Des sessions EVAR clés en main, pour aborder des sujets sensibles avec justesse et cadre.

De Arthur La Tortue

Conversation autour de la cantine : comment distinguer une situation de violence avec Arthur la tortue ?

Comment apprendre aux enfants de 3 à 6 ans à faire la différence entre un jeu et une situation de violence ? Un repas à la cantine peut devenir une séance d’Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR) pour les enfants de 3 à 6 ans. À travers huit illustrations, Arthur la Tortue et ses amis vivent une pause déjeuner agitée : un coup de pied dans une poubelle, des acrobaties avec les plateaux, une bagarre, des tomates lancées, un pétard, un enfant soulevé par le cou, un plat jeté sur la tête. "C’était pour rigoler !" "Il l’a cherché !" "C’est qu’une tomate, ça fait pas mal." Ces phrases, les enseignants et les ATSEM les entendent très souvent après un incident. Pour les enfants, la frontière entre un jeu agité et un geste violent est floue. Celui qui fait trouve cela drôle. Celui qui subit a peur, a mal ou a honte. Et ceux qui regardent ne savent pas quoi faire. C’est tout l’intérêt du kit "À la cantine" d’Arthur la Tortue.

On peut être en colère sans taper. On peut vouloir faire rire sans mettre les autres en danger. On peut être témoin d’une violence et aller chercher de l’aide. Cette séance s’inscrit dans l’axe 2 du programme d’Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR) : "Rencontrer les autres et construire des relations, s’y épanouir", autour du pilier "Distinguer une situation de violence".

En bref : un geste devient violent quand il fait mal, fait peur, humilie ou met en danger, même si celui qui le fait pense jouer. Avec le kit "À la cantine" d’Arthur la Tortue, parents et enseignants aident les enfants de 3 à 6 ans à reconnaître la violence physique, la violence qui fait peur et la violence qui humilie, à se mettre en sécurité et à prévenir un adulte. Ils découvrent aussi que la violence ne laisse pas toujours de bleus, mais qu’elle peut faire très mal.

À la maison ou à l’école : une même conversation pour grandir ensemble

À la maison : lors d’un conflit entre frères et sœurs ou à la lecture d’une histoire, demandez à votre enfant : « Est-ce que ce geste fait mal, fait peur ou rend triste ? ». Rappelez-lui qu’il a le droit de s’éloigner et de venir vous chercher, et que ce n’est jamais « rapporter ».

À l’école : la séance ci-dessous se mène en grand groupe à partir des illustrations du kit, puis se prolonge dans les moments de vie de la classe.

Ensemble : quand parents et enseignants emploient les mêmes mots et les mêmes repères, l’enfant fait le lien entre ses deux univers. Les étapes et les questions qui suivent peuvent être utilisées telles quelles en classe ou adaptées à la maison, avec un seul enfant ou une fratrie.

Pourquoi apprendre à distinguer une situation de violence dès la maternelle ?

À 3, 4 ou 5 ans, les enfants testent beaucoup avec leur corps. Ils poussent, tirent, crient, imitent les plus grands. Ils ne mesurent pas toujours les conséquences de leurs gestes et disent souvent "c’était pour jouer". À l’inverse, un enfant qui subit un geste violent ne sait pas toujours qu’il a le droit de dire que ce n’est pas normal. Il pense parfois que ça fait partie du jeu, ou que c’est sa faute.

Or, un geste qui fait peur, fait mal ou fait honte n’est pas un jeu.

Apprendre à nommer la violence aide les enfants à la reconnaître, qu’ils en soient auteurs, victimes ou témoins. Cela leur donne aussi des solutions concrètes : s’éloigner, protéger un ami, appeler un adulte. L’objectif n’est pas de culpabiliser les enfants agités ni de dramatiser chaque bousculade. Il est de leur donner des repères pour comprendre quand un comportement dépasse les limites, et quoi faire dans ce cas.

Comment préparer une séance EVAR sur la violence à la cantine ?

Le kit "À la cantine" raconte, à travers le journal d’Arthur, un repas qui dégénère. Les premières illustrations montrent des comportements agités ou dangereux entre enfants du même âge. Les suivantes montrent des "grands" qui s’en prennent à plus petits qu’eux. La progression permet de passer du jeu dangereux à la violence physique, puis à la violence qui humilie.

