· De Arthur La Tortue
Conversation autour du restaurant : comment prendre conscience des différences de goût et de dégoût avec Arthur la tortue ?
Comment aider les enfants de 3 à 6 ans à comprendre que nous ne ressentons pas tous les aliments de la même façon ? Un repas au restaurant peut devenir une séance d’Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR) pour les enfants de 3 à 6 ans. À travers cinq illustrations, Arthur la Tortue découvre que le goût, l’envie, la curiosité et le dégoût varient d’une personne à l’autre. "Beurk, c’est pas bon !" "Mais si, c’est trop bon, t’es nul !" "Je ne veux pas goûter, je ne connais pas !" Ces petites phrases, les enseignants de maternelle les entendent souvent à la cantine ou pendant un atelier cuisine. Un enfant grimace devant un plat que son voisin dévore. Un autre refuse de goûter un aliment qu’il n’a jamais vu. Un troisième se moque d’un camarade qui n’aime pas une saveur. Pour les adultes, ces réactions paraissent parfois capricieuses. Mais pour l’enfant, la sensation dans la bouche est bien réelle. C’est tout l’intérêt du kit "Au restaurant" d’Arthur la Tortue. À travers des scènes de repas, les enfants découvrent que le plaisir et le dégoût ne sont ni des bonnes ni des mauvaises réponses : ce sont des ressentis.
On peut adorer un plat épicé que son ami trouve trop fort. On peut avoir envie d’un gâteau simplement parce qu’il est joli. On peut aussi être curieux de goûter, ou au contraire avoir besoin de savoir ce qu’on mange pour se sentir rassuré. Cette séance s’inscrit dans l’axe 1 du programme d’Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR) : "Se connaître, vivre et grandir avec son corps", autour de la notion "Prendre conscience de la différence d’émotions liées au goût et au dégoût".
En bref : un plat épicé, une texture ou une couleur peuvent plaire à un enfant et dégoûter son voisin. Avec le kit "Au restaurant" d’Arthur la Tortue, parents et enseignants aident les enfants de 3 à 6 ans à prendre conscience que chacun a ses goûts, qu’on peut être curieux de goûter ou avoir besoin d’être rassuré, et qu’on respecte les préférences des autres sans se moquer.
À la maison ou à l’école : une même conversation pour grandir ensemble
À la maison : les repas en famille sont le meilleur terrain d’entraînement : invitez votre enfant à décrire ce qu’il goûte (sucré, piquant, croquant) plutôt qu’à dire seulement « c’est pas bon ». Proposez sans forcer, et rappelez que chacun à table a le droit d’avoir ses préférences.
À l’école : la séance ci-dessous se mène en grand groupe et se prolonge naturellement à la cantine ou lors d’un atelier de dégustation en classe.
Ensemble : quand parents et enseignants emploient les mêmes mots et les mêmes repères, l’enfant fait le lien entre ses deux univers. Les étapes et les questions qui suivent peuvent être utilisées telles quelles en classe ou adaptées à la maison, avec un seul enfant ou une fratrie.
Pourquoi parler du goût et du dégoût dès la maternelle ?
À 3, 4 ou 5 ans, les enfants découvrent chaque jour de nouveaux aliments. Certains les attirent, d’autres les surprennent ou les dégoûtent. Ces réactions passent d’abord par le corps : une grimace, une langue qui pique, une bouche qui chauffe, une envie de recracher. Mais un enfant de cet âge pense facilement que ce qu’il ressent est valable pour tout le monde. Si un plat est bon pour lui, il doit être bon pour tous. Et si un camarade ne l’aime pas, c’est qu’il "fait des manières".
Pourtant, nous ne ressentons pas tous les saveurs de la même manière.
Les habitudes familiales, la culture, la sensibilité de chacun ou simplement le fait d’avoir déjà goûté un aliment changent la façon dont on le perçoit. Parler du goût en classe permet de développer l’attention à ses sensations, la curiosité face à la nouveauté et le respect des préférences des autres. L’objectif n’est pas d’obliger les enfants à tout aimer. Il est de leur montrer que leurs ressentis sont légitimes, que ceux des autres le sont aussi, et qu’on ne se moque pas de quelqu’un parce qu’il n’a pas les mêmes goûts.
