· De Arthur La Tortue
Conversation autour de Noël : comment parler des différentes familles avec Arthur la tortue ?
Comment parler aux enfants de 3 à 6 ans des familles monoparentales, recomposées ou homoparentales, sans gêner aucun élève ? Les fêtes de Noël peuvent devenir une séance d’Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR) pour les enfants de 3 à 6 ans. À travers neuf illustrations, Anh, Aliénor et Arthur la Tortue fêtent Noël avec une maman et sa compagne, un papa seul, deux mamans, des grands-parents, un oncle et une tante, des beaux-parents ou une demi-sœur. "T’as pas de papa ?" "C’est pas ta vraie sœur." "Moi je fais Noël deux fois !" Ces petites phrases, les enseignants de maternelle les entendent souvent en décembre. Noël met en lumière l’organisation de chaque famille, et les enfants comparent spontanément. C’est tout l’intérêt du kit "À Noël" d’Arthur la Tortue : appréhender, comprendre et respecter les différentes structures familiales, à partir de ce que les enfants observent autour d’eux.
On peut fêter Noël à deux avec un seul parent. On peut le fêter dans deux maisons, ou avec ses grands-parents. On peut aussi découvrir de nouvelles traditions quand la famille s’agrandit. Cette séance s’inscrit dans l’axe 3 du programme d’Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR) : "Trouver sa place dans la société, y être libre et responsable", autour de la notion "Appréhender, comprendre et respecter les différentes structures familiales à partir de ce que l’élève a observé dans son environnement proche".
En bref : parler de la diversité des familles aide chaque enfant à se sentir légitime et à respecter les autres, à la maison comme à l’école. Avec le kit "À Noël" d’Arthur la Tortue, parents et enseignants accompagnent les enfants de 3 à 6 ans pour leur faire découvrir que toutes les familles sont différentes, qu’une famille, ce sont les personnes qui prennent soin de nous, qu’on ne se moque pas des histoires familiales et que la diversité est une richesse.
À la maison ou à l’école : une même conversation pour grandir ensemble
À la maison : feuilletez ensemble un album photo et dessinez l’arbre de votre famille telle qu’elle est, avec ceux qui comptent pour votre enfant. Profitez des fêtes pour parler simplement des familles de ses copains : une maman, deux papas, des grands-parents, une famille recomposée…
À l’école : la séance ci-dessous se mène en grand groupe à partir des illustrations du kit, puis se prolonge dans les moments de vie de la classe.
Ensemble : quand parents et enseignants emploient les mêmes mots et les mêmes repères, l’enfant fait le lien entre ses deux univers. Les étapes et les questions qui suivent peuvent être utilisées telles quelles en classe ou adaptées à la maison, avec un seul enfant ou une fratrie.
Pourquoi parler de la diversité des familles dès la maternelle ?
Dans une même classe de maternelle, les situations familiales sont souvent très variées : parents ensemble ou séparés, un seul parent, deux mamans ou deux papas, beaux-parents, demi-frères et demi-sœurs, grands-parents très présents. Les albums et les images montrent pourtant souvent un seul modèle. Un enfant dont la famille ne ressemble pas à ce modèle peut se sentir "pas normal", ou entendre des remarques blessantes.
Or, une famille, c’est avant tout des personnes qui s’aiment et prennent soin les unes des autres.
Ce n’est ni le nombre de parents ni le fait d’habiter dans une seule maison qui fait une famille. L’objectif n’est pas de demander aux enfants de raconter leur situation familiale. Il est de leur montrer, à travers des personnages, que toutes les familles comptent, et de leur donner des mots pour en parler avec respect.
Comment préparer une séance EVAR sur la diversité des familles à Noël ?
Le kit "À Noël" raconte, à travers le journal d’Anh, une période de fêtes. Anh fête le réveillon chez sa maman et sa compagne, puis Noël chez son papa, sa belle-mère et sa demi-sœur. Arthur prépare la fête avec ses grands-parents, passe le 24 chez son oncle et sa tante, lit une histoire avec son papa et se réveille auprès de sa maman et de son beau-père. Aliénor regarde un album photo avec ses deux mamans.