Fiche de préparation pédagogique

Niveau : petite, moyenne et grande section (PS, MS, GS).

Durée : deux séances de 30 à 40 minutes.

Programme : Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR).

Axe 2 : Rencontrer les autres et construire des relations, s’y épanouir.

Pilier : distinguer une situation de violence.

Objectif principal : savoir reconnaître un geste violent et le distinguer d’un jeu.

Objectifs complémentaires : comprendre qu’être en colère ne donne pas le droit de taper ou casser, repérer les comportements dangereux, reconnaître l’humiliation comme une violence, comprendre le rôle des témoins, savoir se mettre en sécurité et alerter un adulte.

Matériel : les huit illustrations du kit, les questions guidées, l’affiche des quatre règles, les puzzles, les coloriages, le memory, le labyrinthe et les fiches d’écriture.

Conseil pédagogique : il est utile d’associer l’équipe de restauration et les ATSEM à la séance, pour que les règles affichées en classe soient les mêmes à la cantine. On évite de désigner des enfants de la classe comme "violents" : on parle des gestes, pas des personnes.

Étape 1 : que fait Arthur quand Anh donne un coup de pied dans la poubelle ? (5 minutes)

On commence par la première illustration. Anh est très en colère et donne un grand coup de pied dans une poubelle. Les plateaux tombent, cela fait du bruit et du désordre. Arthur se met devant Aliénor pour la protéger. Il a compris que la situation est trop agitée et qu’il vaut mieux s’éloigner.

La question à poser : "Quand on crie, tape ou casse, comment appelle-t-on ça ?"

On explique : "Anh a le droit d’être en colère. Mais quand son corps devient violent, il peut faire peur et faire mal. Arthur a eu le bon réflexe : se mettre en sécurité et protéger son amie." On introduit le mot "violence" : un geste qui fait mal, fait peur ou abîme.

Questions à poser aux enfants

  • Est-ce que ces gestes peuvent faire peur ?

  • Est-ce que cela peut faire mal aux autres ou aux objets ?

  • Quand on crie, tape ou casse, comment appelle-t-on ça ?

  • Est-ce que la violence est acceptable ?

  • Que peut-on faire quand quelqu’un est violent ?

  • Peut-on s’éloigner pour se mettre en sécurité ?

  • Est-ce qu’on peut aider un ami à se protéger ?

Activité : la colère qui ne fait pas mal. On cherche avec les enfants des façons d’exprimer sa colère sans violence : serrer un coussin, taper des pieds sur place, dire "je suis très en colère", aller au coin calme. On les affiche.

Phrase clé : "Quand c’est violent, je m’éloigne et je demande de l’aide."

Étape 2 : est-ce un jeu de faire des acrobaties avec son plateau ? (5 minutes)

On présente la deuxième illustration. Anh fait le poirier sur sa chaise et Arthur essaie de faire "superman" en tenant son plateau. Ils veulent impressionner Aliénor et s’amuser. Mais leurs gestes sont dangereux : les plateaux peuvent tomber, la nourriture peut se renverser, quelqu’un peut se faire mal. Aliénor voudrait juste manger tranquillement.

La question à poser : "Est-ce que tous les jeux sont adaptés à tous les endroits ?"

On explique : "Faire le poirier, c’est amusant dans la salle de motricité, sur un tapis. Mais à table, avec des plateaux et des couverts, c’est dangereux. Ce n’est pas encore de la violence, mais ça peut mettre les autres en danger."

Questions à poser aux enfants

  • Est-ce que cela ressemble à un jeu calme ou à quelque chose de dangereux ?

  • Est-ce que ces gestes peuvent faire tomber ou faire mal ?

  • Est-ce que la nourriture peut être renversée ?

  • Est-ce que cela peut devenir dangereux pour les autres ?

  • Est-ce que tous les jeux sont adaptés à tous les endroits ?

Activité : le bon jeu au bon endroit. On associe des jeux (courir, faire le poirier, chuchoter, sauter) à des lieux (cour, motricité, cantine, bibliothèque). Les enfants découvrent qu’un même jeu peut être bien dans un lieu et dangereux dans un autre.

