Des sessions EVAR clés en main, pour aborder des sujets sensibles avec justesse et cadre.

De Arthur La Tortue

Conversation autour du poisson d’avril : comment comprendre que ce qui nous fait rire ne fait pas forcément rire l’autre avec Arthur la tortue ?

Comment expliquer aux enfants de 3 à 6 ans qu’une blague n’est drôle que si l’autre rit aussi ? Le 1er avril peut devenir une séance d’Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR) pour les enfants de 3 à 6 ans. À travers cinq illustrations, Anh, l’ami d’Arthur la Tortue, colle des poissons dans le dos d’Aliénor, cache un coussin péteur sous sa chaise, l’asperge avec une fleur arrosoir, lui fait peur avec un masque et lui fait sentir des fleurs alors qu’elle est allergique. À chaque fois, il rit. Aliénor, elle, ne rit pas. "C’est pour rire !" "T’as pas d’humour !" "Encore une fois !" Ces petites phrases, les enseignants de maternelle et les parents les entendent souvent. Les enfants adorent faire des blagues, mais ils ne voient pas toujours que l’autre ne s’amuse pas. C’est tout l’intérêt du kit "Poisson d’avril" d’Arthur la Tortue : comprendre que ce qui nous fait rire ne fait pas forcément rire l’autre, et apprendre à tenir compte de son ressenti.

On peut aimer les blagues et respecter un camarade qui ne les aime pas. On peut rire d’un bruit de pet sans se moquer de la personne. On peut aussi s’arrêter dès que l’autre ne trouve plus ça drôle. Cette séance s’inscrit dans l’axe 3 du programme d’Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR) : "Trouver sa place dans la société, y être libre et responsable", autour de la notion "Comprendre que ce qui nous fait rire ne fait pas forcément rire l’autre, et apprendre à tenir compte de son ressenti pour construire des relations positives".

En bref : l’humour est un bel outil de lien, à la maison comme à l’école, à condition de regarder la réaction de l’autre. Avec le kit "Poisson d’avril" d’Arthur la Tortue, parents et enseignants aident les enfants de 3 à 6 ans à vérifier que leur blague amuse aussi l’autre, à ne pas faire peur ou mal pour faire rire, à respecter le corps et les préférences de chacun, et à s’arrêter dès que l’autre ne rit plus.

À la maison ou à l’école : une même conversation pour grandir ensemble

À la maison : les blagues en famille sont l’occasion idéale de s’entraîner : après une farce, demandez à chacun « Est-ce que ça t’a fait rire, toi aussi ? ». Montrez l’exemple en vous arrêtant dès que votre enfant ne rit plus, même au milieu d’une partie de chatouilles.

À l’école : la séance ci-dessous se mène en grand groupe à partir des illustrations du kit, puis se prolonge dans les moments de vie de la classe.

Ensemble : quand parents et enseignants emploient les mêmes mots et les mêmes repères, l’enfant fait le lien entre ses deux univers. Les étapes et les questions qui suivent peuvent être utilisées telles quelles en classe ou adaptées à la maison, avec un seul enfant ou une fratrie.

Pourquoi parler des blagues et du ressenti de l’autre dès la maternelle ?

À l’âge de la maternelle, les enfants découvrent l’humour avec beaucoup de joie : les surprises, les grimaces, les bruits rigolos. Ils aiment faire rire, et ils répètent volontiers une blague qui a marché. Mais ils ont encore du mal à se mettre à la place de l’autre et à voir que leur camarade est gêné, mouillé, effrayé ou mal à l’aise.

Or, une bonne blague se termine quand l’un des deux ne rit plus.

Faire rire, c’est partager un moment avec quelqu’un. Si un seul rit, ce n’est plus partagé. L’objectif n’est pas d’interdire les blagues ou le poisson d’avril. Il est d’apprendre aux enfants à regarder la réaction de l’autre, à respecter ce qu’il aime ou n’aime pas, et à s’arrêter à temps.

Comment préparer une séance EVAR sur les blagues et le respect du ressenti ?

Le kit "Poisson d’avril" raconte, à travers le journal d’Anh, un 1er avril plein de blagues. Anh colle des poissons dans le dos d’Aliénor, qui n’aime pas cette tradition. Il cache un coussin péteur sous sa chaise, l’asperge avec sa fleur arrosoir de clown, surgit derrière un masque effrayant, puis approche des fleurs de son nez pour la faire éternuer, sans savoir qu’elle est allergique au pollen.

Fiche de préparation pédagogique

Niveau : petite, moyenne et grande section (PS, MS, GS).

