Des sessions EVAR clés en main, pour aborder des sujets sensibles avec justesse et cadre.

De Arthur La Tortue

Conversation autour d’une journée à la neige : comment écouter ses sensations de mouvement et d’équilibre avec Arthur la tortue ?

Comment apprendre aux enfants de 3 à 6 ans à écouter les sensations de leur corps quand il bouge ? Une journée à la neige peut devenir une séance d’Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR) pour les enfants de 3 à 6 ans. À travers six illustrations, Arthur la Tortue découvre que l’équilibre, la hauteur, la vitesse, le froid et la chaleur ne se ressentent pas de la même manière chez chacun. "Maîtresse, il est tombé, c’est trop drôle !" "J’ai peur, c’est trop haut !" "Encore, encore, plus vite !" Ces petites phrases, les enseignants de maternelle les entendent dans la cour, en salle de motricité ou au retour des vacances d’hiver. Un enfant adore glisser alors que son camarade se crispe. Un autre a les mains gelées pendant que son voisin a trop chaud. Un troisième rit de voir un ami tomber, sans comprendre que celui-ci a eu peur. Pour les adultes, ces réactions semblent parfois exagérées. Mais pour l’enfant, ce que son corps ressent est bien réel. C’est tout l’intérêt du kit "À la neige" d’Arthur la Tortue. À travers des scènes de glisse et de montagne, les enfants découvrent que deux corps peuvent vivre la même activité sans ressentir la même chose.

On peut adorer la vitesse de la luge pendant que son ami trouve la descente trop rapide. On peut être à l’aise dans la neige et perdre l’équilibre sur la glace. On peut avoir froid alors que les autres trouvent la température agréable. Cette séance s’inscrit dans l’axe 1 du programme d’Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR) : "Se connaître, vivre et grandir avec son corps", autour de la notion "Renforcer son attention à ses sensations autour du mouvement et de l’équilibre".

En bref : la vitesse de la luge, la glace qui glisse ou le froid ne sont pas vécus de la même façon par tous les enfants. Avec le kit "À la neige" d’Arthur la Tortue, parents et enseignants aident les enfants de 3 à 6 ans à écouter leurs sensations de mouvement et d’équilibre, à dire quand c’est trop rapide ou trop froid, et à respecter le rythme de leurs copains.

À la maison ou à l’école : une même conversation pour grandir ensemble

À la maison : pendant une balade, au parc ou sur un manège, demandez à votre enfant comment il se sent : « C’est trop rapide ? Tu te sens en équilibre ? ». Respectez son envie de ralentir ou d’arrêter, même si son frère ou sa sœur veut continuer.

À l’école : la séance ci-dessous se mène en grand groupe à partir des illustrations du kit, puis se prolonge dans les moments de vie de la classe.

Ensemble : quand parents et enseignants emploient les mêmes mots et les mêmes repères, l’enfant fait le lien entre ses deux univers. Les étapes et les questions qui suivent peuvent être utilisées telles quelles en classe ou adaptées à la maison, avec un seul enfant ou une fratrie.

Pourquoi travailler les sensations du mouvement et de l’équilibre dès la maternelle ?

À 3, 4 ou 5 ans, les enfants explorent sans cesse ce que leur corps sait faire. Ils courent, sautent, grimpent, glissent, tombent et recommencent. Mais ils ne savent pas toujours repérer les messages que leur corps leur envoie : un ventre qui se serre en hauteur, des jambes qui tremblent, des doigts qui deviennent douloureux à cause du froid, un cœur qui bat plus vite après l’effort.

Or, écouter ces sensations aide l’enfant à mieux se connaître et à se protéger.

Un enfant qui reconnaît le vertige peut demander à descendre. Un enfant qui sent ses mains gelées peut demander ses gants. Un enfant qui comprend que la vitesse est trop forte pour lui peut dire "moins vite". Cet apprentissage passe aussi par l’observation des autres. Ce qui est facile pour mon corps peut être difficile pour celui d’un camarade. L’objectif n’est pas d’éviter toutes les sensations fortes. Il est d’aider les enfants à les remarquer, à les nommer et à respecter celles des autres.

Comment préparer une séance EVAR sur les sensations du corps à la neige ?

Le kit "À la neige" raconte la journée d’Arthur et d’Aliénor à la montagne. Ils marchent dans la neige, prennent le télésiège, descendent les pistes, font de la luge et du patin à glace, puis se réchauffent au chalet. À chaque activité, l’un des deux est à l’aise pendant que l’autre ressent une sensation forte ou désagréable.

