Des sessions EVAR clés en main, pour aborder des sujets sensibles avec justesse et cadre.

De Arthur La Tortue

Conversation autour de la plage : comment comprendre le consentement et les règles qui protègent avec Arthur la tortue ?

Comment expliquer aux enfants de 3 à 6 ans qu’un adulte peut parfois imposer une règle tout en respectant leur corps ? Une journée à la plage peut devenir une séance d’Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR) pour les enfants de 3 à 6 ans. À travers sept illustrations, Aliénor, l’amie d’Arthur la Tortue, découvre que la crème solaire, le chapeau, les brassards ou la consigne de rester loin d’une falaise ne sont pas des punitions, mais des protections. "J’aime pas la crème, ça colle !" "Pourquoi je dois mettre mon chapeau ?" "Je veux juste toucher le crabe !" Ces petites phrases, les enseignants de maternelle et les parents les entendent souvent dès les premiers beaux jours. Un enfant refuse les brassards parce qu’ils le gênent. Un autre veut continuer à jouer en plein soleil. Un troisième s’approche d’un endroit dangereux sans le voir. Pour l’enfant, la règle ressemble parfois à une contrainte injuste. Pour l’adulte, elle sert à éviter un danger que l’enfant ne perçoit pas encore. C’est tout l’intérêt du kit "À la plage" d’Arthur la Tortue : apprendre que le consentement s’inscrit dans une relation de confiance, où certaines règles existent pour protéger.

On peut ne pas aimer la sensation de la crème solaire et comprendre qu’elle protège la peau. On peut être déçu de quitter le soleil et accepter de venir sous le parasol. On peut aussi dire ce que l’on ressent, et être écouté, même quand l’adulte maintient sa décision. Cette séance s’inscrit dans l’axe 2 du programme d’Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR) : "Rencontrer les autres et construire des relations, s’y épanouir", autour du pilier "Apprendre que le consentement s’inscrit dans une relation de confiance où les adultes peuvent parfois imposer des règles destinées à protéger l’enfant".

En bref : parler du consentement ne veut pas dire que l’enfant décide de tout. Avec le kit "À la plage" d’Arthur la Tortue, parents et enseignants aident les enfants de 3 à 6 ans à distinguer une règle de sécurité, posée et expliquée par un adulte de confiance pour les protéger, d’un geste imposé sans raison. Ils découvrent qu’ils peuvent exprimer leur désaccord avec des mots tout en comprenant pourquoi une protection est nécessaire.

À la maison ou à l’école : une même conversation pour grandir ensemble

À la maison : quand vous mettez de la crème solaire ou attachez le siège auto, expliquez à votre enfant pourquoi c’est nécessaire et prévenez-le avant de le toucher : « Je vais mettre de la crème sur ton dos pour te protéger du soleil. » Il comprend ainsi la différence entre une règle qui protège et un geste imposé.

À l’école : la séance ci-dessous se mène en grand groupe à partir des illustrations du kit, puis se prolonge dans les moments de vie de la classe.

Ensemble : quand parents et enseignants emploient les mêmes mots et les mêmes repères, l’enfant fait le lien entre ses deux univers. Les étapes et les questions qui suivent peuvent être utilisées telles quelles en classe ou adaptées à la maison, avec un seul enfant ou une fratrie.

Pourquoi parler du consentement et des règles de sécurité dès la maternelle ?

À 3, 4 ou 5 ans, les enfants apprennent qu’ils ont le droit de dire non, que leur corps leur appartient et que leur avis compte. C’est un apprentissage précieux. Mais il soulève une question que beaucoup d’enseignants et de parents se posent : si l’enfant a le droit de refuser, comment lui faire accepter la crème solaire, le siège auto ou la main tenue pour traverser ?

La réponse tient en une idée : le consentement s’inscrit dans une relation de confiance.

