Des sessions EVAR clés en main, pour aborder des sujets sensibles avec justesse et cadre.

De Arthur La Tortue

Conversation autour du Nouvel an : comment reconnaître ce que ressentent les autres sur la piste de danse avec Arthur la tortue ?

Comment apprendre aux enfants de 3 à 6 ans à identifier leurs émotions et celles des autres ? Une fête du Nouvel An peut devenir une séance d’Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR) pour les enfants de 3 à 6 ans. À travers sept illustrations, Arthur la Tortue découvre que la joie, la gêne, la honte ou l’inconfort ne se manifestent pas de la même manière chez chacun. "Maîtresse, pourquoi il ne veut pas danser avec moi ?" "Mais je voulais juste lui faire un câlin !" "Pourquoi elle ne rigole pas ? C’est drôle pourtant !" Ces petites phrases, les enseignants de maternelle les connaissent bien. Un enfant veut entraîner son camarade dans une ronde. Un autre se retrouve coincé dans un jeu collectif. Un troisième se met à pleurer alors que tout le monde semblait s’amuser. Pour les adultes, la situation paraît parfois anodine. Mais pour l’enfant qui la vit, les émotions sont bien réelles. C’est tout l’intérêt du kit "Sur la piste de danse au Nouvel An" d’Arthur la Tortue. À travers des scènes de fête, les enfants découvrent que nous ne ressentons pas tous les mêmes émotions face à une situation identique.

On peut être heureux de danser sans avoir envie d’être touché. On peut aimer un membre de sa famille sans vouloir être porté dans ses bras. On peut aussi se sentir gêné lorsqu’un ami nous propose gentiment une danse. Cette séance s’inscrit dans l’axe 1 du programme d’Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR) : "Se connaître, vivre et grandir avec son corps", autour de la notion "Identifier ses émotions et sentiments et ceux des autres".

En bref : on peut être heureux de danser sans avoir envie d’être touché, ou aimer quelqu’un sans vouloir être porté dans ses bras. Avec le kit "Sur la piste de danse au Nouvel An" d’Arthur la Tortue, parents et enseignants aident les enfants de 3 à 6 ans à reconnaître ce que ressentent les autres en observant leur visage et leur corps, et à respecter leurs envies, même pendant une fête.

À la maison ou à l’école : une même conversation pour grandir ensemble

À la maison : lors des fêtes de famille, laissez votre enfant choisir s’il veut danser, faire un câlin ou être porté, et proposez des alternatives (un sourire, un signe de la main). Aidez-le aussi à observer ses cousins : « Regarde son visage, tu crois qu’elle a envie ? »

À l’école : la séance ci-dessous se mène en grand groupe à partir des illustrations du kit, puis se prolonge dans les moments de vie de la classe.

Ensemble : quand parents et enseignants emploient les mêmes mots et les mêmes repères, l’enfant fait le lien entre ses deux univers. Les étapes et les questions qui suivent peuvent être utilisées telles quelles en classe ou adaptées à la maison, avec un seul enfant ou une fratrie.

Pourquoi apprendre à reconnaître les émotions des autres dès la maternelle ?

À 3, 4 ou 5 ans, les enfants commencent à identifier leurs propres émotions, mais comprendre celles des autres demande encore beaucoup d’apprentissage. Un enfant peut être très enthousiaste à l’idée de jouer avec un camarade, sans remarquer que celui-ci est fatigué ou n’a plus envie de participer. Il peut penser qu’un geste est amusant parce qu’il le trouve drôle lui-même. Il peut aussi croire qu’un ami est content simplement parce qu’il ne dit rien.

Pourtant, ce que je ressens ne correspond pas nécessairement à ce que l’autre ressent.

Apprendre à reconnaître les émotions des autres permet de développer l’empathie, de mieux comprendre les limites corporelles et de construire des relations plus respectueuses. En maternelle, cet apprentissage passe par des situations concrètes. On observe un visage, un mouvement, un regard. On se demande ce que le personnage pourrait ressentir. Puis on réfléchit à la manière dont les autres pourraient réagir. L’objectif n’est pas d’apprendre aux enfants à deviner les pensées de leurs camarades. Il est de leur montrer que les expressions du visage et les gestes peuvent donner des indices, mais qu’il faut aussi écouter et demander.