Fiche de préparation pédagogique

Niveau : petite, moyenne et grande section (PS, MS, GS).

Durée : 30 à 40 minutes, ou deux séances plus courtes.

Programme : Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR).

Axe 1 : Se connaître, vivre et grandir avec son corps.

Notion : renforcer son attention à ses sensations autour du mouvement et de l’équilibre.

Objectif principal : repérer les sensations du corps liées à l’équilibre, à la hauteur, à la vitesse et à la température, et comprendre qu’elles varient d’une personne à l’autre.

Objectifs complémentaires : nommer les signaux corporels (ventre serré, jambes molles, tête qui tourne, doigts gelés), oser dire qu’une sensation est trop forte, accepter les chutes comme une étape de l’apprentissage et ne pas se moquer des difficultés d’un camarade.

Matériel : les six illustrations du kit, les questions guidées, l’affiche des quatre règles, les puzzles, les coloriages, le memory, le labyrinthe, l’activité "Range Arthur du plus grand au plus petit" et les fiches d’écriture.

Conseil pédagogique : tous les enfants ne sont pas partis à la montagne. Les illustrations permettent de parler de sensations universelles (tomber, avoir peur en hauteur, aller vite, avoir froid) sans demander aux élèves de raconter leurs vacances.

Étape 1 : pourquoi Aliénor n’aime-t-elle pas marcher dans la neige alors qu’Arthur s’y sent bien ? (5 minutes)

On commence par la première illustration. Aliénor est tombée dans la neige. Ses pieds s’enfoncent, le sol n’est pas stable et elle doit faire beaucoup d’efforts pour avancer. En tombant, elle sent la neige froide et humide contre son corps. Elle déteste ces sensations. Arthur, lui, est beaucoup plus à l’aise. Il rit et se moque d’elle.

La question à poser : "Est-ce que marcher dans la neige ressemble à marcher sur le sol de la classe ?"

On laisse les enfants imaginer : la neige est molle, glissante, froide. On explique : "Dans la neige, le corps doit travailler davantage pour garder l’équilibre. Aliénor trouve cela difficile et désagréable. Arthur, lui, trouve cela facile et amusant. Ils sont dans la même neige, mais leurs corps ne la vivent pas pareil." On revient ensuite sur la moquerie d’Arthur. Aliénor est tombée, elle a froid, elle est mouillée. Est-ce drôle pour elle ? Non. On rappelle qu’on ne se moque pas de quelqu’un parce que son corps réagit différemment du nôtre.

Questions à poser aux enfants

  • Est-ce que marcher dans la neige ressemble à marcher sur le sol de la classe ?

  • Est-ce qu’une chute peut nous surprendre physiquement ?

  • Que ressent-on lorsque notre corps touche soudainement le sol ?

  • Est-ce drôle de se moquer parce que le corps de quelqu’un réagit différemment ?

  • Doit-on obliger quelqu’un à aimer une sensation parce que nous l’aimons ?

  • Comment Arthur aurait-il pu aider Aliénor ?

Activité : marcher sur des sols différents. En salle de motricité, on installe un petit parcours avec des tapis épais, des coussins et des surfaces dures. Les enfants marchent lentement et disent ce que ressentent leurs pieds et leurs jambes : c’est mou, ça bouge, c’est stable. Chacun avance à son rythme.

Phrase clé : "Ce qui est facile pour mon corps peut être difficile pour le corps d’un autre."

Étape 2 : pourquoi Arthur a-t-il le vertige sur le télésiège alors qu’Aliénor admire le paysage ? (5 minutes)

On présente la deuxième illustration. Aliénor et Arthur sont assis sur un télésiège, très haut au-dessus du sol. Aliénor est détendue, elle regarde le paysage. Arthur, lui, ressent fortement la hauteur. En regardant vers le bas, il a le ventre qui se serre, les jambes qui deviennent molles et la tête qui tourne.

La question à poser : "Qu’est-ce que cela veut dire, avoir le vertige ?"

