Des sessions EVAR clés en main, pour aborder des sujets sensibles avec justesse et cadre.

De Arthur La Tortue

Conversation autour du parc : comment comprendre l’envie et la jalousie avec Arthur la tortue ?

Comment aider les enfants de 3 à 6 ans à comprendre l’envie et la jalousie, et à les exprimer sans faire mal ? Une après-midi au parc peut devenir une séance d’Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR) pour les enfants de 3 à 6 ans. À travers sept illustrations, Aliénor, l’amie d’Arthur la Tortue, ressent beaucoup d’émotions difficiles : elle se dispute un ours en peluche avec Arthur, perd aux échecs, se fait pousser, voit ses poupées emportées, n’a pas assez d’argent pour une glace, se fait moquer quand elle chante et reçoit un boomerang sur la tête. "C’est pas juste, lui il en a une et moi non !" "Je veux être le premier !" "J’ai perdu, je joue plus !" Ces petites phrases, les enseignants de maternelle et les parents les entendent tous les jours. L’envie et la jalousie sont des émotions très fortes à cet âge. Elles poussent parfois à arracher un jouet, bousculer, tricher ou se moquer. Les enfants ne savent pas encore qu’ils ont le droit de ressentir ces émotions, mais pas de faire mal à cause d’elles. C’est tout l’intérêt du kit "Au parc" d’Arthur la Tortue.

On peut avoir très envie d’un jouet et demander avant de le prendre. On peut être jaloux de la glace d’un ami et le dire avec des mots. On peut perdre, être en colère et rester un bon joueur. Cette séance s’inscrit dans l’axe 2 du programme d’Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR) : "Rencontrer les autres et construire des relations, s’y épanouir", autour de la notion "Définir et prendre conscience de ce que sont l’envie et la jalousie".

En bref : l’envie, c’est vouloir très fort quelque chose. La jalousie, c’est souffrir parce qu’un autre a ce que l’on n’a pas. Avec le kit "Au parc" d’Arthur la Tortue, parents et enseignants aident les enfants de 3 à 6 ans à comprendre que ces émotions sont normales, qu’elles peuvent entraîner frustration, colère ou tristesse, et qu’on peut les dire avec des mots plutôt que de pousser, prendre, tricher ou se moquer. Ils découvrent aussi qu’un adulte de confiance peut les aider à résoudre un conflit.

À la maison ou à l’école : une même conversation pour grandir ensemble

À la maison : la jalousie surgit souvent entre frères et sœurs ou à l’arrivée d’un bébé. Plutôt que de la gronder, aidez votre enfant à la nommer : « Tu es jaloux parce que ta sœur a eu un cadeau ? C’est normal de ressentir ça. » Puis cherchez ensemble une solution.

À l’école : la séance ci-dessous se mène en grand groupe à partir des illustrations du kit, puis se prolonge dans les moments de vie de la classe.

Ensemble : quand parents et enseignants emploient les mêmes mots et les mêmes repères, l’enfant fait le lien entre ses deux univers. Les étapes et les questions qui suivent peuvent être utilisées telles quelles en classe ou adaptées à la maison, avec un seul enfant ou une fratrie.

Pourquoi parler de l’envie et de la jalousie dès la maternelle ?

À 3, 4 ou 5 ans, les enfants se comparent beaucoup aux autres. Ils veulent le même jouet, la même place, la même attention. Quand ils ne l’obtiennent pas, ils ressentent une frustration intense, qui peut déborder en gestes brusques. Ils ne savent pas encore nommer ce qu’ils ressentent, ni distinguer l’émotion du comportement.

Pourtant, avoir envie, c’est normal. Faire mal, non.

Apprendre à nommer l’envie et la jalousie aide les enfants à comprendre ce qui se passe en eux, à attendre leur tour, à accepter de perdre et à demander de l’aide pour régler un conflit. Cela les aide aussi à être contents pour les autres. L’objectif n’est pas d’interdire ces émotions. Il est d’apprendre aux enfants à les reconnaître et à les exprimer sans blesser personne.

Comment préparer une séance EVAR sur l’envie et la jalousie ?