Un adulte de confiance peut prendre une décision pour protéger l’enfant, même si celui-ci n’est pas d’accord. Mais il le fait en expliquant pourquoi, en écoutant ce que l’enfant ressent et en respectant son corps autant que possible, par exemple en le laissant choisir entre plusieurs équipements. Apprendre cette nuance aide l’enfant à faire la différence entre une règle qui protège et un geste qui ne le respecte pas. L’objectif n’est pas d’apprendre aux enfants à obéir sans réfléchir. Il est de les aider à comprendre que certains dangers ne se voient pas encore à leur âge, et que des adultes sont là pour les repérer avec eux.

Comment préparer une séance EVAR sur le consentement et la sécurité à la plage ?

Le kit "À la plage" raconte, à travers le journal d’Aliénor, une journée en famille au bord de la mer. Sa maman lui propose des équipements pour se baigner, lui met de la crème solaire, lui demande de porter un chapeau. Son papa l’appelle sous le parasol. Aliénor se blesse sur un oursin, s’approche trop près d’une falaise et veut jouer avec un crabe. À chaque scène, un adulte pose une limite pour la protéger.

Fiche de préparation pédagogique

Niveau : petite, moyenne et grande section (PS, MS, GS).

Durée : 35 à 45 minutes, à répartir éventuellement sur deux séances.

Programme : Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR).

Axe 2 : Rencontrer les autres et construire des relations, s’y épanouir.

Pilier : apprendre que le consentement s’inscrit dans une relation de confiance où les adultes peuvent parfois imposer des règles destinées à protéger l’enfant.

Objectif principal : comprendre qu’une règle de sécurité posée par un adulte de confiance sert à protéger, même lorsqu’elle ne plaît pas.

Objectifs complémentaires : distinguer une sensation désagréable d’un danger réel, exprimer son désaccord avec des mots, identifier les adultes qui portent secours, comprendre que les adultes voient parfois des dangers invisibles pour l’enfant et accepter d’observer sans toucher.

Matériel : les sept illustrations du kit, les questions guidées, l’affiche des quatre règles, les puzzles, les coloriages, le memory, le labyrinthe et les fiches d’écriture.

Conseil pédagogique : on insiste sur le fait qu’un adulte de confiance explique toujours pourquoi il impose une règle. Cette précision évite que les enfants retiennent "il faut toujours obéir aux adultes", ce qui irait à l’encontre du travail sur le consentement.

Étape 1 : pourquoi Aliénor doit-elle porter des brassards alors qu’ils la gênent ? (5 minutes)

On commence par la première illustration. La maman d’Aliénor lui présente plusieurs équipements de sécurité : des brassards, un gilet de flottaison et une bouée comme celle d’Arthur. Aliénor trouve que cela gêne ses mouvements. Elle préférerait aller dans l’eau sans rien porter. Sa maman lui explique que ces équipements sont là pour la protéger. Peu à peu, Aliénor comprend que sa maman ne cherche pas à lui compliquer la vie. Elle accepte de choisir l’un des équipements avant d’aller jouer.

La question à poser : "Peut-on ne pas aimer quelque chose qui nous protège ?"

On laisse les enfants observer le visage d’Aliénor. Elle fait la moue, elle n’est pas convaincue. On explique : "Aliénor a le droit de ne pas aimer les brassards. Mais l’eau peut être dangereuse, et elle ne sait pas encore nager toute seule. Sa maman voit un danger qu’Aliénor ne voit pas encore." On souligne un détail : la maman propose plusieurs équipements et laisse Aliénor choisir. La règle est ferme, mais Aliénor garde une part de décision.

Questions à poser aux enfants

  • Pourquoi porte-t-on parfois des brassards ou un gilet ?

  • Est-ce que l’eau peut être dangereuse ?

  • Est-ce qu’on voit toujours les dangers avant qu’ils arrivent ?

  • Peut-on ne pas aimer quelque chose qui nous protège ?

  • Est-ce qu’on a toujours envie de suivre les règles de sécurité ?

  • Peut-on comprendre une règle même si elle ne nous plaît pas ?

  • Pourquoi protéger son corps est important ?

