Des sessions EVAR clés en main, pour aborder des sujets sensibles avec justesse et cadre.

De Arthur La Tortue

Conversation autour du stade : comment comprendre l’effet de ses paroles sur les autres avec Arthur la tortue ?

Comment faire comprendre aux enfants de 3 à 6 ans qu’un mot peut donner des ailes ou faire très mal ? Une journée au stade peut devenir une séance d’Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR) pour les enfants de 3 à 6 ans. À travers neuf illustrations, Anh, Aliénor, Arthur la Tortue et leur ami Albert jouent au tennis, au volley, au cricket, au baseball, au basket, au football, font de l’athlétisme et du rugby, et découvrent la force de leurs paroles. "T’es nul !" "Les filles, elles savent pas jouer." "On a gagné, vous avez perdu !" Ces petites phrases, les enseignants de maternelle les entendent souvent pendant les jeux collectifs. Elles montrent combien l’excitation du jeu peut faire oublier l’effet des mots. C’est tout l’intérêt du kit "Au stade" d’Arthur la Tortue : décrire ce que signifie traiter quelqu’un avec respect et identifier les effets de ses paroles sur les autres.

On peut dire "tu peux le faire" et aider un ami à réussir. On peut se féliciter sans se toucher. On peut aussi être content d’avoir gagné sans blesser ceux qui ont perdu. Cette séance s’inscrit dans l’axe 3 du programme d’Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR) : "Trouver sa place dans la société, y être libre et responsable", autour de la notion "Décrire ce que signifie traiter quelqu’un avec respect et identifier les effets de ses paroles sur les autres".

En bref : le sport, à l’école comme en famille, est un terrain idéal pour apprendre que les mots ont du pouvoir. Avec le kit "Au stade" d’Arthur la Tortue, parents et enseignants aident les enfants de 3 à 6 ans à découvrir que les encouragements donnent du courage, que se parler aide à jouer en équipe, que chacun peut participer à sa manière, qu’on respecte ceux qui perdent et que dire "les filles sont nulles" n’est pas juste.

À la maison ou à l’école : une même conversation pour grandir ensemble

À la maison : lors d’un jeu de société ou d’un match en famille, remarquez à voix haute les mots qui font du bien (« Bravo, tu as essayé ! ») et ceux qui blessent. Après une défaite, demandez à votre enfant ce qu’il aurait aimé entendre : il apprend ainsi à trouver lui-même les mots justes.

À l’école : la séance ci-dessous se mène en grand groupe à partir des illustrations du kit, puis se prolonge dans les moments de vie de la classe.

Ensemble : quand parents et enseignants emploient les mêmes mots et les mêmes repères, l’enfant fait le lien entre ses deux univers. Les étapes et les questions qui suivent peuvent être utilisées telles quelles en classe ou adaptées à la maison, avec un seul enfant ou une fratrie.

Pourquoi parler de l’effet des mots pendant le sport dès la maternelle ?

Les jeux collectifs sont très présents en maternelle, en motricité comme dans la cour. Ils suscitent de fortes émotions : joie de gagner, frustration de perdre, peur de rater. Dans ces moments, les mots sortent vite, et ils peuvent porter un camarade ou le décourager. Les généralisations sur les filles ou les garçons apparaissent aussi très tôt.

Or, mes mots peuvent donner du courage ou faire mal.

Un enfant encouragé ose essayer. Un enfant critiqué peut perdre l’envie de jouer. L’objectif n’est pas d’empêcher les enfants d’être contents de gagner. Il est de les aider à choisir leurs mots, à encourager plutôt qu’à critiquer et à penser à ce que ressentent les autres, y compris ceux de l’autre équipe.

Comment préparer une séance EVAR sur l’effet des paroles et l’esprit d’équipe ?

