Des sessions EVAR clés en main, pour aborder des sujets sensibles avec justesse et cadre.

De Arthur La Tortue

Conversation autour du salon de coiffure : comment comprendre qu’un métier n’est pas réservé aux filles ou aux garçons avec Arthur la tortue ?

Comment expliquer aux enfants de 3 à 6 ans qu’un homme peut être coiffeur ou esthéticien, et qu’une femme peut tailler une barbe ? Une visite au salon de beauté et de coiffure peut devenir une séance d’Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR) pour les enfants de 3 à 6 ans. À travers sept illustrations, Anh, l’ami d’Arthur la Tortue, accompagne son papa chez l’esthéticien, le masseur, le coiffeur et la barbière, et découvre qu’un métier n’a pas de sexe. "Coiffeur, c’est un métier de fille !" "Les garçons, ça se fait pas masser." "Une dame, elle sait pas couper la barbe." Ces petites phrases, les enseignants de maternelle et les parents les entendent parfois. Elles montrent que les enfants associent très tôt certains métiers aux femmes ou aux hommes. C’est tout l’intérêt du kit "Chez le coiffeur" d’Arthur la Tortue : comprendre qu’un métier se choisit selon ce qu’on aime faire et ce qu’on apprend, pas selon le fait d’être une fille ou un garçon.

On peut être un homme et aimer prendre soin de ses mains. On peut être un homme et masser avec douceur, ou une femme et tailler une barbe avec précision. On peut aussi rêver d’être coiffeur quand on est un petit garçon. Cette séance s’inscrit dans l’axe 3 du programme d’Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR) : "Trouver sa place dans la société, y être libre et responsable", autour de la notion "Comprendre qu’un métier peut être choisi indifféremment par les filles ou les garçons, en fonction de l’envie de l’exercer".

En bref : parler des métiers sans stéréotypes aide les enfants à imaginer leur avenir librement, et les adultes qui les entourent, parents comme enseignants, y jouent un grand rôle. Avec le kit "Chez le coiffeur" d’Arthur la Tortue, les enfants de 3 à 6 ans découvrent que prendre soin de soi est pour tout le monde, que la douceur et l’écoute ne dépendent pas du sexe, et qu’un métier s’apprend : ce sont les envies et les compétences qui comptent.

À la maison ou à l’école : une même conversation pour grandir ensemble

À la maison : lors d’un rendez-vous chez le coiffeur, chez le médecin ou au marché, faites remarquer à votre enfant les hommes et les femmes qui exercent ces métiers. Demandez-lui ce qu’il aimerait faire plus tard, sans corriger ses envies selon qu’il est une fille ou un garçon.

À l’école : la séance ci-dessous se mène en grand groupe à partir des illustrations du kit, puis se prolonge dans les moments de vie de la classe.

Ensemble : quand parents et enseignants emploient les mêmes mots et les mêmes repères, l’enfant fait le lien entre ses deux univers. Les étapes et les questions qui suivent peuvent être utilisées telles quelles en classe ou adaptées à la maison, avec un seul enfant ou une fratrie.

Pourquoi parler des métiers et des stéréotypes de genre dès la maternelle ?

Quand on demande à un enfant de 4 ou 5 ans ce qu’il voudra faire plus tard, sa réponse dépend souvent de ce qu’il a déjà vu. S’il n’a jamais vu d’homme coiffeur ou de femme barbière, il peut penser que ces métiers sont réservés à l’un ou l’autre sexe. Petit à petit, ces idées peuvent limiter ses rêves ou l’amener à se moquer des choix des autres.

Pourtant, un métier n’est pas réservé aux filles ou aux garçons.

Couper des cheveux, masser, conseiller, tailler une barbe : tout cela s’apprend par la formation, l’entraînement et l’expérience. L’objectif n’est pas de pousser les enfants vers un métier en particulier. Il est de leur montrer que toutes les portes sont ouvertes, que leurs envies comptent et qu’ils peuvent respecter les rêves des autres, même quand ils ne les auraient pas imaginés.

Comment préparer une séance EVAR sur les métiers pour les filles et les garçons ?

Le kit "Chez le coiffeur" raconte, à travers le journal d’Anh, une journée où il accompagne son papa qui veut prendre soin de lui. Un esthéticien s’occupe de ses mains, un masseur lui masse la tête, un coiffeur le conseille et lui lave les cheveux, une coiffeuse les lui coupe. Aliénor fait une remarque sur une perruque frisée. Anh dit qu’il voudrait devenir coiffeur. Enfin, une barbière taille la barbe de son papa.