Comment préparer une séance EVAR sur le goût et le dégoût ?
Le kit "Au restaurant" met en scène Arthur, Aliénor et Anh autour de plusieurs repas : un plat très épicé, un dîner élégant avec les grands-parents d’Anh, un gâteau d’anniversaire, une dégustation de glaces et un jeu de dégustation à l’aveugle. À chaque scène, les personnages ne réagissent pas de la même façon face à ce qu’ils voient ou goûtent.
Fiche de préparation pédagogique
Niveau : petite, moyenne et grande section (PS, MS, GS).
Durée : 30 à 40 minutes, à répartir éventuellement sur deux séances.
Programme : Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR).
Axe 1 : Se connaître, vivre et grandir avec son corps.
Notion : prendre conscience de la différence d’émotions liées au goût et au dégoût.
Objectif principal : comprendre qu’un même aliment peut provoquer du plaisir chez une personne et du dégoût chez une autre.
Objectifs complémentaires : identifier les sensations du goût dans le corps, découvrir le rôle des yeux dans l’envie de manger, développer la curiosité face aux nouvelles saveurs, respecter les habitudes alimentaires des autres familles et accepter qu’un camarade préfère ne pas goûter.
Matériel : les cinq illustrations du kit, les questions guidées, l’affiche des quatre règles, les puzzles, les coloriages, le memory et les fiches "Mes premières recettes".
Conseil pédagogique : si la séance comprend une dégustation, on vérifie au préalable les allergies, les PAI et les régimes alimentaires des familles. On invite à goûter, on n’y oblige jamais. Les illustrations permettent aussi de parler des habitudes alimentaires sans demander aux enfants de décrire ce qu’on mange chez eux.
Étape 1 : pourquoi Arthur trouve-t-il le plat trop épicé alors qu’Anh le mange sans difficulté ? (5 minutes)
On commence par la première illustration. Arthur goûte un plat très épicé. Dès qu’il le met dans sa bouche, sa langue pique et sa bouche chauffe. Il n’aime pas du tout cette sensation. À côté de lui, Anh mange le même plat sans problème. Il trouve la réaction d’Arthur amusante et commence à se moquer de lui.
La question à poser : "Est-ce que tout le monde ressent les aliments de la même façon ?"
On laisse les enfants observer les deux visages. Arthur grimace, il a l’air surpris et gêné. Anh, lui, semble tout à fait à l’aise. On explique : "Arthur et Anh mangent exactement le même plat. Mais leur bouche ne ressent pas la même chose. Certaines personnes ont l’habitude de manger épicé depuis qu’elles sont petites, parfois parce que cela fait partie des habitudes de leur famille ou de leur culture. D’autres en mangent peu et trouvent ces saveurs beaucoup plus fortes." On revient ensuite sur la moquerie d’Anh. Arthur n’a pas tort de trouver le plat trop fort. Anh n’a pas raison parce qu’il le supporte mieux. Chacun a simplement sa propre sensibilité.
Questions à poser aux enfants
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Est-ce que tout le monde ressent les aliments de la même façon ?
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Est-ce que certains aliments peuvent piquer davantage pour certaines personnes ?
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Est-ce que toutes les familles mangent les mêmes plats ?
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Est-ce que certaines familles utilisent plus d’épices que d’autres ?
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Peut-on découvrir de nouveaux aliments sans être obligé de les aimer ?
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Pourquoi est-il intéressant de découvrir ce que mangent d’autres personnes ?
Activité : la carte des sensations dans la bouche. On dessine une grande bouche au tableau. Les enfants proposent des mots pour décrire ce que l’on peut sentir quand on mange : ça pique, ça chauffe, c’est sucré, c’est acide, c’est doux, ça croque. On montre que chaque enfant peut associer un aliment à une sensation différente.
Phrase clé : "Ce n’est pas parce que je ressens quelque chose différemment que j’ai tort ou raison : chacun a son propre palais."
Étape 2 : pourquoi le repas d’Anh avec son papi et sa mamie est-il si spécial ? (5 minutes)
On présente la deuxième illustration. Anh partage un repas avec son papi et sa mamie dans un restaurant élégant. Les plats arrivent sous de grandes cloches que l’on soulève au dernier moment. Ses grands-parents lui expliquent que certains ingrédients sont rares ou coûteux. Ce ne sont pas des plats qu’ils mangent tous les jours à la maison.