Comment préparer une séance EVAR sur les émotions et le respect du corps ?

Le kit "Sur la piste de danse au Nouvel An" met en scène Arthur, Aliénor et Anh lors d’une fête. Les personnages dansent, jouent, chantent et célèbrent la nouvelle année. Mais plusieurs situations montrent que la fête ne provoque pas les mêmes sensations et émotions chez tout le monde.

Fiche de préparation pédagogique

Niveau : petite, moyenne et grande section (PS, MS, GS).

Durée : 35 à 45 minutes, à répartir éventuellement sur deux séances.

Programme : Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR).

Axe 1 : Se connaître, vivre et grandir avec son corps.

Notion : identifier ses émotions et sentiments et ceux des autres.

Objectif principal : reconnaître les émotions des personnages et comprendre qu’une même situation peut être vécue différemment par plusieurs personnes.

Objectifs complémentaires : observer les signes de gêne, reconnaître les limites corporelles, respecter le refus d’autrui, identifier la honte provoquée par les moqueries et comprendre les différences de sensibilité au bruit.

Matériel : les sept illustrations du kit, les questions guidées, l’affiche des quatre règles, les puzzles, les coloriages, le memory, le labyrinthe et les fiches d’écriture.

Conseil pédagogique : les illustrations permettent de parler de situations personnelles sans demander aux enfants de raconter leur intimité ou leurs expériences familiales devant la classe.

Étape 1 : pourquoi chacun peut-il danser différemment et ressentir la même joie ? (5 minutes)

On commence par la première illustration. Arthur, Aliénor et Anh dansent pour le Nouvel An. Mais ils ne dansent pas de la même manière. Aliénor aime le hip-hop. Arthur danse le boogie-woogie. Anh préfère le disco. Chacun bouge à son rythme, sans toucher les autres. Et pourtant, tous semblent heureux.

La question à poser : "Est-ce qu’on doit tous danser de la même façon pour s’amuser ensemble ?"

On laisse les enfants observer les personnages. Leurs mouvements sont différents, mais leurs visages montrent de la joie. On explique : "Quand on danse, notre corps peut montrer ce que l’on ressent. Certains sautent, d’autres tournent ou bougent doucement. Nous n’avons pas besoin de faire exactement les mêmes gestes pour partager un bon moment." On peut également montrer qu’être ensemble ne signifie pas être collés les uns aux autres. Certains enfants aiment danser près de leurs amis. D’autres ont besoin de plus d’espace.

Questions à poser aux enfants

  • Comment voit-on qu’Arthur, Aliénor et Anh sont heureux ?

  • Est-ce que tout le monde doit aimer la même musique ?

  • Comment le corps peut-il montrer la joie ?

  • Peut-on être ensemble sans se toucher ?

  • Est-ce qu’on peut danser doucement et être très content ?

  • Comment montrer à un ami qu’on aime sa danse ?

Activité : chacun sa danse. On diffuse un court morceau de musique à volume modéré. Les enfants peuvent inventer leurs propres mouvements, en gardant suffisamment d’espace autour d’eux. Ceux qui préfèrent observer peuvent le faire.

Phrase clé : "Je danse comme je me sens et je respecte les autres."

Étape 2 : pourquoi Anh est-il mal à l’aise quand Arthur veut danser avec lui ? (5 minutes)

On présente la deuxième illustration. Arthur est très enthousiaste. Il veut danser avec Anh en se tenant l’un contre l’autre, comme il a déjà vu ses parents le faire. Alors, il pousse légèrement son ami pour l’entraîner avec lui. Mais Anh n’a pas envie. Il préfère danser seul, sans être touché. Arthur pense partager un moment joyeux. Anh, lui, se sent mal à l’aise.

La question à poser : "Est-ce qu’on peut aimer danser, mais ne pas aimer être touché ?"