Fiche de préparation pédagogique

Niveau : petite, moyenne et grande section (PS, MS, GS).

Durée : 35 à 45 minutes, à répartir éventuellement sur deux séances.

Programme : Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR).

Axe 3 : Trouver sa place dans la société, y être libre et responsable.

Notion : comprendre qu’un métier peut être choisi indifféremment par les filles ou les garçons, en fonction de l’envie de l’exercer.

Objectif principal : comprendre qu’un métier ne dépend pas du fait d’être une fille ou un garçon, mais de l’envie de l’exercer et des compétences que l’on apprend.

Objectifs complémentaires : comprendre que prendre soin de soi est pour tout le monde, reconnaître que la douceur et l’écoute s’apprennent, respecter toutes les textures de cheveux, ne pas se moquer des projets des autres et questionner les idées reçues.

Matériel : les sept illustrations du kit, les questions guidées, l’affiche des quatre règles, le poster des métiers pour tous, les puzzles, les coloriages, le memory, le labyrinthe et les fiches d’écriture.

Conseil pédagogique : on accueille toutes les réponses, y compris les remarques stéréotypées, sans gronder. Une phrase comme "c’est pour les filles" est un bon point de départ : on demande "Qu’est-ce qui te fait penser ça ?" puis on cherche ensemble des contre-exemples.

Étape 1 : est-ce que les papas peuvent aimer prendre soin de leurs mains ? (5 minutes)

On commence par la première illustration. Le papa d’Anh est installé dans un salon de beauté. Un esthéticien s’occupe de ses mains : il retire les petites peaux sèches, coupe et lime les ongles, puis applique une crème en faisant un massage. Il n’y a pas de vernis, le papa d’Anh souhaite simplement avoir des mains douces. Anh comprend que les soins servent à prendre soin de son corps, et qu’un homme peut être esthéticien.

La question à poser : "Est-ce qu’un papa, une maman, une fille ou un garçon peuvent tous aimer prendre soin d’eux ?"

On explique : "Prendre soin de son corps, c’est se laver, se brosser les dents, mettre de la crème quand la peau tire. Ce n’est pas réservé aux filles ni aux garçons." On remarque aussi que la personne qui fait le soin est un homme, et que c’est un métier qu’il a appris.

Questions à poser aux enfants

  • Est-ce que les papas peuvent aimer prendre soin de leurs mains ?

  • Est-ce que les mamans peuvent aussi aimer ce type de soin ?

  • Est-ce qu’un papa, une maman, une fille ou un garçon peuvent tous aimer prendre soin d’eux ?

  • Est-ce qu’un garçon et une fille peuvent aimer les mêmes choses ?

  • Est-ce que chacun peut choisir la manière dont il souhaite prendre soin de lui ?

  • Est-ce que chacun peut avoir une façon différente de prendre soin de lui ?

Activité : mes gestes pour prendre soin de moi. Chaque enfant dessine ou mime un geste qu’il fait pour prendre soin de lui (se laver les mains, se coiffer, mettre de la crème, se reposer). On regroupe les dessins sur une affiche et on constate que filles et garçons ont souvent les mêmes gestes.

Phrase clé : "Prendre soin de soi, c’est pour tout le monde."

Étape 2 : est-ce qu’un homme peut être doux et délicat ? (5 minutes)

On présente la deuxième illustration. Le papa d’Anh est confortablement installé dans un salon de massage. Un masseur lui masse doucement la tête, en appuyant délicatement pour détendre les muscles. Le papa sourit : ce massage lui fait du bien après une longue journée de travail. Anh remarque qu’un homme peut exercer ce métier avec douceur et professionnalisme.

La question à poser : "Est-ce que la douceur dépend du fait d’être une fille ou un garçon ?"

On laisse les enfants réfléchir. Certains diront peut-être que "les mamans sont plus douces". On explique : "Il y a des personnes douces et des personnes moins douces, chez les filles comme chez les garçons. La douceur, ça s’apprend, en faisant attention à l’autre."

Questions à poser aux enfants

  • Est-ce qu’un homme peut être doux et délicat ?

  • Est-ce qu’une femme peut être douce et délicate ?

  • Est-ce que la douceur dépend du fait d’être une fille ou un garçon ?

  • Peut-on apprendre à faire des gestes doux et attentionnés ?