Activité : je choisis ma protection. On présente des images de protections (casque de vélo, brassards, chapeau, gants d’hiver). Pour chacune, les enfants disent ce qu’elle protège et, s’il existe plusieurs modèles, lequel ils choisiraient. On montre qu’on peut choisir la façon de se protéger, mais pas toujours le fait de se protéger.

Phrase clé : "Je protège mon corps même quand ce n’est pas mon premier choix."

Étape 2 : pourquoi la maman d’Aliénor insiste-t-elle pour mettre de la crème solaire ? (5 minutes)

On présente la deuxième illustration. La maman d’Aliénor lui applique de la crème solaire. Le soleil est fort et elle veut éviter les coups de soleil. Aliénor n’aime pas du tout ce moment. Elle trouve la crème collante, grasse et désagréable. Sa maman insiste et lui explique que la crème protège sa peau des brûlures du soleil. Aliénor comprend que sa maman n’agit pas pour l’embêter, mais pour prendre soin d’elle.

La question à poser : "Peut-on trouver quelque chose désagréable sans que ce soit dangereux ?"

On explique : "La crème est désagréable pour Aliénor, mais elle n’est pas dangereuse. Le soleil, lui, peut brûler sa peau. Sa maman choisit la sensation désagréable pour éviter la vraie douleur." On peut ajouter qu’un adulte de confiance peut rendre le moment plus facile : prévenir avant, expliquer, laisser l’enfant étaler lui-même la crème sur ses bras. Respecter le corps de l’enfant passe aussi par ces petits gestes.

Questions à poser aux enfants

  • Est-ce que tout le monde aime la sensation de la crème sur la peau ?

  • Peut-on trouver quelque chose désagréable sans que ce soit dangereux ?

  • Quelles sensations n’aimes-tu pas beaucoup ?

  • Est-ce que d’autres personnes peuvent aimer une sensation que toi tu n’aimes pas ?

  • Pourquoi met-on de la crème solaire ?

  • Que peut-il arriver à la peau sans protection ?

  • Est-ce qu’une protection est toujours agréable ?

Activité : je le fais moi-même. Avec une petite noisette de crème hydratante (après vérification des allergies), les enfants qui le souhaitent l’étalent eux-mêmes sur le dos de leur main. On discute : est-ce plus agréable quand on le fait soi-même ou quand quelqu’un nous prévient avant ?

Phrase clé : "Je peux ne pas aimer une sensation et comprendre qu’elle me protège."

Étape 3 : pourquoi Aliénor doit-elle garder son chapeau au soleil ? (5 minutes)

On présente la troisième illustration. Le soleil est fort et la maman d’Aliénor lui demande de mettre un chapeau. Aliénor n’aime pas avoir quelque chose sur la tête. Sa maman lui explique que le chapeau protège sa tête des coups de soleil, des insolations et des maux de tête. Aliénor comprend qu’on ne lui demande pas cela pour l’embêter. Même si elle n’aime pas cette sensation, elle accepte.

La question à poser : "Comment sait-on qu’un adulte agit pour notre bien ?"

On laisse les enfants proposer des indices. On les aide à repérer trois signes : l’adulte explique pourquoi, il parle calmement, et ce qu’il demande sert à protéger le corps de l’enfant, pas à lui faire du mal ou à le gêner sans raison. On peut opposer cette situation à une autre : un adulte qui demanderait quelque chose sans expliquer, en demandant de garder le secret, ne se comporterait pas comme un adulte de confiance.

Questions à poser aux enfants

  • Est-ce qu’on peut ne pas aimer une sensation et quand même comprendre qu’elle est utile ?

  • Est-ce que les règles de sécurité sont faites pour protéger ou pour embêter ?

  • Comment sait-on qu’un adulte agit pour notre bien ou pour notre mal ?

  • Est-ce qu’on peut faire confiance à un adulte qui cherche à nous protéger ?

  • Pourquoi les adultes pensent-ils parfois à des dangers que les enfants ne voient pas encore ?