Le kit "Au parc" raconte, à travers le journal d’Aliénor, une après-midi pleine d’émotions négatives. Les illustrations montrent à la fois les émotions d’Aliénor (envie, jalousie, frustration, honte) et les comportements qu’elles peuvent provoquer chez les autres (pousser, prendre sans demander, se moquer, lancer un objet).

Fiche de préparation pédagogique

Niveau : petite, moyenne et grande section (PS, MS, GS).

Durée : 30 à 40 minutes, à répartir éventuellement sur deux séances.

Programme : Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR).

Axe 2 : Rencontrer les autres et construire des relations, s’y épanouir.

Notion : définir et prendre conscience de ce que sont l’envie et la jalousie.

Objectif principal : reconnaître l’envie et la jalousie, et comprendre qu’on peut les ressentir sans faire mal aux autres.

Objectifs complémentaires : distinguer émotion et comportement, accepter de perdre, attendre son tour, demander avant de prendre, exprimer sa frustration avec des mots, comprendre que la moquerie et les gestes violents blessent, demander l’aide d’un adulte pour résoudre un conflit.

Matériel : les sept illustrations du kit, les questions guidées, l’affiche des quatre règles, les puzzles, les coloriages, le memory, le labyrinthe et les fiches d’écriture.

Conseil pédagogique : l’illustration de la glace aborde le manque d’argent. On reste sur l’émotion de frustration et d’injustice, sans demander aux enfants ce qu’ils ont ou non chez eux, pour ne mettre personne mal à l’aise.

Étape 1 : que se passe-t-il quand Arthur et Aliénor veulent le même ours ? (5 minutes)

On commence par la première illustration. Aliénor a trouvé un ours en peluche sur un banc. Elle aimerait le garder, mais Arthur le veut aussi. Les deux tortues se disputent, car elles ressentent toutes les deux de l’envie. Cette envie fait naître d’autres émotions : frustration, colère, tristesse.

La question à poser : "Est-ce que se disputer aide à aller mieux ?"

On explique : "Avoir envie, c’est normal, surtout quand deux enfants veulent la même chose. Mais quand l’envie devient trop forte, elle peut nous faire agir trop vite." On rappelle la fin du journal : Aliénor a décidé de laisser l’ours et d’aller jouer avec Anh. On cherche d’autres solutions : chacun son tour, le rapporter à un adulte puisqu’il appartient peut-être à quelqu’un.

Questions à poser aux enfants

  • Est-ce agréable de vouloir quelque chose très fort quand l’autre le veut aussi ?

  • Est-ce que ces émotions peuvent nous faire agir trop vite ?

  • Est-ce que se disputer aide à aller mieux ?

  • Que peut-on faire pour ne pas faire mal aux autres ?

  • Est-ce difficile d’attendre quand on a très envie ?

Activité : le sablier de l’attente. On utilise un sablier pour partager un jouet très convoité : chacun le garde le temps du sablier, puis le passe. Les enfants découvrent qu’attendre est difficile mais possible.

Phrase clé : "Quand j’ai envie, je peux le dire sans me battre. J’ai envie, mais je reste gentil."

Étape 2 : pourquoi Aliénor s’énerve-t-elle quand elle perd aux échecs ? (5 minutes)

On présente la deuxième illustration. Aliénor a perdu une partie d’échecs. Elle est très contrariée et commence à devenir une mauvaise joueuse. La jalousie, la colère et la frustration prennent beaucoup de place dans son corps et dans sa tête.

La question à poser : "Est-ce qu’on peut rester gentil même quand on est déçu ?"

On explique : "Tout le monde peut ressentir des émotions désagréables quand il perd. Aliénor a le droit d’être déçue et même en colère. Mais elle peut rester respectueuse envers Anh, qui a gagné." On cherche ensemble ce qui aide quand on perd : respirer, dire "bravo", proposer une revanche, faire une pause.

Questions à poser aux enfants

  • Est-ce agréable de perdre ?

  • Est-ce que toi aussi tu te sens parfois comme ça quand tu perds ?

