· De Arthur La Tortue
La chasse aux œufs, un moment propice pour apprendre à reconnaître ses émotions : séance en CP de maternelle à l’école St-Joseph de Cherbourg
Cette séance EVAR a eu lieu dans une classe de CP de l’École St Joseph de Cherbourg, dans un contexte particulièrement riche et concret. L’enseignante a choisi de s’appuyer sur une situation réelle vécue par les élèves pour travailler un enjeu fondamental du programme : identifier et reconnaître ses émotions et ses sentiments quand on les ressent (Axe 2 : Se connaître , vivre et grandir avec son corps). La chasse aux œufs de Pâques ne sert pas seulement à chercher du chocolat. Elle permet aussi aux enfants d’apprendre à mieux se connaître. En les aidant à identifier et reconnaître leurs émotions, on leur donne une compétence précieuse pour toute la vie.
Identifier et reconnaître ses émotions grâce à Pâques
À l’approche de Pâques, les enfants vivent des moments intenses faits de joie, d’attente, d’excitation et parfois de frustration. La célèbre chasse aux œufs n’est pas seulement un jeu amusant. Elle représente aussi une excellente occasion d’apprendre à identifier et reconnaître ses émotions et ses sentiments quand on les ressent.
C’est ce qu’ont vécu les élèves de CP de l’école St Joseph à Cherbourg lors d’une séance pédagogique autour des émotions. Les enfants ont testé un kit spécialement conçu pour les aider à mettre des mots sur ce qu’ils ressentent, avec pour thème central : Pâques et la chasse aux œufs.
Pourquoi la chasse aux œufs de Pâques déclenche autant d’émotions
Pendant une chasse aux œufs, les enfants passent par de nombreuses émotions en quelques minutes. Certains ressentent un immense bonheur lorsqu’ils trouvent rapidement des chocolats cachés. D’autres peuvent se sentir frustrés lorsqu’ils cherchent sans succès. Il arrive aussi que la jalousie apparaisse en voyant un camarade remplir son panier plus vite.
La chasse aux œufs favorise également la fierté, le partage et parfois la déception. C’est donc un moment idéal pour parler des émotions avec les enfants, car tout est concret, immédiat et facile à comprendre.
Séance CP à l’école St Joseph à Cherbourg : les enfants témoignent
Les élèves de CP à l’école St Joseph de Cherbourg ont particulièrement apprécié cette activité. Ils ont participé avec enthousiasme et ont su exprimer leurs ressentis avec beaucoup de sincérité.
À la question : « Est-ce que ça peut mettre en colère de ne pas avoir de chance ? », plusieurs réponses ont émergé.
« Je suis parfois en colère dans ma tête. »
« Mon corps est raide, énervé, crispé. »
« Je suis jalouse, jaloux. »
« Je suis vexé. »
« Ce n’est pas grave ! »
Ces phrases montrent que les enfants ressentent déjà clairement leurs émotions, même s’ils n’ont pas toujours les mots pour les expliquer.
Comment reconnaître les émotions dans son corps
L’un des objectifs de cette séance était aussi d’aider les enfants à écouter leur corps. En apprenant à observer leurs sensations physiques, ils comprennent mieux ce qu’ils vivent intérieurement.
À la question : « Comment ton corps se sent quand tu es très content ? », les réponses ont été très parlantes.
« Tout décontracté. »
« Détendu. »
« Bien. »
« Je suis heureux. »
Reconnaître un corps détendu, léger ou crispé permet de mieux identifier et reconnaître ses émotions dès le plus jeune âge.
Pourquoi apprendre à identifier ses émotions dès le CP
Apprendre à identifier et reconnaître ses émotions et ses sentiments quand on les ressent est essentiel pour bien grandir. Cela aide les enfants à mieux gérer la frustration, à exprimer leurs besoins, à comprendre les autres et à apaiser les conflits du quotidien.
En classe de CP, cet apprentissage prend tout son sens car les enfants découvrent la vie en groupe, les règles collectives et les premières grandes interactions sociales.
Pâques à Cherbourg : une activité ludique et éducative
À l’école St Joseph de Cherbourg, cette activité a prouvé qu’un moment festif comme Pâques peut devenir un formidable outil pédagogique. Grâce à la chasse aux œufs, les enfants ont compris que toutes les émotions ont leur place : la joie, la colère, la jalousie, la frustration ou encore le bonheur.