La question à poser : "Qu’est-ce qui rend un repas différent d’un repas ordinaire ?"
On explique : "Pour Anh, ce repas n’est pas seulement une question de goût. Il découvre des aliments qu’il ne connaît pas, dans un endroit qu’il ne fréquente pas souvent, avec des personnes qu’il aime. Tout cela rend ce moment précieux." On peut faire remarquer que l’émotion liée à un repas ne vient pas uniquement de la bouche. Le lieu, la surprise de la cloche qui se soulève et la présence de la famille comptent aussi. On veille à ne pas lier ce moment à l’argent : ce qui rend un repas spécial peut aussi être une recette de famille, un pique-nique ou un plat préparé pour une fête.
Questions à poser aux enfants
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Pourquoi certains aliments sont-ils plus rares ?
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Y a-t-il des plats que l’on mange seulement pour des occasions spéciales ?
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Quels aliments trouves-tu spéciaux ou exceptionnels ?
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Est-ce que certains moments en famille sont particuliers ?
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Qu’est-ce qui rend ce repas différent d’un repas ordinaire ?
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Pourquoi est-ce agréable de partager une expérience spéciale avec sa famille ?
Activité : le plat des grandes occasions. Chaque enfant qui le souhaite dessine un plat qu’il associe à une fête ou à un moment joyeux. On affiche les dessins sans les comparer. Les enfants découvrent que chaque famille a ses propres plats de fête.
Phrase clé : "Certains repas sont des moments spéciaux à partager."
Étape 3 : pourquoi Arthur a-t-il envie de manger le gâteau avant même de l’avoir goûté ? (5 minutes)
On présente la troisième illustration. Arthur fête l’anniversaire d’Anh avec ses copains. Au milieu de la table se trouve un magnifique gâteau, très coloré et décoré avec soin. Avant même de l’avoir goûté, Arthur a déjà très envie d’en manger. Pourtant, il ne sait pas encore quel goût il a.
La question à poser : "Est-ce qu’on peut avoir envie de manger quelque chose simplement en le regardant ?"
On laisse les enfants observer le regard d’Arthur. Il fixe le gâteau, il sourit, il semble impatient. On explique : "Nos yeux jouent un rôle dans nos envies. Les couleurs, les formes et la décoration peuvent nous donner envie de goûter. On dit parfois que l’on mange d’abord avec les yeux." On peut ensuite nuancer : un aliment très joli ne sera pas forcément bon pour nous, et un aliment tout simple peut être délicieux. Les yeux donnent des indices, mais c’est en goûtant qu’on découvre vraiment.
Questions à poser aux enfants
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Est-ce qu’une belle couleur peut donner envie de goûter ?
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Est-ce que tes yeux t’aident parfois à choisir un aliment ?
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As-tu déjà eu envie de goûter quelque chose parce que c’était joli ?
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Est-ce qu’un aliment peut être beau mais ne pas te plaire ensuite ?
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Est-ce qu’un aliment peut être simple mais très bon ?
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Est-ce que la couleur d’un aliment nous donne parfois des idées sur son goût ?
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Est-ce que nos yeux peuvent parfois nous tromper ?
Activité : beau ou bon ? On présente plusieurs images d’aliments : un fruit coloré, un gâteau décoré, une soupe, un morceau de pain. Les enfants disent lequel leur donne le plus envie, puis on discute : est-ce qu’on choisit avec les yeux, avec le nez ou avec la bouche ?
Phrase clé : "Un aliment peut me donner envie avant même que je le goûte."
Étape 4 : pourquoi Arthur hésite-t-il à goûter de nouveaux parfums de glace ? (5 minutes)
On présente la quatrième illustration. Aliénor propose à Arthur de goûter de nouveaux parfums de glace. Certains sont connus, d’autres très originaux. Arthur ne les a jamais goûtés. Au début, il hésite. Il ne sait pas s’il va aimer. Aliénor l’encourage en lui expliquant qu’on ne peut pas toujours savoir si l’on aime quelque chose avant de l’avoir découvert. Arthur accepte. Certaines saveurs lui plaisent beaucoup, d’autres un peu moins. Mais il est content d’avoir essayé.