Fiche de préparation pédagogique
Niveau : petite, moyenne et grande section (PS, MS, GS).
Durée : 45 à 55 minutes, à répartir de préférence sur deux séances.
Programme : Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR).
Axe 3 : Trouver sa place dans la société, y être libre et responsable.
Notion : appréhender, comprendre et respecter les différentes structures familiales à partir de ce que l’élève a observé dans son environnement proche.
Objectif principal : comprendre qu’il existe plusieurs façons de faire famille et qu’elles méritent toutes le même respect.
Objectifs complémentaires : identifier les adultes qui prennent soin de soi, comprendre qu’une famille peut changer, accueillir la tristesse liée à une séparation, découvrir les familles recomposées et la fratrie recomposée, respecter les traditions différentes et ne pas se moquer des histoires familiales.
Matériel : les neuf illustrations du kit, les questions guidées, l’affiche des quatre règles, les puzzles, les coloriages, le memory, le labyrinthe et les fiches d’écriture.
Conseil pédagogique : on parle des personnages, jamais de la famille d’un élève en particulier. On ne demande pas aux enfants de raconter leur situation, mais on accueille ce qu’ils choisissent de partager. On veille aussi aux enfants qui vivent une séparation récente, un deuil ou un placement, pour qui le sujet peut être sensible.
Étape 1 : est-ce que toutes les familles se ressemblent ? (5 minutes)
On commence par la première illustration. Anh célèbre Noël avec sa maman et sa compagne, depuis la séparation de ses parents. Arthur fête Noël avec son papa, qui l’élève seul. Aliénor célèbre Noël avec ses deux mamans. Même si leurs familles sont organisées différemment, chacun partage un moment de fête, d’amour et de joie.
La question à poser : "Est-ce que différent veut dire moins bien ?"
On laisse les enfants décrire les trois familles. On explique : "Il existe plusieurs façons de faire famille. Un papa et une maman, un seul parent, deux mamans, deux papas, ou d’autres personnes importantes. Ce qui compte, c’est l’amour qu’on partage."
Questions à poser aux enfants
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Qu’est-ce qu’une famille pour toi ?
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Est-ce qu’il peut y avoir un parent, deux parents ou d’autres adultes importants ?
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Est-ce que toutes les familles peuvent fêter ensemble ?
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Est-ce que les familles peuvent être différentes ?
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Est-ce que différent veut dire moins bien ?
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Peut-on aimer sa famille même si elle n’est pas comme celle des autres ?
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Pourquoi respecter la famille des autres est important ?
Activité : la guirlande des familles. On découpe des silhouettes de personnages de tailles différentes. Par petits groupes, les enfants composent des familles imaginaires (avec un, deux ou plusieurs adultes, des enfants, des grands-parents). On les accroche sur une guirlande de Noël : toutes les familles y ont leur place.
Phrase clé : "Les familles peuvent être différentes et toutes comptent."
Étape 2 : est-ce que seuls les parents peuvent prendre soin d’un enfant ? (5 minutes)
On présente la deuxième illustration. Arthur ne peut pas préparer Noël avec ses parents cette année. Il le prépare avec ses grands-parents, qui prennent souvent soin de lui. Ensemble, ils fabriquent une couronne de Noël pour la porte, avec du houx et des rubans. Ils bricolent côte à côte et partagent un moment chaleureux.
La question à poser : "Qui prend soin de toi dans ta famille ?"
On laisse répondre ceux qui le souhaitent, sans insister. On explique : "Pour Arthur, ses grands-parents font partie des personnes qui prennent soin de lui. Une famille, ce sont toutes les personnes qui nous aiment et nous protègent."
Questions à poser aux enfants
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Est-ce que seuls les parents peuvent prendre soin d’un enfant ?
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Est-ce que des grands-parents peuvent aussi aimer et aider ?
