Des sessions EVAR clés en main, pour aborder des sujets sensibles avec justesse et cadre.

De Arthur La Tortue

Conversation autour du supermarché : comment reconnaître une situation de danger avec un inconnu et oser en parler avec Arthur la tortue ?

Comment apprendre aux enfants de 3 à 6 ans à reconnaître une situation dangereuse avec un inconnu, et à oser en parler ? Une sortie au supermarché peut devenir une séance d’Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR) pour les enfants de 3 à 6 ans. À travers sept illustrations, Aliénor, l’amie d’Arthur la Tortue, se retrouve seule quelques instants dans les rayons et rencontre plusieurs inconnus aux comportements inquiétants : un regard insistant, un geste étrange, des sucettes offertes, une tentative de l’emmener, un "petit secret", un bisou volé. "Il avait l’air gentil." "Il m’a donné un bonbon." "Il a dit de ne pas le dire à papa." Les messages de prudence que l’on donne aux enfants ("ne parle pas aux inconnus") sont souvent trop flous pour les aider vraiment. Un inconnu peut être souriant, gentil, généreux. Ce qui compte, ce n’est pas son apparence, mais ce qu’il fait et ce que l’enfant ressent. C’est tout l’intérêt du kit "Au supermarché" d’Arthur la Tortue.

On peut avoir envie d’un bonbon et le refuser. On peut crier très fort pour se protéger. On peut raconter ce qu’un inconnu a fait, même s’il a demandé de garder le secret. Cette séance s’inscrit dans l’axe 2 du programme d’Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR) : "Rencontrer les autres et construire des relations, s’y épanouir", autour de la notion "Savoir reconnaître une situation de danger avec un inconnu et oser en parler".

En bref : plutôt que de dire "méfie-toi des inconnus", parents et enseignants peuvent apprendre aux enfants à reconnaître des comportements dangereux et à écouter leur malaise. Avec le kit "Au supermarché" d’Arthur la Tortue, les enfants de 3 à 6 ans retiennent des réflexes simples, valables partout : rester près de l’adulte qui les accompagne, refuser les cadeaux d’un inconnu, dire non, crier et aller vers un adulte du magasin si quelqu’un veut les emmener, et raconter tout de suite ce qui les a mis mal à l’aise, même si on leur a demandé de garder le secret.

À la maison ou à l’école : une même conversation pour grandir ensemble

À la maison : profitez des prochaines courses pour rejouer la situation : « Si tu ne me vois plus, que fais-tu ? ». Montrez-lui les caisses et les personnes en uniforme vers qui aller, et rappelez-lui qu’il ne sera jamais grondé pour vous avoir raconté quelque chose qui l’a gêné.

À l’école : la séance ci-dessous se mène en grand groupe à partir des illustrations du kit, puis se prolonge dans les moments de vie de la classe.

Ensemble : quand parents et enseignants emploient les mêmes mots et les mêmes repères, l’enfant fait le lien entre ses deux univers. Les étapes et les questions qui suivent peuvent être utilisées telles quelles en classe ou adaptées à la maison, avec un seul enfant ou une fratrie.

Pourquoi apprendre à reconnaître un danger avec un inconnu dès la maternelle ?

À 3, 4 ou 5 ans, les enfants sont naturellement confiants. Ils répondent à un sourire, acceptent volontiers un bonbon et pensent qu’un adulte gentil ne peut pas leur vouloir du mal. Ils ont aussi tendance à s’éloigner sans y penser dans les grands magasins, attirés par un rayon ou un jouet. Ces moments sont souvent anodins, mais ils peuvent exposer l’enfant à des situations qu’il ne sait pas encore reconnaître.

Or, le corps de l’enfant sait souvent avant lui que quelque chose ne va pas.

Apprendre à écouter ce malaise, à s’éloigner sans attendre et à en parler tout de suite donne à l’enfant des outils concrets. Lui dire qu’il a le droit de crier, de dire non à un adulte et de refuser un cadeau l’autorise à se protéger. L’objectif n’est pas de faire peur aux enfants ni de leur faire croire que tous les inconnus sont dangereux. La plupart ne le sont pas. Il est de leur apprendre à repérer les signaux d’alerte et à savoir quoi faire.