Activité : protéger ou embêter ? L’enseignant décrit plusieurs consignes : mettre un chapeau, tenir la main pour traverser, se laver les mains, ranger ses jouets. Les enfants lèvent un carton vert si la consigne protège le corps, un carton jaune si elle sert à autre chose (vivre ensemble, organiser la classe). On discute des réponses.

Phrase clé : "Certaines protections ne sont pas agréables, mais elles sont importantes."

Étape 4 : pourquoi le papa d’Aliénor lui demande-t-il de venir sous le parasol ? (5 minutes)

On présente la quatrième illustration. Pendant le pique-nique, Aliénor préfère continuer à jouer au soleil avec son sandwich. Son papa lui demande de venir manger à l’ombre, sous le parasol. Il lui explique que rester longtemps au soleil peut provoquer un coup de soleil ou une insolation, ce qui pourrait lui faire mal à la tête et la rendre malade. Aliénor n’a pas envie d’arrêter son jeu, mais elle accepte.

La question à poser : "Peut-on être déçu de devoir arrêter un jeu ?"

On explique : "Aliénor a le droit d’être déçue. Elle s’amusait bien. Mais son papa pense à sa santé avant elle, parce qu’il sait ce que le soleil peut faire." On valorise la déception comme une émotion normale. Accepter une règle ne veut pas dire faire semblant d’être content. On peut dire "je suis déçue" et venir quand même sous le parasol.

Questions à poser aux enfants

  • Pourquoi se met-on parfois à l’ombre ?

  • Est-ce qu’on voit toujours les dangers du soleil tout de suite ?

  • Que peut-il arriver si on reste trop longtemps au soleil ?

  • Pourquoi les adultes pensent-ils parfois à notre sécurité avant nous ?

  • Est-ce qu’on peut avoir envie de faire quelque chose qui n’est pas très bon pour notre corps ?

  • Peut-on être déçu de devoir arrêter un jeu ?

  • Est-ce qu’une règle peut être utile même si elle ne nous plaît pas ?

Activité : je dis ce que je ressens. Avec une marionnette, l’enseignant joue le papa qui demande de venir à l’ombre. Les enfants proposent des phrases pour exprimer leur déception poliment : "Je suis déçue, j’aimais bien jouer", "Encore deux minutes, s’il te plaît ?". On montre que l’adulte peut écouter et garder sa décision.

Phrase clé : "Certaines règles existent pour prendre soin de moi."

Étape 5 : à qui Aliénor peut-elle demander de l’aide après s’être blessée sur un oursin ? (5 minutes)

On présente la cinquième illustration. Aliénor s’est blessée sur un oursin. Sa jambe lui fait mal. Elle va voir la sauveteuse en mer, une adulte dont le rôle est de protéger et d’aider les personnes en difficulté sur la plage. Certains gestes de soin peuvent être un peu désagréables, mais ils servent à éviter que la blessure s’aggrave. Aliénor découvre qu’il existe des adultes de confiance dont le métier est de veiller à la sécurité des enfants.

La question à poser : "Qui peut nous aider quand nous sommes blessés ?"

On laisse les enfants citer des personnes : parents, maîtresse, ATSEM, sauveteur, médecin, pompier. On explique : "La sauveteuse ne connaît pas Aliénor, mais son métier est d’aider. Elle explique ce qu’elle fait et pourquoi." On insiste sur cette explication : un soin, même désagréable, se fait toujours en expliquant, et de préférence avec un parent à côté.

Questions à poser aux enfants

  • Pourquoi certaines personnes sont-elles là pour nous aider ?

  • Qui peut nous aider quand nous sommes blessés ?

  • Pourquoi est-il important de demander de l’aide quand on en a besoin ?

  • Est-ce que certains soins peuvent être un peu désagréables mais utiles ?

  • Pourquoi est-il important qu’un adulte explique ce qu’il fait ?

  • Quels adultes peux-tu aller voir si tu as besoin d’aide ?

