Des sessions EVAR clés en main, pour aborder des sujets sensibles avec justesse et cadre.

De Arthur La Tortue

Conversation autour du ménage à la maison : comment comprendre que les tâches ne sont ni pour les filles ni pour les garçons avec Arthur la tortue ?

Comment expliquer aux enfants de 3 à 6 ans que passer l’aspirateur ou faire la vaisselle n’est ni un travail de fille ni un travail de garçon ? Une journée de ménage à la maison peut devenir une séance d’Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR) pour les enfants de 3 à 6 ans. À travers huit illustrations, Anh, l’ami d’Arthur la Tortue, observe ses parents ranger, nettoyer, laver et trier, et découvre que chacun peut faire sa part. "C’est maman qui fait le ménage !" "Papa, il sait pas faire la vaisselle." "Moi je range pas, c’est pas mon travail." Ces petites phrases, les enseignants de maternelle et les parents les entendent souvent. Elles montrent que, très tôt, les enfants associent certaines tâches à un sexe, simplement parce qu’ils l’ont vu faire ainsi. C’est tout l’intérêt du kit "À la maison en faisant le ménage" d’Arthur la Tortue : comprendre qu’une tâche dépend des compétences qu’elle demande, et non du fait d’être une fille ou un garçon.

On peut passer l’aspirateur, qu’on soit papa ou maman. On peut se répartir les vitres selon sa taille plutôt que selon son sexe. On peut aussi, dès la maternelle, ranger ce qu’on a utilisé et réparer ce qu’on a sali. Cette séance s’inscrit dans l’axe 3 du programme d’Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR) : "Trouver sa place dans la société, y être libre et responsable", autour de la notion "Comprendre qu’une corvée peut être faite indifféremment par les filles ou les garçons, en fonction des compétences requises".

En bref : parler du partage des tâches aide les enfants à déconstruire les stéréotypes de genre dans la vie quotidienne, et c’est à la maison que tout commence. Avec le kit "À la maison en faisant le ménage" d’Arthur la Tortue, parents et enseignants aident les enfants de 3 à 6 ans à découvrir que les filles et les garçons peuvent apprendre les mêmes tâches, que la répartition se fait selon les compétences et les capacités de chacun, et que chacun, enfant compris, peut faire sa part.

À la maison ou à l’école : une même conversation pour grandir ensemble

À la maison : créez avec votre enfant un petit tableau des tâches familiales où chacun, adultes compris, a sa mission : mettre la table, arroser les plantes, trier le linge. Changez régulièrement les rôles pour montrer que toutes les tâches peuvent être faites par tout le monde.

À l’école : la séance ci-dessous se mène en grand groupe et se prolonge naturellement dans les responsabilités de la classe : distribuer le goûter, ranger les coins jeux, arroser les plantes.

Ensemble : quand parents et enseignants emploient les mêmes mots et les mêmes repères, l’enfant fait le lien entre ses deux univers. Les étapes et les questions qui suivent peuvent être utilisées telles quelles en classe ou adaptées à la maison, avec un seul enfant ou une fratrie.

Pourquoi parler du partage des tâches entre filles et garçons dès la maternelle ?

Dès 3 ou 4 ans, les enfants construisent des catégories pour comprendre le monde : ce qui est "pour les filles", ce qui est "pour les garçons". Ces catégories viennent de ce qu’ils observent à la maison, à l’école, dans les livres ou à l’écran. Si c’est toujours la même personne qui range, cuisine ou nettoie, l’enfant peut en conclure que ces tâches lui reviennent naturellement.

Or, les compétences n’ont pas de sexe.

Passer l’aspirateur demande de l’organisation, nettoyer les vitres demande de la précision ou d’être assez grand, porter un panier de linge demande un peu de force. Ce sont ces capacités qui comptent, et elles s’apprennent. L’objectif n’est pas de juger l’organisation des familles ni de faire la leçon aux parents. Il est d’aider les enfants à comprendre que chacun peut apprendre, aider et faire sa part, et qu’une maison appartient à tous ceux qui y vivent.

