· De Arthur La Tortue
Conversation autour du bac à sable : comment comprendre les différences de sensations et la surcharge sensorielle avec Arthur la tortue ?
Comment aider les enfants de 3 à 6 ans à comprendre que nous ne ressentons pas tous les sensations de la même façon ? Une après-midi d’automne dans le bac à sable peut devenir une séance d’Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR) pour les enfants de 3 à 6 ans. À travers sept illustrations, Arthur la Tortue découvre que la pluie, le bruit, le vent, la hauteur ou la vitesse peuvent être agréables pour l’un et pénibles pour l’autre, jusqu’à la surcharge sensorielle. "Il se bouche les oreilles, c’est un bébé !" "Pousse-moi plus fort !" "Arrête, j’ai du sable dans les yeux !" Ces petites phrases, les enseignants de maternelle les entendent tous les jours dans la cour de récréation. Un enfant adore sauter dans les flaques pendant que son camarade déteste être mouillé. Un autre rit en faisant du bruit sans voir que son voisin se recroqueville. Un troisième lance du sable "pour jouer" sans imaginer que cela peut faire mal. Pour les adultes, ces situations semblent banales. Mais pour l’enfant qui les vit, la sensation peut être vraiment désagréable, voire envahissante. C’est tout l’intérêt du kit "Dans le bac à sable en automne" d’Arthur la Tortue. À travers des scènes de jeu en extérieur, les enfants découvrent que chaque corps a sa propre sensibilité.
On peut aimer la pluie sur son visage alors que son amie préfère rester au sec. On peut avoir peur du tonnerre comme son copain, puis se calmer plus vite que lui. On peut adorer le bruit d’un souffleur de feuilles qui devient insupportable pour quelqu’un d’autre. Cette séance s’inscrit dans l’axe 1 du programme d’Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR) : "Se connaître, vivre et grandir avec son corps", autour de la notion "Prendre conscience des différences de sensations selon les personnes ainsi que la surcharge sensorielle".
En bref : la pluie, le tonnerre ou le bruit d’un souffleur de feuilles ne font pas le même effet à tout le monde. Avec le kit "Dans le bac à sable en automne" d’Arthur la Tortue, parents et enseignants aident les enfants de 3 à 6 ans à découvrir que chacun perçoit les sensations à sa façon, qu’un bruit agréable pour l’un peut devenir insupportable pour l’autre, et qu’on peut dire quand c’est trop et chercher un endroit calme.
À la maison ou à l’école : une même conversation pour grandir ensemble
À la maison : lors d’une sortie au parc ou d’un repas animé, observez avec votre enfant ce qu’il entend, touche ou sent, et demandez-lui ce qu’il aime ou n’aime pas. S’il se bouche les oreilles ou s’agite, aidez-le à mettre des mots : « C’est trop de bruit pour toi ? Allons au calme. »
À l’école : la séance ci-dessous se mène en grand groupe à partir des illustrations du kit, puis se prolonge dans les moments de vie de la classe.
Ensemble : quand parents et enseignants emploient les mêmes mots et les mêmes repères, l’enfant fait le lien entre ses deux univers. Les étapes et les questions qui suivent peuvent être utilisées telles quelles en classe ou adaptées à la maison, avec un seul enfant ou une fratrie.
Pourquoi parler des différences de sensations et de la surcharge sensorielle dès la maternelle ?
À 3, 4 ou 5 ans, les enfants découvrent le monde par leurs sens. Ils touchent, écoutent, sentent, se balancent, se salissent. Mais ils pensent souvent que ce qu’ils ressentent, les autres le ressentent aussi. Si j’aime aller vite sur la balançoire, mon ami aime forcément aller vite. Si le bruit me fait rire, il ne peut pas gêner les autres.
Pourtant, une même sensation peut être agréable pour moi et difficile pour quelqu’un d’autre.