Le kit "Au stade" raconte, à travers le journal d’Anh, une journée sportive. Anh et Aliénor jouent au tennis en double et s’encouragent. Arthur aide Anh au volley avec un "tu peux le faire". Un coéquipier félicite Anh au cricket. Anh et Aliénor font un check avec le coude au baseball. Albert, en fauteuil roulant, fait une passe décisive au basket. L’équipe d’Anh gagne au football, sous le regard d’un joueur adverse triste. Arthur, écouteurs sur les oreilles, n’entend pas Anh qui demande de l’aide. Enfin, Arthur pousse Aliénor au rugby en disant que les filles sont nulles.

Fiche de préparation pédagogique

Niveau : petite, moyenne et grande section (PS, MS, GS).

Durée : 45 à 55 minutes, à répartir de préférence sur deux séances.

Programme : Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR).

Axe 3 : Trouver sa place dans la société, y être libre et responsable.

Notion : décrire ce que signifie traiter quelqu’un avec respect et identifier les effets de ses paroles sur les autres.

Objectif principal : comprendre que nos paroles ont un effet sur les autres : elles peuvent encourager, aider à réussir, ou blesser.

Objectifs complémentaires : communiquer pour coopérer, encourager et féliciter, choisir un geste de félicitation qui respecte l’autre, inclure chacun dans le jeu, respecter ceux qui perdent, écouter quand quelqu’un nous parle et refuser les généralisations sur les filles ou les garçons.

Matériel : les neuf illustrations du kit, les questions guidées, l’affiche des quatre règles, les puzzles, les coloriages, le memory, le labyrinthe et les fiches d’écriture. Pour les prolongements : ballons, plots, cerceaux.

Conseil pédagogique : la séance prend tout son sens si elle est suivie d’un vrai temps de jeu collectif en motricité. On peut définir avant le jeu les "mots de l’équipe" et faire un bilan après : quels mots ont aidé, lesquels ont fait de la peine ?

Étape 1 : peut-on réussir ensemble sans se parler ? (5 minutes)

On commence par la première illustration. Anh et Aliénor jouent en double au tennis. Pour gagner, ils doivent se parler : décider qui prend les balles de devant et qui prend celles de derrière. S’ils courent tous les deux sur la même balle, ils se gênent. S’ils ne se parlent pas, des balles passent sans être rattrapées. Petit à petit, ils apprennent à s’écouter et à coopérer.

La question à poser : "Pourquoi dire « à moi », « vas-y » ou « attention » peut aider ?"

On explique : "Un petit mot au bon moment peut éviter un problème. Parler calmement aide mieux que crier. Et parler va avec écouter."

Questions à poser aux enfants

  • Est-ce que les mots peuvent aider ?

  • Est-ce qu’un petit mot peut éviter un problème ?

  • Pourquoi dire "à moi", "vas-y" ou "attention" peut aider ?

  • Est-ce que parler calmement aide mieux que crier ?

  • Peut-on réussir ensemble sans communiquer ?

  • Pourquoi est-il important d’écouter l’autre ?

  • Est-ce que chacun peut avoir un rôle différent ?

  • Est-ce que parler et écouter vont ensemble ? Est-ce que cela donne confiance quand on se comprend ?

Activité : le ballon qui parle. Par deux, les enfants se font des passes avec un ballon. Avant chaque passe, celui qui lance dit le prénom de l’autre ou "attention". On compare avec une manche où l’on ne parle pas. Les enfants constatent que les passes sont plus réussies quand on se parle.

Phrase clé : "Les mots peuvent aider à réussir ensemble."

Étape 2 : un mot gentil peut-il donner du courage ? (5 minutes)

On présente la deuxième illustration. Anh encourage Aliénor au moment où elle s’apprête à servir au tennis. Elle n’est pas très sûre d’elle. Entendre quelqu’un l’encourager lui fait beaucoup de bien : elle se sent soutenue, regardée avec confiance, et retrouve l’envie d’essayer. On dirait presque que cela lui donne des ailes.

La question à poser : "Est-ce que cela arrive à tout le monde de douter ?"

