· De Arthur La Tortue
Conversation autour de la salle de classe : comment comprendre l’effet de ses actes sur les autres avec Arthur la tortue ?
Comment expliquer aux enfants de 3 à 6 ans la différence entre une bêtise, une taquinerie et du harcèlement ? Une journée en classe peut devenir une séance d’Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR) pour les enfants de 3 à 6 ans. À travers sept illustrations, Anh, Aliénor et Arthur la Tortue vivent une tour de Lego renversée, des boulettes de papier, des moqueries en groupe, une robe déchirée, un coup de pied, un mot blessant et une sieste perturbée. "C’était pour rigoler !" "C’est lui qui a commencé !" "C’est juste un petit mot." Ces petites phrases, les enseignants de maternelle les entendent tous les jours. Elles montrent que les enfants ne mesurent pas toujours l’effet de leurs gestes et de leurs mots sur les autres. C’est tout l’intérêt du kit "Dans la salle de classe" d’Arthur la Tortue : décrire ce que signifie traiter quelqu’un avec respect et identifier les effets de ses actes sur les autres.
On peut faire tomber une tour sans le vouloir et réparer. On peut être en colère sans se venger. On peut aussi refuser de suivre le groupe quand le groupe fait du mal. Cette séance s’inscrit dans l’axe 3 du programme d’Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR) : "Trouver sa place dans la société, y être libre et responsable", autour de la notion "Décrire ce que signifie traiter quelqu’un avec respect et identifier les effets de ses actes sur les autres".
En bref : prévenir le harcèlement commence par apprendre à voir l’effet de ses gestes et de ses mots, et cet apprentissage se fait autant à la maison qu’à l’école. Avec le kit "Dans la salle de classe" d’Arthur la Tortue, parents et enseignants aident les enfants de 3 à 6 ans à découvrir qu’on demande avant de toucher, que des petites méchancetés répétées peuvent beaucoup blesser, qu’être plusieurs ne donne aucun droit, que la colère n’autorise pas la violence et qu’on parle à un adulte quand quelque chose est injuste.
À la maison ou à l’école : une même conversation pour grandir ensemble
À la maison : le soir, demandez à votre enfant : « Est-ce que quelqu’un a été gentil avec toi aujourd’hui ? Et pas gentil ? ». Ces petites questions régulières l’habituent à mettre des mots sur ce qu’il vit, et vous permettent de repérer tôt une situation qui se répète.
À l’école : la séance ci-dessous se mène en grand groupe à partir des illustrations du kit, puis se prolonge dans les moments de vie de la classe.
Ensemble : quand parents et enseignants emploient les mêmes mots et les mêmes repères, l’enfant fait le lien entre ses deux univers. Les étapes et les questions qui suivent peuvent être utilisées telles quelles en classe ou adaptées à la maison, avec un seul enfant ou une fratrie.
Pourquoi parler du respect et du harcèlement dès la maternelle ?
En maternelle, les conflits sont nombreux et souvent passagers : un jouet pris, une bousculade, un mot désagréable. La plupart se règlent vite. Mais quand les mêmes gestes se répètent contre le même enfant, qu’il n’arrive pas à se défendre et qu’il se sent de plus en plus seul, on n’est plus dans le simple conflit.
Or, quand on se moque pour faire mal, encore et encore, et que l’autre n’arrive pas à se défendre, ce n’est plus un jeu.
Le kit montre aussi qu’un enfant peut être tour à tour celui qui subit et celui qui blesse, comme Anh qui finit par se venger. L’objectif n’est pas de désigner des "méchants". Il est d’aider les enfants à comprendre que leurs actes ont des effets, à reconnaître la souffrance de l’autre et à savoir qu’ils peuvent, et doivent, en parler à un adulte.
Comment préparer une séance EVAR sur le respect et la prévention du harcèlement ?
Le kit "Dans la salle de classe" raconte, à travers le journal d’Anh, une histoire qui s’envenime. Anh fait tomber la tour de Lego d’Aliénor. Aliénor se venge en lui lançant des boulettes de papier, puis multiplie les petites agressions. Elle entraîne Arthur, et tous deux se moquent d’Anh et déchirent sa robe. Un jour, Anh, à bout, donne un coup de pied à Arthur et le traite de "caca boudin". Enfin, Anh fait du bruit pendant la sieste sans penser aux autres.