Comment préparer une séance EVAR sur la sécurité face aux inconnus ?

Le kit "Au supermarché" raconte, à travers le journal d’Aliénor, des courses avec son papa. Aliénor s’éloigne à plusieurs reprises et se retrouve face à des inconnus. À chaque fois, elle s’éloigne, refuse, crie ou rejoint un adulte de confiance, puis raconte ce qui s’est passé.

Fiche de préparation pédagogique

Niveau : petite, moyenne et grande section (PS, MS, GS).

Durée : 30 à 40 minutes, à répartir de préférence sur deux séances.

Programme : Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR).

Axe 2 : Rencontrer les autres et construire des relations, s’y épanouir.

Notion : savoir reconnaître une situation de danger avec un inconnu et oser en parler.

Objectif principal : reconnaître les comportements d’un inconnu qui doivent alerter et connaître les gestes de mise en sécurité.

Objectifs complémentaires : écouter son malaise, rester dans le champ de vision de l’adulte accompagnant, refuser un cadeau, dire non et crier pour se protéger, distinguer surprise et secret, refuser un contact non demandé, identifier les adultes ressources dans un magasin.

Matériel : les sept illustrations du kit, les questions guidées, l’affiche des quatre règles, les puzzles, les coloriages, le memory, le labyrinthe, les fiches d’écriture et les deux extraits de littérature jeunesse.

Conseil pédagogique : certaines illustrations évoquent des comportements à caractère sexuel (regard sous la jupe, exhibition). On les nomme sobrement ("un comportement très étrange", "il regarde sous sa jupe") sans détailler. On ne joue jamais le rôle de l’inconnu. Si un élève se confie, on l’écoute à part, on ne promet pas le secret et on suit le protocole de protection de l’enfance de l’école.

Étape 1 : pourquoi Aliénor descend-elle vite de l’escabeau ? (5 minutes)

On commence par la première illustration. Aliénor est montée sur un escabeau pour attraper des œufs placés en hauteur. Un inconnu en profite pour regarder sous sa jupe avec insistance. Aliénor se sent mal à l’aise. Elle descend, s’éloigne et va rejoindre un adulte de confiance.

La question à poser : "Est-ce que notre corps peut nous dire qu’une situation ne nous plaît pas ?"

On explique : "Aliénor n’a pas besoin de comprendre exactement ce que fait cet homme. Elle sent que ce regard la gêne, et cela suffit. Elle a bien fait de s’éloigner et d’en parler." On aide les enfants à nommer les signaux du malaise : ventre serré, envie de partir, cœur qui bat vite.

Questions à poser aux enfants

  • Est-ce que notre corps peut parfois nous dire qu’une situation ne nous plaît pas ?

  • Comment peut-on savoir que l’on est mal à l’aise ?

  • A-t-on le droit de s’éloigner d’une personne qui nous met mal à l’aise ?

  • Est-ce que l’on doit toujours écouter son ressenti ?

  • Quels adultes de confiance peux-tu aller voir ?

  • Pourquoi est-il important de raconter ce qu’il s’est passé ?

Activité : mon alarme intérieure. On compare le malaise à une petite alarme qui sonne dans le corps. Les enfants dessinent l’endroit où elle sonne chez eux (ventre, cœur, gorge) et ce qu’ils font quand elle sonne : s’éloigner et le dire.

Phrase clé : "Mon corps peut me prévenir quand une situation ne me paraît pas normale."

Étape 2 : que fait Aliénor quand un inconnu a un comportement très étrange ? (5 minutes)

On présente la deuxième illustration. Un inconnu adopte un comportement très étrange qui fait peur à Aliénor : il lui montre quelque chose sous son manteau. Aliénor s’éloigne immédiatement et va chercher un adulte de confiance pour raconter ce qui s’est passé.

La question à poser : "Pourquoi ne faut-il pas garder ce genre de situation pour soi ?"

On présente la scène sans détailler. On explique : "Certains inconnus peuvent avoir des comportements qui ne sont pas normaux. Ce n’est jamais la faute de l’enfant. Aliénor n’a pas à rester près de lui. Elle part et elle le dit tout de suite, pour que les adultes puissent protéger les autres enfants aussi."

