Des sessions EVAR clés en main, pour aborder des sujets sensibles avec justesse et cadre.

Force, règles et respect en motricité : séance en GS de maternelle à l’école St-Joseph de Cherbourg

Cette séance EVAR en maternelle s’est déroulée lors d’un cours de motricité dans une classe de Grande Section à l’école Saint-Joseph de Cherbourg. À partir d’illustrations pédagogiques issues de l’univers d’Arthur la Tortue, l’enseignante a proposé une activité simple et structurée : une image présentée chaque jour pour faire réfléchir les enfants aux règles du jeu, au respect du corps et aux relations entre camarades. L’objectif est clair : aider les enfants à identifie les ressemblances et les différences physiques entre les filles et les garçons en cours de motricité dans la salle de sport (Axe 3 : Trouver sa place dans la société, y être libre et responsable).

Une séance EVAR ancrée dans le réel du quotidien scolaire

Dans la salle de motricité, les jeux collectifs deviennent un support idéal pour aborder les objectifs du programme EVAR (Éducation à la Vie Affective et Relationnelle) à l’école maternelle. Les enfants sont invités à observer des situations proches de leur quotidien : être le plus fort dans un jeu, accepter ou refuser une règle, comprendre pourquoi certains jeux impliquent de toucher les autres et pourquoi d’autres jeux se pratiquent sans contact physique.

Cette activité pédagogique permet de travailler plusieurs compétences essentielles du programme EVAR en Grande Section : comprendre l’importance des règles collectives, apprendre à respecter les autres enfants dans le jeu, reconnaître que chacun peut réussir différemment et développer une première réflexion sur le respect du corps et du consentement entre pairs.

L’objectif est clair : utiliser le jeu moteur et les situations vécues en motricité pour aider les enfants de 5-6 ans à prendre conscience des relations entre camarades, du respect des règles et de leur place dans le groupe. Cette séance s’inscrit pleinement dans l’Axe 3 du programme EVAR : trouver sa place dans la société, y être libre et responsable, en permettant aux élèves de discuter ensemble de leurs comportements dans les jeux collectifs et d’apprendre à construire des relations respectueuses dès la maternelle.

Une image par jour pour lancer la discussion

Pendant la semaine, la séance de motricité commençait par un moment d’échange autour d’une illustration issue de l’univers d’Arthur la Tortue.

L’enseignante présentait une image différente chaque jour, puis laissait les enfants observer et réagir.

Très vite, les enfants se sont mis à parler spontanément de force, de vitesse et de relations entre camarades.

Certains ont dit :

  • « Moi je suis le plus fort de la classe, j’ai des gros biscotos. »

  • « Les petits peuvent être impressionnés par nous. »

  • « Jeanne, elle est plus rapide que moi. »

Ces remarques sont devenues un point de départ pour discuter d’une question importante :
est-ce que la force ou la rapidité donnent le droit d’imposer quelque chose aux autres ?

Comprendre pourquoi les règles existent

Les jeux de motricité sont aussi l’occasion d’aborder la question des règles.

Les enfants ont rapidement exprimé des points de vue très différents :

  • « C’est mieux quand tout le monde respecte les règles sinon on est triste. »

  • « Moi je n’aime pas respecter les règles. »

  • « Quand je suis collé, je fais comme si je n’étais pas collé. »

Les autres élèves ont alors expliqué les conséquences :

  • « C’est pour ça que parfois on ne veut plus jouer avec toi. »

Ces échanges ont permis aux enfants de comprendre que les règles ne sont pas seulement des contraintes, mais qu’elles servent surtout à permettre à tout le monde de continuer à jouer ensemble.

Identifier les jeux où l’on ne touche pas le corps de l’autre

Une autre discussion est née autour des jeux de motricité où l’on ne touche pas le corps des autres enfants.

Les élèves ont eux-mêmes trouvé plusieurs exemples :

  • 1, 2, 3 soleil

  • cache-cache

  • le poisson pêcheur

Ces jeux permettent aux enfants de comprendre qu’il existe différentes façons de jouer ensemble, avec ou sans contact physique.

Un élève a même demandé :

« On pourrait rejouer au poisson pêcheur maîtresse ? »

Ces propositions montrent que les enfants s’approprient rapidement les règles du jeu et les notions de respect du corps.

Réussir autrement que par la force

Lors de la séance, une question très intéressante est apparue :

« Même si je ne suis pas rapide, est-ce que je peux gagner quand même ? »

Les enfants ont proposé eux-mêmes plusieurs stratégies :

  • courir plus vite

  • se cacher

  • esquiver

  • faire semblant de faire la statue

Cette réflexion collective permet de comprendre que chacun peut trouver sa manière de réussir dans le jeu, sans être forcément le plus fort ou le plus rapide.

Quand la motricité devient un moment d’apprentissage social

Dans ces séances, la salle de motricité devient bien plus qu’un espace de dépense physique.

C’est un lieu où les enfants apprennent :

  • à respecter les règles du groupe

  • à observer les différences entre camarades

  • à réfléchir aux comportements justes dans le jeu

  • à respecter le corps des autres

Les illustrations de l’univers d’Arthur la Tortue servent alors de point de départ pour faire parler les enfants et relier les situations de jeu à leur vie quotidienne à l’école.

Comme le souligne l’enseignante :

« Les ressources sont bien construites. On peut rebondir sur ce que disent les enfants. Les questions proposées sont une première amorce. »

Ces moments de discussion montrent combien le jeu et la motricité peuvent devenir des supports précieux pour apprendre le vivre ensemble dès la maternelle.