Comment préparer une séance EVAR sur le partage des tâches à la maison ?

Le kit "À la maison en faisant le ménage" raconte, à travers le journal d’Anh, une journée de rangement en famille. Sa maman passe l’aspirateur pendant que son papa fait la poussière. Son papa nettoie l’eau d’un vase renversé, lave la vaisselle pendant que sa maman essuie, puis tous deux nettoient les vitres. Anh, lui, apprend à nettoyer les toilettes qu’il a salies, à débarrasser la table et à trier le linge.

Fiche de préparation pédagogique

Niveau : petite, moyenne et grande section (PS, MS, GS).

Durée : 40 à 50 minutes, à répartir éventuellement sur deux séances.

Programme : Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR).

Axe 3 : Trouver sa place dans la société, y être libre et responsable.

Notion : comprendre qu’une corvée peut être faite indifféremment par les filles ou les garçons, en fonction des compétences requises.

Objectif principal : comprendre que les tâches de la maison ne sont pas réservées aux filles ou aux garçons et qu’elles se partagent selon ce que chacun sait et peut faire.

Objectifs complémentaires : reconnaître que tout le monde a droit au repos, comprendre l’entraide face à un imprévu, se répartir une tâche selon ses capacités, participer au rangement de ce qu’on utilise et réparer une erreur sans y voir une punition.

Matériel : les huit illustrations du kit, les questions guidées, l’affiche des quatre règles, les puzzles, les coloriages, le memory, le labyrinthe et les fiches d’écriture.

Conseil pédagogique : on parle des personnages et non des familles des élèves. Un enfant qui raconte "chez moi, c’est maman qui fait tout" n’est ni corrigé ni mis en difficulté. On peut simplement lui demander : "Et toi, qu’est-ce que tu pourrais faire pour aider ?"

Étape 1 : pourquoi Anh et sa maman rangent-ils pendant que papa se repose ? (5 minutes)

On commence par la première illustration. Anh range et nettoie la maison avec sa maman. Son papa, lui, est installé sur le canapé et regarde des vidéos drôles sur son téléphone. Anh ne comprend pas pourquoi sa maman continue de travailler alors que son papa se repose. Il se demande pourquoi certaines tâches semblent revenir naturellement à sa maman.

La question à poser : "Est-ce que ranger la maison, c’est aider maman ou faire sa part ?"

On explique : "Une maison appartient à tous ceux qui y vivent. S’en occuper, ce n’est pas rendre service à quelqu’un, c’est faire sa part." On ajoute que tout le monde a droit au repos, la maman comme le papa. Quand chacun participe un peu, chacun a aussi du temps pour lui.

Questions à poser aux enfants

  • Est-ce que ranger la maison, c’est "aider maman" ou simplement faire sa part ?

  • Est-ce qu’un papa et une maman peuvent faire les mêmes tâches à la maison ?

  • Les enfants peuvent-ils participer aussi ? Comment ?

  • Est-ce que tout le monde a le droit de se reposer ?

  • Comment pourrait-on s’organiser pour que chacun participe et que chacun ait aussi du temps pour lui ?

Activité : la roue des tâches. On dessine une grande roue partagée en parts, avec dans chacune une tâche de la classe (arroser les plantes, ranger les feutres, distribuer les gobelets). On fait tourner les rôles sur la semaine. Les enfants constatent que tout le monde travaille un peu et que tout le monde a aussi des moments libres.

Phrase clé : "À la maison, chacun fait sa part pour que chacun puisse aussi se reposer."

Étape 2 : qui peut passer l’aspirateur et faire la poussière ? (5 minutes)

On présente la deuxième illustration. La maman d’Anh passe l’aspirateur pendant que son papa enlève la poussière avec un chiffon. Tous les deux participent au ménage. Anh remarque que les tâches sont partagées et comprend que passer l’aspirateur, faire la poussière, cuisiner, réparer ou ranger ne sont pas des activités réservées aux filles ou aux garçons.