Questions à poser aux enfants

  • Est-ce normal qu’un inconnu fasse peur à un enfant ?

  • Que peux-tu faire si un inconnu a un comportement qui te met mal à l’aise ?

  • Est-il important de s’éloigner d’une situation qui fait peur ?

  • À qui peux-tu demander de l’aide ?

  • Où pourrais-tu aller pour être en sécurité ?

  • Pourquoi ne faut-il pas garder ce genre de situation pour soi ?

Activité : les endroits sûrs du magasin. À partir d’un plan simple de supermarché, les enfants repèrent les endroits où aller chercher de l’aide : les caisses, l’accueil, un agent de sécurité, l’adulte qui les accompagne.

Phrase clé : "Si un inconnu me fait peur ou me met mal à l’aise, je m’éloigne et j’en parle tout de suite à un adulte de confiance."

Étape 3 : pourquoi Aliénor refuse-t-elle les sucettes de l’inconnu ? (5 minutes)

On présente la troisième illustration. Un inconnu propose des sucettes à Aliénor. Elles lui font très envie, mais elle se souvient que les inconnus ne cherchent pas toujours à aider les enfants. Elle refuse, s’éloigne et rejoint l’adulte qui l’accompagne.

La question à poser : "Est-ce qu’un cadeau veut toujours dire que la personne est gentille ?"

On explique : "Aliénor avait très envie des sucettes. Refuser, ce n’était pas facile. Mais un cadeau d’un inconnu n’est pas une raison pour le suivre ou lui faire confiance. On peut dire ‘non merci’ et aller demander à son parent." On valorise l’effort : résister à une envie est une vraie force.

Questions à poser aux enfants

  • Est-ce qu’un inconnu peut parfois proposer un cadeau ?

  • Est-ce qu’un cadeau veut toujours dire que la personne est gentille ?

  • Est-il prudent de suivre un inconnu parce qu’il offre quelque chose ?

  • Que peux-tu faire si un inconnu t’offre un cadeau ?

  • Pourquoi est-il important de rester avec l’adulte qui t’accompagne ?

  • Est-ce que tu as le droit de dire "non merci" ?

Activité : non merci, je demande à mon parent. Les enfants répètent cette phrase en chœur, puis l’associent à un geste : main levée, demi-tour, retour vers l’adulte. On montre qu’on peut être poli et prudent en même temps.

Phrase clé : "Je n’accepte pas de cadeaux d’un inconnu sans l’accord de mon adulte de confiance."

Étape 4 : que fait Aliénor quand un inconnu veut l’emmener avec lui ? (5 minutes)

On présente la quatrième illustration. Un inconnu essaie d’emmener Aliénor contre sa volonté. Elle ne veut pas le suivre. Elle se débat, crie très fort et appelle à l’aide. Des adultes du magasin entendent ses appels, interviennent rapidement et la mettent en sécurité.

La question à poser : "A-t-on le droit de dire non si quelqu’un veut nous emmener ?"

On explique : "Oui, et on a même le droit de crier très fort. D’habitude, on ne crie pas dans un magasin. Mais quand quelqu’un veut nous emmener sans l’accord de notre adulte, crier est la bonne chose à faire. Les adultes autour viendront aider." On insiste : ce n’est jamais la faute de l’enfant.

Questions à poser aux enfants

  • A-t-on le droit de dire "non" si quelqu’un veut nous emmener ?

  • Que ferais-tu si quelqu’un voulait t’emmener sans l’accord de ton adulte ?

  • Quels mots pourrais-tu dire très fort ?

  • Où pourrais-tu aller pour trouver de l’aide ?

  • Pourquoi n’est-ce jamais de ta faute si quelqu’un essaie de t’emmener ?

  • Pourquoi est-il important de rester avec un adulte de confiance après un événement qui fait peur ?

Activité : ma voix de lion. Dans la cour, les enfants s’entraînent à crier très fort "NON ! Je ne te connais pas ! À l’aide !". On explique que cette voix-là est réservée aux situations de danger.

Phrase clé : "Si quelqu’un veut m’emmener contre ma volonté, je dis NON, je crie et je vais vers des adultes qui peuvent me protéger."