Certains enfants sont plus sensibles au bruit, au toucher, à la hauteur ou au mouvement. Quand les sensations sont trop fortes ou trop nombreuses, le corps peut saturer : l’enfant se bouche les oreilles, se cache, pleure, s’agite ou ne parvient plus à jouer. C’est ce qu’on appelle la surcharge sensorielle. Apprendre à repérer ces signaux chez soi et chez les autres permet de développer l’empathie, de mieux adapter son comportement et de savoir demander du calme. L’objectif n’est pas de supprimer toutes les sensations fortes. Il est d’apprendre aux enfants à les reconnaître et à respecter la sensibilité de chacun.
Comment préparer une séance EVAR sur les sensations et la surcharge sensorielle ?
Le kit "Dans le bac à sable en automne" met en scène Arthur, Aliénor et Anh dans un parc. Ils sautent dans les flaques, entendent le tonnerre, jouent dans les feuilles, utilisent un souffleur, montent sur un jeu à bascule, font de la balançoire et jouent dans le sable. À chaque scène, les personnages ne vivent pas la même sensation de la même manière.
Fiche de préparation pédagogique
Niveau : petite, moyenne et grande section (PS, MS, GS).
Durée : 35 à 45 minutes, à répartir éventuellement sur deux séances.
Programme : Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR).
Axe 1 : Se connaître, vivre et grandir avec son corps.
Notion : prendre conscience des différences de sensations selon les personnes ainsi que la surcharge sensorielle.
Objectif principal : comprendre qu’une même sensation peut être agréable pour une personne et désagréable pour une autre.
Objectifs complémentaires : repérer les signes d’inconfort chez un camarade (grimace, mains sur les oreilles, recul), découvrir ce qu’est une surcharge sensorielle, adapter son jeu à la sensibilité de l’autre, oser dire qu’une sensation est trop forte et réfléchir aux conséquences de ses gestes.
Matériel : les sept illustrations du kit, les questions guidées, l’affiche des quatre règles, les puzzles, les coloriages, le memory, le labyrinthe et les fiches d’écriture.
Conseil pédagogique : certains élèves de la classe peuvent être très sensibles au bruit ou au toucher. On évite de les désigner devant le groupe. Les personnages permettent de parler de ces différences sans exposer personne.
Étape 1 : pourquoi Arthur adore la pluie alors qu’Aliénor veut rester au sec ? (5 minutes)
On commence par la première illustration. Arthur saute dans les flaques sous la pluie. Il adore sentir les gouttes tomber sur lui, éclabousser autour de ses pieds et entendre l’eau faire "splash". Aliénor, elle, ne ressent pas du tout la pluie de la même façon. Elle n’aime pas sentir les gouttes sur son corps ni avoir ses vêtements mouillés. Elle préférerait rester au sec.
La question à poser : "Est-ce que quelque chose peut être agréable pour toi et désagréable pour un ami ?"
On laisse les enfants observer les deux visages. Arthur rit. Aliénor fait la grimace. On explique : "Arthur et Aliénor sont sous la même pluie. Pour Arthur, c’est un jeu. Pour Aliénor, c’est une sensation désagréable sur la peau. Aucun des deux n’a tort." On peut ensuite demander comment Arthur pourrait continuer à s’amuser sans éclabousser Aliénor. On montre qu’il est possible de jouer ensemble tout en respectant ce que l’autre ressent.
Questions à poser aux enfants
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Aimes-tu avoir les mains mouillées ?
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Aimes-tu sentir des gouttes sur ton visage ?
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Est-ce que certaines personnes aiment éclabousser alors que d’autres détestent cela ?
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Est-ce que quelque chose peut être agréable pour toi et désagréable pour un ami ?
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Est-ce que nos corps ressentent tous les choses exactement de la même manière ?
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Est-ce qu’on peut continuer à jouer ensemble même si on n’aime pas les mêmes sensations ?
Activité : la main qui ressent. On propose plusieurs bacs : eau tiède, sable sec, sable mouillé, coton. Les enfants qui le souhaitent y plongent la main et disent si la sensation leur plaît ou non. Ceux qui préfèrent regarder peuvent le faire.
Phrase clé : "Nous ne ressentons pas tous l’eau de la même façon."