On explique : "Tout le monde peut penser « je n’y arrive pas ». Dans ces moments-là, un mot gentil peut changer beaucoup de choses." On demande aux enfants de chercher ce qu’ils pourraient dire à un ami qui doute.

Questions à poser aux enfants

  • Est-ce qu’on peut parfois penser "je n’y arrive pas" ?

  • Est-ce qu’on peut avoir peur d’essayer ?

  • Est-ce que cela arrive à tout le monde de douter ?

  • Comment se sent ton corps quand tu n’es pas sûr de toi ?

  • Comment se sent-on quand quelqu’un croit en nous ?

  • Est-ce qu’un mot gentil peut donner du courage ? Est-ce que cela aide à recommencer ?

  • Pourquoi les encouragements donnent envie d’essayer encore ?

  • Que peux-tu dire à un ami qui doute ?

Activité : les ailes du courage. On découpe de grandes ailes en papier. Sur chaque plume, on écrit un encouragement proposé par les enfants ("tu peux le faire", "essaie encore", "je crois en toi"). On les affiche en salle de motricité.

Phrase clé : "Quand quelqu’un croit en moi, j’essaie encore."

Étape 3 : est-ce plus facile de jouer quand on se sent soutenu ? (5 minutes)

On présente la troisième illustration. Anh joue au volley et réussit une passe à Arthur pour gagner le point. Arthur l’a encouragé en lui disant qu’il pouvait le faire. Ces mots ont aidé Anh à se concentrer, à avoir confiance et à trouver le courage de passer la balle avec agilité.

La question à poser : "Est-ce que se moquer aide à gagner ?"

On compare avec les enfants : si Arthur avait dit "tu vas rater", qu’aurait ressenti Anh ? On explique : "Les encouragements aident le corps à être plus précis et la tête à être plus concentrée. Les moqueries, elles, font perdre confiance."

Questions à poser aux enfants

  • Est-ce que les mots peuvent donner du courage ?

  • Que se passe-t-il dans le corps quand on est encouragé ?

  • Est-ce plus facile de jouer quand on se sent soutenu ?

  • Que peut-on dire pour aider un copain à réussir ?

  • Est-ce que se moquer aide à gagner ?

  • Comment peut-on s’encourager dans la classe ?

Activité : le lancer encouragé. Chaque enfant lance un sac de graines dans un cerceau. Lors du deuxième essai, toute la classe l’encourage. On demande ensuite à chacun ce qu’il a ressenti au deuxième lancer.

Phrase clé : "Encourager, ça donne du courage."

Étape 4 : est-ce important de féliciter, même quand on ne gagne pas ? (5 minutes)

On présente la quatrième illustration. Anh a réussi à marquer des points pour son équipe de cricket. Son coéquipier lui dit qu’il est trop fort. Ces mots rendent Anh heureux et lui donnent encore plus confiance. Se féliciter dans une équipe aide chacun à se sentir fier, à progresser et à avoir envie de continuer.

La question à poser : "Comment peut-on montrer qu’on est fier de quelqu’un ?"

On explique : "Dire bravo, applaudir, sourire : il y a beaucoup de façons de féliciter. Et on peut féliciter un effort, même quand on n’a pas gagné."

Questions à poser aux enfants

  • Est-ce agréable d’entendre des mots gentils ?

  • Quand on réussit quelque chose, que ressent-on dans son corps ?

  • Est-ce que dire "tu es fort" peut donner envie de continuer ?

  • Est-ce que se moquer ferait le même effet ?

  • Que peut-on dire à un copain qui réussit ?

  • Est-ce important de féliciter même quand on ne gagne pas ?

  • Comment peut-on montrer qu’on est fier de quelqu’un ?

  • Quand as-tu été fier de toi ? Qui t’a déjà dit "bravo" ?

Activité : le bravo du jour. En fin de journée, chaque enfant peut dire un "bravo" à un camarade pour quelque chose qu’il a fait (une réussite, un effort, une aide). On veille à ce que chacun reçoive au moins un bravo dans la semaine.

