Des sessions EVAR clés en main, pour aborder des sujets sensibles avec justesse et cadre.

De Arthur La Tortue

Être plus fort ne donne pas le droit : séance en TPS-PS de l'école Notre Dame de Montebourg

Cette séance EVAR a eu lieu le vendredi 27 mars 2026, dans une classe de TPS/PS de l'école Notre Dame des Anges de Montebourg, à la suite d’un module de motricité en salle de sport autour de la lutte. Dans la continuité du travail engagé la veille, l’enseignante a souhaité approfondir une notion essentielle du vivre-ensemble : comprendre que la force physique ne donne aucun droit sur les autres, et que chacun possède des ressources pour se protéger et se faire respecter (Axe 3 : Trouver sa place dans la société, y être libre et responsable). Cette approche s’inscrit pleinement dans une éducation à la responsabilité, à l’égalité et au respect dès le plus jeune âge.

Découvrir le dossier "En cours de motricité dans le gymnase" ici

Motricité en maternelle : expérimenter le corps et les relations aux autres

Le matin, les enfants participent à une nouvelle séance de motricité centrée sur la lutte. Comme la veille, l’enseignante rappelle que la lutte n’est pas une bagarre, mais un jeu codifié qui obéit à des règles précises. Cette distinction est fondamentale pour des enfants de trois à quatre ans, encore en phase de construction de leurs repères sociaux.

Un jeu spécifique est proposé : « un guide promène un aveugle ». Cet exercice permet d’introduire la notion de confiance et d’acceptation du contact, tout en développant l’attention à l’autre. Les enfants expérimentent physiquement le fait de guider ou d’être guidés, ce qui les amène à ressentir concrètement la responsabilité que l’on a lorsqu’on interagit avec quelqu’un.

Les trois règles d’or de la lutte sont à nouveau posées et vécues dans l’action. Elles structurent l’activité et permettent de poser un cadre sécurisant. À travers ces expériences corporelles, les enfants commencent à comprendre que le corps de l’autre doit être respecté, quelle que soit la situation.

Comprendre les différences de force sans créer de hiérarchie

L’après-midi, après la sieste, le temps de regroupement permet de revenir sur l’expérience du matin. Les enfants sont invités à verbaliser ce qu’ils ont vécu, avant d’observer une image représentant Arthur et une autre tortue en situation de lutte. Très vite, ils identifient une asymétrie : une tortue semble dominer l’autre, tandis que la tortue bleue exprime un refus clair.

Lorsque l’enseignante aborde la question de la force, les enfants affirment spontanément que tout le monde est fort. À cet âge, la perception de la force est encore très subjective et liée au ressenti individuel. La notion de différence de capacités reste difficile à appréhender. En s’appuyant sur des exemples concrets, notamment avec des enfants plus grands, l’enseignante amorce progressivement une réflexion sur la diversité des forces.

Cette étape est délicate mais essentielle. Il ne s’agit pas d’introduire une hiérarchie entre les enfants, mais de leur faire comprendre que les différences existent, sans pour autant justifier des comportements dominants.

Force physique et respect : déconstruire l’idée du pouvoir sur l’autre

L’un des objectifs centraux de la séance consiste à déconstruire l’idée selon laquelle être plus fort donnerait plus de droits. Face à la question « est-ce que le plus fort peut faire ce qu’il veut ? », les réponses des enfants oscillent, révélant une compréhension encore en construction.

L’observation de l’image permet de rendre cette réflexion plus concrète. La tortue jaune semble s’amuser, tandis que la tortue bleue exprime clairement son refus. Cette dissociation des émotions aide les enfants à comprendre qu’une interaction n’est pas acceptable simplement parce qu’elle amuse l’un des deux.

Progressivement, les élèves intègrent que la force ne doit jamais être utilisée pour imposer quelque chose à l’autre. Cette prise de conscience constitue une étape fondamentale dans la construction du respect mutuel et de l’égalité.