  • Est-ce que certains pensent parfois que les femmes sont plus douces que les hommes ?

  • Un garçon peut-il aimer prendre soin des autres ?

Activité : des gestes doux pour une peluche. Par petits groupes, les enfants prennent soin d’une peluche ou d’une poupée : la coiffer avec une brosse, la couvrir, la bercer. On observe que filles et garçons savent faire des gestes doux, et on les nomme ensemble.

Phrase clé : "Être doux, ça s’apprend et ça ne dépend pas de qui je suis."

Étape 3 : un homme peut-il donner de bons conseils de coiffure ? (5 minutes)

On présente la troisième illustration. Anh est assis chez le coiffeur. Il regarde son papa, qui n’arrive pas à se décider sur sa coupe de cheveux. C’est d’abord un homme qui le conseille, puis une femme lui coupera les cheveux. Anh remarque que le coiffeur est gentil, qu’il écoute ce que les clients souhaitent et qu’il sait parler de belles coiffures.

La question à poser : "Est-ce qu’un conseil est meilleur parce qu’il vient d’un homme ou d’une femme ?"

On explique : "Un bon conseil, c’est un conseil de quelqu’un qui connaît bien son métier et qui écoute. Ce n’est pas une question de fille ou de garçon." On peut faire le lien avec la classe : qui peut donner un bon conseil pour réussir un puzzle ? Tous ceux qui ont déjà essayé.

Questions à poser aux enfants

  • Est-ce qu’un garçon peut donner de très bons conseils ?

  • Est-ce qu’une fille peut donner les mêmes bons conseils ?

  • Est-ce qu’un homme et une femme peuvent connaître aussi bien les différentes coupes de cheveux ?

  • Est-ce qu’un conseil est meilleur simplement parce qu’il vient d’un homme ou d’une femme ?

  • Est-ce qu’un garçon peut être aussi attentif qu’une fille lorsqu’il écoute quelqu’un ?

  • Est-ce qu’une fille peut avoir autant de connaissances qu’un garçon dans un même domaine ?

Activité : le petit salon de conseil. Avec des photos de coiffures découpées dans des magazines, les enfants jouent par deux au coiffeur et au client. L’un explique ce qu’il aimerait, l’autre l’écoute et lui propose une coiffure. On échange les rôles et on insiste sur l’écoute.

Phrase clé : "Être à l’écoute et prendre soin des autres, c’est pour tout le monde."

Étape 4 : coiffeurs et coiffeuses font-ils les mêmes gestes ? (5 minutes)

On présente la quatrième illustration. Le papa d’Anh est installé au bac à shampoing. Le coiffeur lui lave les cheveux et lui masse doucement le cuir chevelu. En regardant autour de lui, Anh remarque que les coiffeuses font exactement les mêmes gestes avec leurs clients. Il comprend que les filles et les garçons peuvent apprendre à prendre soin des cheveux et exercer ce métier.

La question à poser : "Est-ce qu’une fille et un garçon peuvent choisir le même métier ?"

On explique : "Dans ce salon, coiffeurs et coiffeuses ont appris les mêmes gestes. Ils sont devenus bons en s’entraînant." On souligne qu’il vaut mieux choisir ce qu’on aime faire plutôt que ce que les autres pensent qu’on devrait faire.

Questions à poser aux enfants

  • Peut-on avoir des qualités différentes de celles que les autres imaginent pour nous ?

  • Est-ce qu’une fille et un garçon peuvent choisir le même métier ?

  • Est-ce qu’une femme et un homme peuvent apprendre exactement les mêmes gestes ?

  • Peut-on devenir meilleur dans un métier en apprenant et en s’entraînant ?

  • Pourquoi est-ce bien de choisir ce que l’on aime faire plutôt que ce que les autres pensent que l’on devrait faire ?

Activité : le jeu du miroir. Par deux, un enfant fait un geste simple (se brosser les cheveux, se masser les mains), l’autre le reproduit. On mélange les binômes filles et garçons. Conclusion : tout le monde peut apprendre le même geste.

Phrase clé : "Je peux choisir un métier selon ce que j’aime faire."

Étape 5 : pourquoi dire "cheveux de mouton" peut-il blesser ? (5 minutes)

On présente la cinquième illustration. Anh et Aliénor attendent le papa d’Anh. En regardant les perruques, Aliénor en touche une aux cheveux très frisés et dit : "Oh, on dirait des cheveux de mouton !" Anh lui explique que cette comparaison peut être blessante. Ensemble, ils découvrent que les cheveux peuvent être lisses, ondulés, bouclés, frisés ou crépus, chez les filles comme chez les garçons, et que toutes les textures méritent le même respect.