On explique : "Le vertige est une sensation physique. Ce n’est pas seulement dans la tête. On peut le sentir dans le ventre, dans les jambes, dans tout le corps. Chez certaines personnes, il est très fort. Chez d’autres, il est presque absent." On invite les enfants à observer Arthur. Il s’agrippe, il ferme peut-être les yeux. Aliénor, au même endroit, ne ressent pas la même chose. On demande enfin : "Qui peut dire si une hauteur est inconfortable pour ton corps ?" Toi. Personne ne peut le décider à ta place.

Questions à poser aux enfants

  • Qu’est-ce que cela veut dire "avoir le vertige" ?

  • Est-ce seulement dans la tête ou peut-on le sentir dans plusieurs parties du corps ?

  • Peut-on avoir le ventre serré ou sentir ses jambes devenir toutes molles ?

  • Peut-on avoir envie de fermer les yeux ?

  • Deux personnes peuvent-elles regarder du même endroit et avoir des sensations différentes ?

  • Faut-il se moquer de quelqu’un qui a le vertige ?

  • Qui peut dire si une hauteur est inconfortable pour ton corps ?

Activité : le bonhomme des sensations. On dessine un grand bonhomme au tableau. Les enfants viennent montrer où le corps d’Arthur ressent le vertige : la tête, le ventre, les jambes. On ajoute un mot ou un petit dessin à chaque endroit.

Phrase clé : "Mon corps peut ressentir quelque chose que le corps de mon copain ne ressent pas."

Étape 3 : pourquoi Arthur aime-t-il aller vite sur ses skis alors qu’Aliénor se concentre pour ne pas tomber ? (5 minutes)

On présente la troisième illustration. Aliénor descend la pente sur son snowboard. Arthur arrive très vite derrière elle sur ses skis. Il adore la sensation de vitesse. Aliénor paraît moins à l’aise et se concentre beaucoup plus. Quand le corps accélère, on peut sentir le vent plus fort sur le visage, le ventre se serrer et le corps être entraîné vers l’avant.

La question à poser : "Comment sait-on, avec notre corps, que l’on va vite ?"

On laisse les enfants proposer leurs idées : le vent, le ventre, les yeux qui voient défiler le paysage. On explique : "Arthur aime cette sensation. Pour lui, c’est amusant. Aliénor ressent la même vitesse, mais elle a besoin de toute son attention pour garder l’équilibre. Pour elle, c’est peut-être trop rapide." On rappelle que l’on peut toujours demander à ralentir quand une sensation devient désagréable.

Questions à poser aux enfants

  • Que peut-on ressentir dans son ventre lorsqu’on descend très vite ?

  • Est-ce que notre corps peut avoir l’impression d’être entraîné vers l’avant ?

  • Comment sait-on, avec notre corps, que l’on va vite ?

  • Ton ventre peut-il aimer certaines sensations et pas d’autres ?

  • Est-ce que tout le monde aime être secoué ou aller très vite ?

  • Peut-on demander à ralentir si une sensation devient désagréable ?

Activité : lent, moyen, rapide. Les enfants se déplacent dans la salle au rythme d’un tambourin : lentement, puis un peu plus vite, puis rapidement, sans se toucher. À chaque arrêt, ils disent quelle vitesse leur plaît le plus. On constate que les réponses ne sont pas les mêmes.

Phrase clé : "Une vitesse peut être agréable pour moi et trop rapide pour quelqu’un d’autre."

Étape 4 : pourquoi Arthur et Aliénor ne vivent-ils pas la même descente en luge ? (5 minutes)

On présente la quatrième illustration. Aliénor et Arthur descendent ensemble une pente en luge. La luge prend de la vitesse, leur corps est entraîné vers l’avant et secoué par les bosses. Arthur ressent très fortement cette descente. Aliénor, cette fois, paraît plus à l’aise. Ils sentent leur ventre bouger, le vent sur leur visage et les vibrations de la luge sous eux.

La question à poser : "Peut-on demander de ralentir même si notre copain veut continuer ?"

On fait remarquer aux enfants que les rôles se sont inversés. Sur les skis, Arthur était à l’aise. Sur la luge, c’est lui qui ressent le plus la descente. On explique : "Une même personne peut aimer une sensation dans une situation et la trouver trop forte dans une autre. Et quand on fait une activité à deux, il faut écouter celui pour qui c’est trop." On insiste : si quelqu’un dit que c’est trop fort, on le croit et on s’arrête ou on ralentit.

Questions à poser aux enfants

  • Que se passe-t-il lorsque la luge commence à descendre ?

  • Que peut-on sentir au moment où elle accélère ?