La question à poser : "Est-on obligé d’aimer tout ce que l’on goûte ?"
On explique : "Arthur était un peu inquiet parce qu’il ne connaissait pas ces parfums. C’est normal d’hésiter devant quelque chose de nouveau. Il a choisi d’essayer, et il a découvert qu’il aimait certains parfums et pas d’autres." On insiste sur deux idées. Goûter permet d’apprendre et de mieux se connaître. Et goûter ne veut pas dire s’engager à aimer : on peut essayer, puis décider que ce n’est pas pour nous. On note aussi qu’Aliénor encourage Arthur sans le forcer. C’est lui qui décide.
Questions à poser aux enfants
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Peut-on être curieux d’essayer quelque chose de nouveau ?
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Pourquoi est-ce amusant de faire des découvertes ?
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Est-on obligé d’aimer tout ce que l’on goûte ?
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Peut-on essayer quelque chose et décider que ce n’est pas pour nous ?
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Comment peut-on découvrir de nouvelles saveurs ?
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Est-ce qu’on peut apprendre quelque chose en essayant un nouvel aliment ?
Activité : j’aime, je n’aime pas, je ne sais pas encore. On prépare trois affiches avec un visage content, un visage qui grimace et un point d’interrogation. Les enfants placent des images d’aliments sous l’affiche de leur choix. La colonne "je ne sais pas encore" permet de valoriser les aliments qu’on n’a jamais goûtés.
Phrase clé : "Je peux goûter quelque chose de nouveau sans savoir encore si je vais l’aimer."
Étape 5 : pourquoi Arthur adore la dégustation à l’aveugle alors qu’Aliénor la déteste ? (5 minutes)
On termine avec la cinquième illustration. Arthur et Aliénor ont décidé de faire comme les grands : organiser une dégustation à l’aveugle de jus de fruits exotiques. Arthur avait vu ses parents faire ce jeu et l’avait trouvé très amusant. Pour lui, ne pas savoir ce qu’il va goûter rend le jeu encore plus drôle. Il adore deviner les saveurs. Pour Aliénor, c’est tout l’inverse. Elle n’aime pas du tout ne pas savoir ce qu’elle va boire. La surprise lui fait perdre ses repères.
La question à poser : "Est-ce qu’on peut aimer une surprise alors qu’un copain ne l’aime pas ?"
On explique : "Arthur et Aliénor jouent au même jeu, mais ils ne le vivent pas du tout de la même façon. Arthur aime être surpris. Aliénor a besoin de savoir ce qui l’attend pour se sentir bien." On invite les enfants à observer le visage d’Aliénor. Elle semble tendue, méfiante. On rappelle qu’elle a le droit de ne pas jouer, ou de demander à voir le jus avant de le goûter. Être curieux est une belle qualité. Avoir besoin d’être rassuré aussi.
Questions à poser aux enfants
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Est-ce qu’on peut aimer une surprise alors qu’un copain ne l’aime pas ?
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Est-ce qu’on est obligé de goûter quelque chose qu’on ne connaît pas ?
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Qu’est-ce qui pourrait te rassurer avant d’essayer quelque chose de nouveau ?
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Peut-on changer d’avis après avoir goûté ?
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Est-ce que ne pas aimer quelque chose veut dire que ce n’est pas bon ?
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Est-ce qu’on a tous les mêmes goûts ?
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Comment peut-on respecter quelqu’un qui préfère ne pas essayer ?
Activité : la boîte à mystères. On place quelques objets familiers dans un sac opaque (une balle, une cuillère, un morceau de tissu). Les enfants qui le souhaitent devinent l’objet au toucher. Ceux qui préfèrent peuvent regarder d’abord dans le sac. On montre que les deux façons de participer sont acceptées.
Phrase clé : "J’ai le droit d’être curieux, mais j’ai aussi le droit de ne pas aimer les surprises."
Étape 6 : afficher les quatre règles pour respecter les goûts de chacun
Après avoir observé les cinq illustrations, on rassemble les élèves. "Pendant ces repas, est-ce que tout le monde a ressenti la même chose ?" Non. Arthur a eu la bouche en feu, Anh a apprécié le même plat. Arthur adorait les surprises, Aliénor non. On reprend alors les quatre règles du kit.