La question à poser : "Un coiffeur doit-il avoir les mêmes cheveux que nous pour savoir s’en occuper ?"

On explique d’abord : "Comparer les cheveux de quelqu’un à ceux d’un animal peut faire de la peine, même si on ne voulait pas être méchant." Puis on revient au métier : "Une coiffeuse ou un coiffeur peut apprendre à prendre soin de toutes les textures de cheveux, même différentes des siennes, grâce à sa formation et à son expérience."

Questions à poser aux enfants

  • Est-ce que tous les cheveux se ressemblent ? Quelles textures de cheveux connais-tu : lisses, ondulés, bouclés, frisés, crépus ?

  • Peut-on être une fille ou un garçon et avoir n’importe quelle texture de cheveux ?

  • Un coiffeur doit-il avoir les mêmes cheveux que nous pour savoir s’en occuper ?

  • Comment un professionnel peut-il apprendre à prendre soin de cheveux différents des siens ?

Activité : la palette des cheveux. On montre des photos de différentes textures de cheveux. Les enfants les décrivent avec des mots respectueux (doux, brillants, en boucles, en ressorts, raides). On construit ensemble une affiche "Tous les cheveux sont beaux".

Phrase clé : "On peut apprendre à faire quelque chose même si cela ne nous ressemble pas ou si nous ne le connaissons pas encore."

Étape 6 : Anh peut-il devenir coiffeur plus tard ? (5 minutes)

On présente la sixième illustration. La coiffeuse coupe les cheveux du papa d’Anh. Soudain, le coiffeur se tourne vers Anh et lui demande ce qu’il aimerait faire plus tard. Anh répond qu’il aimerait devenir coiffeur, parce qu’il adore inventer des coiffures.

La question à poser : "Est-ce qu’on naît en sachant couper les cheveux ou est-ce qu’on apprend ?"

On explique : "Personne ne naît en sachant couper les cheveux. On apprend, on s’entraîne, et on devient bon parce qu’on aime ce qu’on fait. Anh a envie, il pourra apprendre." On rappelle qu’on ne se moque pas du rêve d’un camarade, même s’il nous surprend.

Questions à poser aux enfants

  • Est-ce qu’on naît en sachant couper les cheveux ou est-ce qu’on apprend ?

  • Est-ce qu’un homme et une femme peuvent apprendre les mêmes gestes et les mêmes techniques ?

  • Qu’est-ce qui fait qu’une personne devient très bonne dans ce qu’elle fait ?

  • Est-ce que le fait d’être un garçon ou une fille change notre capacité à bien couper les cheveux ?

  • Pourquoi ne devrait-on pas choisir un métier simplement parce que quelqu’un dit qu’il est "pour les filles" ou "pour les garçons" ?

Activité : quand je serai grand. Chaque enfant dessine le métier qu’il aimerait faire plus tard et explique pourquoi. On affiche les dessins sans les classer par filles et garçons. On veille à ce que personne ne se moque d’un choix.

Phrase clé : "Ce sont mes envies et mes compétences qui comptent, pas si je suis une fille ou un garçon."

Étape 7 : une femme peut-elle tailler une barbe ? (5 minutes)

On termine avec la septième illustration. Le papa d’Anh est chez le barbier pour faire entretenir sa barbe. Cette fois, c’est une femme barbière qui s’occupe de lui. Elle coupe et taille sa barbe avec précision. Anh remarque qu’elle maîtrise parfaitement ses gestes et ses outils. Il comprend qu’une femme peut être tout aussi compétente qu’un homme pour un métier que l’on imagine parfois réservé aux hommes.

La question à poser : "Faut-il avoir une barbe soi-même pour savoir bien la tailler ?"

Les enfants trouvent souvent la question amusante. On explique : "Non. La barbière a appris à le faire. Ce qui compte, ce sont ses gestes et son expérience." On ajoute qu’un métier ne devient pas "un métier de garçon" simplement parce qu’on voit plus souvent des hommes l’exercer.

Questions à poser aux enfants

  • Est-ce qu’une femme peut savoir aussi bien qu’un homme comment couper une barbe ?

