Des sessions EVAR clés en main, pour aborder des sujets sensibles avec justesse et cadre.

De Arthur La Tortue

Quand je dis stop, on s’arrête : séance en TPS-PS autour du respect et de la sécurité de l'école Notre Dame de Montebourg

Quand je dis stop, on s'arrête" : séance EVAR en TPS-PS pour apprendre le respect et le consentement dès 3 ans

Apprendre à dire "stop" est l'une des compétences sociales les plus fondamentales que l'on puisse enseigner à un enfant de maternelle. Cette séance EVAR a été menée le jeudi 26 mars 2026 dans une classe de TPS/PS, à l'école Notre-Dame des Anges de Montebourg, à la suite d'un module de motricité autour de la lutte. Elle illustre comment une expérience corporelle vécue le matin peut devenir, l'après-midi, le point d'ancrage d'un apprentissage durable sur le respect, les limites et la réparation des relations.

L'enseignante s'est appuyée sur le dossier pédagogique "En cours de motricité dans le gymnase" du programme Arthur la tortue. Cette séance s'inscrit dans le programme national EVAR (Éducation à la Vie Affective et Relationnelle), entré en application à la rentrée 2025 (BO n°6 du 6 février 2025), Axe 3 : Trouver sa place dans la société, y être libre et responsable.

Le nouveau programme de l'école maternelle cycle 1 (BO n°19 du 7 mai 2026, applicable rentrée 2026-2027) intègre officiellement l'EVAR comme complément aux six domaines confirmant l'importance de ces apprentissages dès 3 ans.

En résumé : À travers cette séance d'environ 15 minutes, les enfants ont acquis deux repères essentiels : "Quand je dis stop, on s'arrête" et "Je m'arrête et je m'excuse" : des formules simples, répétées, immédiatement mobilisables à l'école et à la maison.

Motricité en maternelle : poser un cadre sécurisant pour jouer ensemble

Le matin, les enfants ont découvert un module de lutte adapté à l'âge TPS/PS (3-4 ans). Avant de commencer, l'enseignante a posé une distinction fondamentale : la lutte n'est pas une bagarre, c'est un jeu qui repose sur des règles. Cette clarification est indispensable pour des enfants qui sont encore en train de différencier jeu, conflit et agression physique.

À travers des déplacements progressifs sur des tapis, les élèves ont intégré trois règles d'or structurant l'activité :

  • On ne blesse pas l'autre.
  • On respecte le signal d'arrêt.
  • On joue ensemble, pas contre l'autre.

Ce cadre leur a permis de comprendre que le corps est à la fois un outil de jeu et un espace à protéger. En expérimentant physiquement ces règles, ils ont posé les bases d'une compréhension incarnée du vivre-ensemble, bien plus efficace à cet âge que tout discours abstrait.

Découvrir le dossier "En cours de motricité dans le gymnase" ici

Comprendre le mot "stop" : un repère de sécurité essentiel pour les 3-6 ans

L'après-midi, après la sieste, l'enseignante a réuni les enfants en coin regroupement. Elle les a d'abord invités à verbaliser l'expérience du matin, une étape souvent sous-estimée mais décisive pour consolider les apprentissages.

Elle a ensuite présenté une image tirée du kit Arthur la tortue, représentant deux tortues en situation de lutte. Ce support visuel a joué un rôle clé :

  • Il facilite l'identification grâce à des personnages familiers et rassurants.
  • Il permet la projection sans exposition directe à une situation conflictuelle réelle.
  • Il évite la censure émotionnelle que peut provoquer une situation vécue trop récemment.

Dans un premier temps, les enfants ont interprété la scène comme une bagarre. Guidés par les questions ouvertes de l'enseignante, ils ont progressivement reconnu la ressemblance avec leur activité du matin. L'attention s'est alors portée sur la tortue bleue : sa bouche ouverte, son geste de la main, son expression de refus. Sans connaître le terme "réagir", les enfants ont su lire les signaux corporels et identifier que la tortue disait "arrête" ou "stop".

Ce moment est pédagogiquement central : il relie une expression verbale à une sensation corporelle. Dire "stop" cesse d'être une convention sociale abstraite pour devenir un acte clair, visible et compréhensible par tous.

Dire stop pour se sentir en sécurité et être respecté

Au fil des échanges, les enfants ont compris que le mot "stop" remplit une fonction protectrice. Il permet de mettre fin à une situation inconfortable et de signaler une limite à ne pas dépasser.

Plusieurs enfants ont spontanément fait le lien avec leur propre quotidien, notamment dans les relations fraternelles. Ce transfert vers des situations personnelles est un indicateur fort d'une compréhension réelle et non superficielle.

La phrase-clé choisie pour structurer cet apprentissage :

"Quand je dis stop, on s'arrête."

Cette formule a été répétée plusieurs fois, collectivement, pour l'inscrire dans la mémoire procédurale des enfants. Sa force réside dans sa simplicité syntaxique et sa transférabilité immédiate à l'école, dans la cour, à la maison. Elle participe à la construction d'un langage commun autour du respect et des limites.