Fiche de préparation pédagogique
Niveau : petite, moyenne et grande section (PS, MS, GS).
Durée : 40 à 50 minutes, à répartir de préférence sur deux séances.
Programme : Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR).
Axe 3 : Trouver sa place dans la société, y être libre et responsable.
Notion : décrire ce que signifie traiter quelqu’un avec respect et identifier les effets de ses actes sur les autres.
Objectif principal : comprendre que nos gestes et nos mots ont des effets sur les autres, et reconnaître quand un comportement devient du harcèlement.
Objectifs complémentaires : respecter le travail et les affaires des autres, distinguer une blague partagée d’une moquerie, refuser de suivre un groupe qui fait du mal, gérer sa colère sans violence, réparer un geste qui a blessé, penser aux besoins du groupe et savoir à qui demander de l’aide.
Matériel : les sept illustrations du kit, les questions guidées, l’affiche des quatre règles, les puzzles, les coloriages, le memory, le labyrinthe et les fiches d’écriture.
Conseil pédagogique : on ne fait pas rejouer les scènes de moquerie ou de violence par les enfants. On travaille à partir des illustrations et, si besoin, avec des marionnettes. Si un enfant semble se reconnaître dans la situation d’Anh, on l’écoute à part et on en parle avec l’équipe. Je vous conseille aussi de vous référer aux ressources officielles de votre académie sur la lutte contre le harcèlement, qui peuvent avoir évolué.
Étape 1 : peut-on toucher la construction d’un camarade sans lui demander ? (5 minutes)
On commence par la première illustration. Aliénor a construit une grande tour en Lego dont elle est très fière. Anh, sans demander, touche la tour pour la regarder de plus près et la fait tomber. Aliénor se sent envahie et très en colère. Pour elle, ce n’était pas juste un jeu : c’était quelque chose qu’elle avait construit avec patience. Anh ne pensait peut-être pas mal faire, mais son geste a eu des conséquences.
La question à poser : "Est-ce que le respect concerne seulement les personnes, ou aussi ce qu’elles créent ?"
On explique : "Respecter quelqu’un, c’est aussi respecter ce qu’il a fait. Demander avant de toucher, c’est une marque de respect." On souligne qu’Anh n’a pas fait exprès, mais que cela ne l’empêche pas de s’excuser et d’aider à reconstruire.
Questions à poser aux enfants
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Qu’est-ce que cela veut dire respecter le travail ou le jeu de quelqu’un ?
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Est-ce qu’on peut toucher la construction d’un camarade sans lui demander ? Pourquoi demander la permission est une marque de respect ?
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Est-ce que le respect concerne seulement les personnes ou aussi ce qu’elles créent ?
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Comment montre-t-on du respect avec ses gestes ? Et avec ses paroles ?
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Est-ce que rire quand quelque chose tombe est respectueux ? Pourquoi ?
Activité : est-ce que je peux regarder ? Au coin construction, on instaure une règle : pour s’approcher de la construction d’un autre, on demande "Est-ce que je peux regarder ?" ou "Est-ce que je peux toucher ?". On s’entraîne à poser la question et à accepter la réponse.
Phrase clé : "Je demande avant de toucher et je respecte le travail des autres. Je respecte ce que l’autre construit."
Étape 2 : que se passe-t-il quand on embête quelqu’un encore et encore ? (5 minutes)
On présente la deuxième illustration. Anh reçoit des boulettes de papier lancées par Aliénor. Depuis la destruction de sa tour, Aliénor aime bien l’embêter : elle lui fait peur, lui prend ses affaires et multiplie les petites agressions. À force, ces gestes répétés ne sont plus un jeu. Même s’ils paraissent petits, ils s’accumulent et Anh se sent de plus en plus petit, isolé et triste.
La question à poser : "Pourquoi des petites choses répétées peuvent devenir grandes ?"
On peut utiliser une image : une goutte d’eau, ce n’est rien, mais goutte après goutte, le verre déborde. On explique : "Une boulette de papier, ce n’est pas grave. Mais tous les jours, ça fait très mal au cœur. Et ce n’est pas drôle si l’autre ne rit pas."
Questions à poser aux enfants
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Que se passe-t-il quand on embête quelqu’un encore et encore ?