  • Que peut-il se passer dans notre ventre ?

  • Comment notre corps nous indique-t-il qu’une sensation devient trop forte ?

  • Peut-on dire "moins vite" même si notre copain veut continuer ?

  • Doit-on écouter quelqu’un qui dit qu’une sensation est trop forte pour lui ?

Activité : le signal "moins vite". On choisit ensemble un geste simple pour dire "moins vite" ou "stop" (une main levée, par exemple). Pendant un jeu de déplacement en duo, chaque enfant peut utiliser ce signal, et son partenaire ralentit aussitôt.

Phrase clé : "Nous pouvons faire la même chose sans ressentir la même chose."

Étape 5 : pourquoi Aliénor patine-t-elle si facilement alors qu’Arthur vacille ? (5 minutes)

On présente la cinquième illustration. Aliénor patine avec beaucoup d’aisance. Elle garde son équilibre, contrôle ses mouvements et fait glisser ses pieds sans tomber. Arthur la regarde, impressionné. Lui se sent beaucoup moins stable sur la glace. Ses jambes tremblent et partent dans tous les sens.

La question à poser : "Est-ce que tout le monde arrive à faire les mêmes mouvements facilement ?"

On rappelle la première illustration : dans la neige, c’était Aliénor qui tombait. Sur la glace, c’est elle la plus agile. On explique : "Nous n’avons pas tous le même équilibre, ni la même aisance dans tous les mouvements. On peut être très à l’aise dans une activité et moins dans une autre. Certains corps trouvent vite leurs appuis, d’autres ont besoin de plus de temps." On souligne aussi la réaction d’Arthur : il est impressionné, il ne se moque pas. On peut admirer un ami sans se sentir moins bien que lui.

Questions à poser aux enfants

  • Que se passe-t-il quand notre corps commence à perdre l’équilibre ?

  • As-tu déjà senti ton corps partir un peu à droite ou à gauche ?

  • Comment sais-tu que ton corps est bien stable ?

  • Est-ce que tout le monde arrive à faire les mêmes mouvements facilement ?

  • Peut-on être très agile pour une activité et moins pour une autre ?

  • Deux personnes peuvent-elles essayer le même mouvement et ressentir des choses différentes ?

  • Est-ce grave d’avoir besoin de plus de temps pour trouver son équilibre ?

Activité : les statues en équilibre. Les enfants essaient plusieurs positions : sur deux pieds, sur un pied, les bras écartés, les yeux ouverts. Chacun dit quelle position est facile ou difficile pour lui. On ne compte pas qui tient le plus longtemps.

Phrase clé : "Mon corps peut être à l’aise dans certains mouvements et moins dans d’autres."

Étape 6 : comment Arthur sent-il son corps se réchauffer au chalet ? (5 minutes)

On termine avec la sixième illustration. Arthur et sa famille se retrouvent au chaud dans le chalet après avoir passé la journée dehors. Arthur profite de la chaleur de la cheminée et de sa boisson chaude. Il sent ses mains, ses pieds et son visage se réchauffer petit à petit. Après le froid, la chaleur lui paraît encore plus agréable.

La question à poser : "Comment te sens-tu lorsque tu passes du froid au chaud ?"

On explique : "Notre corps perçoit les changements de température. Quand il a froid, il nous envoie des signaux : les doigts deviennent rouges ou engourdis, on tremble, on a le nez qui pique. Quand il se réchauffe, on se détend." On ajoute que chacun est plus ou moins sensible au froid. Une personne peut grelotter alors qu’une autre trouve la température agréable. Écouter ces signaux aide à savoir quand mettre ses gants, enlever son bonnet ou se mettre à l’abri.

Questions à poser aux enfants

  • Quelles parties de son corps peuvent avoir froid en premier ?

  • Comment sont parfois nos mains quand elles ont très froid ?

  • Que peut-on ressentir au bout des doigts ?

  • Que fait parfois notre corps quand il a froid ? Pourquoi peut-on se mettre à trembler ?

  • Comment te sens-tu physiquement lorsque tu passes du froid au chaud ?

  • Une personne peut-elle avoir froid alors qu’une autre trouve la température agréable ?

Activité : chaud ou froid ? On propose aux enfants de toucher, s’ils le souhaitent, un objet frais (une petite bouteille sortie du réfrigérateur) puis un objet tiède (une bouillotte peu chaude enveloppée dans un tissu). Ils décrivent la sensation sur leurs mains. On évite toute température qui pourrait être douloureuse.