Étape 2 : pourquoi Anh a-t-il encore peur alors que le tonnerre s’est arrêté ? (5 minutes)
On présente la deuxième illustration. Arthur et Anh entendent un violent coup de tonnerre. Tous les deux sursautent. Mais leurs réactions sont différentes. Arthur retrouve vite son calme et reprend son jeu. Anh reste inquiet. Il se bouche les oreilles et se réfugie sous le toboggan. Ce n’est pas seulement le bruit qui est difficile pour lui. C’est aussi de ne pas savoir quand il va recommencer.
La question à poser : "Est-ce qu’on peut continuer à avoir peur d’un bruit même lorsqu’il s’est arrêté ?"
On explique : "Arthur et Anh ont eu peur tous les deux. Parfois, on ressent la même chose. Mais le corps d’Anh a besoin de plus de temps pour se calmer. Il attend le prochain bruit, alors il reste en alerte." On fait remarquer qu’Anh a trouvé une solution : il s’est mis à l’abri. Chercher un endroit rassurant quand les sensations deviennent trop fortes est une bonne idée. On peut ensuite demander comment aider un copain qui a peur que le tonnerre recommence.
Questions à poser aux enfants
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Pourquoi certains enfants sursautent-ils plus fort que d’autres ?
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Est-ce qu’un bruit peut être tellement fort qu’on a envie de se boucher les oreilles ?
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Est-ce qu’on peut continuer à avoir peur d’un bruit même lorsqu’il s’est arrêté ?
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Est-ce qu’un bruit peut nous donner envie de pleurer, de nous cacher ou de nous éloigner ?
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Est-ce qu’on peut avoir besoin de silence et de calme alors que les autres ont déjà repris leur jeu ?
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Comment peut-on aider un copain qui a peur que le tonnerre recommence ?
Activité : mon coin calme. On présente aux enfants le coin calme de la classe (ou on en imagine un ensemble : un coussin, une couverture, un livre). On explique qu’on peut y aller quand on a besoin de se reposer d’un bruit ou d’une émotion forte.
Phrase clé : "Même quand le bruit s’arrête, mon corps peut avoir besoin de calme."
Étape 3 : pourquoi le vent et les feuilles font rire Arthur mais gênent Aliénor ? (5 minutes)
On présente la troisième illustration. Anh saute dans un gros tas de feuilles mortes. À côté, Arthur et Aliénor jouent dans le bac à sable. Arthur aime sentir le vent et les feuilles qui viennent le chatouiller. Aliénor, au contraire, ne les apprécie pas du tout. Le vent dans ses cheveux et les feuilles qui la touchent l’empêchent de jouer tranquillement.
La question à poser : "Est-ce qu’une sensation qui fait rire quelqu’un peut énerver quelqu’un d’autre ?"
On explique : "Pour Arthur, les feuilles qui volent sont comme des chatouilles amusantes. Pour Aliénor, ce sont des choses qui la touchent sans qu’elle l’ait choisi. Les deux ressentis sont tout aussi valables." On peut faire le lien avec les chatouilles entre enfants : ce qui fait rire l’un peut être désagréable pour l’autre. Et on n’oblige personne à supporter une sensation qu’il n’aime pas.
Questions à poser aux enfants
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Aimes-tu sentir le vent dans tes cheveux ?
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Aimes-tu quand quelque chose te chatouille légèrement le visage ?
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Est-ce que le vent peut parfois être agréable et parfois gênant ?
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Est-ce qu’on peut aimer le vent doux mais ne pas aimer quand il souffle très fort ?
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Est-ce qu’une sensation qui fait rire quelqu’un peut énerver quelqu’un d’autre ?
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Est-ce que nos corps ressentent tous les chatouilles de la même manière ?
Activité : la plume ou le pinceau. L’enfant qui le souhaite passe lui-même une plume ou un pinceau doux sur le dos de sa main, puis dit s’il trouve cela agréable, chatouilleux ou désagréable. Chacun touche uniquement sa propre main.