Durée : 30 à 40 minutes.

Programme : Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR).

Axe 3 : Trouver sa place dans la société, y être libre et responsable.

Notion : comprendre que ce qui nous fait rire ne fait pas forcément rire l’autre, et apprendre à tenir compte de son ressenti pour construire des relations positives.

Objectif principal : comprendre qu’une blague doit amuser les deux personnes et savoir s’arrêter quand l’autre ne rit pas.

Objectifs complémentaires : accepter qu’un camarade ne participe pas à une tradition, respecter la pudeur, demander avant d’éclabousser, ne pas faire peur pour rire, croire l’autre quand il dit que quelque chose le gêne et respecter les réactions du corps.

Matériel : les cinq illustrations du kit, les questions guidées, l’affiche des quatre règles, les puzzles, les coloriages, le memory, le labyrinthe et les fiches d’écriture. Pour les prolongements : poissons en papier, ruban adhésif repositionnable.

Conseil pédagogique : la séance trouve naturellement sa place juste avant le 1er avril. On peut la conclure en préparant ensemble un poisson d’avril "respectueux", par exemple en demandant à chacun s’il souhaite recevoir un poisson dans le dos ou plutôt sur sa table.

Étape 1 : est-on obligé d’aimer une tradition parce que les autres l’aiment ? (5 minutes)

On commence par la première illustration. Anh a préparé des poissons d’avril et commence à en coller dans le dos d’Aliénor. Mais Aliénor ne trouve pas cette tradition amusante du tout. Elle regarde Anh d’un air agacé et refuse de participer. Même lorsqu’une tradition encourage à faire des blagues, chacun peut décider de ne pas y participer.

La question à poser : "Est-ce qu’on peut dire non même si tout le monde le fait ?"

On explique : "Aliénor a le droit de ne pas aimer le poisson d’avril. Ne pas participer, ce n’est pas rejeter ses camarades. On peut faire partie du groupe sans faire exactement comme les autres."

Questions à poser aux enfants

  • Est-ce qu’on est obligé d’aimer une tradition parce que les autres l’aiment ?

  • Comment peut-on savoir si une blague fait rire l’autre ?

  • Que peut-on faire si quelqu’un ne veut pas participer à une blague ?

  • Est-ce qu’on peut dire "non" même si "tout le monde le fait" ?

  • Comment peut-on s’amuser sans déranger ou mettre quelqu’un mal à l’aise ?

  • Est-ce qu’une blague est encore drôle si l’autre personne ne rit pas ?

  • Peut-on participer à une fête ou à une tradition d’une autre manière ?

  • Comment peut-on respecter quelqu’un qui ne trouve pas les mêmes choses amusantes que nous ?

Activité : mon poisson, mon choix. Chaque enfant décore un poisson en papier. Ensuite, il choisit où il aimerait en recevoir un : dans le dos, sur sa table ou pas du tout. On affiche les choix avec une gommette, et on fait le poisson d’avril en respectant chaque réponse.

Phrase clé : "Une tradition peut me faire rire sans faire rire les autres. Je regarde leur réaction et je respecte leur choix."

Étape 2 : est-ce que tout le monde trouve les pets rigolos ? (5 minutes)

On présente la deuxième illustration. Anh a caché un coussin péteur sous le siège d’Aliénor. Quand elle s’assoit, Anh et Arthur sont morts de rire. Mais Aliénor est très gênée. Les blagues autour des pets la gênent énormément et elle n’aime pas du tout être au centre de ce type de plaisanterie.

La question à poser : "Est-ce différent de rire d’un bruit de pet et de rire de la personne ?"

On accepte que les enfants rient : les pets font souvent rire à cet âge. On explique ensuite : "Rire d’un bruit, c’est une chose. Mais faire croire que c’est Aliénor qui a pété devant tout le monde, ça peut lui faire honte. Certaines personnes préfèrent que ce qui touche à leur corps reste discret."

Questions à poser aux enfants

  • Est-ce que tout le monde trouve les pets rigolos ?

  • Pourquoi peut-on être gêné quand on pète devant les autres ?

  • Pourquoi rigole-t-on parfois quand quelqu’un d’autre pète ?

  • Est-ce différent de rire d’un bruit de pet et de rire de la personne qui a pété ?

  • Pourquoi certaines personnes parlent facilement des pets et d’autres pas du tout ?

  • Que peut-on faire si une blague de pet a rendu quelqu’un très gêné ?

  • Est-ce qu’on peut rire des pets tout en respectant la pudeur des autres ?