Étape 5 : pourquoi Aliénor n’a-t-elle jamais besoin de suivre un inconnu ? (5 minutes)

On présente la cinquième illustration. Un inconnu essaie d’emmener Aliénor dans le rayon poisson. Elle résiste, essaie de se dégager et appelle de toutes ses forces à l’aide. Les adultes du magasin interviennent immédiatement pour la mettre en sécurité.

La question à poser : "Qui pourrais-tu aller voir dans un magasin si tu avais peur ?"

On compare avec l’illustration précédente pour ancrer le réflexe. On explique : "Peu importe ce que dit l’inconnu (‘viens voir’, ‘ta maman t’attend là-bas’), un enfant n’a jamais besoin de le suivre. Les adultes qui travaillent dans le magasin sont là pour aider." On liste ensemble ces adultes : caissier, agent de sécurité, personne à l’accueil.

Questions à poser aux enfants

  • A-t-on le droit de dire "non" si quelqu’un veut nous emmener quelque part ?

  • Est-ce une bonne idée d’appeler très fort à l’aide ?

  • Que ferais-tu si un inconnu voulait t’emmener avec lui ?

  • Qui pourrais-tu aller voir dans un magasin si tu avais peur ?

  • Pourquoi n’as-tu jamais besoin de suivre un inconnu ?

Activité : je reste dans le champ de vision. Lors d’un jeu dans la cour, on définit une zone où les enfants voient toujours l’adulte. On joue à "Est-ce que je vois la maîtresse ?" pour qu’ils prennent l’habitude de vérifier.

Phrase clé : "J’ai le droit de faire beaucoup de bruit pour me protéger."

Étape 6 : pourquoi le "petit secret" de l’inconnu doit-il être raconté ? (5 minutes)

On présente la sixième illustration. Aliénor essaie d’attraper un produit en hauteur. Un adulte la soulève. Au début, elle croit que c’est pour l’aider, mais l’inconnu en profite pour faire quelque chose qu’elle n’aime pas. Il la repose et lui chuchote : "Ça reste entre toi et moi. C’est notre petit secret. Personne d’autre ne doit le savoir." Aliénor trouve cette demande étrange.

La question à poser : "Est-ce qu’un adulte devrait demander un secret à un enfant ?"

On explique : "Non. Un adulte bienveillant n’interdit jamais à un enfant de parler à ses parents. Quand quelqu’un dit ‘c’est notre secret’, c’est un signal d’alerte." On rappelle la différence entre une surprise, qu’on partage vite et qui fait plaisir, et un secret qui gêne, qu’on raconte toujours.

Questions à poser aux enfants

  • Est-ce que tous les secrets sont faits pour être gardés ?

  • Quelle est la différence entre une surprise et un secret ?

  • Comment sais-tu qu’un secret ne te fait pas du bien ?

  • Ton corps peut-il t’aider à comprendre ce que tu ressens ?

  • Est-ce qu’un adulte devrait demander un secret à un enfant ?

  • Est-ce qu’un secret peut devenir plus léger quand on le raconte ?

Activité : surprise ou secret ? On présente plusieurs situations (un cadeau pour mamie, un inconnu qui dit "ne dis rien", une fête surprise). Les enfants les rangent dans deux boîtes : "surprise" ou "secret à raconter".

Phrase clé : "Un secret qui me dérange peut toujours être raconté."

Étape 7 : un inconnu peut-il faire un bisou à Aliénor sans lui demander ? (5 minutes)

On termine avec la septième illustration. Un inconnu trouve Aliénor très mignonne et lui fait un bisou sur la joue sans lui demander son accord. Aliénor est surprise et se sent mal à l’aise. Elle s’éloigne aussitôt et va raconter ce qui s’est passé à un adulte de confiance.

La question à poser : "Est-ce que l’on peut se sentir gêné même si une personne dit être gentille ?"

On explique : "L’inconnu pense peut-être être gentil. Mais personne n’a le droit de faire un bisou à un enfant sans lui demander. Le corps d’Aliénor lui appartient, même dans un magasin." On rappelle qu’Aliénor a bien fait d’en parler, même si ce geste paraissait petit.

Questions à poser aux enfants

  • A-t-on le droit de refuser un bisou ?