Phrase clé : "Ce qui me chatouille et me fait rire peut gêner quelqu’un d’autre."
Étape 4 : pourquoi le bruit du souffleur devient-il insupportable pour Aliénor ? (5 minutes)
On présente la quatrième illustration. Arthur s’amuse avec un souffleur de feuilles mortes. Il a déjà vu ses parents utiliser cet appareil et trouve très drôle de faire voler les feuilles. Mais le bruit fort et continu du souffleur est insupportable pour Aliénor. Elle se bouche les oreilles, se recroqueville et cherche à s’éloigner. Arthur continue à jouer sans remarquer son inconfort.
La question à poser : "Comment notre corps peut-il nous montrer qu’il y a trop de bruit autour de nous ?"
On explique : "Pour Aliénor, ce bruit est tellement fort et dure tellement longtemps qu’il envahit tout. Son corps est débordé. On appelle cela une surcharge sensorielle." On invite les enfants à observer Aliénor : ses mains sur les oreilles, son corps replié, son envie de partir. Ce sont des signaux. Puis on regarde Arthur. Il ne voit rien, car il est concentré sur son jeu. Qu’aurait-il pu faire ? Regarder son amie, arrêter le souffleur, lui demander si ça va.
Questions à poser aux enfants
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Est-ce que tous les enfants entendent les bruits de la même manière ?
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Est-ce qu’un bruit peut être amusant pour l’un et désagréable pour l’autre ?
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Est-ce qu’un bruit peut nous déranger même s’il ne fait pas mal aux oreilles ?
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Pourquoi certains enfants se bouchent-ils les oreilles quand il y a du bruit ?
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Est-ce qu’un bruit peut nous fatiguer, nous énerver ou nous donner envie de pleurer ?
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Comment notre corps peut-il nous montrer qu’il y a trop de bruit autour de nous ?
Activité : le bouton du volume. On fabrique un grand bouton de volume en carton. Pendant un moment de classe, un enfant peut le tourner pour signaler que le bruit devient trop fort. Le groupe baisse alors la voix. On ne diffuse pas de bruit fort pendant l’activité.
Phrase clé : "Un bruit amusant pour moi peut être insupportable pour toi."
Étape 5 : pourquoi Aliénor panique-t-elle en hauteur alors qu’Arthur s’amuse ? (5 minutes)
On présente la cinquième illustration. Aliénor et Arthur jouent sur un petit jeu à bascule qui les fait monter et descendre. Lorsqu’Aliénor se retrouve en hauteur, elle panique. Elle n’aime pas du tout cette sensation et préfère rester près du sol. Arthur, lui, apprécie beaucoup de monter et ne ressent pas cette peur.
La question à poser : "Est-ce que tout le monde aime être en hauteur ?"
On explique : "Arthur et Aliénor sont sur le même jeu. Ce qui est amusant pour Arthur est inquiétant pour Aliénor. Ce n’est pas parce qu’Arthur n’a pas peur qu’Aliénor a tort d’avoir peur." On souligne qu’on peut respecter la peur de quelqu’un même si on ne la comprend pas. Sur un jeu à deux, si l’un des enfants a peur, l’autre peut ralentir, s’arrêter ou l’aider à redescendre doucement.
Questions à poser aux enfants
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Est-ce que tout le monde aime être en hauteur ?
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Est-ce qu’une sensation agréable pour toi peut être désagréable pour quelqu’un d’autre ?
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Peut-on avoir des sensations différentes tout en jouant au même jeu ?
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Pourquoi ne faut-il pas se moquer de quelqu’un qui a peur de quelque chose que nous aimons ?
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Est-ce qu’on peut respecter la peur de quelqu’un même si on ne la comprend pas soi-même ?
Activité : en haut, en bas. Les enfants miment avec leur corps le jeu à bascule : accroupis, puis debout sur la pointe des pieds. À chaque position, ils disent ce que pourrait ressentir Aliénor et ce que pourrait ressentir Arthur.
Phrase clé : "Nous ne ressentons pas tous la hauteur de la même façon."