  • Est-ce que les émotions peuvent parfois nous faire agir autrement que ce qu’on voudrait ?

  • Est-ce qu’on peut rester gentil même quand on est déçu ?

  • Qu’est-ce qui t’aide quand tu te sens jaloux ou en colère ?

  • Comment peut-on rester un bon joueur même quand on perd ?

Activité : les phrases du bon joueur. On joue à un jeu de société simple. À la fin, chaque perdant s’entraîne à dire une phrase de bon joueur : "Bravo", "On en refait une ?", "Je suis déçu mais c’était bien".

Phrase clé : "Même quand je perds, je respecte. J’ai le droit d’être en colère, mais je reste gentil."

Étape 3 : pourquoi Arthur pousse-t-il Aliénor pour aller au camion à glaces ? (5 minutes)

On présente la troisième illustration. Arthur a aperçu le camion à glaces et veut être le premier à y arriver. Il pousse Aliénor. Elle se sent surprise, fâchée et injustement traitée. Arthur, très pressé et excité, a oublié de faire attention aux autres.

La question à poser : "Est-ce que l’excitation peut nous faire agir trop vite ?"

On explique : "L’envie d’Arthur est si forte qu’elle le fait courir sans regarder. Il ne voulait peut-être pas faire mal, mais il l’a fait." On cherche comment aller vers ce qu’on veut sans pousser : marcher, attendre son tour, faire la queue. On valorise aussi la réaction d’Aliénor : elle a le droit d’être fâchée et de dire que ce geste lui a fait mal.

Questions à poser aux enfants

  • Est-ce que l’excitation peut nous faire agir trop vite ?

  • Comment peut-on rester respectueux même quand on est excité ?

  • Comment se sent-on quand on est poussé ?

  • Peut-on demander, attendre son tour ou marcher calmement ?

  • Qu’est-ce qui t’aide à te calmer quand tu veux être le premier ?

  • Peut-on dire ce que l’on ressent quand un geste nous fait mal ?

Activité : le train calme. Pour aller en récréation ou à la cantine, les enfants forment un train. Le premier change chaque jour. On montre que tout le monde arrive, même sans être premier.

Phrase clé : "Même pressé, je ne pousse pas."

Étape 4 : que fait Aliénor quand Arthur prend ses poupées ? (5 minutes)

On présente la quatrième illustration. Aliénor joue tranquillement avec ses poupées. Arthur arrive, les attrape et les emporte sans lui demander. Aliénor va voir sa maman, une adulte de confiance. Sa maman écoute les deux enfants et rappelle une règle : quand un objet appartient à quelqu’un, ou que quelqu’un joue déjà avec, on demande toujours la permission avant de le prendre.

La question à poser : "Est-ce qu’on peut dire non si l’on n’a pas envie de prêter tout de suite ?"

On explique : "Arthur avait envie des poupées. Mais elles sont à Aliénor, et elle jouait avec. Il aurait dû demander. Et Aliénor a le droit de dire oui, non ou plus tard." On valorise aussi le fait qu’Aliénor soit allée chercher un adulte plutôt que de se battre.

Questions à poser aux enfants

  • Pourquoi est-il important de demander la permission ?

  • Est-ce qu’un jouet peut être partagé seulement si son propriétaire est d’accord ?

  • Comment te sentirais-tu si quelqu’un prenait ton jouet sans te demander ?

  • Pourquoi est-il important d’écouter la réponse de l’autre ?

  • Est-ce qu’on peut dire "non" si l’on n’a pas envie de prêter tout de suite ?

  • Comment peut-on montrer que l’on respecte les affaires des autres ?

Activité : est-ce que je peux ? Avec deux marionnettes, les enfants s’entraînent à demander ("Est-ce que je peux jouer avec toi ?", "Tu me le prêtes quand tu as fini ?") et à répondre ("Oui", "Pas tout de suite", "Après moi").

Phrase clé : "Je demande avant de prendre le jouet de quelqu’un. Si je n’arrive pas à résoudre un conflit, je peux demander l’aide d’un adulte de confiance."