Activité : la carte des aidants. On affiche des images de lieux (plage, école, piscine, magasin) et des images de professionnels (sauveteur, maîtresse, maître-nageur, agent de sécurité). Les enfants associent chaque lieu à la personne qu’ils pourraient aller voir s’ils se blessaient.

Phrase clé : "Quand j’ai mal, je demande de l’aide à un adulte de confiance."

Étape 6 : pourquoi Aliénor doit-elle rester loin du bord de la falaise ? (5 minutes)

On présente la sixième illustration. Aliénor se promène près d’une falaise. Sa maman lui a rappelé plusieurs fois de rester loin du bord. Mais Aliénor regarde le paysage et n’écoute pas vraiment. En s’approchant trop près, elle manque de trébucher. Heureusement, sa maman était attentive. Aliénor comprend que certains dangers ne sont pas faciles à voir quand on est enfant.

La question à poser : "Pourquoi les adultes voient-ils parfois des dangers que les enfants ne remarquent pas ?"

On explique : "Aliénor regardait la mer. Elle ne pensait pas au bord de la falaise. Sa maman, elle, a plus d’expérience. Elle sait que le sol peut glisser et qu’on peut tomber." On fait le lien avec la vie quotidienne : la route, la piscine, une fenêtre ouverte. Une règle de sécurité n’est pas une punition. Elle est là pour éviter un accident que l’on ne voit pas venir.

Questions à poser aux enfants

  • Pourquoi les parents donnent-ils parfois des consignes ?

  • Est-ce qu’une règle de sécurité est faite pour punir ou pour protéger ?

  • Comment sait-on qu’un adulte essaie de nous aider ?

  • Pourquoi certaines règles sont-elles importantes même quand elles ne nous plaisent pas ?

  • Pourquoi les adultes voient-ils parfois des dangers que les enfants ne remarquent pas ?

Activité : la zone autorisée. Dans la cour ou la salle de motricité, on délimite une zone avec des plots. Les enfants jouent librement à l’intérieur. On discute ensuite : pourquoi l’adulte choisit-il une zone ? Qu’est-ce qui pourrait arriver en dehors ?

Phrase clé : "Les adultes de confiance m’aident à voir les dangers que je ne vois pas encore."

Étape 7 : pourquoi Aliénor ne peut-elle pas jouer avec le crabe ? (5 minutes)

On termine avec la septième illustration. Aliénor et Anh ont trouvé un crabe près de l’eau. Ils sont curieux et trouvent l’animal fascinant. La maman d’Aliénor leur explique que certains animaux marins peuvent pincer, comme les crabes, ou piquer, comme certaines méduses. Aliénor est déçue, elle aurait aimé continuer à jouer. Elle comprend que sa maman veut lui éviter une blessure et accepte d’observer sans toucher.

La question à poser : "Peut-on ne pas être d’accord et comprendre pourquoi la règle existe ?"

On explique : "Aliénor n’est pas d’accord. Elle a le droit de le dire. Mais elle comprend la raison de la règle, alors elle choisit d’observer le crabe autrement." On valorise cette solution : la curiosité reste possible. On peut regarder, dessiner, poser des questions. Toucher n’est pas la seule façon de découvrir.

Questions à poser aux enfants

  • Est-ce que certains animaux peuvent pincer ou piquer ?

  • Pourquoi faut-il être prudent avec les animaux que l’on ne connaît pas ?

  • Est-ce qu’on voit toujours les dangers tout de suite ?

  • Peut-on être déçu par une règle ?

  • Peut-on ne pas être d’accord et comprendre pourquoi la règle existe ?

  • Pourquoi certaines limites protègent-elles notre corps ?

  • Comment sait-on qu’un adulte cherche à nous protéger ?

Activité : observer sans toucher. On présente des photos ou des coquillages dans une boîte transparente. Les enfants décrivent ce qu’ils voient avec le plus de détails possible, sans toucher. On montre tout ce qu’on peut apprendre simplement en regardant.

Phrase clé : "Je n’ai pas besoin de toucher pour découvrir. Les adultes de confiance m’aident à éviter les dangers."