Étape 6 : pourquoi Aliénor n’aime-t-elle pas être poussée aussi fort sur la balançoire ? (5 minutes)
On présente la sixième illustration. Arthur pousse Aliénor sur la balançoire. Il la pousse assez fort, car lui adore aller vite et monter haut. Pour lui, c’est très amusant. Mais Aliénor se sent inquiète quand la balançoire va trop vite. Elle n’apprécie plus le jeu et préfère être poussée beaucoup plus doucement. Arthur comprend qu’il pensait, à tort, qu’Aliénor aimerait les mêmes sensations que lui.
La question à poser : "Est-ce que quelqu’un a tort s’il trouve que cela va trop vite ?"
On explique : "Arthur voulait faire plaisir à Aliénor. Il l’a poussée comme lui aime être poussé. Mais ce que j’aime n’est pas forcément ce que l’autre aime." On demande comment Aliénor peut le dire : "Moins fort, s’il te plaît." Et ce que doit faire Arthur : ralentir tout de suite. Dans le kit, c’est ce qu’il fait. On valorise cette réaction.
Questions à poser aux enfants
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Est-ce que tout le monde aime aller très vite ?
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Une vitesse peut-elle sembler "très rapide" pour une personne et "pas très rapide" pour une autre ?
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Est-ce que quelqu’un a tort s’il trouve que cela va trop vite ?
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Comment ton corps réagit-il quand quelque chose va trop vite ?
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Est-ce que tu peux avoir envie de ralentir même si ton ami veut continuer ?
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Que peux-tu dire lorsque la vitesse devient trop forte pour toi ?
Activité : plus doux, plus fort. Avec deux marionnettes, l’enseignant joue la scène de la balançoire. Les enfants proposent des phrases pour demander de ralentir et des façons d’écouter cette demande.
Phrase clé : "La vitesse que j’aime n’est pas forcément celle que tu aimes."
Étape 7 : pourquoi Arthur comprend-il qu’il ne faut pas lancer du sable sur Anh ? (5 minutes)
On termine avec la septième illustration. Arthur embête Anh en lui lançant du sable vers le visage. Puis il se pose une question : "Est-ce que j’aimerais qu’on me fasse la même chose ?" Lui non plus n’aimerait pas recevoir du sable dans les yeux. Arthur découvre que certaines sensations ne sont pas seulement désagréables : elles peuvent aussi faire mal.
La question à poser : "Avant de faire quelque chose à quelqu’un, peut-on se demander : est-ce que j’aimerais qu’on me fasse ça ?"
On explique : "Arthur pensait jouer. Mais pour Anh, le sable dans les yeux pique et fait mal. En se mettant à la place de son ami, Arthur comprend qu’il ne doit pas continuer." On fait le lien avec les illustrations précédentes : on ne ressent pas tous les choses de la même façon, mais certaines choses font mal à tout le monde. Penser à ce que l’autre va ressentir aide à faire un meilleur choix.
Questions à poser aux enfants
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Comment se sentirait Anh si du sable arrivait dans ses yeux ?
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Avant de faire quelque chose à quelqu’un, peut-on se demander : "Est-ce que j’aimerais qu’on me fasse ça ?"
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Si quelque chose est désagréable ou fait mal pour moi, est-ce une bonne idée de le faire volontairement à quelqu’un d’autre ?
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Pourquoi penser à ce que l’autre va ressentir peut-il nous aider à faire un meilleur choix ?
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Que peut faire Arthur maintenant pour réparer ?
Activité : la question magique. On présente quelques situations du bac à sable (prendre la pelle d’un ami, renverser son château, l’aider à creuser). Pour chacune, les enfants posent la question magique : "Est-ce que j’aimerais qu’on me fasse ça ?" puis décident si c’est une bonne idée.
Phrase clé : "Avant de faire quelque chose à quelqu’un, je pense à ce qu’il peut ressentir."
