Des sessions EVAR clés en main, pour aborder des sujets sensibles avec justesse et cadre.

De Arthur La Tortue

Développer l’empathie et l’entraide autour de la déficience visuelle : séance en CP de l’École St Joseph de Cherbourg

Cette séance EVAR a eu lieu dans une classe de CP de l’École St Joseph de Cherbourg, dans un contexte particulièrement riche et concret. L’enseignante a choisi de s’appuyer sur une situation réelle vécue par les élèves pour travailler un enjeu fondamental du programme : développer l’empathie, la tolérance et l’entraide au quotidien (Axe 3 : Trouver sa place dans la société, y être libre et responsable). À travers le thème “Dans la rue”, les enfants ont été invités à réfléchir à la manière dont chacun peut agir pour aider l’autre, en particulier lorsqu’un camarade vit une situation de handicap, ici la déficience visuelle.

Comprendre la déficience visuelle pour mieux développer l’empathie chez l’enfant

Au cœur de cette séance, un élève déficient visuel a pris la parole pour expliquer son quotidien dans la rue. Ce moment a été déterminant dans la compréhension des autres élèves. En décrivant ses déplacements avec une canne blanche, accompagnée d’un éducateur spécialisé, il a permis à ses camarades de mettre des mots sur une réalité qu’ils connaissaient peu.

Cette prise de parole a donné une dimension profondément humaine à la séance. Les enfants ne sont plus restés dans l’abstrait : ils ont pu associer la notion d’empathie à une situation réelle, incarnée par un camarade de classe. Cela favorise un apprentissage durable, car l’émotion et la compréhension sont directement liées à l’expérience vécue.

L’entraide dans la rue : une situation concrète pour apprendre à agir

Le thème “Dans la rue” a permis d’ancrer les apprentissages dans le quotidien des enfants. Ils ont échangé sur les comportements à adopter face à une personne en situation de handicap visuel : proposer son aide, respecter le rythme de l’autre, ne pas imposer son intervention, ou encore être attentif aux dangers de l’environnement.

Les discussions ont été riches et spontanées. Les élèves ont rapidement compris que l’entraide ne signifie pas faire à la place de l’autre, mais accompagner avec respect. Cette nuance est essentielle dans le développement de compétences sociales et citoyennes dès le plus jeune âge.

Le choix de personnages animaux, comme dans l’univers d’Arthur la tortue, a également facilité la projection. Les enfants ont pu s’exprimer librement, sans gêne ni jugement, ce qui renforce la qualité des échanges.

Développer la tolérance et l’inclusion à l’école primaire

Cette séance a permis d’aborder de manière naturelle la question de la différence et de l’inclusion. La déficience visuelle est devenue un point d’entrée pour parler de tolérance, d’acceptation et de respect des particularités de chacun.

Le fait de donner la parole à l’élève concerné a été particulièrement puissant. Il ne s’agit plus seulement de parler “des autres”, mais d’écouter et de comprendre une réalité vécue. Cela contribue à construire une culture de classe plus inclusive, où chaque élève trouve sa place.

Les élèves ont ainsi appris que chacun peut avoir des besoins différents et que ces différences ne doivent pas être un frein à la relation, mais au contraire une opportunité de développer des liens plus forts et plus respectueux.

Le jeu et la mise en situation pour renforcer l’apprentissage de l’empathie

Pour prolonger les échanges, certains élèves ont utilisé des marionnettes afin de créer de petites saynètes autour du thème de la rue et de l’entraide. Ce type d’activité permet aux enfants de rejouer des situations, d’expérimenter différents comportements et d’ancrer les apprentissages dans l’action.

Le passage par le jeu est essentiel à cet âge. Il permet de transformer des notions parfois complexes, comme l’empathie ou le handicap, en expériences accessibles et concrètes. Les enfants deviennent acteurs de leurs apprentissages, ce qui favorise leur engagement et leur compréhension.

Le coloriage proposé en fin de séance a également permis de prolonger le temps de réflexion, en offrant un moment plus calme et individuel pour intégrer les notions abordées.

Une pédagogie EVAR au service du vivre ensemble et de la responsabilité

Cette séance illustre pleinement la portée de l’Axe 3 du programme EVAR : aider les enfants à trouver leur place dans la société en étant libres et responsables. En travaillant sur l’empathie, la tolérance et l’entraide, les élèves développent des compétences essentielles pour vivre ensemble.

L’approche pédagogique proposée, basée sur des supports concrets, des échanges guidés et des mises en situation, montre toute son efficacité. Elle permet aux enfants de réfléchir, de s’exprimer et de construire progressivement leur compréhension du monde social.

En s’appuyant sur des situations réelles et sur la parole des enfants, cette séance contribue à former des élèves plus attentifs aux autres, capables d’agir avec respect et bienveillance dans leur environnement quotidien.