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Qui prend soin de toi dans ta famille ?
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Est-ce qu’une famille peut être faite de plusieurs personnes importantes ?
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Peut-on habiter parfois avec ses grands-parents ?
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Est-ce qu’on peut se sentir en sécurité avec ses grands-parents ?
Activité : la couronne des personnes qui prennent soin de moi. Chaque enfant fabrique une petite couronne en papier. Sur chaque feuille de houx, il dessine ou fait écrire le prénom d’une personne qui prend soin de lui (parent, grand-parent, nounou, voisin). Les couronnes n’ont pas toutes le même nombre de feuilles, et c’est très bien.
Phrase clé : "Ma famille, ce sont les personnes qui prennent soin de moi."
Étape 3 : un tonton et une tata peuvent-ils prendre soin d’un enfant ? (5 minutes)
On présente la troisième illustration. Arthur passe la journée du 24 avant le réveillon chez son tonton et sa tata, qui l’accueillent avec joie. Quand ses parents ne peuvent pas toujours être disponibles, son oncle et sa tante peuvent aussi prendre soin de lui et lui offrir un cadre rassurant.
La question à poser : "Est-ce qu’il n’y a que les parents qui peuvent aimer un enfant ?"
On explique : "Autour d’un enfant, il peut y avoir beaucoup de personnes qui l’aiment : oncles, tantes, cousins, parrains, marraines. Plus il y a d’adultes qui prennent soin de lui, plus il se sent entouré."
Questions à poser aux enfants
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Est-ce qu’il n’y a que les parents qui peuvent aimer un enfant ?
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Est-ce qu’un tonton ou une tata peut prendre soin d’un enfant ?
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Qui dans ta famille aime passer du temps avec toi ?
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Peut-on se sentir bien chez d’autres personnes de la famille ?
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Est-ce que toutes les familles vivent pareil ?
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Comment se sent-on quand des adultes nous accueillent avec gentillesse ?
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Qui sont les adultes importants autour de toi ?
Activité : le soleil des adultes de confiance. Au centre d’une feuille, l’enfant se dessine. Autour, comme des rayons de soleil, il dessine les adultes importants pour lui. On ne compare pas les dessins : chacun a son propre soleil.
Phrase clé : "Je peux être aimé par plusieurs adultes de ma famille."
Étape 4 : peut-on être heureux dans une famille à deux ? (5 minutes)
On présente la quatrième illustration. Arthur et son papa lisent un livre ensemble pendant le réveillon. Depuis que ses parents sont séparés, ils ont créé à deux cette tradition rien qu’à eux. Son papa s’occupe de lui au quotidien avec beaucoup d’amour et d’attention. Un parent seul peut offrir beaucoup de tendresse, de stabilité et de joie.
La question à poser : "Est-ce que l’amour dépend du nombre de personnes dans la maison ?"
On explique : "Arthur et son papa sont deux, et ils sont heureux. Une famille à deux est une vraie famille. Ce qui compte, c’est le temps qu’on passe ensemble et l’amour qu’on se donne."
Questions à poser aux enfants
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Peut-on faire Noël ou une fête à deux ?
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Est-ce qu’un papa ou une maman seul(e) peut très bien s’occuper d’un enfant ?
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Est-ce qu’on peut être heureux dans une famille à deux ?
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Est-ce que l’amour dépend du nombre de personnes dans la maison ?
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Comment se sent-on quand un adulte passe du temps avec nous ?
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Qu’est-ce qui aide un enfant à se sentir aimé ?
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Est-ce qu’on peut se sentir en sécurité avec un seul parent ?
Activité : notre petite tradition. On invite les enfants à imaginer une "petite tradition" qu’ils aimeraient partager avec un adulte de leur famille (lire une histoire, faire un gâteau, se promener). Ils la dessinent sur une carte à rapporter à la maison.
Phrase clé : "Une famille à deux peut être pleine d’amour."