La question à poser : "Est-ce qu’il existe des tâches seulement pour les filles ou seulement pour les garçons ?"

On laisse les enfants répondre librement, puis on teste quelques idées avec eux : "Un garçon peut-il passer l’aspirateur ? Une fille peut-elle réparer un vélo ?" On explique : "Ce qui compte, ce n’est pas d’être une fille ou un garçon, c’est de savoir faire, ou d’avoir envie d’apprendre."

Questions à poser aux enfants

  • Qui peut passer l’aspirateur ? Qui peut faire la poussière ? Qui peut ranger une chambre ? Qui peut mettre la table ?

  • Est-ce qu’il existe des tâches seulement pour les filles ?

  • Est-ce qu’il existe des tâches seulement pour les garçons ?

  • Quelle tâche aimes-tu faire à la maison ?

  • Quelle nouvelle tâche aimerais-tu apprendre ?

  • Pourquoi est-ce utile de savoir faire beaucoup de choses différentes ?

Activité : le grand tri des tâches. On distribue des images d’objets du quotidien (balai, casserole, tournevis, arrosoir, panier à linge). On prépare trois cerceaux : "les filles", "les garçons", "tout le monde". Les enfants placent chaque image, puis on discute. On arrive vite à la conclusion que tout finit dans le cerceau "tout le monde".

Phrase clé : "Les compétences n’ont pas de fille ni de garçon. Chacun peut aider à sa manière."

Étape 3 : qui nettoie quand maman renverse un vase ? (5 minutes)

On présente la troisième illustration. La maman d’Anh fait tomber un vase de fleurs sans le faire exprès. L’eau se répand sur le sol. Le papa d’Anh se dépêche d’aller chercher une serpillière pour l’aider à nettoyer, et ils remettent la pièce en ordre ensemble. Personne ne dit que cette tâche est réservée aux mamans ou aux papas.

La question à poser : "Est-ce qu’on peut aider quelqu’un qui a fait une erreur ?"

On explique : "La maman n’a pas fait exprès. Le papa ne la gronde pas, il l’aide. Quand un problème arrive, chacun peut aider selon ce qu’il sait faire et ce dont la famille a besoin." On peut faire le lien avec la classe : un gobelet renversé, des feutres tombés par terre.

Questions à poser aux enfants

  • Est-ce qu’on peut aider quelqu’un qui a fait une erreur ?

  • Comment se sent-on quand quelqu’un nous aide ?

  • Pourquoi est-ce agréable de s’entraider ?

  • Qui peut utiliser une serpillière ?

  • Qui peut nettoyer de l’eau renversée ?

  • Est-ce que certaines tâches sont réservées aux mamans ? Aux papas ?

  • Pourquoi est-ce utile de savoir aider à la maison ?

Activité : oups, on répare ! On renverse volontairement une petite boîte de perles ou de Lego. Sans consigne particulière, on observe qui vient aider. On félicite ensuite le groupe : "Personne n’a demandé qui devait ramasser. Vous l’avez fait ensemble."

Phrase clé : "Quand un problème arrive, chacun peut aider. Les filles et les garçons peuvent aider de la même façon."

Étape 4 : papa lave, maman essuie : pourraient-ils échanger ? (5 minutes)

On présente la quatrième illustration. Après un dîner avec des amis, le papa d’Anh lave la vaisselle. À côté de lui, la maman d’Anh essuie les assiettes et les verres avant de les ranger. Les deux parents travaillent ensemble. Ils pourraient aussi échanger leurs rôles, et cela fonctionnerait tout aussi bien.

La question à poser : "Est-ce que laver la vaisselle est une activité de papa ou de maman ?"