Phrase clé : "À la cantine, je reste calme et je fais attention."

Étape 3 : se battre sur la table, est-ce un jeu ? (5 minutes)

On présente la troisième illustration. Arthur et Anh se battent sur une table de la cantine. Ils se poussent, se bousculent, et la nourriture est éclaboussée partout. Les autres enfants sont surpris, dérangés ou ont peur.

La question à poser : "Est-ce qu’on a le droit de se battre ?"

On explique : "Arthur et Anh pensent peut-être régler leur dispute. Mais se battre peut faire mal, et pas seulement à eux : les autres aussi peuvent être blessés ou avoir peur. Se battre n’est pas un jeu." On cherche ce que peuvent faire les autres enfants : s’éloigner et aller chercher un adulte, sans essayer de séparer eux-mêmes les enfants qui se battent.

Questions à poser aux enfants

  • Est-ce que se battre peut faire mal ?

  • Est-ce que cela ressemble à un jeu ou à quelque chose de dangereux ?

  • Est-ce que ces gestes peuvent blesser d’autres enfants ?

  • Est-ce qu’on a le droit de se battre ?

  • Que peut-on faire quand quelqu’un se bat ?

  • Est-ce qu’un adulte peut aider à arrêter la situation ?

Activité : régler une dispute avec des mots. Avec deux marionnettes qui se disputent, les enfants proposent des solutions : se parler, s’éloigner un moment, demander l’aide d’un adulte, utiliser la boîte à solutions de la classe.

Phrase clé : "Se battre n’est pas un jeu."

Étape 4 : lancer des tomates "pour rigoler", est-ce violent ? (5 minutes)

On présente la quatrième illustration. Un "grand" a apporté un lance-pierre à la cantine et lance des tomates pour rigoler. Les tomates visent Arthur et Aliénor, qui se cachent pour ne pas en recevoir. Aliénor décide d’aller voir un adulte de confiance pour que cela s’arrête.

La question à poser : "Même si c’est pour rigoler, est-ce que ça peut être violent ?"

On explique : "Pour le grand, c’est drôle. Mais Arthur et Aliénor n’ont pas envie d’être visés, ni salis. Ils doivent se cacher. Quand un jeu oblige les autres à se protéger, ce n’est plus un jeu." On valorise la réaction d’Aliénor : aller chercher un adulte.

Questions à poser aux enfants

  • Est-ce que lancer quelque chose sur quelqu’un peut faire mal ou peur ?

  • Même si c’est "pour rigoler", est-ce que ça peut être violent ?

  • Est-ce que viser quelqu’un est respectueux ?

  • Pourquoi personne n’a envie d’être visé ou sali ?

  • Que peut-on faire quand quelqu’un lance des objets ?

  • Est-ce que prévenir un adulte peut aider à arrêter la situation ?

Activité : drôle pour qui ? On montre l’illustration et on demande : "Qui rit ? Qui ne rit pas ?" On établit une règle simple : si un seul enfant ne rit pas, ce n’est pas un jeu.

Phrase clé : "Lancer sur quelqu’un, ce n’est pas un jeu."

Étape 5 : pourquoi courir avec un pétard dans la cantine est-il dangereux ? (5 minutes)

On présente la cinquième illustration. Un "grand" court dans la cantine avec un pétard et poursuit Anh, qui est plus jeune. Anh a peur. Le grand trouve peut-être cela amusant, mais c’est très dangereux : courir peut faire tomber les autres et le pétard peut faire peur ou blesser.

La question à poser : "Pourquoi certains gestes sont-ils interdits dans certains endroits ?"

On explique : "Un pétard peut brûler, faire très mal aux oreilles, faire très peur. Et poursuivre un plus petit pour l’effrayer, c’est utiliser sa force contre lui. Ce qui est dangereux n’est pas un jeu." On rappelle que les objets dangereux sont interdits à l’école et qu’on prévient tout de suite un adulte si on en voit un.

Questions à poser aux enfants

  • Est-ce que courir avec un objet dangereux peut faire peur ?

  • Est-ce que cela peut faire mal à quelqu’un ?

