Des sessions EVAR clés en main, pour aborder des sujets sensibles avec justesse et cadre.

De Arthur La Tortue

Même déguisé, on garde les règles lors de Mardi gras : séance en CP-CE1 de l’école St-Joseph Les Loges-Marchis

Cette séance EVAR a eu lieu après les vacances de février, dans une classe de CP-CE1 à l’École Saint-Joseph de Les Loges-Marchis (50600). Un moment idéal pour s’appuyer sur une fête souvent très populaire à l’école : le carnaval, qui réunit petits et grands autour d’un moment de joie et de partage. L’enseignante avait téléchargé le kit pédagogique consacré à Mardi Gras, dont l’objectif est clair : développer des relations sociales constructives (Axe 2 : Rencontrer les autres et construire des relations, s’y épanouir).

Une séance EVAR ancrée dans le réel du quotidien scolaire

À l’approche du carnaval scolaire, les enfants attendent souvent avec impatience Mardi Gras, les costumes et la fête avec leurs camarades. Pourtant, ces moments festifs sont aussi des occasions idéales pour travailler le respect des règles et des autres, notamment dans le cadre du programme EVAR (Éducation à la Vie Affective et Relationnelle).

À l’École Primaire Saint‑Joseph située à Les Loges-Marchis, dans la Manche en Normandie, une classe de CP-CE1 a ainsi participé à une séance EVAR organisée au retour des vacances, juste avant la célébration du carnaval de l’école. L’établissement accueille des élèves de la maternelle au primaire dans un cadre éducatif favorisant l’épanouissement et la vie collective. 

L’enseignante explique :

« Première séance EVAR avec CP-CE1 sur Mardi Gras. Les questions aident la réflexion. »

Pourquoi parler de respect avant le carnaval ?

Le carnaval est un moment joyeux : on se déguise, on danse, on joue et on rit ensemble. Mais cette atmosphère festive peut aussi générer beaucoup d’excitation émotionnelle chez les enfants.

Les enseignants savent que ces moments sont particulièrement intéressants pour travailler :

  • la gestion de l’excitation

  • le respect des règles collectives

  • la capacité à dire stop

  • l’attention portée aux autres

Car même si les enfants portent un costume, les règles du vivre-ensemble restent les mêmes.

Des questions simples pour aider les enfants à réfléchir

Pour préparer les élèves au carnaval, l’enseignante a proposé une discussion collective autour de questions accessibles à des enfants de 6 à 7 ans.

Les questions posées aux élèves étaient :

  • Est-ce agréable de faire la fête avec d’autres enfants ?

  • Que ressens-tu quand tu joues ou danses avec tes copains ?

  • Est-ce que le fait d’être déguisé change les règles ?

  • A-t-on toujours le droit de dire stop pendant la fête ?

  • Comment peut-on jouer sans bousculer ni faire mal ?

  • Est-ce que chacun peut participer à sa manière ?

  • Comment faire pour que tout le monde se sente bien ?

Ces échanges permettent aux enfants de comprendre que la fête est un moment collectif, où chacun doit pouvoir s’amuser en sécurité.

Ce que les enfants apprennent sur le plan psychologique

Derrière ces questions simples se trouvent plusieurs apprentissages importants pour le développement social des enfants.

Le plaisir partagé soutient le développement social

Faire la fête avec ses camarades permet aux enfants de découvrir la joie d’un plaisir partagé. Ils apprennent que les moments collectifs sont plus agréables lorsque chacun respecte les autres.

L’excitation émotionnelle nécessite un cadre

Les fêtes scolaires génèrent beaucoup d’énergie. Les enfants comprennent que les règles servent à protéger le plaisir du groupe.

Le déguisement peut modifier les comportements

Porter un costume peut parfois donner l’impression de pouvoir agir différemment ou tester les limites. La discussion permet de rappeler que le respect reste le même, costume ou non.

La fête est un terrain d’apprentissage relationnel

Le carnaval devient ainsi un véritable laboratoire social : les enfants apprennent à jouer ensemble, à écouter les autres et à réguler leurs comportements.

Une phrase clé pour le carnaval

À la fin de la séance, tous les enfants ont répété une phrase simple pour garder en tête l’essentiel :

« Même déguisé, je respecte les autres.
Je m’amuse sans faire mal aux autres. »

Cette phrase résume parfaitement l’objectif pédagogique de la séance.

Mardi Gras : un moment idéal pour apprendre le vivre-ensemble

Le carnaval scolaire est bien plus qu’une fête. Il peut devenir un moment d’apprentissage précieux pour les enfants :

  • respecter les autres pendant les jeux

  • comprendre que chacun peut participer à sa manière

  • apprendre à dire stop et respecter les limites

  • gérer l’excitation d’un moment festif

En préparant les élèves à ces situations, les enseignants permettent aux enfants de comprendre que la liberté de s’amuser va toujours avec le respect des autres.

Et finalement, la règle reste simple :

Même déguisé, on reste respectueux. Le carnaval est plus beau quand tout le monde se sent bien.

Paroles recoltées

  • Veiller sur les autres (faire attention aux petits).
  • Être gentil.
  • On ne critique pas les déguisements = dire qu’ils sont beaux.
  • On respecte les autres.
  • On fait attention aux autres.
  • Même déguisé, on garde les règles.
  • Je me sens bien quand je joue avec mes copains.
  • On s’amuse beaucoup
  • Le carnaval c’est agréable
  • On revoit des gens qu’on aime.
  • Les gens nous regardent.
  • On est déguisé, c’est cool !

