· De Arthur La Tortue
Apprendre à dire non dans la chambre d’enfant : une séance en MS à l’école Saint-Joseph des Loges-Marchis
Cette séance EVAR a été menée en classe de moyenne section à l’école Saint-Joseph des Loges-Marchis (50600), dans une démarche visant à développer la capacité des enfants à s’affirmer par le refus face à un pair. En s’appuyant sur une situation du quotidien, celle de la chambre d’enfant, les élèves ont été accompagnés pour comprendre que chacun a le droit de dire non, même à un camarade, et que ce refus doit être respecté. Cette approche s’inscrit pleinement dans l’Axe 2 du programme EVAR : rencontrer les autres et construire des relations, tout en apprenant à s’y épanouir.
Comprendre le consentement entre enfants dès la moyenne section
À cet âge, les notions de consentement, d’intimité et de respect du corps commencent à émerger mais restent encore complexes. Cette séance a permis de poser des bases solides à travers des situations concrètes et accessibles. Les enfants ont d’abord été invités à se rappeler une image déjà étudiée. Ils ont évoqué une tortue qui ne souhaitait pas aller devant l’appareil photo, qu’ils ont décrite comme timide, mettant ainsi des mots sur une forme de refus liée à un inconfort.
Cette première étape est essentielle car elle permet aux enfants d’identifier qu’un refus peut exister sans colère ni conflit, simplement parce que l’on ne se sent pas à l’aise.
Dire non à un camarade dans un espace intime comme la chambre
La séance s’est ensuite centrée sur une situation de bisou non désiré entre enfants, dans un contexte proche de leur quotidien. Les élèves ont rapidement identifié que le personnage était gêné. Cette reconnaissance émotionnelle est un levier clé pour comprendre le consentement.
Lorsque la question du respect du refus a été posée, les enfants ont exprimé une idée forte : ne pas respecter le non peut empêcher de se faire des amis. Cette réponse montre que, même en moyenne section, les enfants perçoivent déjà l’impact du respect ou du non-respect sur la relation à l’autre.
Le travail a également permis de clarifier les repères entre gestes d’affection adultes et interactions entre enfants. Les élèves ont compris que certains gestes, comme les bisous sur la bouche, appartiennent au monde des adultes, tandis que les interactions entre enfants doivent toujours se faire avec l’accord de chacun.
S’affirmer et exprimer ses limites dès le plus jeune âge
Les échanges ont permis aux enfants de faire le lien avec leur propre vécu. Certains ont expliqué qu’ils faisaient volontiers des câlins et des bisous à leurs parents, montrant que le consentement dépend aussi de la relation et du contexte. D’autres ont évoqué des situations où leur refus n’avait pas été respecté, ce qui a ouvert un espace de parole important.
À cet âge, apprendre à dire non est une compétence essentielle mais encore fragile. Cette séance a permis d’encourager les enfants à exprimer leur refus de manière simple et claire, tout en comprenant que ce refus est légitime.
Une progression visible mais des notions encore complexes en MS
Les observations réalisées en moyenne section montrent que les élèves commencent à mieux comprendre les notions d’intimité, de consentement et de respect du refus. Toutefois, ces concepts restent en construction et nécessitent d’être abordés régulièrement à travers des situations variées.
Les enfants sont capables d’identifier des émotions comme la gêne, de reconnaître qu’un refus doit être respecté et de faire des liens avec leur propre expérience. Cependant, la mise en pratique dans les interactions quotidiennes demande encore un accompagnement de l’adulte.
Développer les compétences sociales et relationnelles grâce à l’EVAR
En s’appuyant sur une scène familière comme celle de la chambre d’enfant, cette séance a permis de rendre concrètes des notions abstraites. Les élèves ont développé leur capacité à reconnaître leurs émotions, à exprimer leurs limites et à comprendre celles des autres.
Ce travail contribue directement au développement des compétences sociales et relationnelles. Les enfants apprennent progressivement à construire des relations respectueuses, basées sur l’écoute et le respect du consentement.
Installer une culture du respect dès la maternelle
Aborder le refus, le consentement et l’intimité dès la moyenne section est essentiel pour poser les bases d’une éducation au respect. En répétant ces apprentissages dans des contextes variés et proches du quotidien, les enfants intègrent progressivement que leur corps leur appartient et que leur parole compte.
Cette séance illustre l’importance d’une approche concrète, progressive et bienveillante pour accompagner les enfants dans la construction de leur identité relationnelle. Elle montre également que, même très jeunes, les élèves sont capables de comprendre des notions complexes dès lors qu’elles sont adaptées à leur réalité.
L'illustration qui a retenu leur attention
Sur cette image, on voit Aliénor qui essaie à tout prix d’éviter qu’Arthur l’embrasse. Arthur veut faire comme les papas et les mamans, mais Aliénor n’en a pas envie et son corps lui dit non.
Aliénor comprend que les bisous comme ceux des adultes ne sont pas des jeux d’enfants et qu’elle a le droit de refuser. Cette image rappelle qu’un geste affectueux doit toujours être voulu par les deux personnes, et que quand quelqu’un dit non ou se détourne, on s’arrête.