  • Est-ce que cela ressemble à un jeu ou à quelque chose de dangereux ?

  • Pourquoi certains gestes sont interdits dans certains endroits ?

  • Comment peuvent se sentir les autres enfants qui mangent ?

  • Est-ce que ton corps peut avoir peur à ce moment-là ?

Activité : objets permis, objets interdits. On trie des images d’objets (crayon, ballon, ciseaux d’école, pétard, allumettes, couteau) en deux catégories : ceux qu’on peut apporter à l’école et ceux qui sont interdits parce que dangereux.

Phrase clé : "Ce qui est dangereux n’est pas un jeu."

Étape 6 : un grand a-t-il le droit de faire peur à Anh pour avoir son dessert ? (5 minutes)

On présente la sixième illustration. Un enfant plus grand attrape Anh par le cou, le soulève et le secoue pour obtenir son dessert. Ce geste est très violent et dangereux. Arthur et Aliénor regardent la scène et ont peur que cela leur arrive aussi.

La question à poser : "Si cela arrive plusieurs fois, comment appelle-t-on cela ?"

On explique : "Utiliser la force pour obtenir quelque chose n’est jamais acceptable. Le grand est plus fort et s’en sert pour faire peur à un plus petit. Si cela recommence, encore et encore, on appelle cela du harcèlement." On rappelle qu’il ne faut jamais intervenir seul dans une telle situation, mais se mettre en sécurité et aller chercher un adulte immédiatement.

Questions à poser aux enfants

  • Est-ce que faire peur ou faire mal pour avoir quelque chose est acceptable ?

  • Si cela arrive plusieurs fois, comment appelle-t-on cela ?

  • Est-ce que c’est juste ou injuste ?

  • Comment peut se sentir quelqu’un à qui on fait peur ?

  • Est-ce que cela peut donner envie de se cacher ou de ne plus venir à l’école ?

  • Est-ce qu’un adulte peut aider à arrêter cela ?

Activité : le chemin vers l’adulte. On repère dans l’école les adultes présents à la cantine et dans la cour, et on trace avec les enfants le chemin pour aller les chercher rapidement.

Phrase clé : "Faire peur ou faire mal pour avoir quelque chose, ce n’est pas un jeu."

Étape 7 : comment se sent Anh quand on lui jette un plat sur la tête ? (5 minutes)

On présente la septième illustration. Un enfant plus grand jette son plat de bolognaise sur la tête d’Anh. Ce geste est violent et humiliant. Arthur et Aliénor regardent et commencent à avoir peur. Certains enfants se cachent.

La question à poser : "Comment peuvent se sentir les autres enfants qui regardent ?"

On explique : "Anh est sale, triste et a honte devant tout le monde. Mais la violence fait aussi peur à ceux qui regardent. Ils se demandent si cela va leur arriver." On aide les enfants à comprendre le rôle des témoins : ne pas rire, rester aux côtés d’Anh après, prévenir un adulte.

Questions à poser aux enfants

  • Est-ce que jeter quelque chose sur quelqu’un peut faire mal ?

  • Est-ce que cela peut faire de la peine ou faire honte ?

  • Est-ce que ce geste est gentil ou violent ?

  • Comment peut se sentir la personne qui reçoit la nourriture ?

  • Comment peuvent se sentir les autres enfants qui regardent ?

  • Est-ce que ton corps peut avoir peur à ce moment-là ?

Activité : que peut faire le témoin ? On dessine trois cases : ce que je ne fais pas (rire, encourager), ce que je fais tout de suite (prévenir un adulte), ce que je fais après (consoler, rester avec l’enfant). Les enfants complètent avec des dessins.

Phrase clé : "Faire du mal aux autres, ce n’est pas un jeu."

Étape 8 : une blague peut-elle être violente ? (5 minutes)

On termine avec la huitième illustration. Un grand embête Arthur et Aliénor. Sans leur demander leur avis, il renverse un gâteau au chocolat sur la tête d’Aliénor. Surprise, humiliée et bouleversée, Aliénor ne trouve pas cela drôle du tout. Arthur, témoin de la scène, comprend que quelque chose ne va pas.