On explique : "Arthur est heureux et pense qu’Anh va l’être aussi. Mais Anh ne ressent pas la même chose. Il veut continuer à danser librement. Arthur doit donc respecter son envie." On invite les enfants à regarder les visages.

Arthur sourit. Anh semble contrarié. On peut alors demander : "Est-ce qu’un sourire chez Arthur signifie qu’Anh est forcément content ?" Non. Chacun possède ses propres émotions et ses propres limites. Avant de toucher quelqu’un ou de l’entraîner dans une activité, on peut lui demander s’il en a envie.

Questions à poser aux enfants

  • Comment voit-on qu’Arthur est content ?

  • Comment voit-on qu’Anh ne l’est pas ?

  • Est-ce que tout le monde aime danser en se touchant ?

  • Peut-on aimer une activité, mais pas certains gestes ?

  • Comment Arthur aurait-il pu demander à Anh de danser ?

  • Que doit-il faire si Anh refuse ?

Activité : demander avant de toucher. Avec deux marionnettes, l’enseignant joue une situation où l’une propose de danser avec l’autre. Les enfants imaginent plusieurs réponses possibles : "Oui", "Non merci" ou "Je préfère danser tout seul". On montre que chaque réponse doit être respectée.

Phrase clé : "Je respecte le corps et les émotions des autres. Si mon ami ne veut pas, j’arrête."

Étape 3 : pourquoi Aliénor se sent-elle coincée pendant la danse de la chenille ? (5 minutes)

On présente la troisième illustration. Arthur a commencé une danse de la chenille. Les enfants se suivent en file. Aliénor regardait simplement les autres danser. Mais elle a été poussée dans la file. Anh se place derrière elle. Aliénor se retrouve coincée entre plusieurs personnes. Elle n’arrive pas facilement à sortir. Elle se sent piégée et très mal à l’aise.

La question à poser : "Est-ce qu’on peut aimer regarder un jeu sans vouloir y participer ?"

On explique : "Aliénor n’avait pas choisi d’entrer dans la danse. Elle voulait seulement regarder. Lorsqu’elle s’est retrouvée au milieu des autres, elle a eu l’impression de ne plus pouvoir décider pour elle-même." On demande aux enfants d’observer son visage. Est-elle heureuse ? Semble-t-elle détendue ? On explique que le corps peut réagir lorsqu’on se sent coincé : les muscles peuvent se tendre, on peut avoir envie de s’éloigner ou ne plus savoir quoi dire. Et surtout, on rappelle une règle simple.

Un enfant peut choisir de participer à un jeu, mais il peut aussi choisir de le quitter.

Questions à poser aux enfants

  • Comment peut-on se sentir lorsqu’on est coincé ?

  • Est-ce qu’on est obligé de participer à une danse ?

  • Peut-on préférer regarder ses amis ?

  • Comment voit-on qu’Aliénor est mal à l’aise ?

  • Que doivent faire les autres si elle veut sortir ?

  • Peut-on changer d’avis pendant un jeu ?

Activité : j’entre, je sors. On propose une ronde facultative. Les enfants peuvent rejoindre le groupe ou rester observateurs. Chacun peut quitter la ronde à tout moment. On veille à laisser un passage libre et à ne jamais retenir un camarade.

Phrase clé : "Je peux choisir d’entrer ou de sortir d’un jeu. Si je ne veux pas, j’ai le droit de partir."

Étape 4 : pourquoi Arthur ressent-il de la honte lorsque les autres se moquent de lui ? (5 minutes)

On présente la quatrième illustration. Arthur et Aliénor sont sur scène. Ils chantent et dansent devant leurs camarades. Ils prennent plaisir à faire leur spectacle. Mais en bas de la scène, plusieurs enfants, dont Anh, commencent à se moquer. Ils rient de leur façon de chanter et de danser. Arthur se sent soudain très gêné. Il ressent de la honte. Il perd confiance et n’arrive plus à continuer comme avant.

La question à poser : "Est-ce qu’une moquerie peut faire mal, même lorsqu’on ne touche pas quelqu’un ?"