Activité : le rire partagé. On lit une petite histoire drôle avec des bruits rigolos (un album avec des animaux qui font des bruits, par exemple). Tout le monde rit ensemble, sans que personne ne soit visé. On compare avec la scène du coussin péteur : quelle différence ?

Phrase clé : "Un pet peut me faire rire, mais il peut gêner l’autre. Si l’autre ne rit pas, j’arrête."

Étape 3 : peut-on éclabousser quelqu’un juste parce que ça nous fait rire ? (5 minutes)

On présente la troisième illustration. Anh joue au clown sur son monocycle. Pour faire rire ses amis, il utilise sa fleur arrosoir et asperge Aliénor. Anh trouve sa blague très drôle, mais Aliénor déteste être mouillée et ne rit pas du tout. Certaines personnes adorent être éclaboussées, d’autres détestent la sensation de l’eau sur leurs vêtements ou leur corps.

La question à poser : "Est-ce différent d’être éclaboussé quand on s’y attend et quand on ne s’y attend pas ?"

On explique : "Quand on a choisi de jouer à la bataille d’eau, être mouillé, c’est rigolo. Quand on ne s’y attend pas et qu’on n’aime pas ça, c’est désagréable. Avant d’éclabousser, on demande."

Questions à poser aux enfants

  • Est-ce différent d’être éclaboussé quand on s’y attend et quand on ne s’y attend pas ?

  • Est-ce qu’on peut éclabousser quelqu’un juste parce que nous, ça nous fait rire ?

  • Si quelqu’un dit "arrête", est-ce qu’on peut envoyer encore une petite éclaboussure pour rigoler ?

  • Est-ce qu’une petite éclaboussure peut être très désagréable pour quelqu’un ?

  • Que peut-on faire avant d’arroser quelqu’un pour jouer ?

  • Que peut-on faire si on a éclaboussé quelqu’un et qu’on découvre que cela l’a vraiment dérangé ?

Activité : j’aime, je n’aime pas. On présente plusieurs sensations (être mouillé, être chatouillé, recevoir des confettis, entendre un grand bruit). Pour chacune, les enfants lèvent un carton vert (j’aime) ou rouge (je n’aime pas). On constate que les réponses sont très différentes d’un enfant à l’autre.

Phrase clé : "Avant d’éclabousser, je demande. Si l’autre n’aime pas être mouillé, j’arrête."

Étape 4 : faire peur pour rire, est-ce toujours drôle ? (5 minutes)

On présente la quatrième illustration. Anh se cache derrière un masque effrayant et surgit devant Aliénor en criant "Bouh !" pour lui faire peur. Il trouve l’idée très amusante, mais Aliénor déteste être surprise et ne trouve pas du tout drôle qu’on lui fasse peur. Certains aiment sursauter et en rire juste après, d’autres restent effrayés ou mal à l’aise.

La question à poser : "Peut-on avoir très peur même si l’autre faisait seulement semblant ?"

On explique : "Anh faisait semblant, mais la peur d’Aliénor, elle, est vraie. Son cœur bat vite, son corps sursaute. Faire peur pour rire n’est amusant que si l’autre peut aussi en rire."

Questions à poser aux enfants

  • Est-ce que tout le monde aime qu’on lui fasse "Bouh !" par surprise ?

  • Que se passe-t-il dans notre corps quand quelqu’un nous fait peur d’un coup ?

  • Peut-on avoir très peur même si l’autre faisait seulement semblant ?

  • Pourquoi l’effet de surprise peut-il rendre quelque chose encore plus effrayant ?

  • Si quelqu’un nous dit qu’il déteste qu’on lui fasse peur, peut-on recommencer "juste pour rire" ?

Activité : le cœur qui bat. On demande aux enfants de poser la main sur leur cœur au calme, puis après avoir sauté sur place. On explique que, quand on a peur, le cœur bat aussi très vite, et que cela peut durer même après la blague.

Phrase clé : "Faire peur peut me faire rire, mais l’autre peut vraiment avoir peur. Je respecte ce qu’il ressent."

Étape 5 : est-ce drôle de faire éternuer quelqu’un exprès ? (5 minutes)

On termine avec la cinquième illustration. Anh trouve très drôle d’approcher des fleurs de lys du nez d’Aliénor, car à chaque fois elle éternue. Il recommence, sans comprendre qu’Aliénor est allergique au pollen. Pour elle, ce n’est pas amusant : son corps réagit à quelque chose qui la gêne et qu’elle ne contrôle pas.

La question à poser : "Pourquoi faut-il croire quelqu’un lorsqu’il nous dit que quelque chose le gêne ?"