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Est-ce que "c’est pour rigoler" suffit si l’autre ne rit pas ?
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Pourquoi des petites choses répétées peuvent devenir grandes ?
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Que ressent-on quand on nous prend nos affaires sans demander ?
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Quand un comportement est répété et qu’il fait mal, que doit-on faire ?
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À qui peut-on demander de l’aide ?
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Pourquoi rester silencieux peut rendre la situation plus difficile ?
Activité : le verre qui déborde. Devant les enfants, on verse une cuillère d’eau dans un verre à chaque petite méchanceté évoquée dans l’histoire (une boulette, une affaire prise, un "bouh"). Le verre finit par déborder. On compare avec le cœur d’Anh.
Phrase clé : "Si ça fait mal et que ça revient, j’en parle. Embêter souvent, ce n’est pas drôle, c’est blessant."
Étape 3 : est-ce qu’on se sent plus fort quand on est plusieurs ? (5 minutes)
On présente la troisième illustration. Anh pleure pendant qu’Aliénor et Arthur se moquent de lui en groupe. Aliénor joue le rôle de chef de bande et entraîne Arthur avec elle. À plusieurs, ils ont l’impression d’être plus forts. Anh se retrouve seul et isolé. Le rire collectif devient une pression qui le met à l’écart.
La question à poser : "Pourquoi suivre le groupe peut faire participer au mal sans s’en rendre compte ?"
On explique : "Arthur suit Aliénor, peut-être pour faire comme elle ou pour ne pas être mis de côté. Mais en riant avec elle, il fait aussi du mal à Anh. On a le droit de ne pas suivre le groupe." On valorise le courage de dire "moi, je ne joue pas à ça".
Questions à poser aux enfants
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Est-ce qu’on se sent plus fort quand on est plusieurs ?
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Pourquoi certaines personnes suivent le "chef de bande" ?
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Est-ce que rire en groupe rend la moquerie plus forte ?
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Que se passe-t-il quand une seule personne est isolée face à plusieurs ?
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Comment peut-on se sentir quand on est seul contre plusieurs ?
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Est-ce plus difficile de se défendre dans ce cas ?
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Pourquoi suivre le groupe peut faire participer au mal sans s’en rendre compte ?
Activité : la marionnette qui dit non. L’enseignant manipule deux marionnettes : l’une propose de se moquer d’un troisième personnage, l’autre hésite. Les enfants soufflent à la marionnette hésitante ce qu’elle pourrait répondre ("Non, ça va lui faire de la peine", "Viens, on va plutôt jouer avec lui").
Phrase clé : "Être plusieurs ne donne pas le droit de faire mal. Je ne suis pas le groupe si le groupe fait du mal."
Étape 4 : comment se sent-on quand on abîme nos affaires ? (5 minutes)
On présente la quatrième illustration. Arthur et Aliénor ont déchiré la robe bleue d’Anh, juste pour se moquer de lui. Ce geste n’est pas un jeu. Anh est très triste et pleure. Il ne comprend pas pourquoi ses camarades ont voulu lui faire du mal. Quand quelqu’un fait exprès de blesser, de se moquer ou d’abîmer les affaires d’un autre, cela peut devenir du harcèlement.
La question à poser : "Comment peut-on réparer un geste qui a fait de la peine ?"
On laisse les enfants proposer : s’excuser, aider à réparer, faire un dessin, demander à un adulte. On explique : "S’excuser, c’est important. Mais il faut aussi arrêter pour de bon, sinon les excuses ne veulent plus rien dire."
Questions à poser aux enfants
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Comment peut se sentir quelqu’un quand on abîme ses affaires ?
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Est-ce que les gestes peuvent faire de la peine ?
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Comment ton corps se sent-il quand tu es très triste ?
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Est-ce que pleurer peut montrer qu’on souffre ?
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Est-ce que c’est bien d’abîmer les affaires d’un ami ?
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Comment peut-on réparer un geste qui a fait de la peine ?
Activité : la boîte à réparations. On fabrique ensemble une boîte dans laquelle on glisse des cartes illustrées avec des façons de réparer : dire pardon, aider à ranger, faire un dessin, proposer de jouer ensemble. Quand un conflit survient, les enfants peuvent piocher une idée.