Les quatre règles à afficher en classe
1. J’essaie avant de dire que je n’aime pas.
Parfois, un aliment nous surprend. On ne peut pas toujours savoir si on aime quelque chose avant de l’avoir goûté. Je goûte avant de décider si j’aime ou non.
2. Chacun a le droit d’avoir ses goûts.
Un aliment peut sembler délicieux pour une personne et désagréable pour une autre. Nous ne ressentons pas tous les mêmes saveurs de la même façon. Je respecte les goûts des autres, même s’ils sont différents des miens.
3. Je respecte les émotions et les sensations des autres.
Certains aliments peuvent provoquer du plaisir, d’autres du dégoût. Se moquer d’un camarade parce qu’il n’aime pas un plat peut lui faire de la peine.
4. Je découvre de nouvelles saveurs avec curiosité.
Découvrir de nouvelles saveurs aide à apprendre et à mieux connaître les habitudes des autres. Je reste curieux, même quand un aliment est nouveau pour moi.
En présentant la première règle, on précise qu’on encourage à goûter, mais qu’un enfant n’est jamais forcé. C’est une invitation, pas une obligation.
Phrase clé de la séance : "Je peux aimer ce que mon ami n’aime pas. J’écoute ce que je ressens et je respecte ses goûts."
Comment adapter cette séance EVAR en petite, moyenne et grande section ?
En petite section (PS), on sélectionne trois illustrations : le plat épicé, le gâteau d’anniversaire et les glaces. L’objectif est de reconnaître le plaisir et le dégoût sur les visages et de nommer quelques sensations simples : ça pique, c’est sucré, j’aime, je n’aime pas.
En moyenne section (MS), on ajoute la dégustation à l’aveugle. Les élèves commencent à comprendre que deux enfants peuvent vivre le même jeu de façon opposée et que la curiosité et le besoin d’être rassuré sont tous les deux acceptables.
En grande section (GS), on peut exploiter les cinq illustrations et approfondir le rôle de la culture et des habitudes familiales dans nos goûts, ainsi que le lien entre ce que l’on voit et ce que l’on croit qu’on va aimer.
Dans toutes les sections, on évite de mettre un enfant en difficulté devant le groupe à propos de ce qu’il mange ou ne mange pas à la maison.
Quelles activités proposer pour prolonger la séance ?
Le kit "Au restaurant" comprend plusieurs supports complémentaires.
Les puzzles : chaque illustration peut être reconstituée. Une fois le puzzle terminé, les enfants expliquent ce que ressent le personnage et ce qui, dans son visage, le montre.
Les coloriages : les enfants retrouvent les scènes de repas en noir et blanc. On peut leur demander de raconter la scène et de dire si eux aimeraient goûter ce plat.
Le memory : les cartes représentent les scènes du kit. Les enfants retrouvent les paires identiques. Avec les plus petits, on peut jouer sans compter les points, simplement pour exercer la mémoire.
Mes premières recettes : le kit propose trois recettes aux couleurs d’Arthur, la tartine qui s’aime, le petit Bleu-ccino meringué et la tarte tortue alsacienne aux myrtilles. Cuisiner mobilise les cinq sens et permet de parler d’autonomie, de coopération et des règles de sécurité en cuisine. Les étapes qui demandent un four ou une source de chaleur sont réalisées par un adulte.
L’extrait : le kit se termine par une citation du chef Pierre Gagnaire sur la cuisine comme expérience qui s’adresse à tous les sens. Elle peut servir de point de départ pour parler de l’odorat, de la vue et même de l’ouïe à table.
Ces activités peuvent être proposées en ateliers ou utilisées pour revenir sur les situations après la séance collective.
Comment savoir si les enfants ont compris que chacun a ses goûts ?
En maternelle, l’objectif n’est pas que les enfants aiment tous les aliments. On cherche plutôt à développer l’écoute de ses sensations et le respect des préférences des autres. Un enfant peut notamment :
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Nommer quelques sensations liées au goût : piquant, sucré, acide, chaud, froid.
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Reconnaître le plaisir ou le dégoût sur un visage illustré.