On explique : "Éternuer, tousser, avoir les yeux qui piquent, ce sont des réactions du corps. Aliénor ne décide pas d’éternuer. Si quelque chose fait réagir son corps, on ne recommence pas pour rire, même si on ne comprend pas pourquoi."

Questions à poser aux enfants

  • Est-ce drôle de faire éternuer quelqu’un exprès ?

  • Est-ce qu’on peut rire d’un éternuement sans se moquer de la personne ?

  • Pourquoi faut-il s’arrêter lorsqu’on voit que le corps de quelqu’un réagit mal à quelque chose ?

  • Est-ce que quelqu’un peut être gêné même si nous ne comprenons pas pourquoi ?

  • Pourquoi faut-il croire quelqu’un lorsqu’il nous dit que quelque chose lui fait du mal ou le gêne ?

Activité : les signaux du corps. On montre des images d’enfants qui éternuent, toussent, se frottent les yeux, sursautent. Les enfants disent ce que la personne ressent peut-être et ce qu’on peut faire pour l’aider (s’arrêter, demander "ça va ?", prévenir un adulte).

Phrase clé : "Si quelque chose fait réagir le corps de l’autre, je ne recommence pas pour rire."

Étape 6 : afficher les quatre règles pour faire des blagues qui font rire tout le monde

Après avoir observé les cinq illustrations, on rassemble les élèves. "Pendant ce 1er avril, qui a ri ?" Anh, et parfois Arthur. "Et Aliénor ?" Jamais. On comprend alors que ces blagues n’étaient pas partagées. On reprend les quatre règles du kit.

Les quatre règles à afficher en classe

1. Je vérifie que ma blague amuse aussi l’autre.

Ce qui me fait beaucoup rire peut gêner, énerver ou ne pas faire rire mon camarade. Je regarde sa réaction et j’en tiens compte.

2. Je ne fais pas peur ou mal pour faire rire.

Je ne profite pas de l’effet de surprise pour effrayer quelqu’un, et je ne fais rien qui puisse lui faire mal ou provoquer une réaction désagréable de son corps.

3. Je respecte le corps et les préférences de chacun.

Je ne mouille pas, ne touche pas et ne mets pas quelque chose sur quelqu’un qui n’en a pas envie. Même le 1er avril, chacun garde ses limites.

4. J’arrête dès que l’autre ne trouve plus ça drôle.

Si mon camarade dit "stop", s’éloigne, semble gêné, triste ou en colère, je ne recommence pas. Une bonne blague se termine quand l’un des deux ne rit plus.

Phrase clé de la séance : "Une blague, c’est drôle quand on rit tous les deux. Si l’autre ne rit pas, j’arrête."

Comment adapter cette séance EVAR en petite, moyenne et grande section ?

En petite section (PS), on sélectionne trois illustrations : les poissons dans le dos, la fleur arrosoir et le masque. L’objectif est de comprendre qu’on regarde si l’autre rit, et qu’on s’arrête s’il ne rit pas.

En moyenne section (MS), on ajoute le coussin péteur. Les élèves découvrent la différence entre rire d’une chose et rire de quelqu’un, et la notion de gêne.

En grande section (GS), on peut exploiter les cinq illustrations, y compris les fleurs et l’allergie, et approfondir l’idée qu’on croit l’autre quand il dit que quelque chose le gêne, même si on ne comprend pas pourquoi.

Dans toutes les sections, on termine sur une note joyeuse : les blagues sont permises, à condition qu’elles fassent rire tout le monde.

Quelles activités proposer pour prolonger la séance ?

Le kit "Poisson d’avril" comprend plusieurs supports complémentaires.

Les puzzles : chaque illustration peut être reconstituée. Une fois le puzzle terminé, les enfants disent si Aliénor rit ou non, et comment on le voit.

Les coloriages : les enfants retrouvent les scènes du 1er avril en noir et blanc et peuvent dessiner le visage d’Aliénor après une blague qui l’aurait vraiment fait rire.

Le memory : les cartes représentent les scènes du kit. Avec les plus petits, on peut jouer sans compter les points, juste pour le plaisir.

Le labyrinthe : les enfants aident Anh à trouver son chemin. L’activité travaille l’attention et le repérage dans l’espace.

Les fiches d’écriture : le kit propose des exercices de tracé des chiffres 1, 2 et 3, accompagnés des personnages.

La littérature jeunesse : le kit fait référence à l’album "Le livre coquin" de Cédric Ramadier, un livre farceur qui disparaît, fait semblant de dormir et fait sursauter la petite souris. Il permet de parler, en riant, des surprises et de la façon dont chacun les vit.