Étape 5 : peut-on aimer un beau-parent sans oublier son parent ? (5 minutes)
On présente la cinquième illustration. Arthur se réveille le matin de Noël auprès de sa maman et de son beau-père. Au début, il était triste de ne plus fêter Noël comme avant. Il ressentait la nostalgie des anciens moments. Petit à petit, il apprend à connaître son beau-père et découvre sa gentillesse et son envie de partager de bons moments.
La question à poser : "Peut-on aimer une nouvelle personne sans oublier son parent ?"
On explique : "Arthur peut garder de la tendresse pour ce qu’il connaissait avant, tout en faisant de la place à son beau-père. Le cœur peut aimer plusieurs personnes. Et il a le droit d’avoir besoin de temps."
Questions à poser aux enfants
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Est-ce que la famille est toujours la même toute la vie ?
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Est-ce que de nouvelles personnes peuvent entrer dans une famille ?
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C’est quoi un beau-parent ?
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Est-ce qu’un beau-parent peut être gentil et aider ?
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Peut-on aimer une nouvelle personne sans oublier son parent ?
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Est-ce qu’on peut penser à quelqu’un qu’on aime et aimer aussi d’autres personnes ?
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Est-ce que le cœur peut s’habituer doucement ?
Activité : le cœur qui s’agrandit. On dessine un grand cœur au tableau. On y ajoute petit à petit des personnages : parents, beaux-parents, frères, sœurs, grands-parents. On montre que le cœur ne déborde pas, il s’agrandit.
Phrase clé : "Les familles peuvent changer et rester pleines d’amour."
Étape 6 : peut-on découvrir de nouvelles traditions dans sa famille ? (5 minutes)
On présente la sixième illustration. Anh passe un moment avec son papa et sa belle-mère avant les fêtes. Chez son papa, on ne fêtait pas Noël jusque-là, car leurs traditions religieuses sont différentes. Mais sa belle-mère apporte ses propres habitudes, comme décorer un sapin. Anh découvre cette nouvelle tradition avec curiosité et plaisir.
La question à poser : "Est-ce que toutes les familles fêtent les mêmes choses ?"
On explique : "Certaines familles fêtent Noël, d’autres non, d’autres fêtent d’autres fêtes. Quand une famille s’agrandit, chacun peut apporter ses habitudes. On peut garder les siennes et en découvrir de nouvelles." On veille à ne pas présenter Noël comme une fête que tout le monde célèbre.
Questions à poser aux enfants
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Est-ce que toutes les familles fêtent les mêmes choses ?
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Est-ce que toutes les familles se ressemblent ?
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Est-ce que toutes les familles ont les mêmes traditions ?
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Peut-on découvrir de nouvelles fêtes ou décorations ?
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Peut-on garder ses habitudes et en apprendre d’autres ?
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Pourquoi découvrir les traditions des autres peut être joyeux ?
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Est-ce que les nouvelles habitudes peuvent devenir de beaux souvenirs ?
Activité : le calendrier des fêtes. On réalise un calendrier de la classe où chaque famille qui le souhaite peut signaler une fête qu’elle célèbre. On découvre ainsi ensemble des fêtes variées tout au long de l’année.
Phrase clé : "Les familles peuvent être différentes et partager de belles traditions."
Étape 7 : peut-on fêter Noël dans deux maisons ? (5 minutes)
On présente la septième illustration. Anh est avec sa maman. Il est un peu triste, car c’est son premier Noël depuis que ses parents vivent dans deux maisons différentes. Il fête le réveillon du 24 avec sa maman. Le 25, sa maman le déposera chez son papa, où il fêtera aussi Noël. Cela change certaines habitudes, mais l’amour reste présent des deux côtés.
La question à poser : "Est-ce qu’on peut être triste et content en même temps ?"
On explique : "Anh est triste du changement, et il a le droit de l’être. En même temps, il va vivre deux beaux moments, un avec chacun de ses parents. Ses parents l’aiment autant, dans chaque maison." On accueille avec douceur les enfants qui se reconnaissent dans cette situation.