Phrase clé : "Les mots gentils donnent confiance. Dire bravo, ça aide."

Étape 5 : peut-on se féliciter sans se toucher ? (5 minutes)

On présente la cinquième illustration. Anh et Aliénor viennent de gagner un point au baseball. Pour se féliciter, ils ne se touchent pas, car ils sont tout transpirants après le sport. À la place, ils font un check avec le coude. C’est un geste simple et joyeux qui respecte l’espace de chacun.

La question à poser : "Comment savoir si un geste est bien pour l’autre ?"

On explique : "Tout le monde n’aime pas être touché, surtout quand on transpire. On peut se féliciter avec un mot, un sourire, un pouce levé ou un check avec le coude. On choisit un geste qui respecte l’autre."

Questions à poser aux enfants

  • Est-ce que tout le monde aime être touché quand il transpire ?

  • Est-ce qu’on peut se féliciter sans se toucher ? Quels autres gestes peut-on faire pour encourager un copain ?

  • Peut-on choisir un geste différent selon les situations ?

  • Est-ce important de respecter ce que l’autre préfère ?

  • Est-ce qu’un sourire ou un mot peut suffire ?

  • Comment savoir si un geste est bien pour l’autre ?

  • Comment aimes-tu être félicité ?

  • Que fait-on si quelqu’un ne veut pas être touché ?

Activité : le menu des félicitations. On propose une affiche avec plusieurs gestes illustrés : pouce levé, check du coude, applaudissement, sourire, "bravo". Avant de féliciter un camarade, l’enfant lui demande lequel il préfère.

Phrase clé : "On peut se féliciter sans se toucher. Je choisis un geste qui respecte l’autre."

Étape 6 : est-ce que chacun peut avoir sa place dans l’équipe ? (5 minutes)

On présente la sixième illustration. Albert, dans son fauteuil roulant, joue au basket avec ses amis. Il participe pleinement au jeu. Au bon moment, il fait une passe décisive à Anh. Tout le monde joue ensemble, chacun avec ses capacités et sa façon de bouger. Le fauteuil ne l’empêche pas de faire partie de l’équipe.

La question à poser : "Est-ce qu’on peut jouer ensemble même si on est différents ?"

On explique : "Albert ne court pas, il roule. Mais il réfléchit aux passes et aide son équipe. Chacun peut jouer à sa manière." On fait le lien avec la classe : comment adapter un jeu pour que tout le monde puisse participer ?

Questions à poser aux enfants

  • Est-ce que tous les corps bougent de la même façon ?

  • Est-ce qu’on peut quand même jouer ensemble même si on est différents ?

  • Comment se sent une équipe quand tout le monde participe ?

  • Est-ce que faire une passe à un ami peut aider l’équipe ?

  • Comment ton cœur se sent-il quand quelqu’un te fait confiance dans un jeu ?

  • Pourquoi est-il important d’inclure tout le monde dans le jeu ?

  • Est-ce que chacun peut avoir un rôle dans une équipe ?

Activité : la passe assise. Toute la classe s’assoit en cercle et se fait des passes avec un ballon, en roulant ou en lançant. On découvre qu’on peut jouer à un jeu de ballon sans courir, et que chaque passe compte.

Phrase clé : "Chacun peut jouer à sa manière et avoir sa place dans l’équipe."

Étape 7 : comment célébrer sans blesser ceux qui ont perdu ? (5 minutes)

On présente la septième illustration. Anh vient de marquer un but qui fait gagner le match à son équipe. Tous les joueurs se regroupent pour célébrer. Au fond de l’image, un joueur de l’autre équipe est très mécontent d’avoir perdu et d’entendre les autres se réjouir. Les mots peuvent rendre heureux ceux qui gagnent, mais aussi attrister ceux qui perdent.

La question à poser : "Est-ce qu’on peut être content sans se moquer ?"

On explique : "Anh a le droit d’être heureux. Mais on peut fêter sans crier « vous êtes nuls ». On peut aussi aller serrer la main ou dire « bien joué » à l’autre équipe."

