.
Phrase clé : « Avec quelqu’un en qui j’ai confiance, je peux dire ce que j’aime et ce que je n’aime pas. »
Étape 7 : construire les quatre règles de la sécurité affective avec les enfants
Pour terminer la séance, on revient sur les illustrations. « Alors, qu’est-ce qu’Arthur a découvert sur lui-même en jouant avec son papa ? » On laisse les enfants proposer leurs réponses, puis on reprend les quatre principes présentés dans l’affiche du kit.
Les quatre règles à retenir
1. Je peux être moi-même. Quand je me sens aimé, écouté et accepté, je peux montrer ce que j’aime et ce que je n’aime pas.
2. J’ose essayer et explorer. Quand je me sens rassuré, je peux poser des questions, découvrir de nouvelles activités et parfois me tromper.
3. Je peux exprimer ce que je ressens. Je peux dire que je suis heureux, inquiet, gêné ou que quelque chose ne me plaît pas.
4. Je découvre mes goûts et mes envies. En choisissant mes jeux et mes activités, je découvre peu à peu ce qui m’intéresse.
On peut afficher ces règles dans la salle de classe et y revenir lors des jeux libres, des activités collectives ou des moments où un enfant hésite à exprimer son avis.
Phrase clé de la séance : « Quand je me sens écouté et respecté, j’ose être moi-même. »
Comment adapter cette séance EVAR en petite, moyenne et grande section ?
En petite section (PS), on privilégie les illustrations les plus accessibles : la cabane, le théâtre de marionnettes et la piscine à balles. On travaille surtout des expressions simples comme « J’aime », « Je n’aime pas », « Je veux essayer » et « Stop ».
En moyenne section (MS), on introduit davantage de situations autour des préférences personnelles. Pourquoi Arthur aime-t-il les chevaliers ? Pourquoi choisit-il un costume de princesse ? Pourquoi son papa peut-il aimer un jeu qu’Arthur n’aime pas ? On aide les enfants à comprendre que chacun possède ses propres goûts.
En grande section (GS), on approfondit la confiance relationnelle, l’expression des limites et les désaccords. On peut demander aux enfants d’imaginer ce qu’un personnage pourrait répondre lorsqu’un autre refuse un jeu, ou comment rassurer un camarade qui n’ose pas essayer une nouvelle activité.
Conseil : on ne force jamais un enfant à participer à une activité, à se déguiser ou à raconter ses émotions devant toute la classe. Le respect de ses limites fait lui-même partie de l’apprentissage.
Comment prolonger la séance EVAR avec les activités du kit ?
Les six illustrations permettent d’ouvrir la discussion, mais le kit « Dans la salle de jeux » propose également plusieurs activités complémentaires.
Les puzzles : les enfants reconstituent les scènes d’Arthur et de son papa. Une fois l’image terminée, on peut demander ce qu’Arthur ressent et pourquoi il semble en confiance.
Les coloriages : ils permettent de revenir sur les situations de façon individuelle. L’enfant peut choisir ses couleurs et personnaliser les scènes, sans obligation de reproduire le modèle.
Le memory : les enfants retrouvent les paires d’illustrations du kit. Après avoir trouvé une paire, on peut leur demander de raconter ce que font les personnages.
Le labyrinthe : une activité de repérage spatial mettant en scène les personnages dans la salle de jeux.
Les activités d’écriture : le kit comprend des fiches de graphisme autour des chiffres 1, 2 et 3.
Ces activités peuvent être utilisées lors d’ateliers autonomes ou pour prolonger les échanges après la séance.
Comment savoir si les enfants ont compris la sécurité affective ?
En maternelle, il n’est pas nécessaire de demander aux enfants de définir la sécurité affective. On cherche plutôt à observer s’ils commencent à comprendre certaines situations concrètes. Un enfant peut notamment :
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Reconnaître qu’Arthur ose poser des questions parce qu’il se sent écouté.