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Comprendre que deux personnes peuvent ressentir différemment le même aliment.
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Expliquer que les habitudes des familles peuvent changer nos goûts.
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Dire que l’apparence d’un aliment peut donner envie avant de le goûter.
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Accepter de goûter sans être obligé d’aimer.
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Respecter un camarade qui préfère ne pas goûter.
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Expliquer pourquoi se moquer des goûts d’un ami peut lui faire de la peine.
Pour terminer, on peut présenter l’illustration du plat épicé et demander : "Anh se moque d’Arthur. Que pourrait-il lui dire à la place ?" Une réponse possible : "Pour toi c’est trop fort, moi j’ai l’habitude." C’est déjà un vrai pas vers le respect des différences.
Pourquoi utiliser Arthur la Tortue pour parler du goût en maternelle ?
Parce que l’alimentation touche à l’intime. Ce que l’on mange à la maison, ce que l’on aime ou ce qui nous dégoûte dit quelque chose de notre famille, de notre culture et de notre corps. Demander directement à un enfant pourquoi il ne mange pas un plat peut le mettre mal à l’aise. En revanche, il peut regarder Arthur et répondre à une question plus simple : "Pourquoi Arthur fait-il cette grimace ?" Ou observer Aliénor : "Pourquoi n’aime-t-elle pas la dégustation à l’aveugle ?" En parlant des personnages, les enfants prennent de la distance. Ils découvrent que le goût n’est pas une vérité unique, que la curiosité et la prudence ont toutes les deux leur place et qu’on peut partager un repas sans aimer les mêmes choses.
Arthur la Tortue est un univers illustré qui aide les enfants de 3 à 6 ans, à la maison comme à l’école, à comprendre leurs émotions, leurs limites, le consentement et les relations avec les autres. Parents et enseignants y trouvent des supports communs pour parler d’Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR) avec les mêmes mots.
Les illustrations sont des supports pour ouvrir le dialogue, à accompagner d’une discussion adaptée à l’âge des enfants.
Questions fréquentes
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Comment parler du goût et du dégoût avec des enfants de maternelle ?
On présente plaisir et dégoût comme des ressentis, ni bons ni mauvais. Le kit Au restaurant d’Arthur la Tortue propose cinq illustrations : un plat épicé, un dîner élégant avec les grands-parents d’Anh, un gâteau d’anniversaire, des glaces et une dégustation à l’aveugle. À chaque scène, Arthur, Aliénor et Anh réagissent différemment.
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Faut-il obliger un enfant de maternelle à goûter un aliment ?
Non. On invite à goûter, on n’y oblige jamais, et la règle « J’essaie avant de dire que je n’aime pas » reste une invitation. Dans l’illustration des glaces, Aliénor encourage Arthur sans le forcer et c’est lui qui décide. Avant toute dégustation en classe, on vérifie les allergies, les PAI et les régimes alimentaires.
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Que dire à un enfant de 3-6 ans qui se moque des goûts d’un camarade ?
On rappelle que chacun a sa propre sensibilité et que la moquerie peut faire de la peine. Avec l’illustration où Anh se moque d’Arthur, qui trouve le plat trop épicé, on cherche ensemble une autre phrase : « Pour toi c’est trop fort, moi j’ai l’habitude. » Personne n’a tort ni raison.
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À quel axe EVAR correspond la séance sur le goût et comment l’adapter en PS, MS et GS ?
Elle relève de l’axe 1, « Se connaître, vivre et grandir avec son corps », notion « prendre conscience de la différence d’émotions liées au goût et au dégoût », pour 30 à 40 minutes. En PS : plat épicé, gâteau et glaces. En MS, on ajoute la dégustation à l’aveugle. En GS, on exploite les cinq illustrations.
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Quelles activités proposer en maternelle après une séance EVAR sur le goût ?
Le kit Au restaurant comprend puzzles, coloriages, memory et trois recettes « Mes premières recettes », dont la tarte tortue alsacienne aux myrtilles, ainsi qu’une citation du chef Pierre Gagnaire. Les illustrations libres d’interprétation d’Arthur la Tortue font parler les petits (et les grands) des grandes questions de l’enfance, comme le respect des préférences de chacun.