Phrase clé : "Je respecte les autres et leurs affaires."
Étape 5 : la colère donne-t-elle le droit de se venger ? (5 minutes)
On présente la cinquième illustration. Anh donne un coup de pied à Arthur à la bibliothèque, au moment où Arthur essaie d’attraper un livre. Anh en a assez d’être moqué depuis longtemps. Il profite qu’Arthur soit seul pour se venger. Mais ce geste ne règle rien : il transforme la souffrance en violence et fait monter le conflit d’un cran.
La question à poser : "Est-ce que se venger règle le problème ?"
On explique : "Anh avait de bonnes raisons d’être en colère. Mais en tapant, il fait souffrir Arthur à son tour, et le problème grossit. Sa colère est juste, mais pas son geste." On aide les enfants à trouver d’autres solutions : dire "stop", s’éloigner, en parler à un adulte.
Questions à poser aux enfants
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Est-ce que faire exprès d’embêter quelqu’un est gentil ?
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Que se passe-t-il quand on se moque ou qu’on abîme les affaires d’un ami ?
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Si quelqu’un embête toujours la même personne, comment appelle-t-on cela ?
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Est-ce qu’un jeu doit faire pleurer quelqu’un ?
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Est-ce que le cœur peut se sentir blessé ?
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Pourquoi les moqueries peuvent rester longtemps dans la tête ?
Activité : le thermomètre de la colère. On dessine un grand thermomètre. En bas, "un peu énervé", en haut, "très en colère". Pour chaque niveau, les enfants proposent ce qu’ils peuvent faire : respirer, serrer un coussin, s’éloigner, aller voir un adulte. On affiche le thermomètre dans le coin calme.
Phrase clé : "La colère ne donne pas le droit de faire mal. Quand j’ai un souci, j’en parle à un adulte."
Étape 6 : un "petit mot" peut-il faire mal ? (5 minutes)
On présente la sixième illustration. Anh traite Arthur de "caca boudin" quand il est seul, sans Aliénor. Cela peut sembler une petite moquerie, mais certains mots font mal, même s’ils paraissent anodins. Il faut faire la différence entre une taquinerie où tout le monde rit ensemble et une moquerie répétée qui rabaisse.
La question à poser : "Quelle est la différence entre une blague partagée et une moquerie ?"
On explique : "Une blague, tout le monde rit, y compris celui à qui on la fait. Une moquerie, un seul rit, et l’autre a de la peine." On rappelle que les mots peuvent faire mal sans toucher le corps.
Questions à poser aux enfants
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Est-ce que ces mots font rire tout le monde ou seulement celui qui les dit ?
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Quelle est la différence entre une blague partagée et une moquerie ?
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Si les mots sont répétés tous les jours, que se passe-t-il ?
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Est-ce que l’intention de faire rire est la même que l’intention de faire mal ?
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Que se passe-t-il quand la personne n’arrive pas à se défendre ?
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Est-ce que les mots peuvent faire mal sans toucher le corps ?
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Comment réparer après avoir blessé avec des mots ?
Activité : les mots doux et les mots piquants. On dessine deux grands paniers : un panier de fleurs (mots qui font du bien) et un panier de cactus (mots qui piquent). Les enfants proposent des mots pour chaque panier. On ne répète pas les mots piquants à voix haute plusieurs fois : on les écrit une fois et on remplit surtout le panier de fleurs.
Phrase clé : "Mes mots peuvent blesser, je choisis le respect. Je parle pour aider, pas pour faire mal."
Étape 7 : peut-on déranger les autres sans être méchant ? (5 minutes)
On termine avec la septième illustration. Anh ne veut pas faire la sieste. Pendant que les autres enfants essaient de se reposer, il joue du tambour et fait du bruit. Il pense surtout à ce qu’il a envie de faire. Même quand on ne fait rien de méchant, nos actions ont un effet sur les personnes autour de nous.
La question à poser : "Est-ce qu’une activité amusante pour nous peut gêner quelqu’un d’autre ?"
On explique : "Anh ne veut pas être méchant. Il s’amuse. Mais les autres ont besoin de dormir. Nous pouvons tous être parfois celui qui est dérangé, ou celui qui dérange." Cette dernière illustration permet de terminer sur une situation plus légère, où chacun peut se reconnaître.