  • Pourquoi est-il important de demander avant de toucher quelqu’un ?

  • Est-ce que l’on peut se sentir gêné même si une personne dit être gentille ?

  • Que peux-tu dire si tu ne veux pas être embrassé ?

  • Quels adultes de confiance peux-tu aller voir si une situation te met mal à l’aise ?

  • Que peux-tu faire si une personne te touche sans que tu en aies envie ?

Activité : qui peut me faire un bisou ? On dessine trois cercles : les personnes de ma famille, les personnes que je connais un peu, les inconnus. On rappelle que même dans le premier cercle, un bisou se fait seulement si l’enfant est d’accord, et que les inconnus ne font pas de bisous aux enfants.

Phrase clé : "Mon corps m’appartient. Personne ne peut me faire un bisou sans me demander si je suis d’accord."

Étape 8 : afficher les quatre règles de sécurité au supermarché

Pour terminer, on revient sur les sept illustrations. "Qu’a fait Aliénor à chaque fois ?" Elle s’est éloignée, a refusé, a crié ou a rejoint un adulte, puis elle a raconté. On reprend alors les quatre règles du kit.

Les quatre règles à afficher en classe

1. Je reste près de l’adulte qui m’accompagne.

Au supermarché, je reste dans le champ de vision de mon parent ou accompagnant. Si un adulte inconnu me parle ou me demande de le suivre, je ne m’éloigne pas.

2. Un adulte ne me demande pas de garder un secret.

Si un adulte inconnu me dit : "Ne dis rien à tes parents", ce n’est pas un secret normal. Un adulte bienveillant n’interdit jamais à un enfant de parler à ses parents.

3. Si je me sens mal à l’aise, j’en parle tout de suite.

Même si je ne sais pas expliquer pourquoi, si quelque chose me paraît "bizarre", je peux le dire. Mon ressenti est important et mérite d’être écouté.

4. Mon corps m’appartient, même dans un lieu public.

Un adulte inconnu n’a pas le droit de me toucher, de me prendre en photo ou de me demander quelque chose qui me met mal à l’aise. Si cela arrive, je m’éloigne et je vais vers un adulte de confiance (parent, caissier, agent de sécurité).

Phrase clé de la séance : "Si un inconnu me met mal à l’aise, je m’éloigne, je dis non et je le raconte tout de suite."

Comment adapter cette séance EVAR en petite, moyenne et grande section ?

En petite section (PS), on sélectionne trois illustrations : les sucettes, l’inconnu qui veut emmener Aliénor et le bisou. L’objectif est de retenir trois réflexes : non merci, je crie, je le dis.

En moyenne section (MS), on ajoute le "petit secret" et l’escabeau. Les élèves découvrent la différence entre surprise et secret et apprennent à écouter leur malaise.

En grande section (GS), on peut exploiter les sept illustrations, y compris l’inconnu au manteau, et travailler le repérage des adultes ressources dans un magasin.

Dans toutes les sections, on rappelle que la plupart des inconnus sont gentils, et que ce sont les comportements, pas les visages, qui doivent alerter.

Quelles activités proposer pour prolonger la séance ?

Le kit "Au supermarché" comprend plusieurs supports complémentaires.

Les puzzles et les coloriages : chaque scène peut être reconstituée ou coloriée. On demande aux enfants ce qu’Aliénor a fait pour se protéger.

Le memory : les cartes représentent les scènes du kit. Avec les plus petits, on joue sans compter les points.

Le labyrinthe : les enfants suivent un chemin illustré avec les personnages, l’occasion de rappeler qu’on reste près de son adulte dans les rayons.

Les fiches d’écriture : le kit propose des exercices de tracé des chiffres 1, 2 et 3.

La littérature jeunesse : le kit contient deux extraits. "L’intimité et le consentement" de Manon Paulic distingue le jardin secret, auquel chacun a droit, des secrets qui mettent en danger et qu’il faut confier à un adulte de confiance. "Les pansements invisibles" de Baptiste Beaulieu raconte une enfant qui n’aime pas qu’une commerçante lui touche les cheveux et le menton.

Ces activités peuvent être proposées en ateliers ou utilisées pour revenir sur les situations après la séance collective.

