Des sessions EVAR clés en main, pour aborder des sujets sensibles avec justesse et cadre.

De Arthur La Tortue

Un baiser forcé par deux garçons en cour d’école : séance en CP-CE1 de l'école Notre Dame de Montebourg

Cette séance EVAR a eu lieu le vendredi 20 mars 2026, dans une classe de CP-CE1, à la suite d’un événement survenu le matin même dans la cour de récréation. Un contexte particulièrement pertinent pour s’appuyer sur une situation réelle vécue par les élèves : un baiser imposé entre deux enfants, sous la pression du groupe. L’enseignante a choisi de transformer cet incident en temps d’apprentissage, en s’appuyant sur un kit pédagogique dédié à la capacité à dire non. L’objectif est clair : aider les enfants à s’affirmer face à un pair et à comprendre que le refus doit toujours être respecté (Axe 2 : Rencontrer les autres et construire des relations, s’y épanouir).

Une séance EVAR ancrée dans une situation réelle de cour d’école

Cette séance EVAR a eu lieu le vendredi 20 mars 2026, dans une classe de CP-CE1 composée de 27 élèves (11 filles et 16 garçons). Un moment particulièrement fort, car directement lié à une situation vécue dans la cour de récréation le matin même. Un groupe d’élèves avait contraint un garçon et une fille à s’embrasser, en les maintenant physiquement. L’enseignante a surpris la scène lors de la surveillance.

Un contexte idéal pour aborder de manière concrète et immédiate une notion centrale du programme EVAR : le consentement. La séance s’appuie sur le kit pédagogique « Aliénor – Développer la capacité de s’affirmer par le refus vis-à-vis d’un individu du même âge ».

Objectif pédagogique : apprendre à s’affirmer et à respecter le refus

L’objectif de cette séance est clair : aider les enfants à comprendre qu’ils ont le droit de dire non, et que le refus de l’autre doit être respecté, même dans des situations perçues comme “pour jouer”.

À travers un débat philosophique adapté aux enfants, les élèves sont amenés à observer, ressentir, verbaliser et réfléchir. Le dispositif favorise la prise de parole volontaire et développe les compétences sociales essentielles dès le plus jeune âge.

Phase 1 : observer pour comprendre en décryptant les signes du refus

Les élèves observent pendant deux minutes une affiche représentant deux tortues dans une chambre. Très vite, les interprétations émergent :

Certains perçoivent une relation amoureuse, d’autres une scène de conflit. Plusieurs élèves identifient clairement le refus de la tortue jaune : yeux fermés, langue tirée, gestes de rejet. Ils comprennent que le corps peut exprimer un refus sans parole.

D’autres remarquent un désaccord entre les deux personnages : “la tortue bleue veut, mais la tortue jaune ne veut pas”. Une prise de conscience essentielle apparaît déjà : une interaction n’est valable que si les deux sont d’accord.

Phase 2 : questionner pour construire avec un mini "débat" autour du consentement

Le débat guidé permet d’aller plus loin dans la compréhension.

Les élèves reconnaissent que le corps peut dire non sans parler. Ils identifient les gestes de rejet, de recul, de protection. La notion de consentement devient tangible.

Lorsqu’on aborde le sujet des bisous et des câlins, les témoignages personnels émergent. Certains enfants évoquent des situations où ils ont été forcés ou ont forcé eux-mêmes. Les réponses sont nuancées, parfois contradictoires, mais révélatrices d’une réalité vécue.

La question “Peut-on refuser un bisou même d’un ami ?” suscite une réponse majoritairement positive. Les enfants affirment progressivement une idée clé : chacun décide pour son corps.

Ils comprennent aussi pourquoi il est important de s’arrêter : éviter les conflits, respecter l’autre, ne pas faire de mal. L’émotion est présente dans les réponses : dégoût, peur, énervement.

Focus EVAR : le rôle des témoins dans les situations de non-consentement

Un travail spécifique est mené sur la notion de témoin. Les élèves définissent le témoin comme celui qui voit la scène, parfois sans agir, parfois en riant.

La réflexion évolue vers la responsabilité : que doit faire un témoin ? La réponse s’impose progressivement : prévenir un adulte.

La question de la responsabilité du témoin ouvre un débat intéressant. Les élèves prennent conscience que ne rien faire peut aussi poser problème. Une première étape vers une éducation à la responsabilité collective.