On explique : "Ni l’un ni l’autre. C’est une activité que tout le monde peut apprendre. Ici, papa lave et maman essuie. Demain, ce pourrait être l’inverse." On valorise l’idée qu’une même tâche peut se faire à plusieurs et que chacun y trouve sa place.

Questions à poser aux enfants

  • Qui peut laver la vaisselle ?

  • Qui peut essuyer les assiettes ?

  • Qui peut ranger la cuisine ?

  • Est-ce que plusieurs personnes peuvent s’aider pour faire une tâche ?

  • Est-ce que laver la vaisselle est une activité de papa ou de maman ?

  • Est-ce qu’une fille peut apprendre à faire la vaisselle ? Et un garçon ?

  • Comment peut-on aider sa famille au quotidien ?

Activité : la chaîne de la dînette. Au coin cuisine, les enfants se mettent par deux : l’un fait semblant de laver la dînette, l’autre l’essuie et la range. Au signal, ils échangent les rôles. On demande ensuite : "Est-ce que ça a marché aussi bien dans les deux sens ?"

Phrase clé : "Tout le monde peut apprendre à aider à la maison."

Étape 5 : pourquoi maman nettoie le bas des vitres et papa le haut ? (5 minutes)

On présente la cinquième illustration. Les parents d’Anh nettoient les vitres ensemble. La maman d’Anh est plus petite : elle nettoie la partie basse, qu’elle atteint facilement. Le papa d’Anh est plus grand : il s’occupe de la partie haute sans avoir besoin de monter sur quelque chose.

La question à poser : "Sur quoi se base-t-on pour se répartir le travail ?"

On explique : "Ils ne se partagent pas les vitres parce que l’un est une maman et l’autre un papa. Ils se les partagent selon leur taille. Si la maman était plus grande, ce serait l’inverse." On peut ajouter qu’un enfant aussi pourrait nettoyer le tout bas de la vitre.

Questions à poser aux enfants

  • Est-ce qu’il est utile de regarder ce que chacun peut faire facilement ?

  • Peut-on travailler ensemble pour finir plus vite ?

  • Pourquoi les personnes peuvent-elles avoir des tailles différentes mais aider ?

  • Comment peux-tu aider quelqu’un qui n’arrive pas à atteindre quelque chose ?

  • Pourquoi est-ce utile de travailler en équipe ?

  • Qu’est-ce qui se passe quand chacun apporte ce qu’il sait faire ?

Activité : la fresque à trois hauteurs. On fixe une grande feuille au mur. Les enfants se répartissent les zones à décorer selon ce qu’ils atteignent : en bas, au milieu, en haut avec un adulte. On observe que la répartition se fait selon la taille, et que la fresque est réussie grâce à tout le monde.

Phrase clé : "Les tâches se partagent selon les tailles, pas selon le fait d’être une fille ou un garçon."

Étape 6 : pourquoi Anh doit-il nettoyer les toilettes qu’il a salies ? (5 minutes)

On présente la sixième illustration. Le papa d’Anh lui demande de nettoyer les toilettes. En jouant ou en allant aux toilettes, Anh a sali autour de lui sans faire attention. Son papa lui explique que lorsqu’on salit quelque chose, on participe au nettoyage. Ce n’est pas une punition, mais une façon d’apprendre à prendre soin des lieux que l’on utilise.

La question à poser : "Est-ce que nettoyer est une punition ou une responsabilité ?"

On explique : "Anh n’est pas puni. Il répare ce qu’il a fait. C’est ce qu’on appelle être responsable." On souligne que réparer une erreur peut même rendre fier, parce qu’on a remis les choses en ordre soi-même.

Questions à poser aux enfants

  • Que peut-on faire quand on renverse ou salit quelque chose ?

  • Est-ce qu’on peut aider à réparer une erreur ?

  • Pourquoi est-il important de prendre soin des lieux que l’on utilise ?