Étape 5 : pourquoi Aliénor est-elle jalouse de la glace d’Arthur ? (5 minutes)

On présente la cinquième illustration. Aliénor est très frustrée. Elle n’a que deux euros, alors que la glace coûte trois euros. À côté d’elle, Arthur s’est acheté autant de boules qu’il voulait. Aliénor se sent triste et énervée. Elle trouve que ce n’est pas juste.

La question à poser : "Est-ce que tout le monde a toujours la même chose au même moment ?"

On explique : "Aliénor ressent de la jalousie : elle souffre parce qu’Arthur a ce qu’elle n’a pas. C’est une émotion normale. Elle a le droit de dire qu’elle est frustrée. Mais elle reste l’amie d’Arthur, et Arthur n’a rien fait de mal en achetant sa glace." On peut aussi demander comment Arthur pourrait être attentif à son amie.

Questions à poser aux enfants

  • Est-ce normal d’être très fâché quand on ne peut pas avoir ce qu’on veut ?

  • Est-ce que tout le monde a toujours la même chose au même moment ?

  • Peut-on être amis même quand on n’a pas la même chose ?

  • Comment t’es-tu senti un jour où tu n’as pas pu avoir quelque chose ?

  • Qu’est-ce qui t’aide quand tu es très frustré ou fâché ?

Activité : le thermomètre de la jalousie. On dessine un thermomètre en trois niveaux : un peu envie, très jaloux, tellement jaloux que j’ai envie de crier. Les enfants proposent pour chaque niveau une façon de le dire et de se calmer.

Phrase clé : "Quand je suis frustré, j’ai le droit de le dire. Même frustré, je reste respectueux."

Étape 6 : comment se sent Aliénor quand Anh se moque de sa voix ? (5 minutes)

On présente la sixième illustration. Aliénor chante seule avec sa machine de karaoké. Elle se sent libre et en confiance. Mais Anh arrive derrière elle et se moque de sa voix. Aliénor a envie de se cacher. Elle a honte, n’ose plus chanter et se sent triste.

La question à poser : "Peut-on se moquer "pour rire" et quand même faire mal ?"

On explique : "Anh pense peut-être que ce n’est pas grave. Mais sa moquerie a donné honte à Aliénor. Les mots peuvent blesser autant que les gestes." On fait le lien avec la jalousie : on se moque parfois des autres parce qu’on est jaloux de ce qu’ils font. On cherche ce qu’Anh aurait pu dire à la place.

Questions à poser aux enfants

  • Quand quelqu’un se moque de nous, a-t-on parfois envie de se cacher, d’arrêter ou de ne plus parler ?

  • Est-ce que se moquer fait du bien à la personne dont on se moque ?

  • Peut-on se moquer "pour rire" et quand même faire mal ?

  • Est-ce normal d’être triste quand on se moque de nous ?

  • Est-ce que la honte veut dire qu’on a fait quelque chose de mal ?

  • Que pouvons-nous faire dans la classe pour que personne n’ait honte ?

Activité : la scène des encouragements. Chaque enfant qui le souhaite chante une comptine devant la classe. Le public n’a le droit qu’à des encouragements et des applaudissements. On montre que chacun ose plus quand personne ne se moque.

Phrase clé : "Se moquer peut donner honte. Je pense avant de me moquer. Mes mots peuvent blesser."

Étape 7 : lancer un boomerang pour embêter, est-ce un jeu ? (5 minutes)

On termine avec la septième illustration. Anh envoie un boomerang vers Aliénor. Le boomerang la touche à la tête et lui fait mal. Anh a fait ce geste juste pour l’embêter, sans penser aux conséquences. Ce n’est pas un jeu : cela fait mal au corps et au cœur.

La question à poser : "Que peut faire quelqu’un après avoir fait mal ?"

On explique : "Faire mal à quelqu’un volontairement n’est pas acceptable, même si on croit s’amuser. Le corps de chacun lui appartient." On cherche avec les enfants ce qu’Anh peut faire maintenant : s’arrêter, s’excuser, vérifier qu’Aliénor va bien, prévenir un adulte si elle est blessée.