On laisse les enfants observer Arthur. Son visage a changé. Il ne semble plus heureux de danser. On explique : "Arthur était content de montrer son spectacle. Mais quand les autres ont commencé à rire de lui, il s’est senti humilié. Il a eu honte et n’a plus osé continuer." On peut alors poser une question importante : "Les enfants qui se moquent trouvent cela drôle. Mais est-ce qu’Arthur trouve cela drôle aussi ?" Non. Ce qui amuse une personne peut blesser une autre. On explique qu’il existe une différence entre rire avec quelqu’un et rire de quelqu’un.

Questions à poser aux enfants

  • Pourquoi Arthur n’a-t-il plus envie de chanter ?

  • Comment voit-on qu’il a honte ?

  • Est-ce qu’on peut être blessé sans avoir mal au corps ?

  • Pourquoi certaines moqueries font-elles perdre confiance ?

  • Est-ce que rire de quelqu’un est la même chose que rire avec lui ?

  • Que pourraient faire les spectateurs pour encourager Arthur et Aliénor ?

  • Que peut faire un enfant lorsqu’il voit quelqu’un se faire moquer ?

Activité : encourager plutôt que se moquer. L’enseignant propose plusieurs réactions possibles devant un spectacle : applaudir, écouter, rire d’une erreur ou faire une remarque blessante. Les enfants réfléchissent à ce que chaque réaction pourrait faire ressentir aux artistes.

Phrase clé : "Se moquer fait mal. Je respecte les autres."

Étape 5 : pourquoi Aliénor est-elle gênée alors qu’Arthur lui demande gentiment de danser ? (5 minutes)

On présente la cinquième illustration. Arthur s’approche d’Aliénor. Il lui demande poliment si elle souhaite danser un slow avec lui. Il sourit et attend sa réponse. Mais Aliénor devient très timide. Elle rougit, détourne le regard et semble hésiter. Arthur ne comprend pas. Il a été gentil. Il a demandé poliment. Alors pourquoi Aliénor est-elle mal à l’aise ?

La question à poser : "Est-ce qu’on peut être gentil et mettre quelqu’un mal à l’aise sans le vouloir ?"

On explique : "Arthur n’a pas voulu gêner Aliénor. Il a simplement proposé une danse. Mais Aliénor peut être timide, surprise ou ne pas avoir envie de danser avec lui." On insiste sur une distinction importante. L’intention d’Arthur est gentille. Mais le ressenti d’Aliénor est différent. Ce n’est pas parce qu’une proposition est faite avec gentillesse que l’autre personne doit l’accepter.

Questions à poser aux enfants

  • Comment voit-on qu’Aliénor est gênée ?

  • Est-ce qu’on peut être timide sans être triste ?

  • Pourquoi Arthur ne comprend-il pas sa réaction ?

  • Peut-on refuser une proposition gentille ?

  • Est-ce qu’on doit toujours expliquer pourquoi on ne veut pas ?

  • Comment Arthur peut-il respecter la réponse d’Aliénor ?

  • Est-ce que deux personnes peuvent vivre la même situation différemment ?

Activité : une proposition, plusieurs réponses. L’enseignant présente une marionnette qui propose une activité à une autre : danser, chanter ou jouer. Les enfants imaginent différentes réponses respectueuses et montrent comment accueillir un refus sans insister.

Phrase clé : "Je peux être gentil et l’autre peut ressentir quelque chose de différent."

Étape 6 : pourquoi Arthur veut-il descendre des bras de son tonton ? (5 minutes)

On présente la sixième illustration. Le tonton d’Arthur le prend dans ses bras pour danser. Il le serre fort contre lui. Le tonton semble très heureux. Mais Arthur ne se sent pas bien. Il se débat et veut descendre. Son tonton pense que ce moment est amusant. Il ne remarque pas immédiatement qu’Arthur souhaite arrêter.

La question à poser : "Est-ce qu’on peut aimer quelqu’un et ne pas aimer un geste ?"