La phrase clé répétée en fin de séance joue ici un rôle structurant dans l’apprentissage :

Être fort ne donne pas tous les droits.

Cette formulation simple permet d’ancrer un principe fondamental qui pourra être réinvesti dans de nombreuses situations du quotidien.

Reconnaître ses ressources : développer la confiance et la capacité à demander de l’aide

Certaines notions, comme celle de faiblesse ou d’inégalité entre filles et garçons, restent encore abstraites pour des enfants de TPS/PS. L’enseignante adapte alors son questionnement pour le rendre plus accessible, en reformulant autour de situations concrètes.

La question « peut-on demander de l’aide ? » ouvre un espace de réflexion plus compréhensible pour les enfants. Ils commencent à identifier les adultes ou les pairs vers qui ils peuvent se tourner en cas de difficulté. Cette évolution du questionnement permet de déplacer l’attention : il ne s’agit plus de savoir qui est le plus fort, mais de comprendre que chacun dispose de ressources.

Même sans force physique, un enfant peut dire stop, s’éloigner, appeler un adulte ou demander de l’aide. Cette prise de conscience est essentielle pour développer un sentiment de sécurité intérieure et de confiance en soi.

Une pédagogie adaptée aux tout-petits : entre vécu, observation et verbalisation

Comme lors de la séance précédente, le lien entre l’expérience du matin et le travail de l’après-midi facilite grandement la compréhension. Les enfants ne sont pas face à une situation abstraite, mais dans la continuité de ce qu’ils ont vécu. Cette contextualisation est particulièrement efficace en maternelle, où l’apprentissage passe avant tout par l’expérience.

Le temps collectif, bien que court, permet des échanges riches. Lorsque l’attention commence à diminuer, l’enseignante adapte le rythme en proposant un temps de coloriage individuel. Cette activité permet de prolonger l’appropriation de la scène tout en offrant un moment de retour au calme.

EVAR en maternelle : apprendre à être libre et responsable dans ses relations

Cette séance illustre pleinement les objectifs de l’EVAR en maternelle, en particulier dans le cadre de l’Axe 3. À travers une situation simple et concrète, les enfants commencent à comprendre des notions complexes telles que le pouvoir, le respect et la responsabilité.

Ils apprennent que la force physique ne justifie jamais un comportement imposé, que chacun a le droit de dire non, et que des solutions existent pour se protéger. En intégrant ces apprentissages dès le plus jeune âge, l’école contribue à former des individus capables de vivre ensemble de manière respectueuse et équilibrée.

La répétition de la phrase clé permet d’ancrer durablement ce principe fondamental :

Être fort ne donne pas tous les droits.

À travers cette approche, les enfants découvrent qu’ils ne sont pas définis par leur force, mais par leur capacité à respecter les autres, à se faire respecter et à mobiliser leurs propres ressources.

Illustration Arthur la tortue - La différence de force est un fait développemental normal
Illustration Arthur la tortue sur le déséquilibre de force qui peut générer un sentiment d’insécurité
Illustration Arthur la tortue concernant la force physique qui ne doit pas devenir un mode de régulation relationnelle
  • Non, moi j’ai pas peur ! Je suis fort....
  • La tortue bleue dit non.
  • La tortue jaune rigole, la tortue bleue rigole pas.
  • Ils font de la bagarre.
  • La tortue jaune, elle balance la tortue bleue.
  • La petite, elle dit « arrête ! », « stop !».
Illustration Arthur la tortue en cours de motricite - “Être plus fort ne donne pas le droit. Même sans force, j’ai des ressources.”

L'illustration qui a retenu leur attention

Sur cette image, on voit clairement une différence de force entre Aliénor et Anh. Aliénor est plus forte physiquement et porte Anh sans difficulté. Cette différence de force est normale : tout le monde est différent. Certains sont plus forts, d’autres plus rapides, plus souples, plus calmes ou plus habiles pour parler. Les filles et les garçons peuvent être différents, et ces différences ne rendent personne meilleur ou moins important. Quand la force est plus grande chez l’un, l’autre a quand même d’autres ressources.