La question à poser : "Est-ce qu’un geste peut être violent même s’il ne fait pas mal au corps ?"

On explique : "Le gâteau ne fait pas mal comme un coup. Mais Aliénor a honte, elle est triste et humiliée devant les autres. Une blague devient violente quand elle est imposée, qu’elle humilie, fait peur ou blesse." On introduit l’idée des blessures invisibles.

Questions à poser aux enfants

  • Est-ce qu’un geste peut être violent même s’il ne fait pas mal au corps ?

  • Est-ce qu’humilier quelqu’un devant les autres peut lui faire du mal ?

  • Est-ce qu’on peut être triste ou avoir peur sans avoir de blessure visible ?

  • Est-ce qu’un geste peut être violent même si celui qui le fait trouve cela drôle ?

  • Pourquoi certaines blessures ne se voient-elles pas ?

  • Comment peut-on aider quelqu’un qui a été blessé par des paroles ou des gestes ?

Activité : blague ou violence ? L’enseignant décrit plusieurs situations (faire une grimace drôle à un ami qui rit, se moquer de la coiffure d’un camarade, faire une farce que tout le monde accepte, renverser de l’eau sur quelqu’un). Les enfants disent si c’est une blague partagée ou une violence, en se demandant : est-ce que tout le monde rit ?

Phrase clé : "La violence ne laisse pas toujours de bleus, mais elle peut faire très mal."

Étape 9 : afficher les quatre règles de la cantine

Pour terminer, on revient sur les huit illustrations. "Lesquelles étaient des jeux ? Lesquelles étaient dangereuses ? Lesquelles étaient violentes ?" On classe les images ensemble. Puis on reprend les quatre règles du kit.

Les quatre règles à afficher en classe

1. Mes mains sont calmes.

À la cantine, mes mains servent à manger, pas à pousser ou taper. Si je suis énervé, je garde mes mains pour moi et je peux demander de l’aide à un adulte.

2. Je mange sans faire le fou.

Je reste assis et je fais attention avec mon corps. Monter sur les chaises ou jouer avec son plateau peut être dangereux pour moi et pour les autres.

3. Je respecte la nourriture.

La nourriture n’est pas faite pour être jetée ou écrasée. Si je joue avec, je peux salir, gaspiller et déranger les autres.

4. Je garde un espace tranquille.

Je fais attention aux autres autour de moi. Je ne bouscule pas, je ne crie pas et je laisse chacun manger calmement.

Phrase clé de la séance : "Quand un geste fait mal, fait peur ou fait honte, ce n’est pas un jeu. Je m’éloigne et je préviens un adulte."

Comment adapter cette séance EVAR en petite, moyenne et grande section ?

En petite section (PS), on sélectionne trois illustrations : la poubelle, les plateaux et la bagarre. L’objectif est de comprendre qu’on ne tape pas, même en colère, et qu’on va chercher un adulte.

En moyenne section (MS), on ajoute les tomates et le pétard. Les élèves découvrent que "pour rigoler" ne rend pas un geste acceptable.

En grande section (GS), on peut exploiter les huit illustrations et aborder le harcèlement, l’humiliation et le rôle des témoins.

Dans toutes les sections, on parle des gestes et non des personnes, et on valorise les comportements qui protègent.

Quelles activités proposer pour prolonger la séance ?

Le kit "À la cantine" comprend plusieurs supports complémentaires.

Les puzzles et les coloriages : chaque scène peut être reconstituée ou coloriée. On demande aux enfants si la scène montre un jeu, un danger ou une violence.

Le memory : les cartes représentent les scènes du kit. Avec les plus petits, on joue sans compter les points.

Le labyrinthe : les enfants suivent un chemin illustré avec les personnages.

Les fiches d’écriture : le kit propose des exercices de tracé des chiffres 1, 2 et 3.

La littérature jeunesse : le kit fait référence à "Ça fait mal la violence" de Catherine Dolto. Ce livre explique que tout le monde peut être violent, parfois sans s’en rendre compte, et que la meilleure façon de s’en sortir est d’en parler.

Ces activités peuvent être proposées en ateliers ou utilisées pour revenir sur les situations après la séance collective.

Comment savoir si les enfants savent reconnaître une situation de violence ?