  • Est-ce que nettoyer est une punition ou une responsabilité ?

  • Pourquoi est-ce utile d’apprendre à prendre soin de son environnement ?

  • Comment se sent-on quand on a réparé une erreur ?

Activité : mon coin, je le laisse propre. À la fin d’un atelier peinture ou pâte à modeler, chaque enfant nettoie sa place avec une éponge. On prend une photo avant et après, et on demande à chacun comment il se sent en voyant sa table propre.

Phrase clé : "Quand je salis, je participe au nettoyage. Je prends soin des lieux que j’utilise."

Étape 7 : pourquoi Anh aide-t-il à débarrasser la table ? (5 minutes)

On présente la septième illustration. Anh et son papa débarrassent la table après le repas. Chacun porte des bols jusqu’à la cuisine. Son papa lui explique qu’à la maison, tout le monde participe : on range ce que l’on a utilisé pour que le prochain repas soit agréable. Anh porte ses bols avec attention.

La question à poser : "Est-ce qu’une seule personne doit toujours tout ranger ?"

On explique : "Si chacun range un peu, personne n’a tout à faire. Anh a utilisé son bol, il peut le ramener à la cuisine." On fait le lien avec la cantine ou le goûter en classe, où chacun peut jeter sa serviette ou ramener son gobelet.

Questions à poser aux enfants

  • Est-ce qu’une seule personne doit toujours tout ranger ?

  • Que se passe-t-il quand chacun aide un peu ?

  • Comment se sent-on quand tout le monde participe ?

  • Pourquoi est-ce agréable de s’entraider à la maison ?

  • Quelles choses peux-tu ranger tout seul ?

  • Pourquoi est-ce utile d’apprendre à faire certaines tâches soi-même ?

  • Comment te sens-tu quand tu as aidé ?

Activité : le goûter rangé. Après le goûter, chaque enfant range ce qu’il a utilisé. On compte ensemble le temps qu’il a fallu, puis on imagine combien de temps il aurait fallu si une seule personne avait tout rangé.

Phrase clé : "Si je l’ai utilisé, je peux aider à le ranger."

Étape 8 : qu’apprend Anh en triant le linge avec son papa ? (5 minutes)

On termine avec la huitième illustration. Anh et son papa trient le linge ensemble. En participant, Anh apprend à reconnaître, trier et ranger les vêtements. Son papa ne fait pas les choses à sa place : il lui montre, l’accompagne et lui fait confiance, même si tout n’est pas parfaitement trié. Anh comprend qu’à la maison, chacun peut participer selon son âge et ses capacités.

La question à poser : "Est-ce qu’on réussit toujours quelque chose du premier coup ?"

On explique : "Anh ne trie pas encore parfaitement, et ce n’est pas grave. Il apprend. Son papa lui laisse le droit de se tromper." On valorise l’idée que chaque tâche s’apprend petit à petit, quel que soit son âge et que l’on soit une fille ou un garçon.

Questions à poser aux enfants

  • Qu’est-ce que tu aimerais apprendre à faire tout seul ?

  • Est-ce qu’on réussit toujours quelque chose du premier coup ?

  • Que peux-tu faire quand tu ne sais pas encore comment faire ?

  • Comment te sens-tu quand tu réussis quelque chose de nouveau ?

  • Pourquoi faut-il parfois essayer plusieurs fois avant de réussir ?

  • Qu’est-ce que tu sais faire aujourd’hui que tu ne savais pas faire avant ?

Activité : le tri des chaussettes. On apporte un panier de chaussettes dépareillées. Les enfants retrouvent les paires par couleur et par motif. On les félicite pour leurs essais autant que pour leurs réussites.

Phrase clé : "À la maison, tout le monde participe à son échelle, selon ce qu’il sait faire."