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Comprendre que deux personnes peuvent avoir des goûts différents.
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Expliquer qu’un enfant peut choisir librement son déguisement.
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Identifier qu’Arthur peut exprimer ses émotions sans être moqué.
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Comprendre qu’on peut refuser un jeu même lorsqu’on aime la personne avec qui on joue.
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Proposer une manière de respecter le refus d’un autre personnage.
On peut terminer en montrant à nouveau l’illustration de la piscine à balles. « Arthur dit qu’il n’aime pas recevoir les balles sur la tête. Que devrait faire son papa ? ». Cette question permet de vérifier que les enfants ont compris l’une des idées centrales du kit : dans une relation de confiance, chacun peut exprimer ses limites.
Pourquoi utiliser les illustrations d’Arthur la Tortue pour parler de sécurité affective ?
Parce qu’il est parfois difficile pour un enfant de parler directement de ses relations avec les adultes. Si l’on demande « Est-ce que tu te sens en sécurité avec ton papa ? », certains enfants ne sauront pas répondre. D’autres pourraient se sentir obligés de raconter une situation personnelle. Avec Arthur la Tortue, on peut parler de confiance sans demander aux enfants de dévoiler leur intimité familiale. On ne demande pas : « Est-ce que tes parents t’écoutent toujours ? ». On demande : « Pourquoi Arthur ose-t-il poser autant de questions à son papa ? ». Les enfants observent une situation, réfléchissent aux émotions du personnage et proposent des réponses.
Les illustrations ne cherchent pas à donner une seule manière de vivre ou de ressentir les choses. Elles servent avant tout à ouvrir le dialogue. Elles constituent un support pour préparer des séances EVAR en maternelle, en complément de l’accompagnement pédagogique et de la formation des enseignants.
Questions fréquentes
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Comment travailler la sécurité affective et la confiance en maternelle ?
On montre aux enfants qu’on ose poser des questions, rire, essayer et dire non quand on se sent écouté. Le kit Dans la salle de jeux d’Arthur la Tortue propose six scènes entre Arthur et son papa : cabane, chevaliers, marionnettes, déguisement de princesse, bataille d’oreillers et piscine à balles, chacune illustrant une facette de la confiance.
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Comment apprendre à un enfant de maternelle qu’il peut exprimer ses limites à quelqu’un qu’il aime ?
On utilise l’illustration de la piscine à balles : Arthur n’aime pas recevoir des balles sur la tête, il le dit, et son papa accepte de jouer autrement. Les enfants comprennent qu’on peut aimer quelqu’un sans être d’accord avec lui, et qu’un adulte doit écouter et respecter la limite d’un enfant.
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À quel axe du programme EVAR se rattache une séance sur la sécurité affective en maternelle ?
Elle se rattache à l’axe 1, « Se connaître, vivre et grandir avec son corps », notion « apprendre à se connaître grâce à la sécurité affective et aux liens de confiance ». La séance dure 25 à 30 minutes et se termine par les quatre règles de l’affiche du kit Dans la salle de jeux.
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Comment adapter la séance sur la sécurité affective en PS, MS et GS ?
En PS, on garde la cabane, le théâtre de marionnettes et la piscine à balles, avec « J’aime », « Je n’aime pas », « Je veux essayer » et « Stop ». En MS, on travaille les préférences personnelles, comme le costume de princesse d’Arthur. En GS, on approfondit la confiance relationnelle, l’expression des limites et les désaccords.
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Comment parler des stéréotypes en maternelle avec le déguisement de princesse d’Arthur ?
On demande simplement pourquoi Arthur a choisi ce costume, puis si un costume doit être réservé aux filles ou aux garçons, sans transformer la séance en débat sur l’identité. Les illustrations libres d’interprétation d’Arthur la Tortue font parler les petits (et les grands) des grandes questions de l’enfance, et chaque enfant choisit librement ses accessoires.