  • Est-ce qu’il faut avoir une barbe soi-même pour savoir bien la tailler ?

  • Est-ce qu’un métier devient un "métier de garçon" simplement parce qu’on voit davantage d’hommes l’exercer ?

  • Pourquoi certaines personnes pourraient-elles être surprises de voir une femme s’occuper d’une barbe ?

  • Peut-on être très doué dans un métier même si les autres ne s’attendent pas à nous voir l’exercer ?

Activité : le poster des métiers pour tous. On utilise le poster du kit. Pour chaque métier, les enfants disent s’ils connaissent une femme et un homme qui l’exercent. Quand personne n’en connaît, on cherche ensemble des photos ou des albums qui montrent l’exemple.

Phrase clé : "Un métier n’est pas réservé aux filles ou aux garçons."

Étape 8 : afficher les quatre règles pour choisir librement

Après avoir observé les sept illustrations, on rassemble les élèves. "Au salon, est-ce que les hommes et les femmes faisaient des métiers différents ?" Non, ils faisaient les mêmes gestes, chacun selon ce qu’il avait appris. On reprend alors les quatre règles du kit.

Les quatre règles à afficher en classe

1. Je peux choisir selon mes envies.

Fille ou garçon, je peux aimer les mêmes activités, apprendre les mêmes gestes et développer les mêmes compétences. Ce sont mes envies qui peuvent guider mes choix.

2. Il n’existe pas d’activité réservée aux filles ou aux garçons.

Certaines personnes aiment créer, prendre soin, réparer, organiser ou aider. Chacun peut trouver ce qui lui plaît, sans se limiter à son genre.

3. Je ne me moque pas des choix des autres.

Un camarade peut rêver de faire quelque chose que je n’aurais pas imaginé pour lui. Les goûts et les projets de chacun méritent d’être respectés.

4. Je peux changer les idées reçues.

Parfois, on entend qu’une activité est "plutôt pour les filles" ou "plutôt pour les garçons". Je peux apprendre à questionner cette idée. Mes capacités ne dépendent pas du fait d’être une fille ou un garçon.

Phrase clé de la séance : "Fille ou garçon, je peux choisir le métier qui me plaît et apprendre à bien le faire."

Comment adapter cette séance EVAR en petite, moyenne et grande section ?

En petite section (PS), on sélectionne trois illustrations : les mains douces, le massage et la barbière. L’objectif est de comprendre que prendre soin de soi est pour tout le monde et qu’hommes et femmes peuvent faire le même métier.

En moyenne section (MS), on ajoute le bac à shampoing et le rêve d’Anh. Les élèves découvrent qu’un métier s’apprend et qu’on ne se moque pas des projets des autres.

En grande section (GS), on peut exploiter les sept illustrations et approfondir la question des idées reçues, ainsi que la remarque d’Aliénor sur les cheveux frisés. Les enfants peuvent aussi enquêter dans leur entourage sur les métiers exercés par des femmes et des hommes.

Dans toutes les sections, on évite de présenter un métier comme "surprenant" pour un sexe. On le présente simplement comme un métier que chacun peut apprendre.

Quelles activités proposer pour prolonger la séance ?

Le kit "Chez le coiffeur" comprend plusieurs supports complémentaires.

Les puzzles : chaque illustration peut être reconstituée. Une fois le puzzle terminé, les enfants nomment le métier représenté.

Les coloriages : les enfants retrouvent les scènes du salon en noir et blanc et racontent ce que fait chaque professionnel.

Le memory : les cartes représentent les scènes du kit. Avec les plus petits, on peut jouer sans compter les points.

Le labyrinthe : les enfants aident Anh à trouver son chemin. L’activité travaille l’attention et le repérage dans l’espace.

Les fiches d’écriture : le kit propose des exercices de tracé des chiffres 1, 2 et 3, accompagnés des personnages.

Le poster des métiers pour tous : il peut rester affiché en classe et servir de support quand une remarque stéréotypée revient.

La littérature jeunesse : le kit fait référence à l’album "Pourquoi papi ne fait pas la vaisselle ?" de Thomas Piet, Fanny Vella et Ophélie Célier, l’histoire de Lou qui s’étonne que sa mamie fasse tout à la maison. Il permet d’élargir la discussion aux rôles dans la famille.

Ces activités peuvent être proposées en ateliers ou utilisées pour revenir sur les situations après la séance collective.

Comment savoir si les enfants ont compris qu’un métier n’a pas de sexe ?