Étape 9 : afficher les quatre règles pour partager les tâches

Après avoir observé les huit illustrations, on rassemble les élèves. "Dans la maison d’Anh, est-ce que c’est toujours la même personne qui fait le ménage ?" Pas toujours. Et quand tout le monde participe, la maison est rangée plus vite et chacun peut se reposer. On reprend alors les quatre règles du kit.

Les quatre règles à afficher en classe

1. Chacun peut aider.

À la maison, les filles comme les garçons peuvent participer aux tâches du quotidien. Tout le monde peut apprendre à aider sa famille.

2. Je choisis selon mes compétences.

Certaines tâches demandent de la force, d’autres de la précision ou de l’organisation. Ce sont les compétences qui comptent, pas le fait d’être une fille ou un garçon.

3. J’apprends de nouvelles choses.

Je peux essayer des tâches que je ne connais pas encore. Les filles et les garçons peuvent apprendre à cuisiner, bricoler, ranger ou jardiner.

4. Nous formons une équipe.

À la maison, chacun apporte son aide selon ce qu’il sait faire et ce qu’il peut faire. Ensemble, nous partageons les responsabilités pour que tout le monde se sente bien.

Phrase clé de la séance : "Fille ou garçon, je peux tout apprendre. À la maison, chacun fait sa part."

Comment adapter cette séance EVAR en petite, moyenne et grande section ?

En petite section (PS), on sélectionne trois illustrations : l’aspirateur et la poussière, la vaisselle et la table débarrassée. L’objectif est de comprendre que papa et maman peuvent faire les mêmes tâches, et que l’enfant aussi peut ranger.

En moyenne section (MS), on ajoute le vase renversé et les vitres. Les élèves découvrent que l’on s’entraide face à un imprévu et que l’on se répartit le travail selon ses capacités.

En grande section (GS), on peut exploiter les huit illustrations et approfondir la question du droit au repos, de la responsabilité et des stéréotypes ("c’est pour les filles", "c’est pour les garçons"). Les enfants peuvent aussi chercher des contre-exemples dans les albums de la classe.

Dans toutes les sections, on reste centré sur les personnages du kit. On évite de comparer les familles des élèves entre elles.

Quelles activités proposer pour prolonger la séance ?

Le kit "À la maison en faisant le ménage" comprend plusieurs supports complémentaires.

Les puzzles : chaque illustration peut être reconstituée. Une fois le puzzle terminé, les enfants racontent qui fait quoi et si les rôles pourraient être échangés.

Les coloriages : les enfants retrouvent les scènes de ménage en noir et blanc et décrivent la tâche représentée.

Le memory : les cartes représentent les scènes du kit. Avec les plus petits, on peut jouer sans compter les points.

Le labyrinthe : les enfants aident Anh à trouver son chemin. L’activité travaille l’attention et le repérage dans l’espace.

Les fiches d’écriture : le kit propose des exercices de tracé des chiffres 1, 2 et 3, accompagnés des personnages.

La littérature jeunesse : le kit fait référence à "Les filles peuvent le faire aussi / Les garçons peuvent le faire aussi" de Sophie Gourion, un livre qui démonte les phrases toutes faites comme "le football, c’est pas pour les filles". Il permet de prolonger la discussion sur les stéréotypes.

Ces activités peuvent être proposées en ateliers ou utilisées pour revenir sur les situations après la séance collective.

Comment savoir si les enfants ont compris que les tâches ne dépendent pas du sexe ?

En maternelle, on observe surtout si les enfants remettent en question les phrases du type "c’est pour les filles" et s’ils participent volontiers aux rangements. Un enfant peut notamment :

  • Dire qu’une tâche peut être faite par un papa ou par une maman.

  • Réagir à une phrase stéréotypée ("si, les garçons peuvent faire la vaisselle !").

  • Expliquer qu’on se répartit le travail selon ce que l’on sait ou peut faire.

  • Ranger ce qu’il a utilisé sans qu’on le lui demande.

  • Réparer une petite erreur, comme essuyer de l’eau renversée.