Questions à poser aux enfants

  • Est-ce que ce geste peut faire mal au corps ?

  • Est-ce que ça peut aussi faire de la peine ?

  • Est-ce que c’est drôle pour tout le monde ?

  • Est-ce qu’on peut lancer des objets vers quelqu’un ?

  • À qui appartient le corps de chacun ?

  • Que peut faire quelqu’un après avoir fait mal ?

Activité : réparer. On liste avec les enfants les façons de réparer après avoir fait mal : dire pardon, demander "ça va ?", aller chercher de la glace avec un adulte, faire un dessin. On affiche cette liste près du coin calme.

Phrase clé : "Faire du mal pour embêter, ce n’est pas un jeu. Je ne fais pas mal pour m’amuser."

Étape 8 : afficher les quatre règles pour vivre l’envie et la jalousie sans faire mal

Pour terminer, on revient sur les sept illustrations. "Quelles émotions Aliénor a-t-elle ressenties au parc ?" Les enfants nomment l’envie, la jalousie, la frustration, la colère, la honte. "Et quels gestes ont fait mal ?" On reprend alors les quatre règles du kit.

Les quatre règles à afficher en classe

1. Avoir envie, c’est normal. Être méchant, non.

J’ai le droit de vouloir un jouet ou une place, mais je ne pousse pas, je n’insulte pas, je ne tape pas. Même quand j’ai très envie d’un objet ou d’une place sur un jeu, je demande avant d’utiliser ce qui appartient à quelqu’un d’autre.

2. Je mets des mots sur ce que je ressens.

Parfois, je me sens jaloux ou jalouse parce qu’un autre enfant a quelque chose que je voudrais. Cette émotion peut m’aider à comprendre ce qui est important pour moi.

3. Je respecte les tours et je ne triche pas.

Attendre son tour, c’est difficile, mais ça aide à jouer ensemble. Même si je perds et que je suis frustré, je ne triche pas, je ne me moque pas et je ne deviens pas méchant. Je peux être déçu, mais je reste un bon joueur.

4. Je peux être content pour les autres.

Quand un autre enfant réussit quelque chose ou reçoit de l’attention, je peux apprendre à me réjouir pour lui tout en attendant mon tour ou ma propre occasion.

Phrase clé de la séance : "J’ai le droit d’avoir envie et d’être jaloux. Je le dis avec des mots, sans faire mal."

Comment adapter cette séance EVAR en petite, moyenne et grande section ?

En petite section (PS), on sélectionne trois illustrations : l’ours en peluche, Arthur qui pousse et les poupées prises. L’objectif est de comprendre qu’on demande avant de prendre et qu’on ne pousse pas.

En moyenne section (MS), on ajoute les échecs et la glace. Les élèves découvrent la frustration de perdre et le mot "jalousie".

En grande section (GS), on peut exploiter les sept illustrations et approfondir la moquerie, la honte et la différence entre émotion et comportement.

Dans toutes les sections, on rappelle qu’aucune émotion n’est interdite, mais que certains gestes le sont.

Quelles activités proposer pour prolonger la séance ?

Le kit "Au parc" comprend plusieurs supports complémentaires.

Les puzzles et les coloriages : chaque scène peut être reconstituée ou coloriée. On demande aux enfants quelle émotion ressent le personnage et ce qu’il pourrait dire.

Le memory : les cartes représentent les scènes du kit. C’est aussi l’occasion de s’entraîner à perdre et à gagner avec élégance.

Le labyrinthe : les enfants suivent un chemin illustré avec les personnages.

Les fiches d’écriture : le kit propose des exercices de tracé des chiffres 1, 2 et 3.

La littérature jeunesse : le kit cite "Le harcèlement" de Carine Simonet et Anne Guillard. L’extrait rappelle que tout le monde peut se moquer un jour, mais que les moqueries et les disputes nous apprennent à faire attention aux autres, car on peut blesser sans le vouloir.

Ces activités peuvent être proposées en ateliers ou utilisées pour revenir sur les situations après la séance collective.

Comment savoir si les enfants ont compris l’envie et la jalousie ?

