Gérer la frustration durant l'Épiphanie: séance en GS de maternelle de l’école St-Joseph de Cherbourg
Cette séance EVAR a eu lieu le lundi suivant l’Épiphanie, dans une classe de Grande Section à l’école Saint-Joseph de Cherbourg. Un moment idéal pour s’appuyer sur un rituel connu des enfants : la galette des rois. L’enseignante avait téléchargé un kit pédagogique consacré à l'éphiphanie, dont l’objectif est clair : développer la capacité de s’affirmer par le consentement vis-à-vis d’un individu du même âge (Axe 2 : Rencontrer les autres et construire des relations, s’y épanouir).
L’Épiphanie comme levier pédagogique en maternelle
Le thème étudié cette semaine-là était La Galette et le roi, ce qui créait une continuité naturelle entre vie quotidienne et séance EVAR.
Parmi les illustrations proposées dans le kit, la maîtresse avait choisi celle où une tortue est frustrée de ne pas avoir la fève.
Une situation simple. Universelle. Et pourtant, profondément riche sur le plan émotionnel surtout en Grande Section, où les enfants commencent à mieux verbaliser leurs ressentis.
Derrière la fève se cachent des thématiques essentielles comme la frustration, l’envie, le sentiment d’injustice, l’acceptation de perdre, le respect de l’autre et le consentement entre pairs.
Paroles d’enfants de Grande Section : une richesse pédagogique
Les paroles des élèves ont été spontanées, sincères et très éclairantes. Ces paroles montrent que, même à 5 ans, les enfants sont capables d’identifier leurs émotions, de proposer des solutions, d’envisager des alternatives respectueuses et de comprendre que l’on peut perdre sans se sentir diminué
Pourquoi travailler le consentement entre enfants dès la Grande Section ?
Le consentement ne concerne pas uniquement les adultes. En maternelle, il s’agit déjà d’apprendre à respecter le “non” d’un camarade, accepter qu’un autre puisse gagner, gérer la frustration sans violence, trouver des stratégies d’apaisement et s’affirmer sans écraser l’autre.
Dans le contexte de la galette des rois, cela se traduit concrètement par :
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Accepter de ne pas avoir la fève
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Ne pas forcer un échange
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Ne pas se moquer
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Féliciter celui ou celle qui gagne
C’est une première étape vers des relations sociales constructives et sécurisantes à l’école.
Une séance EVAR simple à mettre en place
Après le temps d’échange collectif, la maîtresse a proposé le coloriage issu du kit. Dans cette classe de Grande Section, la séance s’est révélée :
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Simple à mettre en place
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Fluide et naturelle
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Accessible pour l’enseignante
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Facilement compréhensible pour les enfants
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Sans lourdeur ni “prise de tête”
Les questions à poser sont claires et structurées, ce qui sécurise l’enseignant tout en favorisant une discussion collective riche.
Développer les compétences psychosociales à l’école maternelle
Cette expérience à l’école Saint-Joseph de Cherbourg montre qu’un moment festif comme l’Épiphanie peut devenir un véritable levier éducatif. À travers une simple galette, les enfants apprennent à nommer leurs émotions, gérer la frustration, respecter l’autre, s’affirmer avec consentement et construire des relations équilibrées
C’est précisément l’ambition des séances EVAR en Grande Section : permettre aux enfants de rencontrer les autres, s’épanouir dans des relations saines et développer leur santé émotionnelle dès le plus jeune âge.
Paroles recoltées
L'illustration qui a retenu leur attention
Sur cette image, on voit Anh qui a l’air très fâchée. Elle n’a pas eu la fève dans la galette et son visage montre de la colère. Aliénor par contre porte la couronne : c’est elle qui a trouvé la fève. La galette est un jeu et une tradition, mais parfois, ne pas gagner peut faire naître des émotions difficiles. Dans cette scène, on apprend que l’on peut dire ce que l’on ressent avec des mots, sans faire mal aux autres ni à soi-même.