L'illustration qui a retenu leur attention

Sur cette image, on voit Anh qui s’amuse beaucoup pendant Mardi Gras.  En partageant ce moment joyeux, Anh apprend à être avec les autres, à rire ensemble, à attendre son tour et à respecter chacun, même quand tout le monde est déguisé et excité. Faire la fête avec ses amis lui permet de développer des relations sociales constructives : apprendre à jouer ensemble, à coopérer, à communiquer et à prendre plaisir à être dans un groupe.

Illustration Arthur la tortue - “Même déguisé, je respecte les autres. Je m’amuse sans faire mal aux autres.”

Vous souhaitez mener cette séance dans votre classe ?

FAQ

Questions fréquentes sur l'apprentissage du respect des règles en maternelle, même les jours de fête
  • La confusion entre "faire semblant" et "avoir le droit" est très fréquente chez les enfants de 6 ou 7 ans. Un costume crée une sorte d'espace imaginaire où certains ont l'impression que les règles habituelles ne s'appliquent plus. La clé pédagogique est de distinguer clairement le personnage qu'on incarne et la personne qu'on est : je peux me déguiser en dragon, mais c'est toujours moi qui décide de mes actes. Les personnages de l'univers d'Arthur la tortue, qui naviguent eux-mêmes entre imagination et règles du monde réel, peuvent servir d'appui utile pour aborder cette distinction avec des enfants.

  • Absolument, et c'est même une occasion rare. Les jours de fête scolaire génèrent une atmosphère différente qui fait naturellement émerger des comportements inhabituels, des débordements et des questionnements sur les limites. Partir de ce vécu collectif pour travailler les notions de liberté et de responsabilité est exactement l'approche que recommande le programme EVAR 2025, qui insiste sur l'importance d'ancrer les apprentissages dans des situations réelles vécues par les élèves. Un kit pédagogique structuré autour de ces thèmes permet de cadrer la séance sans improviser dans l'excitation du moment.

  • Le déguisement crée une distance psychologique entre soi et ses actes, une sorte de protection derrière le masque. Des études en psychologie sociale montrent ce mécanisme chez les adultes, et il fonctionne aussi chez les enfants, même à un niveau moins conscient. L'enfant n'a pas forcément l'intention de transgresser : il est simplement dans un état émotionnel différent, plus excité, moins inhibé. Reconnaître cela sans le valider est le point de départ d'une bonne séance sur le lien entre liberté d'expression et responsabilité individuelle.

  • C'est une des questions les plus fertiles que le programme EVAR invite à travailler dès le cycle 2. La frontière entre "je joue" et "je fais vraiment" n'est pas toujours claire pour un enfant de 6 ans, surtout dans un contexte festif. Une discussion guidée à partir de situations concrètes, "si je me déguise en sorcière, est-ce que j'ai le droit de faire peur à un camarade que ça met vraiment mal à l'aise ?", ouvre un espace de réflexion qui touche directement au consentement et au respect de l'autre. C'est exactement le genre de question que les kits clé en main d'Arthur la tortue permettent de poser avec un cadre bienveillant.

  • Cette question fascine les enfants de cet âge, et elle mérite d'être prise au sérieux plutôt que balayée. Le programme EVAR inscrit la connaissance de soi dans l'axe 1 dès la maternelle, et Mardi Gras offre un prétexte concret pour en parler. On reste soi-même sous le costume : on a toujours les mêmes responsabilités, les mêmes amis, le même corps. Le déguisement est une façon de jouer avec son image, pas de changer de personne. Cette distinction, formulée simplement, est accessible aux enfants de CP et contribue à construire une identité stable.

  • Selon le programme du ministère de l'Éducation nationale de février 2025, les objectifs pour le CP incluent notamment de "comprendre la diversité des émotions et des sentiments" et d'"appartenir à une famille, comprendre la nature et le sens des liens". Mais une séance Mardi Gras peut aussi toucher à l'axe 3 (trouver sa place dans la société, y être libre et responsable), en travaillant sur ce que signifie la liberté individuelle dans un espace collectif soumis à des règles communes. Tout dépend du fil conducteur choisi par l'enseignant.

  • La surexcitation n'est pas un obstacle si elle est canalisée : elle devient au contraire la matière même de la séance. Commencer par accueillir cet état émotionnel (nommer l'excitation, l'enthousiasme, parfois l'anxiété de certains enfants qui n'aiment pas les déguisements) avant de travailler sur ce qu'il produit comme comportements est une démarche cohérente avec les compétences psychosociales du programme EVAR. Avoir à disposition un support structuré, une illustration, une situation fictive ou une histoire courte comme celles de l'univers d'Arthur la tortue, aide à recentrer l'attention sans casser l'élan.

  • C'est même une porte d'entrée précieuse. Certains enfants vivent le carnaval avec un inconfort réel : ils n'aiment pas les masques, se sentent mal à l'aise dans un environnement bruyant et transformé, ou ne souhaitent tout simplement pas se déguiser. Reconnaître ce refus comme légitime et le dire à la classe est un acte pédagogique fort, qui illustre en direct que la liberté de l'un s'arrête là où commence le confort de l'autre. Le programme EVAR insiste sur le droit de chacun à exprimer son refus et à le voir respecté, et Mardi Gras en donne une occasion concrète que peu d'autres journées scolaires offrent.