Quand je dis stop, on s’arrête : séance en TPS-PS autour du respect et de la sécurité de l'école Notre Dame de Montebourg
Cette séance EVAR a eu lieu le jeudi 26 mars 2026, dans une classe de TPS/PS, à la suite d’un module de motricité en salle de sport autour de la lutte. Ce contexte, directement vécu par les enfants quelques heures auparavant, a permis d’ancrer les apprentissages dans une expérience concrète et signifiante. L’enseignante s’est appuyée sur le dossier « En cours de motricité dans le gymnase » pour travailler une compétence essentielle du développement social : comprendre que dire stop protège, et que s’excuser permet de réparer une relation (Axe 3 : Trouver sa place dans la société, y être libre et responsable).
Motricité en maternelle : poser un cadre sécurisant pour jouer ensemble
Le matin, les enfants ont découvert un module de lutte adapté à leur âge. L’enseignante a pris le temps de préciser que la lutte n’est pas une bagarre, mais un jeu qui repose sur des règles. Cette distinction est fondamentale pour des enfants de trois à quatre ans, qui sont encore en train d’apprendre à différencier jeu et conflit. À travers des déplacements sur des tapis, les élèves ont progressivement intégré les trois règles d’or qui structurent l’activité et sécurisent les interactions.
Ce cadre permet aux enfants de comprendre que le corps est à la fois un outil de jeu et un espace à protéger. En expérimentant physiquement ces règles, ils apprennent que jouer avec les autres implique des limites, mais aussi une forme de responsabilité individuelle et collective. La motricité devient ainsi un véritable terrain d’apprentissage du vivre-ensemble.
Comprendre le mot “stop” : un repère essentiel pour les enfants de 3 à 6 ans
L’après-midi, après la sieste, le retour au calme dans le coin regroupement a permis de revenir sur l’expérience du matin. L’enseignante a invité les enfants à verbaliser ce qu’ils avaient vécu, avant d’introduire une image représentant deux tortues en situation de lutte. Ce support visuel a facilité l’identification et la projection, notamment grâce à l’univers familier et rassurant des personnages.
Dans un premier temps, les enfants ont interprété la scène comme une bagarre. Progressivement, guidés par les questions de l’enseignante, ils ont compris qu’il s’agissait d’un jeu similaire à celui pratiqué le matin. L’attention s’est alors portée sur la tortue bleue, dont l’attitude traduisait un inconfort. Même si le terme “réagir” restait abstrait, les enfants ont su reconnaître des indices concrets : une bouche ouverte, un geste de la main, une expression de refus. Ils ont ainsi identifié que la tortue disait “arrête” ou “stop”.
Ce moment est central dans l’apprentissage, car il permet de relier une expression verbale à une sensation corporelle. Dire stop devient un acte clair, visible et compréhensible par tous, qui marque une limite à ne pas dépasser.
Dire stop pour se sentir en sécurité et être respecté
Au fil des échanges, les enfants ont compris que le mot “stop” joue un rôle protecteur. Il permet de mettre fin à une situation inconfortable et de se sentir en sécurité. Certains ont spontanément fait le lien avec leur propre vécu, évoquant des situations du quotidien, notamment dans les relations entre frères et sœurs. Cette capacité à relier l’apprentissage à des expériences personnelles renforce considérablement l’efficacité pédagogique de la séance.
La répétition de la phrase clé “Quand je dis stop, on s’arrête” a permis de structurer cette compréhension et de l’inscrire durablement dans leur mémoire. Cette formulation simple devient un outil que les enfants peuvent mobiliser dans différents contextes, à l’école comme à la maison. Elle participe à la construction d’un langage commun autour du respect et des limites.
Comprendre l’intention et apprendre à s’excuser
La séance a également permis d’aborder une notion plus subtile : celle de l’intention. À travers l’observation de la tortue jaune, les enfants ont été amenés à comprendre que l’on peut faire mal sans le vouloir. Cette distinction est essentielle pour développer une pensée plus nuancée et éviter une vision trop binaire des interactions.
À partir de cette prise de conscience, l’enseignante a introduit la notion d’excuse. Les enfants ont d’abord associé le fait de dire pardon à la peur de la punition. Progressivement, ils ont compris que s’excuser permet avant tout de réparer, de montrer que l’on regrette son geste et de prendre soin de la relation avec l’autre. La phrase clé “Je m’arrête et je m’excuse” a été répétée afin de renforcer cet apprentissage.
Ce travail contribue au développement de l’empathie, en aidant les enfants à se mettre à la place de l’autre et à reconnaître l’impact de leurs actions. Il s’inscrit pleinement dans les objectifs de l’EVAR en maternelle, qui vise à construire des relations respectueuses et équilibrées.
Une séance adaptée aux capacités des tout-petits
Malgré un groupe relativement important, les enfants ont montré une réelle capacité d’attention et d’engagement pendant environ quinze minutes, ce qui est particulièrement significatif à cet âge. Le fait d’avoir vécu l’activité de motricité le matin a grandement facilité la compréhension et la participation. Les enfants n’étaient pas face à une situation abstraite, mais bien dans un prolongement de leur expérience.
Lorsque l’attention a commencé à diminuer, l’enseignante a su adapter le rythme en proposant un temps de coloriage individuel. Cette activité a permis aux enfants de prolonger la réflexion de manière plus calme et personnelle, tout en consolidant leur compréhension de la scène.
Construire les bases du vivre-ensemble dès la maternelle
Cette séance illustre l’importance de proposer des situations concrètes pour aborder des notions fondamentales comme le respect, le consentement et la responsabilité. En s’appuyant sur le corps, le jeu et l გამოცდილ quotidien des enfants, l’apprentissage devient accessible et durable.
À travers des phrases simples et répétées, les enfants acquièrent des repères essentiels qui les accompagneront dans leur développement social. Comprendre qu’ils ont le droit de dire stop, mais aussi qu’ils doivent s’arrêter et s’excuser lorsqu’ils font mal, constitue une base solide pour apprendre à vivre avec les autres.
En intégrant ces apprentissages dès le plus jeune âge, l’école joue un rôle clé dans la construction d’un environnement sécurisant, où chacun peut trouver sa place, s’exprimer librement et évoluer avec confiance.
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Paroles recoltées
L'illustration qui a retenu leur attention
Sur cette image, on voit qu’Aliénor touche la poitrine d’Anh sans le faire exprès. Anh réagit immédiatement et dit clairement stop, car ce geste ne lui plaît pas. Même si le contact n’était pas intentionnel, Anh a le droit d’exprimer son refus.Aliénor comprend alors le message, s’arrête et s’excuse.