Questions à poser aux enfants
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Est-ce qu’une activité amusante pour nous peut gêner quelqu’un d’autre ?
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Comment te sentirais-tu si tu essayais de dormir et que quelqu’un faisait beaucoup de bruit ?
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Comment saurais-tu qu’un camarade est dérangé ?
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Pourquoi est-il important de penser aux besoins des autres ?
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Est-ce que cela t’est déjà arrivé de déranger quelqu’un sans le vouloir ?
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Que peux-tu faire quand tu remarques que quelqu’un est gêné par ce que tu fais ?
Activité : les activités calmes. On crée avec les enfants une liste d’activités silencieuses pour ceux qui ne dorment pas pendant le temps de repos : regarder un livre, faire un puzzle, dessiner. On l’illustre et on l’affiche près du dortoir.
Phrase clé : "Ce qui est amusant pour moi peut gêner quelqu’un d’autre."
Étape 8 : afficher les quatre règles pour vivre ensemble dans le respect
Après avoir observé les sept illustrations, on rassemble les élèves. "Comment tout cela a-t-il commencé ?" Avec une tour tombée. Et petit à petit, sans que personne ne s’arrête ni n’en parle, tout le monde a fini par souffrir. On reprend alors les quatre règles du kit.
Les quatre règles à afficher en classe
1. Je parle avec respect.
Je n’insulte pas, je ne me moque pas et je ne donne pas de surnoms blessants. Les mots peuvent faire rire, mais ils peuvent aussi faire très mal au cœur.
2. Je ne laisse personne seul ou exclu.
Je n’organise pas de jeux pour mettre quelqu’un de côté. Être exclu peut rendre triste, honteux ou donner l’impression de ne pas compter.
3. Je respecte le corps et l’espace des autres.
Je ne pousse pas, je ne tape pas, je ne touche pas sans accord. Le corps de chacun mérite d’être respecté, et la peur n’a pas sa place à l’école.
4. Si je vois quelque chose d’injuste, j’en parle.
Je ne participe pas au harcèlement, même pour "faire comme les autres". Se taire peut encourager la situation. Parler à un adulte aide à protéger.
Phrase clé de la séance : "Mes gestes et mes mots ont un effet sur les autres. Je choisis le respect, et si quelque chose est injuste, j’en parle."
Comment adapter cette séance EVAR en petite, moyenne et grande section ?
En petite section (PS), on sélectionne trois illustrations : la tour de Lego, la robe déchirée et la sieste. L’objectif est de comprendre qu’on demande avant de toucher, qu’on respecte les affaires des autres et qu’on pense à ceux qui nous entourent.
En moyenne section (MS), on ajoute les boulettes de papier et le mot blessant. Les élèves découvrent la différence entre une blague partagée et une moquerie, et l’effet des petites méchancetés répétées.
En grande section (GS), on peut exploiter les sept illustrations et aborder le mot "harcèlement", l’effet de groupe et l’escalade de la vengeance. On insiste sur le rôle des témoins.
Dans toutes les sections, on termine en rappelant clairement les adultes à qui les enfants peuvent parler dans l’école.
Quelles activités proposer pour prolonger la séance ?
Le kit "Dans la salle de classe" comprend plusieurs supports complémentaires.
Les puzzles : chaque illustration peut être reconstituée. Une fois le puzzle terminé, les enfants disent comment se sent chaque personnage.
Les coloriages : les enfants retrouvent les scènes de la classe en noir et blanc. On peut leur proposer de dessiner une fin différente, où les personnages se réconcilient.
Le memory : les cartes représentent les scènes du kit. Avec les plus petits, on peut jouer sans compter les points.
Le labyrinthe : les enfants aident Anh à trouver son chemin. L’activité travaille l’attention et le repérage dans l’espace.
Les fiches d’écriture : le kit propose des exercices de tracé des chiffres 1, 2 et 3, accompagnés des personnages.
La littérature jeunesse : le kit fait référence au livre "Le harcèlement" de Carine Simonet, qui aide les enfants à trouver en eux des ressources pour se protéger des moqueries. Il convient plutôt aux plus grands ou peut servir de support à l’adulte.
Ces activités peuvent être proposées en ateliers ou utilisées pour revenir sur les situations après la séance collective.