Comment savoir si les enfants savent réagir face à un inconnu ?

En maternelle, on vérifie surtout que les réflexes sont connus et que les enfants osent en parler. Un enfant peut notamment :

  • Expliquer qu’il reste près de l’adulte qui l’accompagne.

  • Dire "non merci" à un cadeau d’inconnu.

  • Savoir qu’il peut crier pour se protéger.

  • Nommer des adultes ressources dans un magasin.

  • Distinguer une surprise d’un secret qui gêne.

  • Dire qu’un inconnu n’a pas le droit de le toucher ou de l’embrasser.

  • Raconter tout de suite ce qui l’a mis mal à l’aise.

Pour terminer, on peut demander : "Si un monsieur te disait ‘viens, je vais te montrer des jouets’, que ferais-tu ?" Une réponse possible : "Je dis non et je retourne voir mon papa." Quand la réponse vient sans hésitation, le réflexe est en place.

Pourquoi utiliser Arthur la Tortue pour parler de la sécurité face aux inconnus ?

Parce que les messages de prévention sont plus efficaces quand ils s’appuient sur des situations concrètes que l’enfant peut visualiser. En suivant Aliénor dans les rayons du supermarché, les élèves découvrent des comportements précis et des réponses précises. On peut demander : "Qu’a fait Aliénor quand l’inconnu lui a proposé des sucettes ?" ou "Pourquoi a-t-elle crié ?". Les enfants repartent avec des réflexes clairs et la certitude qu’ils ont le droit de se protéger et d’en parler.

Arthur la Tortue est un univers illustré qui aide les enfants de 3 à 6 ans, à la maison comme à l’école, à comprendre leurs émotions, leurs limites, le consentement et les relations avec les autres. Parents et enseignants y trouvent des supports communs pour parler d’Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR) avec les mêmes mots.

Les illustrations sont des supports pour ouvrir le dialogue, à accompagner d’une discussion adaptée à l’âge des enfants.

À lire aussi : Conversation autour de l’avion : apprendre à demander de l’aide et Conversation autour de la colonie de vacances : les comportements interdits, même avec un adulte.

Questions fréquentes

  • Comment apprendre à un enfant de maternelle à reconnaître une situation de danger avec un inconnu ?

    Plutôt que « méfie-toi des inconnus », on lui apprend à repérer des comportements précis et à écouter son malaise. Avec le kit « Au supermarché » d’Arthur la Tortue, les enfants de 3-6 ans voient Aliénor face à des sucettes offertes ou un « petit secret » : elle s’éloigne, refuse, crie puis raconte.

  • Faut-il dire aux enfants de maternelle de ne jamais parler aux inconnus ?

    Non, cette règle est trop floue : un enfant perdu peut avoir besoin de parler à une caissière ou à un agent de sécurité. Il vaut mieux lui apprendre ce qu’un inconnu ne doit pas faire : le toucher, lui offrir des cadeaux, lui demander de le suivre ou de garder un secret.

  • Comment réagir en maternelle si un inconnu veut emmener un enfant au supermarché ?

    Par trois réflexes répétés : dire non très fort, crier « À l’aide, je ne te connais pas ! » et courir vers son parent ou un adulte du magasin. Dans le kit « Au supermarché », Aliénor crie et les adultes du magasin la mettent en sécurité. On précise que ce n’est jamais la faute de l’enfant.

  • À quel axe du programme EVAR correspond la séance sur le danger avec un inconnu en maternelle ?

    Elle s’inscrit dans l’axe 2 de l’EVAR, « Rencontrer les autres et construire des relations, s’y épanouir », notion « Savoir reconnaître une situation de danger avec un inconnu et oser en parler ». Le kit « Au supermarché » propose sept illustrations, pour 30 à 40 minutes réparties de préférence sur deux séances.

  • Comment expliquer la différence entre surprise et secret à des enfants de 3-6 ans ?

    Une surprise fait plaisir, dure peu et finit toujours par être partagée. Un secret qui gêne met mal à l’aise et doit toujours être raconté à un adulte de confiance. Les illustrations libres d’interprétation d’Arthur la Tortue, qui font parler petits et grands, s’appuient sur le « petit secret » chuchoté à Aliénor.