Questions à poser aux enfants

  • Est-ce que tout le monde ressent la même chose au même moment ?

  • Quand on parle fort et qu’on se félicite, qui entend ?

  • Est-ce que ces paroles peuvent faire plaisir à certains ? Faire du mal à d’autres ?

  • Est-ce qu’on peut être content sans se moquer ? Comment peut-on célébrer sans blesser ?

  • Quels mots montrent du respect pour ceux qui ont perdu ?

  • Quand tu gagnes à un jeu, que dis-tu ?

  • Quand tu perds, qu’est-ce qui te fait du bien ou te fait mal ?

Activité : le "bien joué" de fin de match. À la fin de chaque jeu collectif en motricité, les deux équipes se mettent face à face et se disent "bien joué" en se faisant un signe de la main. Le rituel devient une habitude.

Phrase clé : "Mes paroles ont un effet sur les autres. Même content, je fais attention à mes mots."

Étape 8 : peut-on être très concentré et quand même écouter les autres ? (5 minutes)

On présente la huitième illustration. Arthur est très concentré sur sa course. Il écoute sa musique et ne pense qu’à courir vite. À côté, Anh a plus de mal. Il est fatigué et essaie de demander de l’aide, mais Arthur ne l’entend pas. Sans le vouloir, Arthur ignore les mots d’Anh, qui se sent seul et pas soutenu.

La question à poser : "Que peut-on ressentir quand on parle et que personne ne répond ?"

On explique : "Arthur n’est pas méchant, il n’a pas entendu. Mais pour Anh, c’est comme si ses mots ne comptaient pas. Ne pas écouter peut aussi faire de la peine." On souligne qu’on peut se rattraper : s’arrêter, se retourner, demander "tu m’as parlé ?".

Questions à poser aux enfants

  • Que peut-on ressentir quand on parle et que personne ne répond ?

  • Peut-on être très concentré et quand même faire attention aux autres ?

  • Comment montrer qu’on a compris, même si on n’a pas entendu tout de suite ?

  • Est-ce que ça t’est déjà arrivé de parler sans être entendu ?

  • Qu’est-ce que tu ressens dans ce cas-là ?

Activité : j’entends, je réponds. Pendant une activité calme, un enfant appelle doucement un camarade par son prénom. Celui-ci doit lever la tête, le regarder et répondre "oui ?". On montre que répondre, c’est montrer à l’autre qu’il compte.

Phrase clé : "Même concentré, je fais attention aux autres. J’écoute quand quelqu’un me parle."

Étape 9 : est-ce juste de dire que "les filles sont nulles" ? (5 minutes)

On termine avec la neuvième illustration. Pendant un match de rugby, Arthur pousse Aliénor. Il lui dit qu’elle est nulle et que les filles sont nulles en général, parce qu’elle vient de perdre le ballon. Aliénor trouve cela injuste. Elle sait que le rugby est un sport d’équipe, où chacun peut faire des erreurs et où l’on gagne ou perd ensemble.

La question à poser : "Est-ce que perdre le ballon veut dire qu’on est nul ?"

On explique : "Tout le monde peut perdre un ballon, filles et garçons. Dire « les filles sont nulles », c’est transformer une erreur en jugement sur toutes les filles. Ce n’est pas juste." On rappelle aussi que pousser quelqu’un n’est pas acceptable.

Questions à poser aux enfants

  • Est-ce que perdre le ballon veut dire qu’on est nul ?

  • Est-ce que cela arrive à tout le monde de se tromper dans un jeu d’équipe ?

  • Est-ce que des mots peuvent faire mal même sans toucher avec le corps ?

  • Est-ce que dire "les filles sont nulles" est juste pour toutes les filles ?

  • Dans un sport d’équipe, que peut-on dire pour aider un copain ou une copine ?

  • Qu’est-ce qui aide le groupe à mieux jouer : encourager ou critiquer ?