Questions à poser aux enfants
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Est-ce qu’on peut être triste quand les habitudes changent ?
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Est-ce qu’on peut être triste et content en même temps ?
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Est-ce qu’on peut aimer ses deux parents même s’ils n’habitent plus ensemble ?
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Est-ce qu’une famille peut vivre dans deux maisons ?
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Qu’est-ce qui reste pareil même quand les maisons changent ?
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Peut-on avoir une chambre ou des affaires dans deux maisons ?
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Peut-on faire Noël ou une fête dans deux endroits ?
Activité : la météo du cœur. On présente des cartes soleil, nuage et soleil derrière un nuage. On explique que la dernière représente le fait d’être à la fois triste et content. Les enfants qui le souhaitent montrent la carte qui correspond à Anh, puis à eux-mêmes aujourd’hui.
Phrase clé : "Mes parents peuvent vivre dans deux maisons différentes et m’aimer pareil et partout."
Étape 8 : une demi-sœur, est-ce une vraie sœur ? (5 minutes)
On présente la huitième illustration. Anh ouvre les cadeaux le 25 décembre avec son papa, sa belle-mère et sa demi-sœur. Il est heureux de partager ce moment avec elle. Même s’ils n’ont pas exactement les mêmes parents, ils peuvent rire, jouer et créer de beaux souvenirs ensemble. Ce qui compte, ce sont les liens, l’affection et les moments partagés.
La question à poser : "Peut-on aimer une demi-sœur comme une sœur ?"
On explique : "Pour Anh, c’est sa sœur, de cœur et de vie. On ne dit pas à un camarade que son demi-frère ou sa demi-sœur n’est pas un vrai frère ou une vraie sœur."
Questions à poser aux enfants
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C’est quoi une sœur ou un frère ?
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Peut-on aimer une demi-sœur comme une sœur ? Un demi-frère comme un frère ?
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Peut-on jouer ensemble et partager des moments ensemble ?
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Est-ce que tous les frères et sœurs vivent dans la même maison ?
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Est-ce que certaines familles s’agrandissent ?
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Est-ce qu’une famille recomposée est une vraie famille ?
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Pourquoi chaque famille peut être différente ?
Activité : les mots de la famille. On construit ensemble un petit lexique illustré : parent, beau-parent, demi-frère, demi-sœur, grand-parent, oncle, tante, cousin. On explique chaque mot simplement, en insistant sur le fait que ce sont tous des mots pour parler de personnes qui comptent.
Phrase clé : "Les familles peuvent grandir de différentes façons."
Étape 9 : que raconte l’album photo d’Aliénor et de ses deux mamans ? (5 minutes)
On termine avec la neuvième illustration. Aliénor est assise entre ses deux mamans lors du réveillon. Toutes les trois regardent un album photo qui raconte leur histoire : comment ses mamans se sont rencontrées, sont tombées amoureuses, puis ont décidé d’avoir Aliénor. Ses mamans lui expliquent avec douceur qu’elle est née d’un grand projet d’amour, combien elles l’ont désirée et attendue.
La question à poser : "Est-ce que ce qui compte le plus, c’est le nombre de parents ou l’amour qu’on reçoit ?"
On explique : "Aliénor a été attendue et désirée. Savoir cela la rassure et la rend fière de son histoire." On reste sur l’idée d’amour et d’histoire familiale, sans entrer dans des explications techniques qui ne correspondent pas à l’âge des enfants.
Questions à poser aux enfants
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Est-ce que c’est rassurant de savoir qu’on a été attendu·e ?
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Comment ton cœur se sent quand on te dit que tu as été fait·e avec amour ?
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Est-ce que toutes les familles se ressemblent ?
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Est-ce que ce qui compte le plus, c’est le nombre de parents ou l’amour qu’on reçoit ?
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Pourquoi c’est important de connaître son histoire ?