On explique : "Arthur aime son tonton. Mais cela ne signifie pas qu’il a toujours envie d’être porté ou serré dans ses bras. Il peut aimer une personne et ne pas apprécier un contact." On invite les enfants à observer le corps d’Arthur. Il essaie de s’éloigner. Il ne semble pas détendu. Il veut descendre. On rappelle que les gestes et les expressions peuvent montrer un inconfort, même lorsqu’un enfant ne parvient pas à l’expliquer avec des mots. Si un enfant dit "Stop", veut descendre ou se débat, l’adulte doit prendre sa demande au sérieux et interrompre le contact.

Questions à poser aux enfants

  • Pourquoi Arthur ne semble-t-il pas heureux ?

  • Est-ce que son tonton remarque immédiatement son malaise ?

  • Peut-on aimer quelqu’un sans vouloir être pris dans ses bras ?

  • Comment le corps peut-il montrer qu’il n’aime pas un geste ?

  • Que doit faire le tonton lorsqu’Arthur veut descendre ?

  • Peut-on dire non à un membre de sa famille ?

  • Que peut faire un enfant si un adulte n’écoute pas son refus ?

Activité : les gestes que je choisis. À partir de marionnettes, on propose plusieurs manières de saluer quelqu’un : faire coucou, dire bonjour, sourire ou proposer un check. Les enfants découvrent qu’un bonjour n’impose pas de contact physique.

Phrase clé : "Mon corps m’appartient, je peux dire stop. Si je ne veux pas, on m’écoute."

On peut ajouter qu’un enfant dont le refus n’est pas respecté peut s’éloigner lorsque c’est possible et demander de l’aide à un adulte de confiance.

Étape 7 : pourquoi le bruit de la trompette ne fait-il pas rire Arthur et Aliénor ? (5 minutes)

On termine avec la septième illustration. Arthur et Aliénor célèbrent le Nouvel An. Un grand arrive avec une trompette de fête. Il souffle dedans avec beaucoup d’enthousiasme. Pour lui, ce bruit est amusant. Mais Arthur et Aliénor ne réagissent pas de la même façon. Le son est soudain et très fort. Ils semblent surpris et gênés.

La question à poser : "Est-ce qu’un bruit peut être amusant pour quelqu’un et désagréable pour quelqu’un d’autre ?"

On explique : "Nous ne ressentons pas tous les sons de la même manière. Certaines personnes aiment la musique forte. D’autres peuvent trouver certains bruits désagréables, fatigants ou effrayants."

On invite les enfants à observer les réactions des personnages. Le grand sourit. Arthur et Aliénor semblent au contraire mal à l’aise. Le grand aurait pu remarquer leurs expressions et adapter son comportement. On rappelle qu’on peut continuer à faire la fête tout en respectant les sensations et les émotions des autres.

Questions à poser aux enfants

  • Comment voit-on que le grand s’amuse ?

  • Comment réagissent Arthur et Aliénor ?

  • Pourquoi un même bruit peut-il provoquer des réactions différentes ?

  • Est-ce que tout le monde aime les sons très forts ?

  • Que peut-on faire lorsqu’un bruit dérange quelqu’un ?

  • Comment montrer qu’un son est désagréable ?

  • Peut-on faire la fête sans faire beaucoup de bruit ?

Activité : les sons et mes sensations. On propose quelques sons doux et familiers, à volume faible et annoncé à l’avance, en laissant les enfants libres de ne pas écouter. Ils peuvent dire si le son leur plaît, les gêne ou leur donne envie de s’éloigner. On ne cherche pas à provoquer de surprise sonore.

Phrase clé : "Nous ne ressentons pas tous les sons de la même façon."

Étape 8 : afficher les quatre règles pour respecter les émotions des autres

Après avoir observé les sept illustrations, on rassemble les élèves. "Pendant cette fête, est-ce que tout le monde s’est toujours senti heureux ?" Non. Certains personnages ont ressenti de la joie. D’autres ont été gênés, tristes, honteux ou mal à l’aise. On reprend alors les quatre règles du kit.