Des apprentissages forts autour du respect et du consentement

La séance se conclut par des phrases clés formulées par les élèves eux-mêmes.

Ils affirment qu’il est interdit d’obliger quelqu’un. Ils comprennent qu’ils peuvent repousser avec des mots ou des gestes. Ils retiennent qu’un bisou ne doit jamais être imposé. Ils intègrent que le consentement concerne tout le monde, enfants comme adultes.

Cette séance montre à quel point les situations du quotidien, même difficiles, peuvent devenir de puissants leviers pédagogiques. En s’appuyant sur des outils adaptés comme les kits d’Arthur la Tortue, les enseignants peuvent accompagner les enfants dans la construction de relations respectueuses et équilibrées.

Apprendre le consentement dès le CP-CE1, c’est poser les bases d’une société plus respectueuse. C’est permettre aux enfants de mieux se connaître, de comprendre leurs émotions, de s’affirmer face aux autres et de respecter les limites de chacun. Le programme EVAR prend ici tout son sens : il ne s’agit pas seulement d’informer, mais bien d’éduquer à la relation, au respect et à la liberté individuelle. Cette séance en est une illustration concrète, forte et nécessaire.

Paroles recoltées

  • "Il ne faut pas forcer quelqu’un qui ne veut pas."
  • "On ne doit pas faire de bisous sur la bouche si l’autre ne veut pas."
  • "On doit les repousser avec des mots ou des gestes si on n’a pas envie de faire des bisous ou des câlins."
  • "Un témoin, c’est une personne qui a vu la scène."
  • "C’est énervant, on va se faire disputer car l’autre a dit non et on l’oblige."
  • "Des fois, mes parents m’obligent à faire un bisou à des gens qui viennent à la maison et je n’ai pas envie."
  • "Non, car quand je fais un bisou à ma sœur, elle ne veut pas."
  • "Mon frère ne veut pas que je lui fasse un bisou alors que j’en ai envie, je le fais quand même."
  • "Des fois, mon père me fait un câlin mais je n’ai pas envie."
  • "Elle le repousse et elle se met en arrière pour s’échapper."
  • "Ses bras arrêtent la tortue bleue."
  • "Elle a les yeux fermés, elle tire la langue car c’est dégoûtant."
  • "Il faut que les deux soient d’accord."
  • "C’est du romantisme, car la tortue bleue y croit alors que la jaune non. Il faut que les deux se fassent un bisou sur la bouche."
  • "On dirait nous quand on se bagarre."
  • "Ils sont amoureux."
  • "La tortue jaune (ça la dégoûte car elle a les yeux fermés, elle tire la langue, elle pousse) ne veut pas être amoureuse. La tortue bleue, lui, veut être amoureux."
  • "Le bleu est amoureux, ça se voit avec sa bouche, mais le jaune ne veut pas."
Illustration Arthur la tortue - Sur cette image, on voit Aliénor qui essaie à tout prix d’éviter qu’Arthur l’embrasse. Arthur veut faire comme les papas et les mamans, mais Aliénor n’en a pas envie et son corps lui dit non. Aliénor comprend que les bisous comme ceux des adultes ne sont pas des jeux d’enfants et qu’elle a le droit de refuser. Cette image rappelle qu’un geste affectueux doit toujours être voulu par les deux personnes, et que quand quelqu’un dit non ou se détourne, on s’arrête.

L'illustration qui a retenu leur attention

Sur cette image, on voit Aliénor qui essaie à tout prix d’éviter qu’Arthur l’embrasse. Arthur veut faire comme les papas et les mamans, mais Aliénor n’en a pas envie et son corps lui dit non.

Aliénor comprend que les bisous comme ceux des adultes ne sont pas des jeux d’enfants et qu’elle a le droit de refuser. Cette image rappelle qu’un geste affectueux doit toujours être voulu par les deux personnes, et que quand quelqu’un dit non ou se détourne, on s’arrête.

Illustration Arthur la tortue - “Un bisou, c’est seulement si les deux sont d’accord. Si quelqu’un dit non, on s’arrête. ”

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FAQ

Questions fréquentes sur l'apprentissage du consentement, de la maternelle au CP
  • La situation vécue par les élèves de CP-CE1 montre qu'un incident survenu le matin même peut devenir le point de départ d'une séance EVAR le jour même, sans attendre. Utiliser un événement réel plutôt qu'une situation fictive donne aux enfants le sentiment d'être pris au sérieux, et ancre les notions dans quelque chose de concret. Un kit pédagogique structuré, comme ceux proposés dans l'univers d'Arthur la tortue, permet à l'enseignant de cadrer rapidement la séance même sans préparation longue à l'avance.