Étape 8 : afficher les quatre règles pour comprendre les règles qui protègent

Après avoir observé les sept illustrations, on rassemble les élèves. "Pendant cette journée à la plage, est-ce qu’Aliénor était toujours d’accord avec ses parents ?" Non. Elle a été gênée, déçue, frustrée. Mais à chaque fois, l’adulte a expliqué pourquoi et l’a protégée. On reprend alors les quatre règles du kit.

Les quatre règles à afficher en classe

1. J’écoute les règles de sécurité.

À la plage, les adultes peuvent parfois me demander de faire quelque chose que je n’aime pas, comme mettre de la crème solaire ou rester près d’eux. Ils le font pour me protéger.

2. Je reste dans la zone autorisée.

Même si j’ai envie d’aller plus loin dans l’eau ou d’explorer sans adulte, je respecte les limites fixées par les adultes pour ma sécurité.

3. Je peux dire ce que je ressens.

Si quelque chose me gêne ou me déplaît, je peux l’expliquer avec des mots. Les adultes peuvent écouter mon avis tout en prenant une décision pour me protéger.

4. Je fais confiance aux adultes qui prennent soin de moi.

Les adultes responsables cherchent à me garder en sécurité. Certaines règles ne sont pas faites pour me punir, mais pour éviter les dangers que je ne vois pas encore.

Phrase clé de la séance : "Je peux dire que je ne suis pas d’accord. Un adulte de confiance m’écoute, m’explique et me protège."

Comment adapter cette séance EVAR en petite, moyenne et grande section ?

En petite section (PS), on sélectionne trois illustrations : la crème solaire, le chapeau et le crabe. L’objectif est de comprendre qu’une protection peut être désagréable et utile, et qu’on peut le dire.

En moyenne section (MS), on ajoute les brassards et le parasol. Les élèves découvrent qu’on peut être déçu par une règle et l’accepter, et que l’adulte laisse parfois choisir la manière de se protéger.

En grande section (GS), on peut exploiter les sept illustrations et approfondir la différence entre une règle expliquée par un adulte de confiance et une demande sans explication. Les enfants peuvent aussi citer les professionnels qui portent secours.

Dans toutes les sections, on évite de conclure par "il faut toujours obéir". La formule à retenir est plutôt : un adulte de confiance explique et protège.

Quelles activités proposer pour prolonger la séance ?

Le kit "À la plage" comprend plusieurs supports complémentaires.

Les puzzles : chaque illustration peut être reconstituée. Une fois le puzzle terminé, les enfants expliquent quel danger l’adulte cherche à éviter.

Les coloriages : les enfants retrouvent les scènes de la plage en noir et blanc et racontent ce qui se passe.

Le memory : les cartes représentent les scènes du kit. Avec les plus petits, on peut jouer sans compter les points.

Le labyrinthe : les enfants aident Aliénor à trouver son chemin. L’activité travaille l’attention et le repérage dans l’espace.

Les fiches d’écriture : le kit propose des exercices de tracé des chiffres 1, 2 et 3, accompagnés des personnages.

La littérature jeunesse : le kit fait référence à l’album "Gustave et la tactique du hérisson" d’Élisa Dupont, l’histoire d’un enfant qui n’aime pas les câlins imposés. Il permet de faire le lien entre règles qui protègent et droit de refuser un contact.

Ces activités peuvent être proposées en ateliers ou utilisées pour revenir sur les situations après la séance collective.

Comment savoir si les enfants ont compris la différence entre une règle qui protège et une contrainte ?

En maternelle, on observe surtout si les enfants comprennent le "pourquoi" des règles et s’ils osent exprimer leur ressenti. Un enfant peut notamment :

  • Expliquer pourquoi on met de la crème solaire, un chapeau ou des brassards.

  • Distinguer une sensation désagréable d’un vrai danger.

  • Dire "je ne suis pas d’accord" ou "je suis déçu" avec des mots.