Phrase clé : "J’écoute mon corps quand il me dit qu’il a chaud ou froid."

Étape 7 : afficher les quatre règles pour écouter son corps à la neige

Pour terminer la séance, on revient sur les six illustrations. "Pendant cette journée à la neige, est-ce qu’Arthur et Aliénor ont toujours ressenti la même chose ?" Non. Chacun a été à l’aise dans certaines activités et en difficulté dans d’autres. On reprend alors les quatre règles du kit "À la neige".

Les quatre règles à afficher en classe

1. J’écoute les messages du froid.

Quand je joue dans la neige ou que je fais du ski, je remarque si mes doigts, mon nez ou mes pieds deviennent très froids. Mon corps me prévient quand il a besoin de se réchauffer.

2. Je remarque quand mon corps se réchauffe.

Après avoir bougé, marché ou skié, je peux avoir chaud sous ma combinaison ou sentir mon cœur battre plus vite. Être attentif à ces sensations m’aide à adapter mes vêtements et mes efforts.

3. Une chute ou une défaite font partie de l’apprentissage.

Parfois, je tombe, parfois un autre enfant arrive avant moi. Je peux être déçu, puis réessayer plus tard. Faire des erreurs et perdre parfois aide à progresser et à mieux connaître ses limites.

4. Chacun ressent le froid et le chaud différemment.

Un camarade peut avoir froid alors que moi je me sens bien, ou inversement. Nous ne ressentons pas tous les températures de la même façon, et il faut respecter les sensations de chacun.

Phrase clé de la séance : "Mon corps me parle quand il bouge. J’écoute ce qu’il ressent et je respecte ce que ressent le corps des autres."

Comment adapter cette séance EVAR en petite, moyenne et grande section ?

En petite section (PS), on sélectionne trois illustrations : la chute dans la neige, la luge et le chalet. L’objectif est de nommer quelques sensations simples (froid, chaud, ça glisse, ça va vite) et de comprendre qu’on ne se moque pas d’un ami qui tombe.

En moyenne section (MS), on ajoute le patin à glace et la descente à ski. Les élèves découvrent qu’on peut être agile dans une activité et moins dans une autre, et qu’on peut demander à ralentir.

En grande section (GS), on peut exploiter les six illustrations et approfondir le vertige, la localisation des sensations dans le corps et la notion de limite personnelle. Les enfants peuvent aussi remarquer que les rôles s’inversent entre Arthur et Aliénor d’une scène à l’autre.

Dans toutes les sections, les activités motrices restent au sol, sans hauteur ni vitesse imposées, et chaque enfant peut choisir d’observer plutôt que de participer.

Quelles activités proposer pour prolonger la séance ?

Le kit "À la neige" comprend plusieurs supports complémentaires.

Les puzzles : chaque illustration peut être reconstituée. Une fois le puzzle terminé, les enfants décrivent la sensation que vit le personnage et l’endroit du corps où il la ressent.

Les coloriages : les enfants retrouvent les scènes de la journée à la montagne en noir et blanc. On peut leur proposer de raconter ce qui se passe et de dire s’ils aimeraient vivre cette activité.

Le memory : les cartes représentent les scènes du kit. Les enfants retrouvent les paires identiques. Avec les plus petits, on peut jouer sans compter les points.

Le labyrinthe : les enfants aident Arthur à retrouver son chemin jusqu’au télésiège. L’activité travaille l’attention et le repérage dans l’espace.

Range Arthur du plus grand au plus petit : les enfants classent les images d’Arthur et Aliénor sur leur luge par taille. Une activité de comparaison et de sériation, facile à proposer en atelier autonome.

Les fiches d’écriture : le kit propose des exercices de tracé des chiffres 1, 2 et 3, accompagnés des personnages.

La littérature jeunesse : le kit fait référence à l’album "Un anniversaire sous la neige" de Chiaki Okada, qui emmène les enfants dans une forêt enneigée. Il permet de prolonger la séance par une lecture à voix haute.

Ces activités peuvent être proposées en ateliers ou en petits groupes, selon l’âge des élèves.

Comment savoir si les enfants sont plus attentifs aux sensations de leur corps ?