Étape 8 : afficher les quatre règles pour respecter les sensations de chacun
Après avoir observé les sept illustrations, on rassemble les élèves. "Dans ce parc, est-ce que tout le monde a ressenti la même chose ?" Non. La pluie, le bruit, le vent, la hauteur et la vitesse ont fait plaisir à certains et ont gêné d’autres. On reprend alors les quatre règles du kit.
Les quatre règles à afficher en classe
1. Chacun ressent le sable différemment.
Le sable peut être froid, humide ou granuleux. Certains aiment cette sensation, d’autres non. Nos corps ne ressentent pas tous la même chose.
2. Je respecte la sensibilité des autres.
Un camarade peut ne pas aimer avoir du sable sur les mains ou dans les chaussures. Je ne le force pas à jouer comme moi. Respecter, c’est accepter les différences de sensations.
3. Je fais attention aux réactions.
Si quelqu’un grimace, s’essuie vite les mains ou s’éloigne, cela peut vouloir dire qu’il est gêné. Observer aide à comprendre ce que l’autre ressent.
4. Je dis ce que je ressens.
Je peux dire : "Le sable est trop froid pour moi" ou "J’aime sentir le sable mouillé". Exprimer ses sensations aide les autres à mieux nous comprendre.
Phrase clé de la séance : "Chacun ressent les choses à sa façon. J’écoute mon corps et je respecte les sensations des autres."
Comment adapter cette séance EVAR en petite, moyenne et grande section ?
En petite section (PS), on sélectionne trois illustrations : la pluie, la balançoire et le sable lancé. L’objectif est de reconnaître qu’une sensation peut plaire ou déplaire et de comprendre qu’on ne lance pas de sable sur un camarade.
En moyenne section (MS), on ajoute le tonnerre et le jeu à bascule. Les élèves découvrent qu’on peut avoir peur de la même chose qu’un ami mais ne pas se calmer au même rythme, et qu’on respecte la peur des autres.
En grande section (GS), on peut exploiter les sept illustrations et introduire la notion de surcharge sensorielle avec la scène du souffleur. Les enfants peuvent apprendre à repérer les signes d’un camarade débordé et proposer des solutions : baisser le bruit, s’éloigner, aller au coin calme.
Dans toutes les sections, on n’expose pas les enfants à des bruits forts ou à des sensations imposées pour "tester" leur réaction.
Quelles activités proposer pour prolonger la séance ?
Le kit "Dans le bac à sable en automne" comprend plusieurs supports complémentaires.
Les puzzles : chaque illustration peut être reconstituée. Une fois le puzzle terminé, les enfants décrivent la sensation vécue par chaque personnage et les indices qui la montrent.
Les coloriages : les enfants retrouvent les scènes du parc en noir et blanc. On peut leur proposer de raconter ce qui se passe et de dire s’ils aimeraient, eux, vivre cette sensation.
Le memory : les cartes représentent les scènes du kit. Les enfants retrouvent les paires identiques. Avec les plus petits, on peut jouer sans compter les points.
Le labyrinthe : les enfants suivent un chemin illustré avec les personnages d’Arthur la Tortue. L’activité travaille l’attention et le repérage dans l’espace.
Les fiches d’écriture : le kit propose des exercices de tracé des chiffres 1, 2 et 3, accompagnés des personnages.
La littérature jeunesse : le kit fait référence à l’album "L’Éléphant qui voulait être une princesse" de Christine Beigel, une histoire qui bouscule les idées toutes faites et permet de parler du respect des différences.
Ces activités peuvent être proposées en ateliers ou utilisées pour revenir sur les situations après la séance collective.
Comment savoir si les enfants respectent mieux les sensations des autres ?
En maternelle, on ne cherche pas à expliquer en détail le fonctionnement des sens. On observe plutôt si les enfants comprennent que chacun ressent différemment et s’ils adaptent leur comportement. Un enfant peut notamment :
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Dire si une sensation lui plaît ou lui déplaît.
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Comprendre qu’une même sensation peut être agréable pour l’un et désagréable pour l’autre.
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Repérer qu’un camarade se bouche les oreilles, grimace ou s’éloigne.