Illustration Arthur la tortue - “Être plus fort ne donne pas le droit. Même sans force, j’ai des ressources.”

Vous souhaitez mener cette séance dans votre classe ? 

FAQ

Questions fréquentes sur l'apprentissage du respect de la force en maternelle
  • L'essentiel est de partir du vécu concret avant d'aller vers l'abstraction. Une séance de motricité autour de la lutte, par exemple, crée une situation physique que les enfants ont réellement ressentie. L'après-midi, en revenant sur ce moment, l'enseignante peut poser la question "est-ce que le plus fort peut faire ce qu'il veut ?" et laisser les élèves répondre. Les réponses oscillent souvent, ce qui est normal à 3-4 ans. Une image représentant deux personnages en déséquilibre (comme Aliénor et Anh dans l'univers d'Arthur la tortue) permet de rendre la réflexion plus concrète et moins abstraite. On ancre ensuite une phrase simple : "être fort ne donne pas tous les droits."

  • Le lien entre le matin et l'après-midi est ce qui rend la séance efficace à cet âge. Les enfants ne repartent pas d'une situation inventée : ils parlent de quelque chose qu'ils ont vécu dans leur corps. La lutte, présentée comme un jeu codifié avec des règles (et non une bagarre), leur a déjà fait expérimenter la notion de confiance et de responsabilité envers l'autre. Le regroupement de l'après-midi n'a alors plus besoin d'expliquer grand-chose : il suffit de verbaliser. C'est cette continuité expérience-réflexion qui caractérise les séances EVAR portées par des kits clés en main structurés autour d'axes pédagogiques progressifs.

  • Dès la TPS-PS, soit dès 2-3 ans. À cet âge, les enfants perçoivent très bien les émotions des autres et commencent à construire leurs repères sociaux. Ce qui reste encore difficile, c'est la notion de différence de capacités : beaucoup affirment spontanément "tout le monde est fort". C'est précisément là que la pédagogie joue son rôle. En s'appuyant sur des exemples concrets et des illustrations lisibles (les personnages d'Arthur la tortue ont été conçus pour ça), on peut amorcer une réflexion sans introduire de hiérarchie entre les enfants.

  • Plutôt que de rester sur la question "qui est le plus fort ?", l'enseignante peut déplacer l'attention vers ce que chaque enfant peut faire : dire stop, s'éloigner, appeler un adulte, demander de l'aide. Ces ressources sont accessibles à tous, quelle que soit leur force physique. C'est une réorientation subtile mais très concrète pour des enfants de TPS-PS. La question "peut-on demander de l'aide ?" ouvre un espace beaucoup plus compréhensible que des notions comme l'inégalité ou la faiblesse, encore trop abstraites à cet âge. Cette progression est au coeur de l'axe 3 du programme EVAR.

  • Parce que les enfants de 3-4 ans apprennent par répétition et ancrage. Une phrase courte, claire, répétée collectivement joue un rôle structurant : elle donne une forme langagière à une expérience vécue, et elle peut être réinvestie par l'enfant dans d'autres situations, à l'école ou à la maison. "Être fort ne donne pas tous les droits" est un exemple de ce type de phrase : simple à retenir, facile à transférer. Les kits pédagogiques d'Arthur la tortue intègrent ce type de formulation comme outil d'ancrage dans la durée, pas comme simple slogan.

  • Quand l'attention baisse, forcer la discussion ne sert pas à grand-chose. Le coloriage individuel d'une scène tirée de la séance (comme une illustration montrant deux personnages en déséquilibre) permet de prolonger l'appropriation sans demander de concentration soutenue. C'est une transition naturelle entre le collectif et l'individuel. Le dessin devient alors un espace de traitement silencieux, où l'enfant continue de s'approprier ce qui a été dit. C'est d'ailleurs une des fonctions des activités créatives proposées dans l'univers d'Arthur la tortue : prolonger les séances EVAR avec des supports accessibles à tous les niveaux de langage.