En maternelle, on ne demande pas aux enfants d’expliquer le fonctionnement de l’équilibre. On cherche plutôt à observer s’ils remarquent ce que leur corps ressent et s’ils respectent le ressenti des autres. Un enfant peut notamment :

  • Nommer des sensations liées au mouvement : ça glisse, ça va vite, ça secoue, j’ai la tête qui tourne.

  • Montrer sur son corps où il ressent le froid, le vertige ou la peur.

  • Comprendre que deux personnes peuvent vivre différemment la même activité.

  • Dire "moins vite" ou "stop" quand une sensation devient trop forte.

  • Écouter un camarade qui demande à ralentir.

  • Expliquer pourquoi on ne se moque pas d’un ami qui tombe.

  • Accepter qu’une chute fait partie de l’apprentissage.

  • Reconnaître les signaux du froid et du chaud.

Pour terminer, on peut présenter l’illustration de la luge et demander : "Arthur trouve que ça va trop vite. Que peut-il dire à Aliénor ?" Une réponse possible : "Moins vite, s’il te plaît, j’ai peur." C’est exactement ce que la séance cherche à construire.

Pourquoi utiliser Arthur la Tortue pour parler des sensations du corps en maternelle ?

Parce qu’un jeune enfant ne sait pas toujours dire ce qui se passe dans son corps. Il peut pleurer sans expliquer qu’il a le vertige, refuser une activité sans dire qu’il a froid, ou rire d’un camarade sans comprendre que celui-ci a eu peur. Les illustrations d’Arthur la Tortue permettent de mettre des mots sur ces sensations à partir de personnages. On peut regarder Arthur et demander : "Que ressent-il dans son ventre sur le télésiège ?" Ou observer Aliénor : "Pourquoi a-t-elle du mal à marcher dans la neige ?" Les enfants découvrent que personne n’est fort ou faible en tout, que les rôles changent selon les situations et qu’écouter son corps, c’est aussi apprendre à le protéger.

Arthur la Tortue est un univers illustré qui aide les enfants de 3 à 6 ans, à la maison comme à l’école, à comprendre leurs émotions, leurs limites, le consentement et les relations avec les autres. Parents et enseignants y trouvent des supports communs pour parler d’Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR) avec les mêmes mots.

Les illustrations sont des supports pour ouvrir le dialogue, à accompagner d’une discussion adaptée à l’âge des enfants.

Questions fréquentes

  • Comment parler des sensations du corps et de l’équilibre en maternelle ?

    On part de situations concrètes où deux enfants vivent la même activité sans ressentir la même chose. Avec le kit « À la neige » d’Arthur la Tortue, les élèves de 3-6 ans observent Arthur et Aliénor qui glissent, tombent ou ont le vertige, puis nomment ventre serré, jambes molles, tête qui tourne ou doigts gelés.

  • Que faire quand un enfant de maternelle se moque d’un camarade qui tombe ?

    On rappelle qu’on ne se moque pas d’un ami dont le corps réagit différemment du nôtre. Dans la première illustration du kit « À la neige », Arthur rit d’Aliénor, tombée dans la neige froide et mouillée. On demande si c’est drôle pour elle, puis comment Arthur aurait pu l’aider à se relever.

  • À quel axe du programme EVAR correspond la séance « À la neige » en maternelle ?

    Elle relève de l’axe 1 du programme d’Éducation à la vie affective et relationnelle, « Se connaître, vivre et grandir avec son corps », notion « Renforcer son attention à ses sensations autour du mouvement et de l’équilibre ». Ce programme, publié au Bulletin officiel n°6 du 6 février 2025, s’applique en maternelle depuis la rentrée 2025.

  • Comment adapter la séance sur l’équilibre et les sensations en PS, MS et GS ?

    La séance dure 30 à 40 minutes, ou deux séances plus courtes. En petite section (PS), on garde trois illustrations : la chute dans la neige, la luge et le chalet. En moyenne section (MS), on ajoute le patin à glace et le ski. En grande section (GS), les six illustrations permettent d’approfondir le vertige et la limite personnelle.

  • Comment apprendre à un enfant de 3-6 ans à dire « moins vite » quand une sensation est trop forte ?

    On instaure un signal simple, comme une main levée, qui veut dire « moins vite » ou « stop », et le partenaire ralentit aussitôt. La scène de la luge, où Arthur trouve la descente trop rapide, sert de point de départ. Ces illustrations libres d’interprétation font parler les petits (et les grands) de ce que ressent leur corps.