  • Oui, et le programme d'éducation à la vie affective et relationnelle (EVAR) de février 2025 va même plus loin : les objectifs d'apprentissage sur le consentement et le refus débutent avant 4 ans à l'école maternelle. À 6 ou 7 ans, les enfants de CP sont donc déjà en âge d'approfondir ce qu'ils ont commencé à travailler en grande section : exprimer un accord ou un refus, comprendre que le refus de l'autre s'accepte et se respecte. Ce n'est pas une notion abstraite pour eux, surtout quand elle prend appui sur une situation qu'ils ont réellement vécue.

  • L'entrée la plus efficace à cet âge est de nommer clairement ce qui s'est passé, sans dramatiser, mais sans minimiser non plus. Le programme EVAR encourage à relier le geste à la notion d'intimité corporelle : le corps de chacun lui appartient, et aucun contexte (le jeu, le défi, la pression du groupe) ne change cette règle. Les supports illustrés et les scénarios de l'univers Arthur la tortue aident à aborder ces situations avec un vocabulaire adapté à l'âge, sans que les enfants se sentent jugés ou honteux.

  • La pression du groupe est souvent au cœur des incidents de ce type : ce ne sont pas nécessairement des enfants malveillants, mais des enfants qui n'ont pas encore les outils pour résister à une dynamique collective. Le programme EVAR aborde explicitement la question de la liberté individuelle face au groupe, notamment à partir du CE1. Une séance peut très bien partir de la question "qu'est-ce qui t'a empêché de dire non ?" ou "pourquoi on fait parfois des choses qu'on n'a pas envie de faire quand les autres nous regardent ?", pour ouvrir un espace de réflexion sans pointer d'enfant en particulier.

  • Selon les recommandations du programme de février 2025, les activités les plus adaptées au cycle 2 incluent des jeux de rôle sur des situations du quotidien, des discussions à partir d'albums jeunesse et des mises en situation physiques comme des rondes ou des jeux chantés où exprimer un accord ou un désaccord par le geste. Les kits clé en main conçus pour les séances EVAR, dont certains sont disponibles sur le site Arthur la tortue, proposent des séquences didactiques déjà calées sur ces modalités, ce qui simplifie beaucoup la mise en œuvre pour les enseignants de cycle 2.

  • C'est l'une des questions les plus délicates de ce type de séance. L'objectif n'est pas de revenir sur les responsabilités individuelles, mais de faire de l'ensemble du groupe une ressource pour l'apprentissage collectif. Le programme EVAR insiste sur la notion de "témoin actif" et sur le droit (et même le devoir) d'intervenir ou d'alerter un adulte. En CP-CE1, cela peut se travailler à partir de la question simple : "si tu avais vu ça, qu'est-ce que tu aurais pu faire ?", ce qui ouvre une réflexion sans désigner personne.

  • C'est une distinction que les enfants de cet âge peuvent saisir, à condition qu'elle soit formulée clairement. La règle est simple : un jeu qui met mal à l'aise l'un des participants, ou qu'il n'a pas choisi, n'est plus un jeu. Le programme EVAR encourage à utiliser des exemples tirés du quotidien de la cour de récréation pour matérialiser cette frontière. Les illustrations et les personnages de l'univers Arthur la tortue permettent d'aborder ces situations de façon légère, sans que les enfants aient l'impression d'être en train de faire une "leçon sur quelque chose de grave".

  • Le Code de l'éducation (article L. 312-16) prévoit au minimum trois séances annuelles spécifiques d'éducation à la vie affective et relationnelle, quel que soit le niveau. Rien n'interdit, bien au contraire, d'organiser une séance supplémentaire en réponse directe à un événement survenu dans l'école : le programme EVAR précise lui-même que les séances doivent tenir compte des besoins identifiés des élèves. Cette souplesse est précieuse, et elle fonctionne d'autant mieux quand l'enseignant dispose déjà d'un kit prêt à l'emploi pour ne pas improviser dans l'urgence.