En maternelle, on observe surtout si les enfants distinguent un jeu partagé d’un geste qui fait mal, et s’ils savent quoi faire. Un enfant peut notamment :

  • Dire qu’un geste est violent s’il fait mal, fait peur ou fait honte.

  • Expliquer qu’être en colère ne donne pas le droit de taper.

  • Reconnaître qu’un jeu peut devenir dangereux selon l’endroit.

  • Comprendre que "c’était pour rigoler" ne rend pas un geste acceptable.

  • Savoir qu’une humiliation est une forme de violence.

  • S’éloigner et aller chercher un adulte face à une violence.

  • Consoler un camarade après une situation difficile.

Pour terminer, on peut montrer l’illustration du gâteau et demander : "Le grand dit que c’était une blague. Est-ce qu’Aliénor rit ?" Quand les enfants répondent "non, donc ce n’est pas une blague", ils ont compris l’essentiel.

Pourquoi utiliser Arthur la Tortue pour parler de la violence en maternelle ?

Parce que les enfants ont du mal à reconnaître la violence quand ils y sont mêlés, et encore plus à en parler juste après. En observant Arthur, Anh et Aliénor à la cantine, ils prennent du recul. On peut demander : "Pourquoi Arthur se met-il devant Aliénor ?" ou "Qui rit et qui ne rit pas sur cette image ?". Les enfants apprennent à classer les gestes, à reconnaître les blessures invisibles et à savoir quoi faire, qu’ils soient victimes, auteurs ou témoins.

Arthur la Tortue est un univers illustré qui aide les enfants de 3 à 6 ans, à la maison comme à l’école, à comprendre leurs émotions, leurs limites, le consentement et les relations avec les autres. Parents et enseignants y trouvent des supports communs pour parler d’Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR) avec les mêmes mots.

Les illustrations sont des supports pour ouvrir le dialogue, à accompagner d’une discussion adaptée à l’âge des enfants.

À lire aussi : Conversation autour du parc : comprendre l’envie et la jalousie et Conversation autour de la cour de récréation : identifier l’amitié.

Questions fréquentes

  • Comment expliquer la violence à un enfant de maternelle ?

    Un geste ou une parole est violent quand il fait mal, fait peur, fait honte ou met en danger, même si son auteur pense jouer. La violence touche le corps (taper, pousser) ou le cœur (humilier, se moquer). Le kit « À la cantine » d’Arthur la Tortue l’illustre en huit scènes avec Arthur, Anh et Aliénor.

  • Comment savoir en maternelle si c’est un jeu ou de la violence entre enfants ?

    On se pose trois questions : est-ce que tout le monde est d’accord, est-ce que tout le monde rit, est-ce que quelqu’un a peur ou a mal ? Si un seul enfant ne rit pas, ce n’est plus un jeu. Les illustrations libres d’interprétation d’Arthur la Tortue font parler les petits sur ce critère.

  • Que doit faire un enfant de maternelle témoin de violence à la cantine ou dans la cour ?

    Il ne rit pas, ne participe pas et n’intervient pas seul en cas de danger. Il s’éloigne, va chercher un adulte tout de suite, puis peut réconforter l’enfant qui a subi la violence. Dans le kit « À la cantine », Arthur se place devant Aliénor pour la protéger. Prévenir, ce n’est pas rapporter.

  • À quel axe du programme EVAR correspond la séance sur la violence à la cantine ?

    Elle relève de l’axe 2 de l’EVAR, « Rencontrer les autres et construire des relations, s’y épanouir », pilier « Distinguer une situation de violence ». Le Code de l’éducation (article L312-16) prévoit au moins trois séances annuelles d’EVAR. Le kit « À la cantine » se travaille en deux séances de 30 à 40 minutes.

  • Comment adapter la séance sur la violence à la cantine en PS, MS et GS ?

    En PS, on choisit la poubelle, les plateaux et la bagarre, pour retenir qu’on ne tape pas, même en colère. En MS, on ajoute les tomates et le pétard : « pour rigoler » ne rend pas un geste acceptable. En GS, on exploite les huit illustrations et on aborde le harcèlement, l’humiliation et le rôle des témoins.