Comment savoir si les enfants ont compris l’effet de leurs actes sur les autres ?
En maternelle, on observe surtout leur comportement au quotidien et leur façon de réagir aux conflits. Un enfant peut notamment :
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Demander avant de toucher la construction ou les affaires d’un camarade.
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Dire la différence entre une blague où tout le monde rit et une moquerie.
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Expliquer que des petites méchancetés répétées peuvent beaucoup blesser.
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Refuser de suivre un groupe qui se moque.
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Proposer une façon de réparer après un geste qui a fait de la peine.
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Nommer un adulte à qui parler quand quelque chose est injuste.
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Faire attention au bruit pendant le temps de repos.
Pour terminer, on peut montrer l’illustration où Anh pleure seul face au groupe et demander : "Qu’est-ce qu’Arthur aurait pu faire ?" Une réponse possible : "Il aurait pu dire non et aller voir la maîtresse." Tout l’apprentissage de la séance tient dans cette phrase.
Pourquoi utiliser Arthur la Tortue pour parler du respect et du harcèlement en maternelle ?
Parce que le kit montre une histoire où chacun, à un moment, blesse ou est blessé. Les enfants peuvent ainsi comprendre comment une petite maladresse se transforme en vengeance, puis en moqueries répétées, sans qu’on désigne un coupable dans la classe. On peut demander : "À quel moment quelqu’un aurait pu arrêter ?" ou "À qui Anh aurait pu en parler ?". Les enfants découvrent que leurs gestes et leurs mots ont des effets, que la colère n’autorise pas la violence, et que parler à un adulte, c’est protéger.
Arthur la Tortue est un univers illustré qui aide les enfants de 3 à 6 ans, à la maison comme à l’école, à comprendre leurs émotions, leurs limites, le consentement et les relations avec les autres. Parents et enseignants y trouvent des supports communs pour parler d’Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR) avec les mêmes mots.
Les illustrations sont des supports pour ouvrir le dialogue, à accompagner d’une discussion adaptée à l’âge des enfants.
À lire aussi : Conversation autour du stade : comprendre l’effet de ses paroles sur les autres et Conversation autour du poisson d’avril : comprendre que ce qui nous fait rire ne fait pas forcément rire l’autre.
Questions fréquentes
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Comment parler du respect et du harcèlement en maternelle ?
En montrant aux enfants que leurs gestes et leurs mots ont des effets sur les autres, sans désigner de coupable. Le kit « Dans la salle de classe » d’Arthur la Tortue s’appuie sur sept illustrations libres d’interprétation qui font parler petits et grands, de la tour de Lego renversée d’Aliénor jusqu’aux moqueries répétées contre Anh.
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Peut-on parler de harcèlement dès la maternelle ?
Oui, car des moqueries ou des exclusions répétées peuvent exister dès 3 ans. Avec les plus petits, on n’utilise pas forcément le mot « harcèlement », que l’on aborde plutôt en GS, mais on leur apprend à reconnaître ce qui fait mal quand ça se répète et à en parler à un adulte de l’école.
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Quelle est la différence entre un conflit et du harcèlement en maternelle ?
Un conflit est ponctuel et les deux enfants peuvent se défendre. Dans le harcèlement, les gestes ou les mots blessants se répètent, visent souvent le même enfant, et celui-ci n’arrive pas à se défendre, parfois parce qu’il est seul face à plusieurs, comme Anh face à Aliénor et Arthur dans la troisième illustration.
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Comment réagir si un enfant de maternelle dit qu’on se moque de lui tous les jours ?
On l’écoute, on le remercie d’en avoir parlé et on lui dit que ce n’est pas de sa faute. On observe ensuite la situation, on en parle avec l’équipe et la famille, et on suit les procédures prévues par l’école. Les ressources officielles de l’académie sur la lutte contre le harcèlement complètent cette démarche.
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À quel axe du programme EVAR correspond la séance « Dans la salle de classe » et comment l’adapter en PS, MS et GS ?
Elle relève de l’axe 3, « Trouver sa place dans la société, y être libre et responsable », pour 40 à 50 minutes, de préférence sur deux séances. En PS : la tour de Lego, la robe déchirée et la sieste. La MS ajoute les boulettes de papier et le mot blessant ; la GS exploite les sept illustrations.