  • Reconnaître qu’un adulte de confiance explique ce qu’il demande.

  • Citer des adultes qui peuvent aider en cas de blessure.

  • Comprendre que les adultes repèrent parfois des dangers invisibles pour les enfants.

  • Proposer une autre façon de découvrir, comme observer sans toucher.

Pour terminer, on peut présenter l’illustration de la crème solaire et demander : "Aliénor n’aime pas la crème. Que peut-elle dire à sa maman ?" Une réponse possible : "Je n’aime pas, ça colle, mais je sais que ça me protège." Tout l’apprentissage de la séance tient dans cette phrase.

Pourquoi utiliser Arthur la Tortue pour parler du consentement et des règles en maternelle ?

Parce que les enfants vivent les règles de sécurité comme des contraintes, et qu’il est difficile d’en parler au moment même où ils les refusent. En observant Aliénor qui grimace sous la crème solaire ou qui boude sous le parasol, ils reconnaissent leurs propres réactions sans se sentir jugés. On peut demander : "Pourquoi sa maman insiste-t-elle ?" ou "Comment Aliénor peut-elle dire qu’elle n’est pas d’accord ?". Les enfants découvrent qu’on peut être en désaccord avec un adulte qui nous aime, que l’adulte peut écouter sans changer sa décision, et qu’une règle expliquée est une forme de protection.

Arthur la Tortue est un univers illustré qui aide les enfants de 3 à 6 ans, à la maison comme à l’école, à comprendre leurs émotions, leurs limites, le consentement et les relations avec les autres. Parents et enseignants y trouvent des supports communs pour parler d’Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR) avec les mêmes mots.

Les illustrations sont des supports pour ouvrir le dialogue, à accompagner d’une discussion adaptée à l’âge des enfants.

À lire aussi : Conversation autour du marché avec mamie : reconnaître un adulte de confiance et Conversation autour du docteur : définir le sentiment de confiance.

Questions fréquentes

  • Comment parler du consentement en maternelle quand un adulte impose une règle de sécurité ?

    On explique que le consentement s’inscrit dans une relation de confiance : un adulte peut imposer une règle qui protège, à condition d’expliquer pourquoi et d’écouter l’enfant. Avec le kit « À la plage » d’Arthur la Tortue, Aliénor découvre que la crème solaire, le chapeau et les brassards ne sont pas des punitions mais des protections.

  • Mon enfant de 3-6 ans refuse la crème solaire : comment en parler avec lui ?

    On reconnaît que la sensation peut être désagréable tout en expliquant que la crème protège la peau des brûlures du soleil. Dans la deuxième illustration, Aliénor trouve la crème collante et grasse. Prévenir avant, expliquer et laisser l’enfant l’étaler lui-même sur ses bras respecte son corps sans renoncer à la protection.

  • À quel axe du programme EVAR correspond la séance « À la plage » ?

    Elle relève de l’axe 2, « Rencontrer les autres et construire des relations, s’y épanouir », pilier « Apprendre que le consentement s’inscrit dans une relation de confiance où les adultes peuvent parfois imposer des règles destinées à protéger l’enfant ». Le Code de l’éducation (article L312-16) prévoit au moins trois séances annuelles.

  • Comment adapter la séance consentement et sécurité à la plage en PS, MS et GS ?

    Elle dure 35 à 45 minutes, éventuellement en deux fois. En PS : la crème solaire, le chapeau et le crabe. En MS, on ajoute les brassards et le parasol. En GS, les sept illustrations permettent de distinguer une règle expliquée par un adulte de confiance d’une demande faite sans explication.

  • Faut-il apprendre aux enfants de maternelle à toujours obéir aux adultes ?

    Non, on évite de conclure par « il faut toujours obéir », ce qui contredirait le travail sur le consentement. La formule à retenir : un adulte de confiance explique et protège. Ces illustrations libres d’interprétation font parler les petits (et les grands) de cette nuance, que prolonge l’album « Gustave et la tactique du hérisson » d’Élisa Dupont.