L'illustration qui a retenu leur attention
Sur cette image, on voit Aliénor et Anh courir très vite pour trouver les œufs. Ils avancent rapidement et semblent bien s’amuser dans la chasse. Arthur, lui, n’est pas aussi rapide. Il voit les autres aller plus vite que lui, et cela l’énerve. Il se sent frustré de ne pas réussir comme eux. Sa colère monte tellement qu’il se venge en pliant un arbuste sur son passage. Cette image montre que parfois, quand on se compare aux autres, on peut se sentir en difficulté ou en colère. Mais faire du mal autour de soi ne règle pas ce que l’on ressent à l’intérieur.
FAQ
-
Selon le programme d'éducation à la vie affective et relationnelle publié par le ministère de l'Éducation nationale en février 2025, les objectifs pour les enfants à partir de 5 ans incluent d'identifier ses propres émotions et sentiments, mais aussi ceux des autres, et de prendre conscience qu'un même événement ne produit pas les mêmes réactions chez tout le monde. En GS, cela passe par des activités concrètes ancrées dans le vécu des enfants : albums de jeunesse, jeux de motricité, situations du quotidien de la classe. Des supports illustrés comme ceux de l'univers d'Arthur la tortue peuvent servir de point d'entrée visuel pour les plus jeunes.
-
Le programme EVAR recommande d'utiliser des œuvres d'art, des photos, des tableaux, ou encore des situations de vie pour que les enfants reconnaissent les manifestations physiques des émotions sur un visage. Des activités comme une chasse aux oeufs, où chaque découverte génère une réaction émotionnelle différente (surprise, joie, impatience, déception), constituent un moment vécu idéal pour mettre des mots sur ce que l'on ressent. Ce type de situation réelle est souvent bien plus efficace qu'un exercice abstrait, surtout à cet âge.
-
L'article L. 312-16 du Code de l'éducation impose au moins trois séances annuelles spécifiques d'éducation à la vie affective et relationnelle, quel que soit le niveau de scolarité, y compris à l'école maternelle. Ces séances doivent couvrir les trois axes du programme : se connaître avec son corps, construire des relations avec les autres, et trouver sa place dans la société. Pour les équipes qui manquent de temps de préparation, des kits pédagogiques clé en main permettent de structurer ces séances directement à partir des objectifs officiels.
-
Le programme EVAR conseille de commencer bien avant 4 ans, en associant un geste à un mot simple comme "non", "oui", "stop" ou "d'accord", notamment dans des situations impliquant un contact physique entre élèves. L'idée est de rendre ce vocabulaire naturel et familier, pas anxiogène : "Est-ce que je peux m'asseoir à côté de toi ?" est un exemple concret proposé dans le texte officiel. Utilisés régulièrement dans le quotidien de la classe, ces petits rituels de parole deviennent des réflexes protecteurs.
-
Le programme national cite les albums de jeunesse, les planches illustrées, les jeux coopératifs, les saynètes et les activités d'expression corporelle comme outils privilégiés. L'important est de partir des représentations des enfants avant d'aller vers un vocabulaire plus précis. Les kits clé en main conçus pour le programme EVAR, comme ceux disponibles sur le site Arthur la tortue, offrent des séquences déjà articulées aux objectifs officiels, ce qui allège considérablement le travail de préparation des enseignants.
-
Tout à fait, et c'est même une entrée particulièrement pertinente. L'anticipation, la découverte, la compétition douce, la déception ou la joie de trouver ou non : ce type d'activité génère un spectre émotionnel riche et authentique que l'enseignant peut exploiter immédiatement après, dans un temps de verbalisation collectif. Le programme EVAR insiste d'ailleurs sur l'importance de partir de situations vécues par les élèves plutôt que de situations abstraites pour construire une vraie connaissance de soi.
-
Le programme de février 2025 établit un lien direct entre compétences émotionnelles et protection de l'enfance : apprendre à identifier un adulte de confiance, distinguer un secret positif d'une situation de danger, reconnaître un malaise et savoir le dire. Ces objectifs sont travaillés dès avant 4 ans, ce qui montre que la prévention n'est pas réservée aux grands. Une séance bien menée sur les émotions peut, dans ce cadre, contribuer au repérage précoce d'enfants en difficulté.
-
Le programme national encourage la coanimation, notamment avec les personnels de santé ou sociaux de l'éducation nationale, pour les séances spécifiques EVAR. Sans que cela ne soit obligatoire, cette pratique enrichit les échanges et sécurise l'espace de parole des enfants. Pour les enseignants qui travaillent seuls, disposer d'un kit structuré avec des étapes claires, des questions guides et des supports visuels, comme ceux proposés dans l'univers Arthur la tortue, peut reproduire en partie cet effet de cadre rassurant.