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Comment ton corps se sent quand tu te sens aimé·e ? Est-ce que l’amour aide à se sentir en sécurité ?
Activité : mon histoire en images. On propose aux familles qui le souhaitent de prêter une ou deux photos de l’enfant bébé. En classe, chacun montre sa photo et dit, s’il le veut, une chose qu’on lui a racontée sur sa naissance ou sa petite enfance. Les enfants sans photo peuvent dessiner.
Phrase clé : "Je suis né·e d’une histoire d’amour et je suis profondément aimé·e."
Étape 10 : afficher les quatre règles pour respecter toutes les familles
Après avoir observé les neuf illustrations, on rassemble les élèves. "Pendant Noël, est-ce qu’Anh, Arthur et Aliénor avaient la même famille ?" Non. Et pourtant, chacun a vécu des moments d’amour. On reprend alors les quatre règles du kit.
Les quatre règles à afficher en classe
1. Toutes les familles sont différentes.
À Noël, certains sont avec leurs deux parents, d’autres avec un seul, deux mamans, deux papas, des beaux-parents ou des grands-parents. Une famille, c’est avant tout des personnes qui s’aiment et prennent soin les unes des autres.
2. Je ne me moque pas des histoires familiales.
Chaque enfant a une organisation familiale qui lui est propre. Poser des questions avec respect, sans juger ni comparer, est important. Je ne dis pas "ce n’est pas une vraie famille" ou "ce n’est pas normal".
3. La diversité des familles est une richesse.
Chaque histoire familiale est unique. Certaines familles sont différentes de la mienne, et c’est normal. La diversité fait grandir notre compréhension du monde.
4. Je parle avec bienveillance et tolérance.
Si un camarade a une réalité différente de la mienne, je respecte sa réalité. Le respect construit un climat de sécurité pour tous. Si j’entends une moquerie ou une remarque injuste, je peux dire que ce n’est pas respectueux.
Phrase clé de la séance : "Toutes les familles sont différentes, et toutes peuvent s’aimer très fort."
Comment adapter cette séance EVAR en petite, moyenne et grande section ?
En petite section (PS), on sélectionne trois illustrations : les trois familles, les grands-parents et la lecture avec papa. L’objectif est de comprendre qu’il existe plusieurs façons de faire famille et que plusieurs adultes peuvent prendre soin d’un enfant.
En moyenne section (MS), on ajoute l’oncle et la tante, les deux maisons et la demi-sœur. Les élèves découvrent que les familles peuvent vivre dans deux maisons et s’agrandir.
En grande section (GS), on peut exploiter les neuf illustrations et approfondir les familles recomposées, les traditions différentes et la façon de réagir à une remarque blessante.
Dans toutes les sections, on reste attentif aux réactions des enfants et on ne force jamais la parole sur leur propre famille.
Quelles activités proposer pour prolonger la séance ?
Le kit "À Noël" comprend plusieurs supports complémentaires.
Les puzzles : chaque illustration peut être reconstituée. Une fois le puzzle terminé, les enfants décrivent la famille représentée.
Les coloriages : les enfants retrouvent les scènes de Noël en noir et blanc et racontent ce que chaque famille partage.
Le memory : les cartes représentent les scènes du kit. Avec les plus petits, on peut jouer sans compter les points.
Le labyrinthe : les enfants aident Anh à trouver son chemin. L’activité travaille l’attention et le repérage dans l’espace.
Les fiches d’écriture : le kit propose des exercices de tracé des chiffres 1, 2 et 3, accompagnés des personnages.
La littérature jeunesse : le kit fait référence à l’album "Le dé-mariage" de Babette Cole, l’histoire humoristique de deux enfants qui organisent le "dé-mariage" de leurs parents. Il permet d’aborder la séparation avec légèreté, plutôt avec les plus grands.
Ces activités peuvent être proposées en ateliers ou utilisées pour revenir sur les situations après la séance collective.
Comment savoir si les enfants ont compris que toutes les familles comptent ?