Les quatre règles à afficher en classe

1. J’écoute ce que je ressens.

Quand je danse, je peux être joyeux, timide, excité ou gêné. Toutes mes émotions ont le droit d’exister.

2. Je regarde les émotions des autres.

Je fais attention aux visages et aux gestes de mes camarades. Si quelqu’un semble mal à l’aise, je m’arrête et je lui demande ce qu’il souhaite.

3. Je respecte le rythme et l’espace de chacun.

Certains aiment danser près des autres. D’autres préfèrent garder davantage de distance. Je respecte leur espace et leurs limites.

4. Je peux dire comment je me sens.

Si je suis fatigué, si la musique est trop forte ou si je ne veux plus danser, je peux le dire. Mes émotions et mes sensations méritent d’être entendues.

Phrase clé de la séance : "Je peux ressentir une émotion différente de celle de mon ami. J’écoute ce que je ressens et je respecte ce qu’il ressent."

Comment adapter cette séance EVAR en petite, moyenne et grande section ?

En petite section (PS), on sélectionne trois illustrations : les enfants qui dansent librement, Anh qui ne souhaite pas être touché et Arthur qui réagit au bruit de la trompette. L’objectif est de reconnaître la joie et l’inconfort à partir des expressions du visage et du corps.

En moyenne section (MS), on ajoute la danse de la chenille et la proposition de slow. Les élèves commencent à comprendre que l’on peut aimer une activité sans vouloir y participer et que les émotions de l’autre ne correspondent pas toujours aux nôtres.

En grande section (GS), on peut exploiter les sept illustrations et aborder des émotions plus complexes comme la honte, la gêne et la timidité. Les enfants peuvent également réfléchir à la différence entre une intention gentille et un geste qui met l’autre mal à l’aise.

Dans toutes les sections, on privilégie l’observation et la discussion plutôt que les mises en situation où un enfant serait réellement poussé, retenu ou touché sans son accord.

Quelles activités proposer pour prolonger la séance ?

Le kit "Sur la piste de danse au Nouvel An" comprend plusieurs supports complémentaires.

Les puzzles : chaque illustration peut être reconstituée. Une fois le puzzle terminé, les enfants identifient les émotions des personnages et expliquent les indices qu’ils observent.

Les coloriages : les enfants retrouvent les scènes de la fête en noir et blanc. On peut leur proposer de raconter ce qui se passe et de nommer les émotions des personnages.

Le memory : les cartes représentent les scènes du kit. Les enfants retrouvent les paires identiques. Avec les plus petits, on peut jouer sans compter les points, simplement pour exercer la mémoire et reconnaître les situations.

Le labyrinthe : les enfants suivent un chemin illustré avec les personnages d’Arthur la Tortue. L’activité permet de travailler l’attention et le repérage spatial.

Les fiches d’écriture : le kit propose des exercices de tracé des chiffres 1, 2 et 3, accompagnés des personnages.

Le support musical : le kit fait référence à la chanson "Quand c’est oui c’est oui", de Bonheur, pour prolonger la discussion autour du consentement et de l’écoute du refus.

Ces activités peuvent être proposées dans les ateliers de classe ou utilisées pour revenir sur les situations après la séance collective.

Comment savoir si les enfants savent reconnaître les émotions des autres ?

En maternelle, l’objectif n’est pas de deviner parfaitement ce que ressent une autre personne. On cherche plutôt à développer la capacité à observer, à écouter et à respecter. Un enfant peut notamment :

  • Reconnaître la joie, la gêne, la tristesse ou la honte à partir d’une illustration.

  • Comprendre que deux personnes peuvent ressentir des émotions différentes dans une même situation.

  • Repérer qu’un camarade semble mal à l’aise.

  • Savoir qu’il faut demander avant d’entraîner quelqu’un dans un jeu impliquant un contact.

  • Comprendre qu’un refus doit être respecté.

  • Expliquer pourquoi les moqueries peuvent blesser.

  • Comprendre qu’un enfant peut refuser un contact avec un membre de sa famille.