Activité : la phrase qui répare. On reprend la scène avec des marionnettes. Les enfants proposent ce qu’Arthur aurait pu dire à la place ("Pas grave, on va le récupérer !", "On continue ensemble !"). On écrit les meilleures phrases sur l’affiche de l’équipe.

Phrase clé : "Dans une équipe, on s’encourage, on ne se rabaisse pas. Mes mots peuvent aider ou faire mal."

Étape 10 : afficher les quatre règles pour bien jouer ensemble

Après avoir observé les neuf illustrations, on rassemble les élèves. "Au stade, qu’est-ce qui a aidé les joueurs à réussir ?" Les encouragements, les félicitations, le fait de se parler. "Et qu’est-ce qui a fait de la peine ?" Les moqueries, ne pas être écouté, être traité de nul. On reprend alors les quatre règles du kit.

Les quatre règles à afficher en classe

1. Le travail d’équipe aide à gagner.

Dans une équipe, chacun a un rôle différent : courir, passer, défendre, encourager. On n’est pas tous forts dans la même chose, et c’est comme ça qu’on joue mieux ensemble.

2. Dans mon équipe, j’encourage aussi celui qui est moins fort.

Chacun apprend à son rythme. Mes mots peuvent donner du courage ou faire mal, alors je choisis d’aider.

3. Je respecte celui qui n’a pas marqué ou qui n’a pas gagné.

Personne n’est seul, même quand on perd. Perdre, ça arrive. Je soutiens, je ne critique pas.

4. Je fais attention aux émotions des autres.

Si quelqu’un est triste ou déçu, je le comprends et je l’aide à se sentir mieux.

Phrase clé de la séance : "Mes mots peuvent donner du courage ou faire mal. Au stade comme en classe, je choisis d’encourager."

Comment adapter cette séance EVAR en petite, moyenne et grande section ?

En petite section (PS), on sélectionne trois illustrations : l’encouragement au tennis, le check avec le coude et la victoire au football. L’objectif est de découvrir que les mots gentils font du bien et qu’on peut féliciter sans toucher.

En moyenne section (MS), on ajoute le volley, le basket avec Albert et la course. Les élèves découvrent que les encouragements aident à réussir, que chacun a sa place dans l’équipe et qu’on écoute quand quelqu’un nous parle.

En grande section (GS), on peut exploiter les neuf illustrations et approfondir les généralisations comme "les filles sont nulles", ainsi que la manière de célébrer sans blesser.

Dans toutes les sections, on prolonge la séance par un vrai jeu collectif, en observant l’usage des mots choisis ensemble.

Quelles activités proposer pour prolonger la séance ?

Le kit "Au stade" comprend plusieurs supports complémentaires.

Les puzzles : chaque illustration peut être reconstituée. Une fois le puzzle terminé, les enfants nomment le sport et disent quel mot aide le personnage.

Les coloriages : les enfants retrouvent les scènes du stade en noir et blanc et inventent une bulle avec un encouragement.

Le memory : les cartes représentent les scènes du kit. Avec les plus petits, on peut jouer sans compter les points.

Le labyrinthe : les enfants aident Anh à trouver son chemin jusqu’au terrain. L’activité travaille l’attention et le repérage dans l’espace.

Les fiches d’écriture : le kit propose des exercices de tracé des chiffres 1, 2 et 3, accompagnés des personnages.

La littérature jeunesse : le kit fait référence au livre "Le harcèlement, tu veux qu’on en parle ?" de Carine Simonet, avec un passage sur un enfant traité de "bébé" quand il perd au football. Il permet de parler des moqueries liées au jeu et des réactions face à la défaite.

Ces activités peuvent être proposées en ateliers ou utilisées pour revenir sur les situations après la séance collective.

Comment savoir si les enfants ont compris l’effet de leurs paroles ?

En maternelle, on observe surtout les mots qu’ils utilisent pendant les jeux collectifs. Un enfant peut notamment :

  • Encourager spontanément un camarade qui hésite.