L'illustration qui a retenu leur attention

Sur cette image, on voit Anh qui court pour aider une inconnue aveugle à traverser la rue. Le feu est rouge pour les voitures, mais elles commencent déjà à klaxonner. Anh remarque que la dame hésite à avancer, car elle ne peut pas voir le passage piéton. Sans attendre qu’on le lui demande, Anh s’approche doucement, lui propose son aide et l’accompagne pour traverser en sécurité. L’inconnue le remercie chaleureusement pour son aide. L’empathie, c’est remarquer quand quelqu’un a besoin d’aide, même si on ne le connaît pas.

Illustration Arthur la tortue - J’aide avec prudence et respect.

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FAQ

Questions fréquentes sur l'apprentissage du respect des différences et de l'empathie en maternelle
  • L'écueil le plus fréquent à cet âge est de glisser vers une représentation du handicap qui suscite la pitié plutôt que la compréhension. La distinction est importante : la pitié isole, l'empathie rapproche. Pour des enfants de 6 ans, il s'agit de partir de ce que la personne peut faire, de ce dont elle a besoin pour le faire, et de ce que les autres peuvent apporter concrètement. Des supports illustrés avec des personnages accessibles, comme ceux de l'univers d'Arthur la tortue, permettent d'aborder ces sujets en douceur, sans dramatiser.

  • C'est une pratique répandue, mais qui mérite d'être utilisée avec précaution. Selon plusieurs travaux en éducation inclusive, la simulation de handicap peut produire l'effet inverse de celui recherché : elle réduit une réalité complexe à une expérience momentanée, et peut renforcer des représentations négatives plutôt que de les nuancer. Une discussion guidée à partir de situations concrètes vécues par des personnages ou d'images commentées reste souvent plus efficace et moins réductrice à cet âge. Le programme EVAR privilégie d'ailleurs les approches par le dialogue et la réflexion collective.

  • La déficience visuelle peut s'inscrire dans au moins deux des trois axes du programme EVAR : l'axe 2 (rencontrer les autres et construire des relations) à travers la notion d'entraide et d'adaptation aux besoins de l'autre, et l'axe 3 (trouver sa place dans la société, y être libre et responsable) à travers la compréhension que chaque personne a le droit d'être incluse et respectée dans sa singularité. Ce type de séance, comme celle menée à l'école St Joseph de Cherbourg, illustre comment un thème concret peut traverser plusieurs compétences psychosociales en une seule session.

  • Des activités comme guider un camarade verbalement sans le toucher, décrire un espace ou un objet sans montrer, ou encore lire les émotions d'un personnage qui ne voit pas bien dans une illustration sont particulièrement bien adaptées. Ces exercices développent à la fois l'empathie, la communication précise et la coopération, trois compétences psychosociales explicitement visées par le programme EVAR. Un kit pédagogique structuré autour de cette thématique, comme ceux disponibles sur le site Arthur la tortue, aide l'enseignant à articuler ces moments sans les laisser trop ouverts.

  • Pour un enfant de 6 ou 7 ans, cette distinction peut être traduite très simplement : la pitié, c'est se sentir triste pour quelqu'un ; l'empathie, c'est essayer de comprendre ce que cette personne ressent vraiment, et se demander ce qu'on peut faire. Un débat à partir d'une situation illustrée, où un personnage a besoin d'aide mais aussi de ne pas être traité différemment dans tous les contextes, donne aux enfants des outils concrets pour affiner cette réflexion. Le programme EVAR insiste sur cette nuance dans le développement des compétences psychosociales.

  • Non, à condition d'adapter le niveau d'abstraction. Dès la grande section, les objectifs du programme EVAR incluent de "découvrir les ressemblances et les différences entre les autres et soi" et "respecter les autres dans leur différence". Le handicap visuel est un exemple particulièrement accessible parce que la vision est un sens que les enfants connaissent et expérimentent au quotidien. Il suffit d'ancrer la discussion dans des situations de vie concrètes plutôt que dans des explications médicales. C'est l'approche que privilégie l'univers d'Arthur la tortue : partir du vécu des enfants pour aller vers la notion.

  • Le principal risque est de présenter le handicap comme une condition uniquement limitative, sans montrer les adaptations, les compétences développées par compensation, et la diversité des situations. Une séance bien construite commence toujours par les représentations spontanées des élèves, les accueille sans les valider automatiquement, puis les fait travailler à partir de situations réelles ou fictives qui nuancent le tableau. Le rôle des questions guidées d'un kit pédagogique est précisément d'éviter que la séance reste au niveau des clichés initiaux des enfants.

  • Le programme EVAR place explicitement la lutte contre les discriminations dans ses principes fondateurs, notamment celles liées à la "singularité" de chacun. Une séance sur la déficience visuelle peut donc s'inscrire dans cette perspective plus large : comprendre que les différences ne définissent pas une hiérarchie entre les personnes, et que chacun a le droit d'occuper sa place entièrement dans l'espace scolaire et social. Cette articulation entre thème concret et valeurs républicaines est d'ailleurs ce qui distingue les meilleures séances EVAR des simples activités de sensibilisation au handicap.