Ces activités peuvent être proposées en ateliers ou utilisées pour revenir sur les situations après la séance collective.

Comment savoir si les enfants ont compris que l’humour doit être partagé ?

En maternelle, on observe surtout leur façon de jouer et de plaisanter avec les autres. Un enfant peut notamment :

  • Regarder la réaction d’un camarade après une blague.

  • Dire la différence entre rire avec quelqu’un et rire de quelqu’un.

  • S’arrêter quand l’autre dit stop ou ne rit pas.

  • Demander avant d’éclabousser ou de faire une surprise.

  • Accepter qu’un camarade ne veuille pas participer à une blague.

  • Expliquer qu’on ne fait pas peur pour rire à quelqu’un qui n’aime pas ça.

  • Croire un camarade qui dit que quelque chose le gêne.

Pour terminer, on peut montrer l’illustration du masque et demander : "Comment Anh peut-il savoir si sa blague est drôle ?" Une réponse possible : "Il regarde si Aliénor rit aussi." Tout l’apprentissage de la séance tient dans cette phrase.

Pourquoi utiliser Arthur la Tortue pour parler des blagues et du ressenti en maternelle ?

Parce que l’humour est un sujet que les enfants adorent, et qu’il est plus facile de voir le visage contrarié d’Aliénor sur une illustration que dans le feu d’un jeu. En observant Anh qui rit seul, ils comprennent que la blague n’était pas partagée. On peut demander : "Est-ce qu’Aliénor rit ?" ou "Quelle blague pourrait faire rire Aliénor aussi ?". Les enfants découvrent qu’on peut garder le plaisir des blagues tout en respectant le corps, les goûts et les émotions des autres.

Arthur la Tortue est un univers illustré qui aide les enfants de 3 à 6 ans, à la maison comme à l’école, à comprendre leurs émotions, leurs limites, le consentement et les relations avec les autres. Parents et enseignants y trouvent des supports communs pour parler d’Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR) avec les mêmes mots.

Les illustrations sont des supports pour ouvrir le dialogue, à accompagner d’une discussion adaptée à l’âge des enfants.

À lire aussi : Conversation autour de la salle de classe : comprendre l’effet de ses actes sur les autres et Conversation autour d’un goûter d’anniversaire déguisé : respecter les choix et l’imagination de chacun.

Questions fréquentes

  • Comment expliquer en maternelle qu’une blague n’est drôle que si l’autre rit aussi ?

    En apprenant aux enfants à regarder la réaction de l’autre et à s’arrêter dès qu’il ne rit plus. Le kit « Poisson d’avril » d’Arthur la Tortue propose cinq illustrations libres d’interprétation qui font parler petits et grands : Anh rit de ses farces, du coussin péteur au masque effrayant, tandis qu’Aliénor, elle, ne rit jamais.

  • Faut-il interdire le poisson d’avril à l’école maternelle ?

    Non, c’est une tradition joyeuse que beaucoup d’enfants de 3 à 6 ans adorent. On peut simplement l’accompagner : demander à chacun s’il souhaite recevoir un poisson dans le dos, sur sa table ou pas du tout, et rappeler qu’on arrête dès que l’autre n’aime pas, comme Aliénor qui refuse cette tradition.

  • Comment apprendre à un enfant de maternelle la différence entre une blague et une moquerie ?

    Avec une règle simple : une blague, on rit tous ensemble ; une moquerie, un seul rit et l’autre a de la peine. On aide l’enfant à regarder le visage de l’autre pour savoir où il en est. Rire d’un bruit de pet n’est pas pareil que rire d’Aliénor gênée par le coussin péteur.

  • Que faire quand un enfant de maternelle répète une blague alors que l’autre a dit stop ?

    On intervient calmement, on nomme ce que ressent l’autre enfant, par exemple « Regarde, il n’aime pas ça », et on rappelle la règle : quand l’autre dit stop, on s’arrête tout de suite. On peut ensuite proposer une autre façon de jouer qui plaise aux deux enfants, sans peur ni contact imposé.

  • À quel axe EVAR correspond la séance « Poisson d’avril » et combien de temps dure-t-elle en maternelle ?

    Elle relève de l’axe 3, « Trouver sa place dans la société, y être libre et responsable », et dure 30 à 40 minutes, idéalement juste avant le 1er avril. En PS : les poissons dans le dos, la fleur arrosoir et le masque. La MS ajoute le coussin péteur ; la GS exploite les cinq illustrations.