  • Reconnaître que les sons peuvent être agréables pour certains et désagréables pour d’autres.

  • Proposer une réaction respectueuse lorsqu’un ami semble gêné.

Pour terminer, on peut présenter une illustration et demander : "Arthur est content, mais Anh ne semble pas l’être. Que pourrait faire Arthur ?" Une réponse possible : "Il peut s’arrêter et demander à Anh s’il veut continuer." C’est déjà un apprentissage essentiel.

Pourquoi utiliser Arthur la Tortue pour parler des émotions en maternelle ?

Il n’est pas toujours facile pour un jeune enfant d’expliquer pourquoi il n’aime pas un geste ou pourquoi une situation le met mal à l’aise. Certains enfants savent dire non. D’autres se taisent, s’éloignent ou se figent. Les illustrations d’Arthur la Tortue permettent de reconnaître ces situations sans demander aux enfants de parler directement de leur vécu. On peut regarder Arthur et demander : "Pourquoi est-il mal à l’aise dans les bras de son tonton ?" Ou observer Aliénor : "Pourquoi semble-t-elle gênée alors qu’Arthur lui propose gentiment une danse ?" Les enfants apprennent à regarder au-delà de leur propre ressenti. Ils découvrent qu’une personne peut être heureuse tandis qu’une autre est gênée, qu’une intention gentille ne garantit pas que l’autre soit à l’aise et qu’il est important d’écouter les mots comme les gestes.

Arthur la Tortue est un univers illustré qui aide les enfants de 3 à 6 ans, à la maison comme à l’école, à comprendre leurs émotions, leurs limites, le consentement et les relations avec les autres. Parents et enseignants y trouvent des supports communs pour parler d’Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR) avec les mêmes mots.

Les illustrations sont des supports pour ouvrir le dialogue, à accompagner d’une discussion adaptée à l’âge des enfants.

Questions fréquentes

  • Comment apprendre aux enfants de maternelle à reconnaître les émotions des autres ?

    On observe visages et gestes de personnages, puis on rappelle qu’il faut aussi écouter et demander. Le kit Sur la piste de danse au Nouvel An d’Arthur la Tortue propose sept illustrations où Arthur, Aliénor et Anh vivent la même fête différemment : joie, gêne, honte ou inconfort face au bruit.

  • Que faire quand un enfant de maternelle ne veut pas être pris dans les bras par un membre de sa famille ?

    On respecte son refus : on peut aimer quelqu’un sans aimer un geste. Dans l’illustration du tonton qui serre Arthur pour danser, Arthur se débat et veut descendre. Si un enfant dit stop ou se débat, l’adulte interrompt le contact. Phrase clé : « Mon corps m’appartient, je peux dire stop. Si je ne veux pas, on m’écoute. »

  • Comment parler du consentement en maternelle lors d’une danse ou d’un jeu collectif ?

    On montre qu’on peut aimer danser sans vouloir être touché et qu’on peut quitter un jeu à tout moment. Anh refuse de danser collé à Arthur, Aliénor se sent coincée dans la danse de la chenille. Le kit cite la chanson « Quand c’est oui c’est oui » de Bonheur pour prolonger la discussion sur l’écoute du refus.

  • À quel axe EVAR correspond la séance du Nouvel An et comment l’adapter en PS, MS et GS ?

    Elle relève de l’axe 1, « Se connaître, vivre et grandir avec son corps », notion « identifier ses émotions et sentiments et ceux des autres », pour 35 à 45 minutes. En PS, on choisit trois illustrations. En MS, on ajoute la chenille et le slow. En GS, on exploite les sept illustrations, avec la honte et la timidité.

  • Comment expliquer en maternelle qu’une proposition gentille peut mettre un camarade mal à l’aise ?

    On utilise la scène où Arthur invite poliment Aliénor à danser un slow : elle rougit et détourne le regard. L’intention d’Arthur est gentille, mais le ressenti d’Aliénor est différent, et elle peut refuser. Les illustrations libres d’interprétation d’Arthur la Tortue font parler les petits (et les grands) des grandes questions de l’enfance.