Comprendre l'intention : on peut faire mal sans le vouloir

La séance a également permis d'aborder une notion plus nuancée : la distinction entre acte intentionnel et accident. À travers l'observation de la tortue jaune, les enfants ont été amenés à comprendre qu'il est possible de faire mal sans le vouloir.

Cette compétence cognitive - distinguer intention et résultat - est un marqueur du développement moral de l'enfant entre 3 et 6 ans. Selon les travaux sur le développement de la théorie de l'esprit, la plupart des enfants n'accèdent à cette nuance qu'entre 4 et 5 ans. La séance l'aborde très tôt, avec bienveillance.

Apprendre à s'excuser pour réparer, pas pour éviter la punition

Les premières réponses des enfants sur le fait de dire "pardon" étaient révélatrices :

"Sinon, on est puni." · "On dit pardon." · "Parce que ça fait mal."

Ces réponses montrent une conception encore extrinsèque de l'excuse — elle est perçue comme un outil pour éviter une conséquence, pas comme un acte de réparation. L'enseignante a progressivement amené les enfants vers une compréhension plus profonde : s'excuser, c'est montrer que l'on regrette et prendre soin de la relation.

La deuxième phrase-clé de la séance :

"Je m'arrête et je m'excuse."

Ce travail contribue directement au développement de l'empathie et de la conscience de l'impact de ses actes - deux piliers des compétences psychosociales visées par l'EVAR.

Une séance adaptée aux capacités des tout-petits

Un groupe de TPS/PS peut maintenir une attention collective pendant environ 10 à 15 minutes et c'est exactement ce que cette séance a respecté. Le fait d'avoir vécu l'activité de motricité le matin a considérablement facilité la compréhension : les enfants n'étaient pas face à une abstraction, mais dans le prolongement d'une expérience corporelle réelle.

Quand l'attention a commencé à décroître, l'enseignante a su adapter le rythme en proposant un temps de coloriage individuel, une transition qui permet de prolonger la réflexion de manière plus calme, tout en consolidant la compréhension de la scène.

Résultat observable : lors de la séance, une élève a spontanément appliqué la leçon dans un contexte familier :

"Oui, comme quand [prénom gardé confidentiel] a sauté sur ma poitrine, j'ai dit stop !" - son frère jumeau a immédiatement ajouté : "Mais j'ai dit pardon."

Ce témoignage illustre une intégration immédiate et autonome du concept, le signe le plus fort d'un apprentissage réussi.

Construire les bases du vivre-ensemble dès la maternelle

Cette séance s'inscrit dans une vision cohérente de l'éducation sociale précoce : il est possible, et nécessaire, d'aborder dès 3 ans des notions comme le consentement, le respect des limites et la réparation relationnelle à condition de les ancrer dans du concret, du corporel et du vécu.

Elle répond aux objectifs des programmes officiels de l'école maternelle (BO spécial n°2 du 26 mars 2015, domaine "Se construire comme personne singulière au sein d'un groupe") et aux enjeux contemporains de l'éducation au consentement dès le plus jeune âge. 

En intégrant ces apprentissages tôt, l'école joue un rôle structurant dans la construction d'un environnement sécurisant où chaque enfant peut :

  • Exprimer un refus clairement et sans crainte.
  • Reconnaître le refus de l'autre et s'y conformer.
  • Réparer une relation après un geste maladroit.

Le module de lutte du matin lui s'inscrit dans le domaine EPS du programme cycle 1 : « Agir, s'exprimer, comprendre à travers les activités physiques » (BO n°41 du 31 octobre 2024).

Activité de coloriage individuel en fin de séance EVAR TPS-PS — prolongement calme après l'apprentissage du consentement et du mot stop en classe maternelle
Élèves de petite section observant l'illustration de deux tortues en jeu de lutte — apprentissage du mot stop et des limites corporelles en maternelle
Enfants de TPS/PS en séance EVAR sur le mot stop et les limites corporelles, école Notre Dame de Montebourg, mars 2026
Enfants de TPS/PS en séance EVAR sur le mot stop et les limites corporelles, école Notre Dame de Montebourg, mars 2026

Paroles recoltées

  • Sinon, on est puni.
  • On dit pardon.
  • Oui, parce que ça fait mal.
  • On peut aussi faire stop avec le doigt.
  • Elle dit «arrête».
  • Elle ouvre sa bouche.
  • Elle fait exprès.
Activité de coloriage individuel en fin de séance EVAR TPS-PS — prolongement calme après l'apprentissage du consentement et du mot stop en classe maternelle

L'illustration qui a retenu leur attention

Sur cette image, on voit qu’Aliénor touche la poitrine d’Anh sans le faire exprès. Anh réagit immédiatement et dit clairement stop, car ce geste ne lui plaît pas. Même si le contact n’était pas intentionnel, Anh a le droit d’exprimer son refus.Aliénor comprend alors le message, s’arrête et s’excuse.