En maternelle, on observe surtout la façon dont les enfants parlent des familles, la leur et celles des autres. Un enfant peut notamment :
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Dire qu’il existe plusieurs façons de faire famille.
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Nommer des personnes qui prennent soin de lui.
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Expliquer qu’une famille peut vivre dans deux maisons.
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Utiliser les mots beau-parent, demi-frère ou demi-sœur sans moquerie.
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Dire qu’on peut être triste et content en même temps.
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Réagir à une remarque comme "ce n’est pas une vraie famille".
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S’intéresser aux traditions d’une autre famille.
Pour terminer, on peut montrer l’illustration des trois familles et demander : "Qu’est-ce qui est pareil dans ces trois familles ?" Une réponse possible : "Ils s’aiment tous." Tout l’apprentissage de la séance tient dans cette phrase.
Pourquoi utiliser Arthur la Tortue pour parler des familles en maternelle ?
Parce que parler de la famille touche à l’intime, et que les personnages permettent d’en parler sans exposer les élèves. En suivant Anh, Arthur et Aliénor pendant les fêtes, chaque enfant peut reconnaître une partie de sa propre histoire, ou découvrir celle d’un camarade. On peut demander : "Qui prend soin d’Arthur ?" ou "Comment se sent Anh le jour de Noël ?". Les enfants découvrent que toutes les familles sont légitimes, que l’amour ne dépend ni du nombre de parents ni du nombre de maisons, et qu’on parle de la famille des autres avec respect.
Arthur la Tortue est un univers illustré qui aide les enfants de 3 à 6 ans, à la maison comme à l’école, à comprendre leurs émotions, leurs limites, le consentement et les relations avec les autres. Parents et enseignants y trouvent des supports communs pour parler d’Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR) avec les mêmes mots.
Les illustrations sont des supports pour ouvrir le dialogue, à accompagner d’une discussion adaptée à l’âge des enfants.
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Questions fréquentes
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Comment parler des différentes familles en maternelle sans mettre un élève mal à l’aise ?
En parlant des personnages, jamais de la famille d’un élève en particulier, et sans demander aux enfants de raconter leur situation. Le kit « À Noël » d’Arthur la Tortue s’appuie sur neuf illustrations libres d’interprétation qui font parler petits et grands : Anh, sa maman et sa compagne, Arthur et son papa, Aliénor et ses deux mamans.
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Comment parler des familles homoparentales en maternelle ?
Simplement, comme d’une famille parmi d’autres : « Aliénor a deux mamans. » Les enfants de 3 à 6 ans acceptent généralement bien cette réalité quand elle est présentée sans détour. On répond à leurs questions avec des mots justes et adaptés à leur âge, en restant sur l’amour et le soin, comme avec l’album photo d’Aliénor.
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Faut-il éviter de parler de Noël en classe de maternelle ?
Non, mais on évite de présenter Noël comme une fête universelle : toutes les familles ne le célèbrent pas, et certaines le fêtent sans dimension religieuse. Le kit « À Noël » aborde justement la diversité des traditions, avec Anh qui découvre le sapin grâce à sa belle-mère, alors que chez son papa on ne fêtait pas Noël.
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Comment accompagner un enfant de maternelle qui vit une séparation récente de ses parents ?
On accueille ses émotions sans les minimiser, on lui rappelle que ses deux parents l’aiment et on prévient discrètement la famille si le sujet a été abordé en classe. Comme Anh, triste et content à la fois, il peut fêter Noël dans deux maisons. En cas de grande difficulté, on en parle avec l’équipe et les personnes ressources de l’école.
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À quel axe EVAR correspond la séance sur la diversité des familles et combien de temps dure-t-elle ?
Elle relève de l’axe 3 du programme EVAR publié au Bulletin officiel n°6 du 6 février 2025, « Trouver sa place dans la société, y être libre et responsable ». Elle dure 45 à 55 minutes, de préférence sur deux séances. La PS travaille trois illustrations, la MS en ajoute trois, la GS exploite les neuf.