En maternelle, on observe surtout si les enfants imaginent librement leurs futurs métiers et s’ils réagissent aux idées reçues. Un enfant peut notamment :

  • Dire qu’un homme et une femme peuvent faire le même métier.

  • Expliquer qu’un métier s’apprend en s’entraînant.

  • Dire que prendre soin de soi est pour tout le monde.

  • Réagir à une phrase comme "c’est un métier de fille".

  • Décrire des cheveux différents avec des mots respectueux.

  • Respecter le rêve d’un camarade sans se moquer.

  • Nommer un métier qu’il aimerait faire en expliquant pourquoi il lui plaît.

Pour terminer, on peut montrer l’illustration d’Anh qui rêve d’être coiffeur et demander : "Que pourrais-tu dire à Anh ?" Une réponse possible : "Si tu aimes ça, tu peux apprendre !" Tout l’apprentissage de la séance tient dans cette phrase.

Pourquoi utiliser Arthur la Tortue pour parler des métiers sans stéréotypes en maternelle ?

Parce que les idées reçues sur les métiers se transmettent souvent sans qu’on s’en rende compte, et qu’une histoire permet de les questionner en douceur. En suivant Anh au salon, les enfants voient un esthéticien, un masseur, un coiffeur et une barbière exercer leur métier avec compétence. On peut demander : "Est-ce que cela t’étonne ? Pourquoi ?" ou "Et toi, que voudrais-tu apprendre ?". Les enfants découvrent que la douceur, l’écoute et le savoir-faire ne dépendent pas du sexe, et qu’ils ont le droit de rêver de n’importe quel métier.

Arthur la Tortue est un univers illustré qui aide les enfants de 3 à 6 ans, à la maison comme à l’école, à comprendre leurs émotions, leurs limites, le consentement et les relations avec les autres. Parents et enseignants y trouvent des supports communs pour parler d’Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR) avec les mêmes mots.

Les illustrations sont des supports pour ouvrir le dialogue, à accompagner d’une discussion adaptée à l’âge des enfants.

À lire aussi : Conversation autour du ménage à la maison : comprendre que les tâches ne sont ni pour les filles ni pour les garçons et Conversation autour de la ferme : développer ses compétences, fille ou garçon.

Questions fréquentes

  • Pourquoi parler des métiers et des stéréotypes de genre dès la maternelle ?

    Parce que les enfants se font très tôt une idée de ce qui serait possible pour eux selon leur sexe. Leur montrer des modèles variés, comme un homme esthéticien ou une femme barbière dans le kit « Chez le coiffeur » d’Arthur la Tortue, permet aux 3-6 ans de garder tous leurs rêves ouverts et de respecter ceux des autres.

  • Comment réagir en maternelle si un enfant se moque d’un camarade qui veut faire un métier « de fille » ou « de garçon » ?

    On rappelle la règle du kit : on ne se moque pas des choix des autres. Puis on questionne l’idée : « Qu’est-ce qu’il faut savoir faire pour ce métier ? Un garçon peut-il l’apprendre ? » On s’appuie sur Anh, qui rêve de devenir coiffeur, et sur le poster des métiers pour tous.

  • Faut-il éviter de parler des différences entre filles et garçons en maternelle ?

    Non. Il existe des différences physiques, et on peut en parler. Le but de la séance est de montrer qu’elles ne décident ni des goûts, ni de qualités comme la douceur ou l’écoute, ni des métiers. Les illustrations libres d’interprétation d’Arthur la Tortue font parler petits et grands, par exemple devant le masseur qui détend le papa d’Anh.

  • À quel axe du programme EVAR correspond la séance « Chez le coiffeur » en maternelle ?

    Elle relève de l’axe 3 de l’EVAR, « Trouver sa place dans la société, y être libre et responsable », notion « Comprendre qu’un métier peut être choisi indifféremment par les filles ou les garçons, en fonction de l’envie de l’exercer ». Ce programme est paru au Bulletin officiel n°6 du 6 février 2025.

  • Comment adapter la séance sur les métiers en PS, MS et GS et combien de temps prévoir ?

    Comptez 35 à 45 minutes, éventuellement sur deux séances. En PS, on retient les mains douces, le massage et la barbière. En MS, on ajoute le bac à shampoing et le rêve d’Anh. En GS, on exploite les sept illustrations, dont la remarque d’Aliénor sur les « cheveux de mouton », pour questionner les idées reçues.