Illustration Arthur la tortue - “Quand je dis stop, on s’arrête. ”

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FAQ

Questions fréquentes sur l'apprentissage du "quand je dis stop, on s'arrête" en maternelle
  • Le signe le plus fiable, ce n'est pas leur capacité à répéter la phrase-clé en classe. C'est qu'ils la réinvestissent spontanément dans une autre situation, sans y être invités. Dans la séance décrite ici, une élève a fait le lien avec un conflit vécu à la maison avec son frère jumeau, et ce dernier a spontanément ajouté "mais j'ai dit pardon". Ces deux phrases prononcées librement montrent que l'apprentissage ne s'est pas arrêté à la classe. C'est exactement l'objectif des séances construites autour de l'univers d'Arthur la tortue : que les enfants puissent se saisir des outils donnés en classe pour les utiliser là où ça compte vraiment.

  • Entre 10 et 15 minutes de regroupement actif. Au-delà, l'attention collective s'effrite et les enfants ne retiennent plus grand-chose. Ce n'est pas une contrainte, c'est une donnée développementale à intégrer comme paramètre pédagogique. La séance décrite ici a duré environ 15 minutes, ce qui correspond exactement à cette fenêtre. Quand l'attention commence à baisser, le bon réflexe est de proposer un coloriage individuel de la scène observée : les enfants continuent de traiter en silence ce qu'ils viennent d'entendre. Les kits clés en main incluent ce type d'activité de prolongement adapté à la transition.

  • Les enfants de TPS-PS s'excusent presque toujours pour éviter une conséquence : "sinon on est puni". Ce n'est pas un problème, c'est un stade normal du développement moral. La séance ne cherche pas à effacer cette compréhension, mais à en ajouter une autre : s'excuser, c'est aussi montrer qu'on a compris que l'autre a été touché, et que la relation compte. "Je m'arrête et je m'excuse" est une formule volontairement active : elle met le sujet en mouvement, pas en position défensive. C'est ce glissement subtil, du réflexe à l'intention, qui commence à se construire dès la petite section dans les séances EVAR.

  • C'est l'une des notions les plus délicates de la séance, parce qu'elle demande une capacité de décentration que les enfants de cet âge n'ont pas encore pleinement. On ne l'explique pas frontalement. On observe d'abord un personnage qui fait mal à l'autre "sans faire exprès", et on laisse les enfants interpréter. Leurs premières réponses ("elle fait exprès") montrent exactement où en est leur compréhension. Progressivement, avec les bonnes questions, ils commencent à distinguer intention et résultat. Cette nuance, abordée sans précipitation, prépare aussi à la séance suivante sur ce que réparer une relation veut vraiment dire.

  • Parce que la mémoire procédurale se construit par répétition, pas par explication. Une phrase courte, dite collectivement plusieurs fois, s'inscrit différemment d'une règle énoncée une seule fois. Elle devient une ressource mobilisable dans l'instant, sans avoir à réfléchir. "Quand je dis stop, on s'arrête" fonctionne parce qu'elle est à la première personne, active, et immédiatement transférable à la cour, à la maison, avec un frère ou une soeur. C'est pour cette raison que les kits pédagogiques d'Arthur la tortue intègrent systématiquement ce type de formulation comme ancrage de fin de séance.

  • C'est l'une des premières choses à poser avant même de commencer l'activité. La distinction tient en trois règles concrètes : on ne blesse pas, on respecte le signal d'arrêt, on joue ensemble et non contre l'autre. Ces règles ne s'expliquent pas en cercle de regroupement : elles se vivent sur les tapis, progressivement, avec des déplacements encadrés. Quand les enfants les ont intégrées par le corps, le mot "bagarre" perd de son emprise. Cette contextualisation motrice est le point de départ de toutes les séances EVAR qui s'appuient sur l'univers d'Arthur la tortue autour du gymnase.

  • L'observation guidée d'une illustration est l'un des outils les plus efficaces. Quand on montre à des enfants une scène où un personnage dit "stop" (bouche ouverte, geste de la main, expression de refus), ils le lisent très bien, souvent avant même que l'enseignante le nomme. Ce qui change avec la séance, c'est qu'on met des mots sur ce qu'ils voient déjà. Le travail consiste à relier ce signe visuel à une sensation vécue dans leur propre corps. Une fois ce lien fait, "stop" n'est plus une règle abstraite : c'est quelque chose qu'ils ont ressenti et qu'ils peuvent reconnaître chez l'autre. Les kits pédagogiques structurés autour de scènes du quotidien facilitent beaucoup ce passage du ressenti au langage.

  • Oui, à condition de ne pas utiliser le mot "consentement" ni aucun vocabulaire adulte. À 3-4 ans, ce qui fonctionne, c'est une expérience physique déjà vécue : un jeu de lutte codifié le matin, par exemple, pose les bases de manière incarnée. L'après-midi, on revient sur ce moment avec une image simple représentant deux personnages en interaction. Les enfants savent déjà lire les signaux corporels de refus bien avant de pouvoir les nommer. C'est exactement cette progression que les personnages d'Arthur la tortue, Aliénor et Anh, permettent de mettre en scène sans mise en danger émotionnelle.