En maternelle, on observe surtout si les enfants nomment leurs émotions et choisissent des gestes respectueux. Un enfant peut notamment :

  • Dire "j’ai envie" ou "je suis jaloux" plutôt que d’arracher un jouet.

  • Demander avant de prendre ce qui appartient à un autre.

  • Attendre son tour.

  • Accepter de perdre en restant poli.

  • Expliquer pourquoi se moquer peut faire honte.

  • Aller chercher un adulte quand un conflit le dépasse.

  • Féliciter un camarade qui réussit.

Pour terminer, on peut montrer l’illustration de la glace et demander : "Que peut dire Aliénor ?" Une réponse possible : "Je suis jalouse, moi aussi j’aurais aimé une glace." Quand l’émotion est dite avec des mots, l’apprentissage est réussi.

Pourquoi utiliser Arthur la Tortue pour parler de l’envie et de la jalousie ?

Parce que ces émotions surgissent vite et fort, et qu’il est difficile d’en parler au milieu d’un conflit. En observant Aliénor au parc, les enfants reconnaissent leurs propres réactions sans se sentir pointés du doigt. On peut demander : "Pourquoi Aliénor est-elle fâchée ?" ou "Qu’aurait pu faire Arthur au lieu de pousser ?". Les enfants apprennent qu’avoir envie est humain, qu’on peut être jaloux sans être méchant, et qu’il existe toujours des mots pour le dire.

Arthur la Tortue est un univers illustré qui aide les enfants de 3 à 6 ans, à la maison comme à l’école, à comprendre leurs émotions, leurs limites, le consentement et les relations avec les autres. Parents et enseignants y trouvent des supports communs pour parler d’Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR) avec les mêmes mots.

Les illustrations sont des supports pour ouvrir le dialogue, à accompagner d’une discussion adaptée à l’âge des enfants.

À lire aussi : Conversation autour de la cantine : distinguer une situation de violence et Conversation autour de la cour de récréation : identifier l’amitié.

Questions fréquentes

  • Quelle est la différence entre l’envie et la jalousie pour un enfant de maternelle ?

    L’envie, c’est vouloir très fort quelque chose, un jouet ou une place. La jalousie, c’est souffrir parce qu’un autre a ce que l’on n’a pas. Les deux sont normales, tant qu’elles ne poussent pas à faire mal. Dans le kit « Au parc » d’Arthur la Tortue, Aliénor ressent les deux devant la glace d’Arthur.

  • Comment aider un enfant de 3-6 ans qui ne supporte pas de perdre ?

    On accueille sa déception sans la minimiser, on l’aide à la dire avec des mots et on lui propose des phrases de bon joueur : « Bravo », « On en refait une ? ». Les illustrations libres d’interprétation d’Arthur la Tortue font parler les enfants à partir d’Aliénor, contrariée après une partie d’échecs perdue contre Anh.

  • Faut-il obliger un enfant de maternelle à prêter ses jouets ?

    Non. On lui apprend à demander et à accepter la réponse : il peut dire « pas tout de suite » ou « quand j’ai fini ». Dans le kit « Au parc », la maman d’Aliénor rappelle qu’on demande la permission avant de prendre un objet. Le sablier de l’attente aide à partager sans forcer.

  • À quel axe du programme EVAR correspond la séance sur l’envie et la jalousie en maternelle ?

    Elle relève de l’axe 2 de l’EVAR, « Rencontrer les autres et construire des relations, s’y épanouir », notion « Définir et prendre conscience de ce que sont l’envie et la jalousie ». Le Code de l’éducation (article L312-16) prévoit au moins trois séances annuelles d’EVAR, et le kit « Au parc » compte sept illustrations.

  • Comment adapter la séance « Au parc » en PS, MS et GS et combien de temps prévoir ?

    Prévoyez 30 à 40 minutes, éventuellement sur deux séances. En PS, on retient l’ours en peluche, Arthur qui pousse et les poupées prises : on demande avant de prendre. En MS, on ajoute les échecs et la glace pour introduire le mot « jalousie ». En GS, on exploite les sept illustrations, dont la moquerie et la honte.