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Expliquer qu’un bruit trop fort peut déborder le corps.
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Demander de ralentir ou de baisser le bruit.
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Accepter la demande d’un ami qui veut moins vite ou moins fort.
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Ne pas se moquer de la peur d’un camarade.
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Se demander "est-ce que j’aimerais qu’on me fasse ça ?" avant d’agir.
Pour terminer, on peut présenter l’illustration du souffleur et demander : "Aliénor se bouche les oreilles. Que pourrait faire Arthur ?" Une réponse possible : "Il peut arrêter le souffleur et lui demander si ça va." C’est déjà un apprentissage précieux.
Pourquoi utiliser Arthur la Tortue pour parler des sensations en maternelle ?
Parce qu’un enfant débordé par un bruit ou un contact n’a pas toujours les mots pour l’expliquer. Il se bouche les oreilles, pleure, s’agite ou se cache, et les autres ne comprennent pas pourquoi. Les illustrations d’Arthur la Tortue permettent de parler de ces réactions sans viser un élève en particulier. On peut regarder Aliénor et demander : "Pourquoi se recroqueville-t-elle quand Arthur utilise le souffleur ?" Ou observer Anh : "Pourquoi reste-t-il sous le toboggan alors que le tonnerre s’est arrêté ?" Les enfants découvrent que la sensibilité de chacun est différente, qu’un jeu amusant pour l’un peut être pénible pour l’autre et qu’il suffit souvent de regarder, d’écouter et de demander pour mieux jouer ensemble.
Arthur la Tortue est un univers illustré qui aide les enfants de 3 à 6 ans, à la maison comme à l’école, à comprendre leurs émotions, leurs limites, le consentement et les relations avec les autres. Parents et enseignants y trouvent des supports communs pour parler d’Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR) avec les mêmes mots.
Les illustrations sont des supports pour ouvrir le dialogue, à accompagner d’une discussion adaptée à l’âge des enfants.
Questions fréquentes
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Comment expliquer la surcharge sensorielle à des enfants de maternelle ?
On la présente comme un corps débordé par des sensations trop fortes ou trop nombreuses. Dans le kit « Dans le bac à sable en automne » d’Arthur la Tortue, Aliénor se bouche les oreilles face au bruit du souffleur. Les élèves repèrent ces signaux et imaginent ce qu’Arthur aurait pu faire.
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Comment parler des différences de sensations entre enfants en maternelle ?
On montre qu’une même sensation peut plaire à l’un et gêner l’autre, sans que personne ait tort. Arthur adore sauter dans les flaques quand Aliénor veut rester au sec, et Anh reste inquiet après le tonnerre alors qu’Arthur se calme vite. Ces illustrations libres d’interprétation font parler les petits (et les grands) de la sensibilité de chacun.
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À quel axe EVAR correspond la séance du bac à sable en maternelle ?
Elle s’inscrit dans l’axe 1 du programme d’Éducation à la vie affective et relationnelle (EVAR), « Se connaître, vivre et grandir avec son corps », autour de la notion « Prendre conscience des différences de sensations selon les personnes ainsi que la surcharge sensorielle ». Elle convient aux trois niveaux : PS, MS et GS.
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Combien de temps dure la séance sur les sensations et comment l’adapter en PS, MS et GS ?
Comptez 35 à 45 minutes, éventuellement réparties sur deux séances. En PS, trois illustrations suffisent : la pluie, la balançoire et le sable lancé. En MS, on ajoute le tonnerre et le jeu à bascule. En GS, on exploite les sept illustrations et on introduit la surcharge sensorielle avec la scène du souffleur.
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Comment réagir quand un enfant de maternelle lance du sable sur un camarade pour jouer ?
On l’invite à se poser la question magique : « Est-ce que j’aimerais qu’on me fasse ça ? ». Dans la septième illustration, Arthur lance du sable vers le visage d’Anh, puis comprend que cela pique et fait mal. On ne ressent pas tous les choses de la même façon, mais certaines font mal à tout le monde.