FAQ
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Oui, et c'est même recommandé par les programmes officiels de l'EVAR, à condition de partir de situations concrètes et proches du quotidien des enfants. À 4-5 ans, les notions d'intimité et de consentement ne s'expliquent pas avec des mots abstraits : elles se travaillent à partir d'images, de scènes familières, d'émotions déjà vécues. Dans cette séance, c'est la situation de la chambre d'enfant et d'un bisou non désiré entre camarades qui a servi de point d'entrée. Les enfants ont immédiatement reconnu la gêne du personnage. L'illustration d'Arthur la tortue montrant Aliénor qui évite qu'Arthur l'embrasse a rendu cette émotion visible et partageable sans avoir besoin d'aucun vocabulaire adulte.
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Le plus simple est de partir de ce qu'ils ressentent déjà. Quand on leur demande si ça leur arrive de ne pas avoir envie d'un câlin ou d'un bisou, beaucoup répondent spontanément que oui. Ce que la séance leur apporte, c'est la légitimité de ce ressenti : le refus n'est pas une impolitesse, c'est une information. Dire non, c'est écouter ce que son corps ressent et le communiquer clairement. La formulation utilisée dans les kits clés en main du programme EVAR est simple et directe : "Un bisou, c'est seulement si les deux sont d'accord. Si quelqu'un dit non, on s'arrête." Les enfants la comprennent et la retiennent parce qu'elle décrit exactement ce qu'ils vivent.
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C'est l'une des nuances les plus utiles à poser dès la moyenne section. Les enfants voient leurs parents s'embrasser sur la bouche et peuvent penser que c'est un geste universel applicable entre eux aussi. La séance permet de clarifier calmement : certains gestes appartiennent au monde des adultes, et les interactions entre enfants, elles, se font toujours avec l'accord des deux. Pas de jugement, pas d'interdit dramatisé, juste une distinction claire qui protège sans effrayer. L'illustration du kit Arthur la tortue est particulièrement bien conçue pour ça : elle montre la scène de manière lisible pour un enfant de 4 ans, sans aucune ambiguïté.
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C'est une ouverture importante, et elle mérite d'être accueillie avec soin. La première chose à faire est de ne pas minimiser ni de refermer l'échange trop vite. Valider ce que l'enfant dit, lui rappeler qu'il a bien fait de le nommer, et lui confirmer que son refus était légitime. Si la situation évoquée est préoccupante, le protocole habituel de l'école s'applique. Ce que la séance EVAR crée, c'est précisément cet espace de parole où ce type de témoignage peut émerger naturellement, sans que l'enfant ait besoin de "trouver le bon moment" pour le dire. C'est l'un des effets les plus précieux des séances construites autour des thématiques de l'univers d'Arthur la tortue.
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C'est une notion subtile, mais les enfants de MS y accèdent facilement quand on leur pose la bonne question. Beaucoup expliquent spontanément qu'ils font volontiers des câlins à leurs parents, mais pas forcément à tout le monde. Cette observation, formulée par les enfants eux-mêmes, dit l'essentiel : le consentement n'est pas binaire, il dépend de qui, de quand, et de comment on se sent. On n'impose rien à un enfant de 4 ans qui fait cette nuance, on lui donne juste les mots pour la reconnaître et la nommer. C'est ce travail progressif, séance après séance, que le programme EVAR construit tout au long du cycle 1.
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Oui, et cette séance le montre très clairement. Quand on pose la question "que se passe-t-il si on ne respecte pas le non ?" à des enfants de 4-5 ans, certains répondent d'eux-mêmes que ça peut empêcher de se faire des amis. Cette réponse montre qu'ils perçoivent déjà l'impact du respect sur la relation. Ce n'est pas une notion abstraite pour eux : c'est quelque chose qu'ils vivent dans leurs jeux, leurs disputes, leurs réconciliations. La séance EVAR ne leur apprend pas quelque chose de nouveau, elle leur donne un cadre pour organiser ce qu'ils ressentent déjà.
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La transparence sur l'ancrage pédagogique aide beaucoup. La séance s'inscrit dans l'Axe 2 du programme EVAR, un programme national obligatoire qui vise à aider les enfants à construire des relations respectueuses. Partir d'une situation ordinaire comme la chambre d'enfant, et utiliser des personnages de fiction comme ceux d'Arthur la tortue plutôt que des situations réelles ou des exemples personnels, crée une distance protectrice qui rassure aussi bien les enfants que les familles. Ce n'est pas une séance sur la sexualité : c'est une séance sur le respect mutuel dans les interactions entre pairs, avec des supports visuels bienveillants adaptés à l'âge.
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Le droit de dire non ne s'installe pas en une seule séance. Il se consolide dans la répétition, dans des contextes variés, et dans les retours que font les adultes au quotidien quand un refus est exprimé. En classe, l'enseignante peut saisir des moments du quotidien pour rappeler simplement la règle : "Est-ce qu'il a dit oui ?" ou "Est-ce qu'elle voulait ?" Ces deux questions courtes, posées régulièrement, entretiennent le réflexe. Les activités de prolongement incluses dans les kits clés en main permettent aussi de revenir sur la thématique sous une forme différente, coloriage, jeu de rôle ou discussion, pour que la notion continue de se construire sans avoir à relancer une séance entière à chaque fois.