  • Dire "bravo" ou "bien joué", y compris à l’autre équipe.

  • Utiliser des mots pour s’organiser ("à moi", "vas-y").

  • Choisir un geste de félicitation qui respecte l’autre.

  • Inclure un camarade qui joue différemment.

  • Répondre quand quelqu’un lui parle, même pendant une activité.

  • Réagir à une phrase comme "les filles sont nulles" ou "les garçons sont nuls".

Pour terminer, on peut montrer l’illustration du rugby et demander : "Que pourrait dire Arthur à Aliénor ?" Une réponse possible : "Pas grave, on le récupère ensemble !" Tout l’apprentissage de la séance tient dans cette phrase.

Pourquoi utiliser Arthur la Tortue pour parler de l’effet des mots en maternelle ?

Parce que le sport rend les émotions très visibles, et que les illustrations montrent tout de suite l’effet d’un mot sur un visage. En voyant Aliénor prendre confiance grâce à un encouragement, Anh se sentir seul quand on ne l’écoute pas, ou Aliénor blessée par "les filles sont nulles", les enfants comprennent le pouvoir de leurs paroles. On peut demander : "Quel mot a aidé ?" ou "Quel mot a fait mal ?". Les enfants découvrent qu’ils peuvent choisir leurs mots pour faire grandir les autres.

Arthur la Tortue est un univers illustré qui aide les enfants de 3 à 6 ans, à la maison comme à l’école, à comprendre leurs émotions, leurs limites, le consentement et les relations avec les autres. Parents et enseignants y trouvent des supports communs pour parler d’Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR) avec les mêmes mots.

Les illustrations sont des supports pour ouvrir le dialogue, à accompagner d’une discussion adaptée à l’âge des enfants.

À lire aussi : Conversation autour de la salle de classe : comprendre l’effet de ses actes sur les autres et Conversation autour de la rue : développer l’empathie et l’entraide.

Questions fréquentes

  • Comment faire comprendre l’effet des mots aux enfants de maternelle ?

    En partant de jeux collectifs où l’on voit qu’un mot encourage ou blesse. Le kit « Au stade » d’Arthur la Tortue propose neuf illustrations libres d’interprétation qui font parler petits et grands : Arthur dit « tu peux le faire » à Anh au volley, puis pousse Aliénor au rugby en disant que les filles sont nulles.

  • Faut-il éviter la compétition en maternelle ?

    Non, pas forcément : gagner et perdre font partie de l’apprentissage, et les jeux à équipes ont toute leur place en maternelle. Ce qui compte, c’est le cadre posé par l’adulte : on peut être content de gagner sans se moquer, et triste de perdre sans critiquer les autres ni l’autre équipe.

  • Comment réagir quand un enfant de maternelle dit « les filles sont nulles » ou « les garçons sont nuls » ?

    On interroge la phrase : « Toutes les filles ? Tu en connais qui sont fortes en sport ? » On montre qu’une erreur d’une personne, comme Aliénor qui perd le ballon au rugby, ne dit rien sur toutes les filles ou tous les garçons. On rappelle ensuite la règle : dans une équipe, on s’encourage.

  • Comment apprendre à un enfant de 3-6 ans à bien perdre ?

    On accueille sa déception, on l’aide à la nommer, puis on valorise ce qu’il a réussi pendant le jeu. Les rituels de fin de match aident beaucoup, comme le « bien joué » échangé face à face entre les deux équipes après chaque jeu collectif en motricité, qui devient vite une habitude de classe.

  • À quel axe EVAR correspond la séance « Au stade » et combien de temps dure-t-elle en maternelle ?

    Elle relève de l’axe 3 du programme EVAR, appliqué depuis la rentrée 2025 : « Trouver sa place dans la société, y être libre et responsable ». Elle dure 45 à 55 minutes, de préférence sur deux séances, idéalement suivies d’un vrai jeu collectif. La PS travaille trois illustrations, la GS les neuf.