  • Dire que tout le monde a le droit de se reposer.

  • Nommer une tâche qu’il aimerait apprendre.

Pour terminer, on peut montrer l’illustration du papa sur le canapé et demander : "Que pourrait dire Anh à son papa ?" Une réponse possible : "Viens, on range ensemble, et après on se repose tous." Tout l’apprentissage de la séance tient dans cette phrase.

Pourquoi utiliser Arthur la Tortue pour parler du partage des tâches en maternelle ?

Parce que les stéréotypes se glissent dans les gestes les plus ordinaires, et qu’il est plus facile d’en parler à partir d’une histoire que de sa propre maison. En observant Anh qui se demande pourquoi son papa reste sur le canapé, ou ses parents qui échangent les rôles sans difficulté, les enfants questionnent ce qu’ils voient sans se sentir jugés. On peut demander : "Est-ce que le papa pourrait passer l’aspirateur ?" ou "Qu’est-ce qu’Anh peut ranger tout seul ?". Les enfants découvrent qu’une tâche dépend des compétences, que tout s’apprend et que chacun a sa place dans l’équipe de la maison.

Arthur la Tortue est un univers illustré qui aide les enfants de 3 à 6 ans, à la maison comme à l’école, à comprendre leurs émotions, leurs limites, le consentement et les relations avec les autres. Parents et enseignants y trouvent des supports communs pour parler d’Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR) avec les mêmes mots.

Les illustrations sont des supports pour ouvrir le dialogue, à accompagner d’une discussion adaptée à l’âge des enfants.

À lire aussi : Conversation autour du salon de coiffure : comprendre qu’un métier n’est pas réservé aux filles ou aux garçons et Conversation autour de la ferme : développer ses compétences, fille ou garçon.

Questions fréquentes

  • Comment expliquer en maternelle que les tâches ménagères ne sont ni pour les filles ni pour les garçons ?

    On montre qu’une tâche dépend des compétences qu’elle demande, pas du fait d’être une fille ou un garçon. Avec le kit « À la maison en faisant le ménage » d’Arthur la Tortue, les enfants de 3-6 ans observent les parents d’Anh passer l’aspirateur, faire la poussière, laver et essuyer la vaisselle, en pouvant échanger leurs rôles.

  • À quel âge les enfants associent-ils des tâches aux filles ou aux garçons ?

    Très tôt : dès la maternelle, beaucoup d’enfants ont déjà des idées sur ce qui serait « pour les filles » ou « pour les garçons », à partir de ce qu’ils observent. C’est pourquoi il est utile d’en parler entre 3 et 6 ans, avec des situations concrètes et sans jugement, comme les huit illustrations du journal d’Anh.

  • Comment réagir si un enfant de maternelle dit « chez moi, c’est maman qui fait tout » ?

    On accueille la remarque sans commenter l’organisation de la famille, puis on répond : « Dans chaque maison, on s’organise différemment. Et toi, qu’est-ce que tu pourrais faire pour aider ? » Les illustrations libres d’interprétation d’Arthur la Tortue permettent de parler des personnages plutôt que des familles des élèves.

  • À quel axe du programme EVAR correspond la séance sur le partage des tâches en maternelle ?

    Elle relève de l’axe 3 de l’EVAR, « Trouver sa place dans la société, y être libre et responsable », notion « Comprendre qu’une corvée peut être faite indifféremment par les filles ou les garçons, en fonction des compétences requises ». La séance dure 40 à 50 minutes, de la PS à la GS.

  • Faut-il donner des tâches ménagères aux enfants de maternelle ?

    Oui, des petites tâches adaptées à leur âge : ranger ses jouets, mettre son bol dans l’évier, trier des chaussettes, arroser une plante. Elles développent l’autonomie et le sentiment d’être utile. Dans le kit, Anh débarrasse la table et trie le linge avec son papa, qui l’accompagne et accepte que tout ne soit pas parfait.